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Full text of "Le Livre d'or du Salon de peinture et de sculpture : catalogue descriptif des oeuvres récompensées et des principales oeuvres hors concours"

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University of Toronto 



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LE LIVRE D'OR 



DU 



SALON DE PEINTURE 

ET DE SCULPTURE 



QUATRIÈME ANNÉE. — M DCCC LXXXII 



TIRE A PETIT NOMBRE 

Il a été tiré en plus : 

100 exemplaires sur papier de Hollande, avec épreuves des gravures 
avant la lettre. 

2 5 exemplaires sur papier Whatman, avec doubles épreuves des 
gravures. 



125 exemplaires, numérotés. 








Gravé par A Duvivier d'après L.E Long-epied 



PECHEUR RAMENANT DANS SES FILETS LA TETE D'ORPHEE 

( Marbre ) 



LE LIVRE D'OR 



DU 



SALON DE PEINTURE 

ET DE SCULPTURE 

CATALOGUE DESCRIPTIF DES ŒUVRES RÉCOMPENSÉES 
ET DES PRINCIPALES ŒUVRES HORS CONCOURS 

RÉDIGÉ PAR 

GEORGES LAFENESTRE 

ET ORNÉ DE 

SEIZE PLANCHES A L'EAU-FORTE 

GRAVÉES PAR 

ABOT, DE BILLY, BOILVIN, CHAMPOLLION, 

COURTRY, DUVIVIER, GAUCHEREL, LALAUZE , LURAT, MASSARD , 

MONGIN, SALMON, TOUSSAINT, VION, YON 

Sous la direction de M. Edmond Hédouin 




PARIS 

LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES 

RUE SAINT-HONORÉ, 338 
M DCCC LXXXII 



NBL/OTHfCA 






•V'HPfll» 



N 
5 DU 




PRÉFACE 




eaucoup de toiles, peu de tableaux; 
beaucoup d'études rapides, peu d'ou- 
vrages achevés ; beaucoup d'impres- 
sions rapides, peu de compositions ré- 
fléchies : tel semble devoir être le bilan 
régulier des expositions annuelles, dont 
les chefs de l'école et les personnalités 
bien établies se désintéressent de plus en plus à mesure que les 
débutants, les amateurs, les étrangers, s'y précipitent avec plus 
d'ardeur pour y chercher, aux yeux du public, une consécration 
rendue de plus en plus facile par la souplesse des règlements et 
par la complaisance des Jurys. L'exemple de la. Société d'Aqua- 
rellistes n'a pas été perdu. L'année 1882 a vu, sous divers 
titres, avant, pendant, après le Salon, s'établir soit dans des 
cercles, soit dans des établissements publics, soit dans des ma- 
gasins d'éditeurs ou de marchands, soit dans des locaux loués 
pour la circonstance, un certain nombre d'expositions libres, où 
se montraient des œuvres, signées de noms éclatants, qui 



II PREFACE 



autrefois se fussent réservées pour le Salon. Ces groupements 
indépendants d'artistes , en dehors des concours solennels 
organisés soit par la Société des Artistes, soit par l'Etat, de- 
viendront sans nul doute plus fréquents à mesure que le Salon 
prendra davantage l'aspect d'un marché de produits industriels 
ou d'une exhibition de travaux scolaires. L'art n'aura pas à en 
souffrir plus que les artistes, car l'émulation, entre ces groupes 
restreints qui deviendront vite rivaux, sera bientôt plus ardente 
qu'elle ne saurait l'être dans une agglomération générale, où les 
supériorités se noient sous le flot niveleur des médiocrités, où les 
médiocrités elles-mêmes s'exaltent par leur propre nombre. 
Quant aux chefs de l'école, qui n'ont plus besoin ni des récom- 
penses inférieures, ni du petit bruit des Salons annuels, il est 
naturel qu'ils se réservent pour des occasions plus rares, où ils 
pourront, en montrant au public éclairé l'ensemble de leurs ou- 
vrages, attirer sur leur nom des discussions plus retentissantes 
et fournir à ces discussions des éléments plus sérieux. 

Ce serait donc une erreur de chercher toujours, dans le Salon, 
le niveau exact de l'art national à son étiage le plus élevé. Il est 
telle année où, par suite de l'abstention de certains maîtres, on 
le jugerait beaucoup plus bas qu'il n'est en réalité. Toutefois, 
si le Salon ne peut toujours établir ce degré supérieur, il nous 
donne régulièrement et forcément, avec le niveau moyen de 
l'habileté matérielle, des indications assez nettes sur les ten- 
dances générales des yeux, du goût, de la pensée dans les 
ateliers et dans les écoles. A ce point de vue, le Salon reste 
toujours fort intéressant. Celui de 1882, en particulier, ne con- 
tenait oas peut-être un grand nombre de ces chefs-d'œuvre ori- 
ginaux et caractéristiques destinés à marquer une étape dans la 
marche de l'art français (ce que nos neveux seuls pourront dire); 
cependant il a paru, non sans raison, présenter plus d'intérêt 
même que les Salons de 1881 et de 1880, parce que la pensée 



PREFACE III 

générale de la génération nouvelle s'y manifestait avec plus de 
franchise et s'y affirmait avec plus de décision. 

Le Naturalisme compris, non pas, à la façon des Grecs, des 
Italiens, des Flamands, comme une interprétation plus ou moins 
personnelle de réalités choisies dans un but expressif, mais comme 
la simple représentation, aussi impersonnelle que possible, de 
réalités quelconques sans autre but que l'exactitude, a éton- 
namment gagné de terrain depuis l'année dernière. Ce mouve- 
ment, qui pourrait avoir pour effet de dégager les jeunes esprits 
de tout asservissement à des formules usées, s'il était toujours 
chez eux le résultat d'un sincère amour de la vérité, correspond 
à ce mouvement général qui, sous couleur de science, rend au- 
jourd'hui trop souvent les esprits plus sensibles à de puériles 
exactitudes matérielles, dans la littérature et dans la science, 
qu'aux plus hautes conceptions imaginatives ou aux plus puis- 
santes synthèses philosophiques. La grande masse du public, 
dont la cervelle est surchargée de notions superficielles sur un 
nombre toujours croissant de choses, et qui devient de plus en 
plus inapte à se former, sur une seule, des jugements indépen- 
dants et personnels, a, dans cette façon de comprendre l'art qui 
la dispense de toute réflexion, trouvé une forme correspondante 
à sa curiosité ignorante. S'il faut de la culture, de l'enthou- 
siasme, de la délicatesse, pour pénétrer le sens des œuvres d'art 
originales créées par une imagination passionnée ou par une ob- 
servation réfléchie, il ne faut que de bons yeux pour comparer 
rapidement une image réelle avec une image représentée. L'en- 
vahissement des sujets grossiers traités grossièrement au Salon 
de 1882 a été salué, en général, il faut le dire, comme la preuve 
d'un affranchissement définitif et la garantie d'une rénovation 
prochaine. Est-ce faire preuve d'un esprit chagrin de ne point 
partager sans restriction cet enthousiasme irréfléchi? Nous ne 
le croyons pas. S'il n'est point d'artiste sans amour de la vérité 



IV PREFACE 

et sans indépendance d'esprit, il n'est point d'artiste non plus 
sans études techniques, sans travail de pensée, sans chaleur 
d'imagination : or, l'exercice du réalisme, tel qu'il se généralise, 
est malheureusement presque toujours l'abandon de toute pré- 
paration sérieuse et la renonciation à toute activité intellectuelle. 
L'école française, plus productive que jamais, mais aussi plus 
que jamais désorientée, est donc en train de jouer une très 
grosse partie. Suivant la direction qu'elle donnera à son éton- 
nante activité, il en peut sortir promptement soit une gloire du- 
rable, soit une éclipse momentanée. Son amour de la vérité la 
tient, en ce moment, à la tôte des arts ; mais son indifférence 
pour la beauté, son mépris pour la pensée, son dédain pour 
l'imagination, peuvent, en peu de temps, la faire déchoir à un 
rang inférieur. 

On doit rendre cette justice aux Jurys de peinture constitués 
par la Société des Artistes, que, tout en faisant une large part à 
l'entraînement du jour, ils ne se sont point dissimulé les dangers 
de la situation, et qu'ils ont assez résolument constaté les droits 
supérieurs de l'intelligence en même temps que l'insuffisance gé- 
nérale des résultats. La Médaille d'honneur, votée à une grande 
majorité, a désigné à la reconnaissance publique l'adversaire le 
plus résolu à la fois de la convention académique et du réalisme 
grossier, celui qui, par l'indépendance imaginative de ses con- 
ceptions comme par la simplification expressive de son exécu- 
tion, s'élève le plus résolument au-dessus des mesquineries de 
l'imitation étroite, M. Puvis de Chavannes. C'était récompenser 
à la fois le labeur énergique d'une vie courageuse et recon- 
naître la légitimité de l'action que commence à exercer de toutes 
parts une œuvre, très imparfaite sans doute dans ses détails, mais, 
malgré tout, admirablement saine, libre, élevée, de bon exemple, 
dans son harmonieux ensemble. Si l'éducation de la jeunesse est 
bien dirigée et si la jeunesse en veut bien profiter, il est pro- 



PREFACE V 

bable que certains élèves de l'auteur du Ludus pro patria met- 
tront au service de l'imagination poétique et décorative une ha- 
bileté de main plus exercée et plus précise ; cependant ils n'en 
porteront pas moins la marque de celui qui aura délivré leurs ta- 
lents en leur rendant, avec l'exaltation fortifiante des beaux rêves, 
l'habitude de la sincérité dans l'observation et de l'unité dans 
l'exécution. 

C'est évidemment dans la même pensée de respect pour les 
hautes traditions de l'art et d'inquiétude sur l'avenir des tendances 
mesquines dans lesquels l'enferme le goût actuel, que le Jury a 
déclaré, pour la seconde fois, qu'il n'y avait point lieu de décerner 
de premières médailles dans la section de peinture. Les secondes 
médailles, pour la plupart, ont même été attribuées à certains 
noms connus ou populaires, avec l'intention très apparente de 
récompenser l'ancienneté de carrières estimables, plutôt qu'avec 
celle de signaler à l'admiration ou à l'attention du public l'avè- 
nement de talents originaux et l'apparition d'ouvrages supé- 
rieurs. C'est seulement dans la distribution des 28 troisièmes 
médailles et des 5 1 mentions honorables que l'indulgence obli- 
gatoire d'un jury nombreux et élu a paru s'abandonner parfois à 
des concessions singulières, soit envers des médiocrités incorri- 
gibles, soit envers des débuts sans promesses, concessions qui 
déconcertent absolument le jugement public et qui ébranlent 
même l'autorité des juges. Les noms d'un certain nombre d'ar- 
tistes sérieux et déjeunes gens d'avenir, justement signalés dans 
cette longue liste, s'y trouvent ainsi compromis par le voisinage 
beaucoup trop fréquent d'amateurs simplement agréables ou de 
camarades seulement sympathiques. Si la Société des Artistes 
veut conserver à ses diplômes leur utile valeur de brevets profes- 
sionnels, elle aurait intérêt, ce semble, à les moins prodiguer. 

On a remarqué, dans la liste des artistes récompensés, un 
nombre plus grand que jamais de peintres étrangers. Cependant 




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RÉCOMPENSE DONNÉE PAR LA SOCIÉTÉ 
DES ARTISTES FRANÇAIS 



MÉDAILLE D'HONNEUR 



PEINTURE 



PUVIS DE CHAVANNES (Pierre), né à Lyon, élève de 
H. SchefTer. Hors concours. (Voir les Livres d'or de 1879, 
1880, 1881.) 

N°222 3. Jeunes Picards s* exerçant à la lance. (Pro patrîa 
Indus.) 

Peinture murale destinée au Musée d'Amiens. 

Le carton de cette peinture ayant déjà figuré au Salon de 1880, la 
description en a été donnée dans le Livre d'or de la même année, 
page 64. 



RÉCOMPENSE DONNÉE PAR LE MINISTÈRE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



PRIX DU SALON 



LONGEPIED (Léon-Eugène), né à Paris, élève de 
MM. Carlier, Mathurin-Moreau et Coutan. — Méd. 3 e cl. 1880. 
— Rue Denfert-Rochereau, jj. 

N° 4602. Pêcheur ramenant dans ses filets la tête d'Orphée. 

Groupe. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i'"8o. — L. i m io. — Pr. i m io. 

Le modèle de ce groupe ayant obtenu une médaille de troisième 
classe au Salon de 1880, la description en a été donnée dans le Livre 
d'or de la même année, page 77. 




PEINTURE 




RÉCOMPENSES DONNÉES PAR LA SOCIÉTÉ 
DES ARTISTES FRANÇAIS 



PEINTURE 



MÉDAILLES DE DEUXIÈME CLASSE ' 



DELORT ( Charles- Edouard ) , né à Nîmes, élève de 
MM. Gleyre et Gérôme. — Méd. 3 e cl. 1875. — Rue d'Of- 
femont, 5. 

N° 788. Prise de la folle hollandaise par les hussards de la 
République. 

La flotte hollandaise, retenue par la glace dans les eaux du Texel , se rend 
au chef de bataillon Lahure, commandant le 3e bataillon de tirailleurs belges 
et un escadron du 4 e hussards. (Janvier 1794.) 

H. i™6o. — L. 2m2 5. 



1 . Il n'y a pas eu de médailles de première classe. 



PEINT U R E 



A gauche, pris dans les glaces, tout blancs de neige, trois navires 
de guerre à hautes poupes sculptées et dorées, se présentent d'arrière. 
Plus loin, on aperçoit les mâtures du reste de l'escadre. Sur le premier 
plan, au milieu, un groupe d'officiers à pied salue un groupe d'officiers 
à cheval arrêté sur la glace. A droite, plusieurs hussards rouges à 
cheval, un peloton de chasseurs belges en bleu, l'arme au bras, sur trois 
rangs. Un cheval, la bouche ensanglantée, est étendu sur la neige. 



LAPOSTOLET (Charles), né à Velars (Côte-d'Or), élève 
de L. Cogniet. — Méd. 1870. — Rue Bayen , 10 (Ternes), et 
cité Gaillard, 1. 

N° 1544. La Tamise à Greenwich. 

H. iniio. — L. 1 m 2 5 . 

Au premier plan, sur la gauche, un brick à demi échoué le long du 
quai dont les maisons, surmontées de deux dômes, se rangent en 
cercle le long du fleuve. Au milieu des eaux verdâtres qui s'étendent 
sur la droite, flotte un train de bateaux marchands. Ciel brouillé que 
traverse en bas une traînée de lumière rose. 

Acquis par l'État. 



ADAN (Émile-Louis), né à Paris, élève de Picot et de 
M. Cabanel. — Méd. 3 e cl. 1875. — Rue de Courcelles, 75. 

N° 8. Soir d'automne. 

H. i m 55. — L. 2 : "2o. 

Sur le parapet d'une terrasse plantée d'arbres et jonchée de feuilles 
mortes, une jeune femme en robe violette, la tête et les épaules enve- 



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ARTISTES RECOMPENSES 



loppées d'une capuche blanche, regarde, accoudée de profil, à gauche, 
dans une attitude rêveuse, la campagne jaunie où s'éteignent les lueurs 
du crépuscule. Le ciel, encore clair, est semé de nuages violacés. 



QUOST (Ernest), né à Avallon. — Méd. 3 e cl. 1880.— 
Rue Fontaine, 42. (Voir le Livre d'or de 1880.) 

N° 223 1. La Saison nouvelle; — fleurs. 

H. i ni 55. — L. 2»'oo. 

Un coin de prairie au printemps. Parmi les touffes légères d'herbes 
fraîches tremblent, sous la brise, des tiges fleuries d'iris, de rhododen- 
drons, de pommiers, sous un vol d'oisillons et de papillons. 

Acquis par l'État. 



BRISSOT DE WARVILLE (Félix-Saturnin), ne à Sens 
(Yonne), élève de L. Cogniet. — A Versailles, rue Neuve, 17. 

N° 398. Moulons au pré. 

H. i'"3 4 . — L. i<"65. 

Sur le premier plan, deux moutons, presque de face, broutent côte 
à côte. Deux autres se tiennent au second plan; le reste du troupeau 
est épars, au loin, sur la gauche. Dans le pré, que clôt au fond un 
échalier, quelques maigres arbres entourés de palissades. A l'horizon, 
une colline boisée. Ciel d'été un peu couvert. 



8 PEINTURE 

EDELFELT (Albert), né à Hclsingfors (Finlande), élève de 
M. Gérôme. — Méd. 3 e cl. 1880. — Avenue de Villiers., 147. 
(Voir le Livre d'or de 1880.) 

N° 966. Service divin au bord de la mer. — Finlande. 

H. i™22. — L. i™8o. 

A gauche, sur le second plan, le pasteur, debout devant une table 
couverte d'une nappe blanche sur laquelle sont posés quelques livres, 
un papier à la main, se tourne à droite vers l'assistance. Derrière lui, 
la mer, calme et brillante, fermée en partie par un long promontoire. 
En face, des marins, vieux et jeunes, assis tête nue sur une barrière 
de bois, écoutent respectueusement; à droite, de vieilles femmes et 
des jeunes filles sont assises sur les rochers, leurs Bibles à la main. Au 
premier plan, une jeune femme, de profil, tient sa tête inclinée, les yeux 
mi-clos, sur son livre entr'ouvert, dans une attitude recueillie ; au milieu, 
vu de dos, un petit garçon assis regarde l'officiant. Ciel d'été, d'un 
gris pâle, chargé de nuages. 

Acquis par l'État. 



HUGUET (Victor-Pierre), né au Lude (Sarthe), élève de 
M. E. Loubon. — Rue de Constantinople, 19. 

N° 1 376. Tribu émigrant — Algérie. 
H. 1^35. — L. 2 m 5. 

La caravane s'avance, de droite à gauche, dans le sable jaune. Un 
cavalier, monté sur un cheval blanc, conduit la marche. Derrière 
suivent plusieurs femmes, à pied, peinant sous de lourds fardeaux, 
et trois chameaux dont le premier porte un palanquin rouge. Dans 
l'éloignement, de plus en plus confuse sous la poussière, une longue 



ARTISTES RECOMPENSES 9 

file de chameaux et de piétons. A droite, au premier plan, les osse- 
ments d'une tète de cheval à moitié enfouie dans le sable. 

Signé à droite : V. Huguet. 



MOUTTE (Alphonse), né à Marseille, élève de M. Meis- 
sonier. — Méd. 3 e cl. 1881. — A Marseille, rue Sylva- 
belle, 110. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 1959. Le Déjeuner des pécheurs. 

H. I m 25. — L. 2 m OO. 

Sur une plage de sable blanche et sèche, qui étincelle sous le soleil, 
devant une mer d'un bleu sombre, des pêcheurs prennent leur repas. 
L'un d'eux, debout, en veste jaune, élève une cruche au-dessus de ses 
lèvres; trois autres, accroupis, s'apprêtent à manger, tandis qu'un petit 
mousse surveille la marmite posée sur quelques charbons. La côte, 
en tournant à gauche, forme une anse qui dresse au fond ses pointes 
aiguës ruisselant d'une lumière blanche sous le ciel ardent. 



MOYSE (Edouard), né à Nancy, élève de M. Drolling. — 
Rue du Parc- Royal, 12. 

N° 1963. Rabbins. 

H. i m 7o. — L. i m 7o. 

Trois rabbins, en robes noires, manteaux noirs et rabats blancs, sont 
assis gravement, côte à côte, de face, sur un banc à dossier de velours 
rouge. Celui de gauche, à barbe blanche, tient les mains croisées sur 
sa poitrine. Celui du centre, à barbe grise, regarde en face. Celui de 
droite, plus âgé, un peu penché, écoute son voisin. Fond de draperies 
suspendues entre des colonnes. 



IO PEINTURE 

LOBRICHON (Timoléon), né à Cornod (Jura), élève de 
Pieot. — M éd. 1868. — Rue de la Victoire, 64. 

N° 1693. Fantaisie décorative. 

Sans soins du lendemain, sans regrets de la veille, 
L'enfant joue et s'endort, pour jouer se réveille. 

(Delille, l'Enfance.) 
App. à M. A. Dreyfus. 
H. 1 m 7 5 . — L. i m 2o. 

Dans le panneau central, un enfant nu, de grandeur naturelle, assis 
sur un coussin blanc, de face, joue avec son pied. Alentour, sur une 
bordure dorée, se déroule une série de figurines d'enfants, peints en 
camaïeu, qui se livrent à leurs ébats : une fillette habille sa poupée, des 
marmots gambadent, d'autres jouent de la trompette, d'autres à saute- 
mouton, d'autres à la corde et à la balle, etc 



DEMONT (Adrien-Louis), né à Douai (Nord), élève de 
M. E. Breton. — Méd. 3 e cl. 1879. — A Montgeron (Seine- 
et-Oise). (Voir le Livre d'or de 1879.) 

N°796. Le Moulin. 

H. i m 4o. — L. 2 m 93. 

Dans une vaste plaine, couverte de blés mûrs, çà et là striée de ver- 
dures vives, se dresse au milieu un moulin à vent posé sur son pied 
de charpentes. Au premier plan, la moisson est déjà fauchée; une 
paysanne, à gauche, lie une gerbe, tandis qu'une autre, allaitant son 
enfant, assise sur une brouette, cause, sur la droite, avec un paysan 
debout, dont l'âne marche dans le sentier. Un grand ciel, limpide et 



ARTISTES RECOMPENSES II 

clair, déjà teinté par le soleil couchant, enveloppe d'une lumière calme 
la campagne brûlée. 

Acquis par l'État. 



SOYER (Paul), né à Paris, élève de L. Cogniet. — Méd. 
1870. — Passage de l'Elysée des Beaux- Arts, 1 1. 

N° 2482. La Grève des forgerons. 

H. 2 m yo. — L. 3 m 85. — Fig. demi-nature. 

Une salle d'auberge éclairée par un quinquet de cuivre suspendu au 
plafond. Au milieu, sur le premier plan, gît, étendu dans son sang, 
l'ouvrier que son camarade vient de frapper. Celui-ci, debout, les yeux 
hagards, se tient le front d'un air désespéré. Quelques ouvriers se 
penchent sur la victime qu'ils essayent de ramener à la vie. A droite et 
à gauche, de nombreux buveurs attablés se tournent vers cette scène, 
les uns effrayés, les autres menaçants. A gauche, dans le groupe, une 
femme serre avec terreur son enfant contre son sein. Sur le carreau, des 
bouteilles cassées et des maillets de fer. 



MÉDAILLES DE TROISIÈME CLASSE 



DUTZSCHHOLD (Henri), né à Paris , élève de MM. Gé- 
rôme et Véron. Mention honorable, 1881. — Rue Bara, 2. (Voir 
le Livre d'or de 1 88 1 .) 

N° 958. La Marne; — une ondée sur les coteaux de Chenncvieres 
à la Varenne-Saint-Hilaire. 

H. 2'noo. — L. 3 m o5. 

La rivière, encaissée entre deux rives boisées, fait un coude sur le 
devant du tableau. A droite, deux hauts peupliers et un gros bouquet 
de saules au pied d'un talus herbeux. A gauche, d'épais taillis. Au fond, 
de gros nuages sombres d'où tombe une averse en traînée oblique. Sur 
les premiers plans, de grandes touffes d'herbes et de fleurs sauvages. 



BERTON (Armand), né à Paris , élève de MM. A. Millet et 
Cabanel. — Impasse du Maine, 18 bis, et rue de Madame, 60. 

N° 225. Eve. 

H. 2 m a5. — L. i hl 65. — frgi grandeur naturelle. 

« Mais tandis que je m'applaudis de la science^ si Dieu me donnait le coup 
de la mort!... Adam s'unirait de nouveau avec une nouvelle Eve !... Cette 
seule pensée me donne la mort. » 

(Milton, Paradis perdu, ch. IX.) 
Elle est nue, de face, debout, les yeux fixes, le bras gauche pendant, 



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ARTISTES RÉCOMPENSÉS Ij 

et s'accoude à droite sur un rocher, le menton dans la main. Ses longs 
cheveux roux s'épandent sur ses épaules. Deux arbres aux feuillages 
jaunis forment cadre autour d'elle. Au fond un paysage montagneux, 
enveloppé d'un ciel bleu très vif, sur lequel se détachent ses carnations 
ambrées. 

Signé à droite : A. Bcrton. 

Acquis par l'État. . 



BEAUVAIS (Armand), né à Bar-sur-Aube (Aube), élève de 
Desjobert et de M. Gérôme. Mention honorable, 1881. — Rue 
Denfert-Rochereau , 18. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 153. Sur les hauteurs d'Omonville {Manche). 

H. 1 '" 4 2 . — L. 2moo. 

Au milieu, une rangée de grands arbres dépouillés et tordus par le 
vent sur une falaise herbue d'où l'on aperçoit, au fond, la mer calme 
et bleue dans une échancrure de la côte. Au premier plan, un trou- 
peau d'oies. A gauche, dans l'éloignement , quelques vaches. Ciel 
doucement éclairé. 



NOZAL (Alexandre), né à Paris, élève de M. Lumînais. 
Mention honorable, 1 88 1 . — Quai de Passy, 7. (Voir le Livre 
d'or de 1881.) 

N° 2018. Chêne du champ de courses d'Auteuil en hiver. 

H. 211142. — L. 1 '^7 5 . 

Groupe de chênes couverts de givre au détour d'une route. Le plus 
gros, rugueux et dépouillé, se dresse au premier plan, au milieu d'une 
épaisse couche de neige sur laquelle sont posés quelques corbeaux. 
Ciel gris teinté de lueurs rougeâtres au soleil couchant. 



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PEINTU RE 



BINET (Victor-Jean-Baptiste-Barthélemy), né à Rouen. 
Mention honorable, 1881. — Rue de la Glacière, 18 bis. (Voir le 
Livre d'or de 1880.) 

N° 265. L'Ondée qui passe; vue prise aux environs de Quille- 
bœuf (Eure). 

H. i™6o. — L. 2m5o. 

Au premier plan, des touffes de ronces et d'herbes sauvages. Une 
large vallée, très herbue et très verte, monte, de face, vers l'horizon, 
entre deux collines couvertes de fougères déjà rousses. Sous une 
rangée de saules un cours d'eau qui brille par plaques. Le ciel, gris et 
mêlé, s'éclaircit, à l'horizon, d'une lueur blanche et vive. 



ROCHEGROSSE (Georges), né à Versailles, élève de 
MM. J. Lefebvre et Boulanger. — Rue des Beaux- Arts, 3 bis. 

N° 2323. Vitellius traîné dans les rues de Rome par la populace. 

H. 2 ™35. — L. im65. 

Sur la pente d'une ruelle étroite, bordée de chaque côté par des 
maisons surplombantes, l'obèse empereur, criblé de blessures, la tête 
et la poitrine en sang, la tunique en lambeaux, les bras liés au corps, 
descend, de face, tiré, traîné, poussé sur les dalles glissantes par une 
populace en fureur. Une fille en rose le menace d'une longue épingle, 
une autre en vert le frappe du poing; un légionnaire lui tient la pointe 
de son glaive sous le menton. Autour de lui gesticulent des soldats et 
des esclaves. En tête de l'ignoble cortège, s'avancent, au premier plan, 
deux hideux polissons affublés des dépouilles impériales, couronne, 
épée, manteau de pourpre. A droite, un boucher regarde, accoudé 
sur son étal encombré de victuailles. De toutes les boutiques, de toutes 
les fenêtres jaillissent des têtes hurlantes et des poings menaçants* 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 15 

artout, sur les dalles, des débris de fruits, de coquillages, de viandes. 
En haut, entre les maisons peintes, un coin de ciel bleu. 

Acquis par l'État. 



CAPDEVIEILLE (Louis), né à Lourdes (Hautes-Pyrénées), 
élève de MM. A. Millet, Bonnat et Cabanel. — Rue des 
Dames, 32. 

N° 471. Noce à Laruns, près les Eaux-Bonnes {Basses-Pyré- 
nées). 

H. 3 m 6o. — L. 2 m 58. — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur d'église. Au fond une chapelle voûtée en cul-de-four, 
décorée de peintures, avec un autel. Le couple s'avance de face, le marié 
en veste brune, culottes noires, guêtres blanches, tenant son béret, la 
mariée en costume de couleurs éclatantes, son paroissien à la main. A 
gauche, groupe de parents ; sur le premier plan, un jeune homme, de 
profil perdu, en costume basque, ayant à son bras une jeune femme en 
robe rouge et capulet rouge. A droite, une vieille femme entourée 
d'enfants. 

Acquis par l'Etat. 



CLAIRIN (Georges-Jules-Victor), né à Paris, élève de 
Picot et Pils. — Rue de Rome, 62. 

N° 581 . Les Br Cil euses de varech à la pointe du Ra% {Finistère). 

H. 1 "i 3 4 . — L. 2 "i 4 5 . 

Au milieu, sur le bord du précipice qui descend à gauche vers la 
mer, deux paysannes bretonnes, penchées en avant, manœuvrent avec 



1 6 PEINTURE 

effort un cabestan. A leurs pieds jouent des enfants déguenillés. A 
droite, au second plan, deux femmes debout sur un mur bas de pierres 
sèches; au delà du mur, d'autres femmes en train de remuer, avec des 
fourches, les tas de varechs fumants. Sur le devant, dans un foyer de 
moellons, un feu allumé d'où monte un grand jet de flammes et de 
fumées qui obscurcit le ciel. Le long de la côte, en haut, d'autres ca- 
bestans à la file. 



STEINHEIL (Adolphe-Charles-Edouard), né à Paris, 
élève de son père. — Rue de Vaugirard, 152. 

N° 2490. Un Texte difficile. 

H. o™83. — L. om68. 

Un cabinet de travail du temps de Louis XIII. Au milieu, un homme 
d'âge mûr, en pourpoint noir, est assis, de profil, tourné à gauche, 
dans un grand fauteuil, devant une table sur laquelle est posé un livre 
ouvert. De la main droite il marque un passage, tandis qu'un de ses 
amis, debout à son côté, presque de face, du doigt lui en indique un 
autre au haut de la même page. Un jeune homme en pourpoint 
feuille-morte, appuyé sur le dos du fauteuil, se tenant sur la pointe 
des pieds , regarde par-dessus son épaule. La pièce est doucement 
éclairée du fond par un châssis de vitres garni d'un rideau vert. A gau- 
che, une armoire; à droite, une bibliothèque. Sur tous les meubles, des 
papiers et des livres. 



SAINTIN (Henri), né à Paris, élève de Pils et de MM. Saint- 
Marcel et A. Segé. Mention honorable, 1881. — Rue Na- 
tionale, 14. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 2379. Rosée d'automne (Bretagne). 

H. 1^60. — L. 2^47. 

Une vallée encaissée entre des collines mamelonnées toutes couvertes 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS \J 

de broussailles, d'herbes et de mousses. Du fond descend en serpen- 
tant un torrent où des blocs de rochers, espacés à petite distance, for- 
ment un gué naturel. Au loin une ligne de coteaux encore confuse dans 
le brouillard. Toutes les verdures sont blanches de rosée sous le ciel 
clair déjà rougissant. 



HAYON (Léon), né à Paris,, élève de L. Benouville, Picot 
et Pils. Mention honorable, 1 88 1 . — Avenue de Wagram, 38. 
(Voir le Livre d'or de 1881 .) 

N° 1312. La Journée faite. 

H. 2 m 4o. — L. i m 9o. — Fig. grandeur naturelle. 

Jeune paysanne, debout, de face, la tète coiffée d'un bonnet blanc, 
en jupe courte, les pieds nus, en train d'endosser sa camisole. Elle re- 
garde à gauche son nourrisson couché sur un sac plein. Derrière elle, 
une brouette, une houe, un panier renversé d'où s'échappent des 
pommes de terre. Dans l'éloignement, quelques paysans achèvent de 
lier des sacs, d'autres regagnent déjà le village dont la silhouette se dé- 
tache en noir sur les rougeurs du crépuscule. 



DOYEN (Gustave), né à Festicux (Aisne), élève de M. Bou- 
guereau. Mention honorable, 188 1 . — Rue Bara, r 3. (Voir le 
Livre d'or de 1881.) 

N°883. La Vieille. 

Comme s'envole la fumée, 

On voit d'abord passer les jours; 

Les saisons, puis les ans sont courts ; 



l8 PEINTURE 

L'âme les voit fuir, alarmée, 
Comme s'envole la fumée. 

(Emm. Ducros.) 
H. i m 7o. — L. i nn 2 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

Vieille paysanne assise, de face, près de son âtre, en train d'éplucher 
des légumes. Dans la main gauche, elle tient un oignon; dans la main 
droite, un couteau. Elle est coiffée d'un bonnet blanc sous un fichu 
jaune. Robe et tablier d'un gris sombre. Sur le carreau, des oignons et 
des poireaux. Derrière elle, dans l'ombre, des chenets, une marmite 
sur des braises. 

Acquis par l'État. 



DARGENT (Alphonse), né à Verdun, élève de M. Cabanel. 
— Rue Boissonade, u. 

N° 722. Portrait de M. le docteur ***. 

H. 1 m 2 5 . — L. o m o,5. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Homme d'âge mûr, en redingote noire, assis, de face, dans un fau- 
teuil en tapisserie, le bras droit appuyé sur une table couverte de livres, 
et, de la main gauche, tenant un binocle. Cheveux ras, barbe châtaine 
très fournie. Fond verdàtre foncé. 



DARDOIZE (Emile), né à Paris. — Rue des Saints- 
Pères, 67. 

N° 717. Un Coin de Cerna/ (Seine-et-Oise). 
FL im 9 5. — L, 1 «« 3 s . 

Une cascade sous bois. Des arbres touffus, montant de chaque côté, 



ARTISTES RECOMPENSES IÇ 

ne laissent filtrer la lumière verdâtre qu'au travers des feuillées fraîches. 
L'eau ruisselle parmi des bouquets de fougères, de bruyères, de fleurs 
et forme, sur le premier plan, une petite flaque dans un creux de 
rocher. 



GAUTIER (Amand), né à Lille, élève de Souchon et de 
L. Cogniet. — Rue de la Tour-d'Auvergne, 41. 

N° 11 37. Portrait. 

H. o m 85. — L. o m 68. — ■ Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Jeune femme, vue de trois quarts, assise dans une causeuse en soie 
japonaise, la main gauche gantée de noir et posée sur le genou. Elle 
est blonde, porte un large chapeau noir orné de jais, de rubans et de 
plumes, une robe rouge à pèlerine rouge avec plastron violet. Fond de 
tenture verte. 



BAUDOIN ( Paul - Albert) , né à Rouen, élève de 
MM. Gleyre , E. Delaunay et Puvis de Chavanncs. — Rue du 
Cherche-Midi, 55. 

N° 134. Histoire du blé. 

H. i m 6o. — L. i2 m 5o. — Fig. demi-nature. 

Frise divisée en deux parties qui représentent l'une le Labour, l'autre 
la Moisson. Dans la première, un laboureur pousse une charrue attelée 
de deux chevaux, dans la terre fraîche, au milieu d'un vol d'oiseaux; 
à la suite viennent des semeurs qui répandent la graine et des con- 
ducteurs de herses traînées aussi par des chevaux. Dans la seconde, 
se montre d'abord, à gauche, un groupe de faucheurs, et, au centre, 
près des meules déjà formées, des moissonneurs auxquels une femme 
donne a boire. Une femme traîne des gerbes vers une charrette, tandis 
qu'une autre paysanne assise endort son nourrisson. Sur la droite, quel- 
ques glaneuses ramassent les derniers épis. 

Frise pour l'École Dombasle (Ville de Paris). 



20 PEINTURE - 

CALLOT (Georges), né à Paris, élève de M. Eugène Adan. 
— Rue de Longchamps, 69, à Passy. 

N°463. Crépuscule. 

H. 2 m 58. ■ — L. 3 m 6o. — Fig. grandeur naturelle. 

Femme nue, couchée dans des verdures d'automne, accoudée sur le 
bras gauche, la tête à gauche et perdue dans l'ombre. Le soleil des- 
cend, au loin, sous les feuillages, dans un ciel brouillé de brumes 
bleuâtres. 

Acquis par l'État. 



LAGARDE (Pierre), né à Paris, élève de MM. Busson, 
Humbert, Dubufe et Mazerolle. Mention honorable, 1881. — 
Rue Pigalle, 27. (Voir le Livre d'or de 1 881 .) 

N° 1 501. L'Apparition aux bergers. 

H. 2 m 8o. — L. 4 m o5. — Fig. grandeur naturelle. 

Au milieu quatre bergers se tournent avec surprise vers la gauche où, 
dans le ciel pâle, apparaît un ange de lumière. L'un d'eux, vieillard 
ceint d'une peau de bête, reste accroupi, tenant sa main droite tendue 
vers l'apparition. Deux plus jeunes, drapés d'étoffes blanches et grises, 
se redressent vivement. Contre l'un d'eux se serre avec effroi un 
adolescent tout nu. A droite, brûle lentement un feu de nuit. A gauche, 
on voit, sous la lueur miraculeuse qui éclaire la plaine, le troupeau 
entassé que garde un grand chien noir. 

Signé : Pierre hagarde, 82. 



ARTISTES RECOMPENSES 21 

DESBROSSES (Jean), né à Paris, élève d'A. Scheffer et de 
Chintreuil. — Rue de Seine, 47. 

N° 819. La Montée du Petit Saint-Bernard (Savoie). 

H. 2 m 45. — L. 11170. 

Au premier plan, un coin de pré très vert où paissent quelques mou- 
tons. La bergère dort, sous un arbre, près de son chien. A gauche se 
dresse un groupe d'arbres forts, hauts et feuillus. Un ravin, rempli de 
brume bleuâtre, monte, sous une nappe de lumière, vers un fond de 
montagnes étagées que surmonte une cime de glacier. Ciel d'un bleu 
frais et tendre, presque blanc sur les sommets. 



DELAHAYE (Ernest-Jean), élève de M. Gérôme. — 
Cité Gaillard, 1. Mention honorable, 1881. (Voir le Livre d'or 
dei88i.) 

N° 763. Embattage (Normandie). 

H. im 20 . — L. 1^85. 

Une cour de charron. Au milieu, une roue de voiture, posée à plat 
sur un pivot, autour de laquelle travaillent six ouvriers. Deux, à gauche, 
la soulèvent avec des leviers; deux, au fond, entourés de fumée, versent 
de l'eau sur le fer rougi; deux autres, à droite, font sur la roue le 
même travail que leurs compagnons de gauche. A droite, au fond, la 
forge éclairée de lueurs rougeâtres. A terre, parmi des flaques d'eau, 
des seaux, des marteaux, des copeaux. 

Signé à droite : Dclahayc. 



22 PEINTURE 

GIRARD (Albert), né à Paris, élève de son père. Prix de 
Rome, 1861 . — Rue de Courcelles, 69. 

N° 1180. Pâturage normand. 

H. 2 ni o5. — L. 3 m oo. 

Au milieu, une large vallée dans laquelle paissent des vaches. A 
gauche, un bois de pins dans un pli de terrain. A droite, une haute 
colline plantée d'arbres, qui porte sur sa pente des bâtiments couverts 
en chaume. L'horizon est fermé par une chaîne de coteaux embrumés. 
Ciel orageux chargé de gros nuages blancs. 

Signe à droite, en bas : Albert Girard. 



BERAUD (Jean), né à Saint-Pétersbourg, de parents français, 
élève de M. Bonnat. — Rue Washington, 1 3. 

N° 195. L 'Intermède. 

H. oi»55. — L. o m 75. 

Scène de soirée dans un salon parisien. A droite, un piano vu de 
profil près duquel se tiennent un musicien chauve, la poitrine chamar- 
rée de décorations, et un chanteur, debout, un rouleau à la main. Devant 
le piano, au milieu d'un cercle de dames assises, M. Coquelin cadet, 
delà Comédie-Française, le pied droit et la main droite en avant, 
récite un monologue. Au fond, les hommes se tiennent debout, pressés 
contre les murs, près de la porte d'entrée. L'un d'eux s'accoude à une 
cheminée sur laquelle brûlent deux grosses lampes. 



ARTISTES RECOMPENSÉS 2} 

LEROY (Paul-Alexandre-Alfred), né à Paris, élève de 
M. Cabanel. — Rue Bonaparte, 58. 

N° 1 663 . Jésus chc\ Marthe et Marie. 

H. 2 m i5. — L. 2 m 6o. — Fig. grandeur naturelle. 

Le Christ, tête nue, blond, vêtu d'une longue robe incarnat, est assis, 
de face, sur un divan oriental, devant une cloison revêtue de faïences 
peintes. Il se tourne à gauche vers Marthe, grande et brune, qui s'a- 
vance de profil, en robe bleue, coiffée d'une étoffe jaune, une gargou- 
lette à la main, tandis qu'à droite Marie, pâle et blonde, est assise 
à ses pieds, sur une natte. Sur une planche, au-dessus de leur tête, 
des aiguières et des plateaux. A gauche, au fond, s'ouvre une porte 
cintrée à demi fermée par un rideau qui laisse voir un coin de ciel 
lumineux. 

Acquis par l'État. 



VEGMAN (M" c Berthe) , née en Suisse, de parents danois. 
— Copenhague, chez M me Seekamp , Havncgade, 3. Mention 
honorable, 1881 . (Voir le Livre d'or de 1881 .) 

N° 2591. Portrait de ma sœur. 

H. i m io. — L. i ni o5. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Dame encore jeune, brune, la tète nue, assise, de face, souriante, 
près d'une table à ouvrage sur laquelle elle s'appuie à gauche. Elle 
tient dans la main droite posée sur ses genoux une aiguille à tricoter 
et dans l'autre un peloton de coton blanc. Elle porte une robe noire 
agrémentée de velours noir. Sur la table, un verre d'eau où trempe un 
bouquet de fleurs d'acacias et de muguets. Fond gris bleuâtre. 

Signé à droite, en bas : B. Vcgman. 



24 PEINTURE 

EDOUARD (Albert), né à Caen, élève de L. Cogniet et 
de MM. Gérôme et Delaunay. — Quai Saint-Michel, 19. 

N° 967. Caligula et le Cordonnier. 

Caligula, déguisé en Jupiter, se faisait adorer et rendait des oracles dans le 
forum de Lyon. Un pauvre cordonnier gaulois eut l'audace de rire au nez de 
Jupiter. Caligula lui cria d'approcher : « Eh bien! que te semble-t-il de moi? 
— Tu me semblés, répliqua le Gaulois, une grande extravagance. » 

H. i™2o. — L. o m 88. — Petites figures. 

Caligula est assis au fond, de face, au haut d'une estrade. Le cor- 
donnier, au premier plan sur la gauche, s'avance en dressant la tête 
vers lui. 

Acquis par l'Etat. 



STOTT (William), né à Oldham (Angleterre), élève de 
M. Gérôme. — Passage Dulac, 4, rue de Vaugirard. 

N° 2497. La Baignade. 

H. i™55. — L. 2 m 25. 

Au milieu d'un étang calme, aux eaux très vertes, couvertes de nénu- 
phars et d'herbes, parmi de vifs reflets d'un ciel très bleu, est arrêté 
un canot blanc qui porte deux gamins nus. L'un, étendu à l'avant, 
se gare du soleil avec la main; l'autre, debout, de face, s'apprête à 
plonger. Un troisième, dans l'eau, vu de dos, se suspend des deux 
coudes au bord de l'embarcation. Au fond, parmi les roseaux et les 
saules, une rive d'herbe fraîche au-dessus de laquelle blanchissent des 
murs de fermes. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2$ 

BRIELMAN (Jacques- Alfred), né à Paris, élève de M. La- 
vieille. — Rue de Chabrol, 16. 

N° 391 . Un Soir dans les Cévennes. 

H. i m 55. — L. 2 m 'i5. 

Une rivière étroite et limpide, courant parmi de hauts blocs de 
roche, descend de la gauche, entre une colline pierreuse et une plaine 
semée d'oliviers pâles qui s'étend à droite jusqu'au pied des Cévennes. 
Le ciel, d'un bleu vif, semé de flocons orangés, s'empourpre à l'ho- 
rizon. Deux paysannes, à droite, lavent du linge. 

Signé à gauche : Briclman. 



JIMENEZ-ARANDA (José), né à Séville, élève de l'École 
des Beaux-Arts de Séville. — Rue Nicole, 7. 

N° 3371. La Fiston de Fr. Martin. 

(Poème de Don Gaspar N. de Arce.) 
Trois dessins à la plume rehaussés de blanc. 

i° A gauche, des moines, chantant au chœur, assis dans des stalles. 
L'un d'eux, mains jointes, tête baissée, s'épouvante d'une apparition de 
fantômes étranges qui descend des voûtes, le menaçant et l'entourant, 
sorcières décharnées, vieillards ventrus, etc.. Deux jeunes et jolies 
femmes, dont l'une en noir, très décolletée, s'approchent de lui, lui sou- 
rient, le frôlent. Sur le premier plan, en bas, des squelettes qui s'agitent. 

2 Adroite, sur une roche, au-dessus d'un abîme, le même moine 
serre avec frayeur les mains de la femme en noir aux cheveux épais 
qui lui montre, dans le trou ouvert à gauche, un évêque, auquel des 
sorciers arrachent ses vêtements et qui s'efforce de monter vers eux. 

3° Un écroulement de colonnes, de statues, de pans de murs dans 
un précipice au milieu duquel roule, en bas, renversé, le moine. En 
haut, s'envole, les bras étendus, la femme en noir. 



MENTIONS HONORABLES 



AGACHE (Alfred-Pierre), né à Lille, élève de MM. Plu- 
chart et Colas. — A Lille, rue Solférino, 181. 

N° 9. Les Parques. 

H. i m 5o. — L. i m 5o. — Forme ronde. Fig. grandeur naturelle. 

Les trois vieilles, toutes trois coiffées de voiles noirs, vêtues de 
chemises flottantes et de jupes d'étoffe sombre, verte ou rouge, à larges 
bandes brodées, sont assises l'une près de l'autre. Sur la droite, Clotho, 
de face, penchée en avant, dévide autour d'un rouet le fil rouge que 
Lachésis, au fond, file à sa quenouille. A gauche, Atropos, assoupie, 
montrant son profil décharné, tient dans la main droite de grands 
ciseaux ouverts. Son pied nu est posé sur un livre. Sur le fond gris, en 
haut, à droite, voltige une chauve-souris. 

Signé en bas, au milieu : A. Agache, 1882. 



BRANDT (Joseph), né à Szczebrzészyn (Pologne), élève de 
M. Adam. — A Munich. 

N° 371 . Marché aux chevaux à Balla (Podolié). 

A gauche, une tente faite avec des tapis d'Orient, encombrée de 
tapis, de chaussures, d'ustensiles de toute espèce. A droite, une hutte 
de branchages et de pailles sous laquelle s'abritent plusieurs paysans. 
Au fond du marché, accourt, en désordre, une bande de chevaux, 




PARQ 



ARTISTES RECOMPENSES 2J 

ruant et se cabrant, que plusieurs hommes, rangés au premier plan, 
s'efforcent d'arrêter à coups de bâtons. A gauche, un cavalier coiffé 
d'un bonnet fourré à fond rouge, monté sur un cheval harnaché de 
longues fourrures flottantes. A droite, un soldat circassien, à pied, 
tient en main trois chevaux de couleurs différentes. Dans le fond, sur 
une élévation, le fourmillement du marché, paysans, chevaux et 
chiens s'agitant au milieu des charrettes dételées. Ciel gris poussiéreux. 

Signé à droite : Josef Brandt. Warszawy. 



CESBRON (Achille), né à Oran, élève de M. Bonnat. — 
Rue Cauchois, 1 5 (Montmartre). 

N° 517. La Fille du jardinier. 

« ...Elle a vécu ce que vivent les roses. » 
H. im 4 5. — L. im85. 

A l'entrée d'un jardin, un cercueil drapé de blanc, chargé de grosses 
couronnes de roses et de reines-marguerites, est posé sur des tréteaux. 
Alentour des pots de fleurs, et, sur une chaise, à laquelle s'appuient 
des instruments de jardinage, une corbeille de roses. Derrière, par- 
dessus la clôture à claire-voie, montent des plantes grimpantes. 



COURTENS (Franz), né à Tcrmondc (Belgique). — A 
Bruxelles, rue Royale, 25. 

N° 668. Village hollandais. — Midi. 

H. [n»i5. — L. im63 

Au fond, une rangée de maisons basses, peintes de couleurs claires 
couvertes en tuiles rouges, au-dessus desquelles s'élèvent la toiture 



28 PEINTURE 

ardoisée et le clocher de l'église. Devant, un pâtis vert, planté d'arbres, 
où se tient une fillette, gardant quelques moutons. A droite, une rue 
montante. Ciel chargé d'une lumière intense et pesante. 



CROCHEPIERRE (André-Antoine), né à Villeneuve-sur- 
Lot (Lot-et-Garonne), élève de M. L. Philippe. — Boulevard 
Suchet, i i. 

N° 689. Étude. 

H. o m 78. — L. o m 63. — Fig. tiers de nature, jusqu'aux genoux. 

Vieille paysanne, au visage ridé et couperosé, la tête coiffée d'un ma- 
dras, assise, de face et penchée en avant. Ses mains osseuses tombent, 
inertes, sur ses genoux où repose une quenouille. Elle porte un fichu 
et un tablier d'indienne rougeâtre. A gauche, dans l'ombre, un rouet 
et une corbeille d'où s'échappent des bobines. 



LUBIN (Jules- Désiré) , né à Bonny-sur-Loire (Loiret), 
élève de MM. Soyer et Bonnat. — Rue Bayen, 3 1 (Ternes). 

N° 1722. La Grève des forgerons. 

Intérieur de cabaret. Le vieux forgeron, le torse nu, avec une ceinture 
de cuir, s'avance, menaçant, son maillet dans les mains, de gauche à 
droite, vers le jeune forgeron, en pantalon sombre et tricot rayé blanc 
et bleu, qui recule, s'effaçant à droite, contre la muraille. A gauche, 
groupes d'ouvriers effarés; l'un d'eux est monté sur une table. Dans le 
fond, un buveur endormi et une porte entr'ouverte. Sur le carreau, 
une table renversée, des bouteilles et des verres. 



ARTISTES RECOMPENSÉS 29 

DUFOUR (Camille), né à Paris, élève de L. Cogniet et de 
M. Ch. Jacques. — Rue Fontaine-Saint-Georges, 33. 

N° 917. La Seine à Bannières (Seine-et-Oise). 
H. im 4 5. — L. 2^45. 

Le fleuve forme un coude devant le village aux toits de brique qu'on 
aperçoit, au fond, dans les massifs d'arbres. A droite, une colline 
boisée. Sur le devant, un charretier menant deux chevaux. Ciel lourd 
chargé de nuages orageux. 



DUPUIS (Pierre), né à Orléans, élève de H. Vernet et de 
L. Cogniet. — Boulevard de Clichy, 1 1. 

N° 945 . Portrait de M me la baronne de G... 

H. i m 33. — L. o m 92. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Jeune dame vue de trois quarts, en robe noire, mantelet noir, cha- 
peau à plumes noir, sur un fond bleuâtre. De la main droite elle tient 
sa robe; la main gauche est posée sur la poitrine. 



FRERE (Charles), né à Paris, élève de Couture et de 
M. E. Frère. — Boulevard de Clichy, 6. 

N° 1079. Atelier de M. Pourtarel. 

H. imi5. — L. 1^65. 

Intérieur d'un hangar de maréchal ferrant à haute toiture de char- 
pentes. Au fond, près du fourneau flambant, deux ouvriers travaillent 



3° 



PEINTURE 



sur l'enclume. Au premier plan, à droite, deux autres sont en train de 
ferrer un cheval blanc. Dans le coin, des pelles de fer, un seau, un 
balai. L'atelier est plein de fumée. 



r 

FRIANT ( Emile) , ne à Dieuze (Alsace- Lorraine), élève de 
MM. Devilly et Cabanel. — Rue du Moulin-de-bcurrc, 12. 

N" 1084. L'Enfant 'prodigue. 

H. 2 m 7o. — L. 2 m oo. — Fig. un peu moins grande que nature. 

Nu, les cheveux incultes, les pieds entortillés dans des haillons, il 
est tristement assis, de face, sur un talus sablonneux, près d'une rivière 
pâle, dans un paysage aride. Au-dessus de lui, un coin de pré où se 
promènent des pourceaux. 

Acquis par l'Etat. 



GALLARD-LÉP1NAY (Emmanuel), né à Aulnay (Charente- 
Inférieure). — Rue des Dames, 27. 

N° 1 106. Rouen. 

H. 1 1" 6 3 . — L. 2m5o. 

Vue prise sur la Seine. La silhouette de la ville, hérissée de hauts 
clochers, se profile à droite dans un ciel brumeux. Au premier plan, 
des navires à l'ancre, parmi lesquels un trois-mâts anglais. A droite, 
une estacade. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS )l 

GROLLERON (Paul), né à Seignelay (Yonne), élève de 
M. Bonnat. — Rue de la Chapelle, 49. 

N° 1240. Combat dans une usine sous tes murs de Paris; 1870, 
H. 0^88. — L. im35. 

Une cour d'usine. A gauche, l'entrée. A droite, les bâtiments. Au 
fond, l'habitation. Des soldats de ligne et des mobiles font feu de 
tous côtés par les brèches du mur. Une compagnie de chasseurs arrive 
à leur secours au pas de course. Le sol est jonché de morts, de blessés, 
d'ustensiles épars. 



KNIGHT (Daniel-Ridgway), né à Philadelphie (États-Unis 
d'Amérique), élève de Gleyre et de M. Meissonicr. — A Poissy 
(Seine-et-Oise), place de l'Église. 

N° 1464. Un Deuil. 

H. i m 3o. — L. 1^70. 

Dans une rue de village, à gauche, sur les marches d'un escalier de 
pierre, devant une pauvre maison, est assise, en noir, une jeune 
paysanne tristement accoudée. Sur un banc, à côté d'elle, se tient, 
presque de face, une autre paysanne en corsage d'indienne à fleurs et 
tablier bleu, qui paraît lui adresser des paroles de consolation. Deux 
vieilles femmes, l'une portant une faux, l'autre un sac plein de four- 
rage , se sont aussi approchées et lui parlent debout. Dans l'éloigne- 
ment, sur une place bordée par des maisons à toits de brique, des 
enfants en train de jouer et quelques passants. 

Signé à droite : Kidgwuy Knight. Paris, 1882. 



■)! PEINTURE 

LIRA (Pedro - Francisco) , né à Santiago (Chili), élève de 
l'École de peinture de Santiago et de M. Luminais. — Rue 
Bayen, 31. 

N° 1689. Les Remords de Caïn. 

H. 2 m 45. — L. i m y5. — Fig. grandeur naturelle. 

Au pied d'un grand rocher, Caïn, nu, vu de dos, est affaissé sur ses 
genoux, le visage caché dans ses mains. Au-dessus du rocher, un mince 
filet de ciel gris. 



LECOMTE (Paul), né à Paris, élève de M. Lambinet. — 
Rue Albouy, 22. 

N° 1 599. Le Qi/ai de l'Horloge, à Paris. 
H. im55. — L. i m 25. 

Au premier plan, à gauche, les tours de la Conciergerie. Devant les 
tours, sur le trottoir, un factionnaire et deux avocats en robe. Sur la 
chaussée un fiacre peint en jaune. A droite, on aperçoit le Pont-Neuf 
et le Louvre. Ciel clair et bleu semé de gros nuages. 



MANGEANT (Paul-Émile), né à Paris, élève de M. Gé- 
rôme. — A Versailles, avenue de Paris, 104. 

N° 1755. Retour de l'enfant prodigue. 

Il partit donc et vint vers son père. Et, comme il était encore loin, son 
père le vit et fut touché de compassion, et, courant à lui, il le baisa. 

(Luc, xv, 20.) 
H. 1 m 4 5 . — L. 1 m 77 • — Fig. un peu moins grande que nature. 

A gauche, le jeune homme, qu'on voit de dos, nu, ceint d'une peau 



ARTISTES RECOMPENSES 33 

noire, le bras bandé d'un linge ensanglanté, s'est jeté à genoux, la tète 
entre ses mains, sur la terre boueuse. A côté de lui son bâton et son 
paquet. Dans l'éloignement, on voit un vieillard, sortant d'une chau- 
mière, accourir, les bras ouverts, suivi d'un chien noir. A gauche, la 
lisière d'un bois. Ciel pâle du soir chargé de nuages gris. 

Signé à droite : E. Mangeant. 

Acquis par l'État. 



MïNET (Émile-Louis), né à Rouen, élève de M. Morin. — 
Rue de la Chaussée-d'Antin, 23. 

N° 180.6. Les Foins à Saint-Aubin (Seine-Inférieure). 

H. 1 ni 2 5 . — L. i m 85. 

Sur une large rivière bordée de saules, une barque chargée de foins 
arrive de face, menée par un vieux paysan qui godille, debout à l'ar- 
rière, par une femme et un jeune garçon qui rament, assis de chaque 
côté. Une fillette tenant un râteau est juchée sur les gerbes. A droite, 
dans le lointain, un village et son clocher. Ciel du soir déjà assombri. 

Signé à droite : Minet. 

Acquis par l'État. 



M AU RI N (Charles), né au Puy, élève de MM. Lefcbvre et 
Boulanger. — Rue de Grenelle, 10. 

N° 1809. Portrait de M me ***. 

H. o m 65. — L. o m 53. — Fig. grandeur naturelle. Buste. 

Femme d'âge mûr, assise, de profil, tournée à gauche, dans une 

5 



34 PEINTURE 

chaise. Teint couperosé, grosses lèvres, cheveux blonds plaqués sur le 
crâne. Elle porte une robe vert foncé, une cravate blanche à franges, 
un diamant à l'oreille. Fond noir. 

Signe à droite : C/i. Maurin, 1882. 



MU NIER (Emile), né à Paris, élève de MM. A. Lucas et 
Bouguereau. — Boulevard Beauséjour, 45. 

N° 1970. La Source. 

H. 2 m oo. — L. i">oo. — Fig. grandeur naturelle. 

Femme nue, de face, le corps incliné en avant. Du bras droit relevé 
elle se retient à une branche. Son pied gauche pose sur une pierre, 
au milieu de l'eau qu'elle effleure de son pied droit. Fond de rochers 
le long desquels dégouttent des filets d'eau. A gauche, quelques plantes 
aquatiques. 

Siemé à droite : E. Manier. 



OLIVE (Jean-Baptiste), né à Marseille, élève de M. Vollon. 
— Rue de Douai, 39. 

N° 2022. La Plage du Prado par un temps de mistral; 
Marseille. 

H, i m 3o. — L. 2>n6o. 

A droite la grève sablonneuse, semée de blocs de roches rougeâtres, 
que longe une haute chaussée bordée de villas. La mer, d'un vert sourd 
et profond, houleuse, tachée d'écume, occupe le centre et la gauche 
du tableau dont le fond est terminé par une ligne de hauteurs boisées. 
Ciel pesant d'un bleu sombre. 

Acquis par k'Etat. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 35 

PLUCHARD (Henri), né à Valenciennes (Nord), élève de 
Picot et d'A. de Pujol. — A Lille, rue Solférino, 312. 

N° 2173. En octobre; Flandre. 

H. I m 28. L. 2 m OO. 

Dans un champ de betteraves stationne, à droite, une charrette 
attelée de cinq bœufs, deux aux timons, trois en avant. Le charretier 
se tient en tête. Sur la gauche, au premier plan, un paysan et une 
paysanne ramassent des betteraves. A l'horizon une ligne basse d'arbres 
dans la brume. Ciel d'été, plombé, chaud et lourd. 



COMERRE-PATON (M me Jacqueline), née à Paris, élève 
de M. Cabanel. — Rue Ampère ,51. 

N° 627. Mignon. 

H. i m 8o. — L. o m 78. — Fig. grandeur naturelle. 

La tête nue, les cheveux flottants, vêtue d'une chemise qui cache 
mal sa gorge et d'un jupon court, de couleur brune, qui laisse voir ses 
jambes nues, elle est appuyée de trois quarts, à droite, contre un mur 
bas. Elle tient une quenouille dans ses mains pendantes. A gauche, en 
haut, un coin de ciel. 



ROY (Marius), né à Lyon, élève de MM. Boulanger et Jules 
Lefebvre. — Rue de Laval, 23. 

N° 2360. Ne bouge pas! Souvenir clés grandes manœuvres. 
H. i'iioy. — L. i m 5o. 

Un campement d'artillerie, près d'une ferme, dans la campagne. Au 



2 6 PEINTURE 

milieu, un vieux trompette dessine au charbon sur un mur d'écurie le 
portrait d'un petit garçon boucher qui se tient, immobile, à gauche, 
l'air effaré, sa corbeille à viandes posée à terre près de lui. Sur le 
premier plan, un sous-officier et deux cavaliers, vus de dos, regardent 
la scène. A droite, un soldat, assis sur une botte de paille, bourre sa 
pipe; un autre astique son sabre; un autre entre dans l'écurie, portant 
du foin. A gauche, dans l'éloignement, des soldats taillant la soupe et 
des chevaux attachés dans un pré. 

Signé à gauche : M. Roy. 



SICARD (Nicolas), né à Lyon, élève de MM. Vibert et 
Danguin. — A Lyon, rue Saint-Georges, 120. 

N° 2464. Un Accident. 

H. i'»55.— L. 2^52. 

Sur la chaussée d'un quai couvert de neige s'est abattu l'un des 
chevaux qui traînaient un fiacre chargé de bagages. Le cocher, aidé 
d'un garçon boucher, s'efforce de dételer la bête, tandis qu'un sergent 
de ville, enveloppé dans son caban, tient l'autre cheval à la bride. Une 
jeune dame est en train de descendre du fiacre. Au premier plan, à 
gauche, un gamin et une petite fille portant un pain, à droite, une 
cuisinière et un balayeur fumant sa pipe, se sont arrêtés pour regarder. 
Ciel d'hiver brumeux et froid. 

Acquis par l'Etat. 



SCHOUTTETEN (Louis), nH Lille.-— A Lille, rue de Jem- 
mapes, 73. 

N° 2429. Crépuscule. 



ARTISTES RECOMPENSES }~ 

Sur les eaux et les bois descend la paix du soir, 
Et des horizons d'or, comme d'un encensoir, 
Monte un souffle attiédi qui vibre dans la nue; 
Derrière les taillis, la lune va frangeant 
Les nuages massifs d'un long frisson d'argent 
Pour en faire un balcon sous son épaule nue. 

(A. SlLVESTRE.) 
H. i™8o. — L. 2m8o. 

A gauche, une large rivière qui reflète le ciel, d'un bleu profond, 
couvert de gros nuages blancs illuminés par la lune encore cachée sous 
les feuillages. A droite, une rive très herbue cjui monte vers des 
massifs d'arbres sombres. Au premier plan, une paysanne cueille de 
Therbe. 

Signé à droite : L. Schoutleten. 

Acquis par l'État. 



THOMPSON (Harry), né à Londres, élève de Marchai et 
de M. Busson. — A Puteaux, rue Lemaître, 7. 

N° 2530. Un Chemin creux. 

H. 2"io5. — L. 3 m o5. 

Des deux côtés le chemin est bordé par de hauts talus couverts de 
cultures. Une bergère, appuyée sur sa houlette, garde ses moutons. Au 
fond, des collines d'un bleu sombre. Ciel orageux. 



THOMAS (Charles- Armand), né à Paris, élève de 
M. V. Leclaire. — Rue Caumartin, 71 . 



58 PEINTURE 

N° 2 5 2 5 . Le Cellier du père Jacquemin. 
H. i^ 2 5. — L. i m 85. 

Sur un banc de briques, une grosse gerbe de pivoines dans un pot de 
terre vernissé, un chapeau et un tablier de jardinier. Au premier plan, 
à terre, un bouquet de roses, un seau, des pots empilés. A droite, au 
fond, une porte. 



THOLER (Raymond), né à Paris, élève de M. Bergeret. — 
Avenue des Ternes, 58. 

N° 2524. Nature morte. 

H. i m 75. — L. 3 m o2. 

Sur une grande table de pierre, jetés pêle-mêle, de gros poissons, 
des huîtres, des moules, des bourriches. A gauche, un bassin de cuivre 
devant un grand panier auquel pend un linge. A droite, des bouteilles 
vides et des pots de grès. Fond gris verdâtre. 

Signé à droite. 

Acquis par l'État. 



VILLAIN (Eugène), né à Paris, élève de Charlet et de 
L. Cogniet. — Rue Cambronne, 1 10. 

N° 2629. Nature morte. 

H. 0^85. — L. 1^18. 

Sur un buffet de cuisine un plat d'huîtres entre un morceau de viande 
crue et un pot de cuivre. A droite, un bocal en verre, trois bouteilles 
de liqueurs, trois verres à pied, un pot de moutarde. Au fond, un 
panier d'osier d'où s'échappent des pieds de céleri. 

Signé en bas, à gauche : E. Villain. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 39 

ZILLHARDT (M lle Jenny), née à Saint-Quentin (Aisne), 
élève de M. T. Robert- Fleury. — Rue du Faubourg- Saint- 
Honoré, 233. 

N° 2718. Portrait de M»"« ***. 

H. i m 2o. — L. o m 98. — Fig. de grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Dame âgée, assise, de face, dans un fauteuil près d'une table sur 
laquelle elle s'accoude à droite. Sa main gauche tombe sur ses genoux. 
Chevelure blanche, teint coloré. Elle porte une robe noire et une cra- 
vate de dentelle noire. 



ALLEMAND (Gustave), né à Lyon, élève de son père et de 
MM. Cabanel et Harpignies. — A Lyon, quai delà Charité, 4. 

N° 19. Novembre dans le bois de Me~ s ieu (Isère). 

H. 2 m 00. — L. 3 m OO. 

A gauche, des amoncellements de roches grises, près desquels se 
dressent trois chênes au feuillage desséché. Des bouquets de bois 
sèment de taches roussâtres la plaine pierreuse qui s'étend jusqu'aux 
montagnes dont la chaîne confuse s'allonge à l'horizon. Ciel de jour 
tombant, terne et triste, traversé par un vol d'oiseaux noirs. 

Signé à droite : G. Allemand. 



WEIZ (Alden), né à West-Point (États-Unis d'Amérique), 
élève de M, Gérôme. 

N° 2678; Portrait de M* Delaiio. 

H. o m o,5. — L. o m 78. — Fig. de grandeur naturelle* à mi-corps. 

Il est représenté, tète nue, de face, devant une table sur laquelle est 



40 PEINTURE 

posé un encrier de bronze. De la main gauche il feuillette un livre, de 
la main droite il tient une plume d'oie. Teint basané, cheveux, favoris 
et moustaches grisonnants. Redingote noire et gilet gris. 



BÉROUD (Louis), né à Lyon, élève de MM. Lavastre et 
Gourdet. — Rue Houdon, i (place Pigalle). 



N° 207. Le Salon carreau musée du Louvre. 



H. i m 2o. — L. o»'q3. 



La vue est prise en diagonale , non loin de l'entrée de la Galerie 
d'Apollon. On aperçoit au fond, dans le pan coupé, la grande Sainte 
Famille de Raphaël, et, sur la droite, l' Assomption de Murillo, sur- 
montée du Jésus chez Simon de Paul Véronèse. Des copistes sont 
installés devant leurs chevalets; des groupes de visiteurs traversent la 
salle. 



CAIN (Henri), né à Paris, élève de M. J.-P. Laurens. — 
Rue de l'Entrepôt, 19. 

N° 457. Arrestation du comte de Sombreud. 

Après Quiberon, Sombreuil et ses derniers compagnons fuient amenés à 
Vannes dans la cour de la ferme où siégeait la commission militaire. 

[Guerre de Vendée.) 
H. im20. — L. 1^90. 

Intérieur de cour. Au milieu, sur le seuil d'une porte, Sombreuil, 
vêtu de noir avec une écharpe blanche, se tient, les bras croisés, entre 
deux soldats. Un représentant du peuple, suivi d'un officier de housards, 
lui adresse la parole. A gauche, un groupe de grenadiers, un petit 
tambour assis sur sa caisse; à droite, sous un hangar, quelques Bre- 
tons, prisonniers et blessés, gardés par une sentinelle. 



ARTISTES RECOMPENSES 41 

CHELMONSKI (Joseph), né à Varsovie, élève de M.Gerson. 
— Avenue de La Motte-Piquet, 17. 

N° 560. Halte de Cosaques de ligne. 

H. o m 75. — L. 11172. 

Temps de neige. Des soldats cosaques ont mis pied à terre sur la 
grande route, devant une hôtellerie construite en bois. Les chevaux 
sont rangés devant les clôtures. A l'entrée, trois paysannes, debout, en 
costumes rouges. Quelques cosaques sont assis près de la porte ; l'un 
d'eux joue de la cithare; d'autres se promènent près des chevaux. Sur 
un banc, à droite, sont assis plusieurs paysans en pelisses vertes et 
bonnets carrés. Ciel terne et bas çà et là teinté de gris. 



DURST (Auguste), né à Paris, élève de MM. E. Hébert et 
Bonnat. — A Puteaux (Seine), avenue de Saint-Germain, 5 1. 

N° 955. Poules. 

H. 2^35. — L. 4^60. 

Plusieurs poules picorent dans le fumier, sur la pente d'un talus 
que surmonte une chaumière entourée de pommiers. Sur le côté, une 
paysanne assise, la tête et les épaules enveloppées d'un fichu bleu, qu'on 
voit de dos. 



DUBUISSON (Albert- Lucien) , né à Rouen, élève de 
M. Français. — Boulevard du Mont-Parnasse, 139. 

N° 907. Dans les graves à Vdlervdle. 

Une ravine herbue entre deux talus d'où l'on voit, au loin, la mer 
dans une échancrure. A gauche, sur la pente, plusieurs paysannes nor- 
mandes en robes noires et bonnets de coton blanc. Ciel d'été chaud, 
lumineux et lourd. 



^2 PEINTURE 

JAMIN (Paul-Joseph), né à Paris, élève de MM. Jules Le- 
febvre et G. Boulanger. — Rue d'Assas, 84. 

N° 1403. Le Neveu de la fruitière; enfance du général Hoche, 

H. i m 2o. — L. i m 9o. — Fig. de grandeur naturelle. 

Le jeune garçon, en habit vert, culottes jaunes, bas bleus, est étendu 
de son long sur les carreaux de brique, le bras gauche accoudé sur un 
livre, du bras droit soutenant un autre livre ouvert. Il tourne de face 
sa tête fine, méditative, aux yeux noirs et perçants. A gauche, à ses 
pieds, une chaise de paille renversée sur laquelle est posé un sabre. Au 
fond, des paniers de légumes devant une armoire fermée. 

Signé à gauche : Paul Jamin, 1882. 



JEANNIOT (Pierre -Georges), né à Genève, élève de 
M. A. Jeanniot. — Rue Prony, 69. 

N° 1407. Les Réservistes. 

H. I>Hl5. L. 2m 0. 

A gauche, Pavant-corps d'une caserne devant lequel se groupent, 
sous la pluie, les réservistes à leur arrivée. Au premier plan, de dos, 
un paysan en blouse bleue et un ouvrier portant couverture et clairon 
en bandoulière. Entre les deux, de face, un gros homme à chapeau de 
feutre, les joues gonflées et bandées d'un mouchoir de couleur. Au 
milieu, au second plan, un groupe d'officiers. Devant eux, un ivrogne, 
son chapeau à la main, qu'on interroge. Le commandant prend une 
note sur son calepin. Sur la droite, plus loin, arrive de face un gros 
monsieur décoré, sous un parapluie, qui présente aux officiers son fils, 
pommadé et ganté, tenant une valise à la main. Au fond, une troupe 
de réservistes, menée par un sergent, défile devant un commandant à 
cheval. On aperçoit un coin de verdure claire sous le ciel pluvieux. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 43 

GAMBART (Henri-Jean), élève de M. J. Lefebvre. —Chez 
M. Hardy, rue du Cherche-Midi, 37. 

N° 1 1 1 2. Une Famille pauvre. 

H. 3 m 2o. — L. 2 m i 5. — Fig. grandeur naturelle. 

Dans une cour de village, une paysanne en haillons, les pieds nus, 
assise de face sur une auge de pierre, donne le sein a un enfant couché 
sur ses genoux. A gauche, un petit garçon, coiffé d'un béret bleu, 
assis à terre, les pieds croisés, mange dans une écuelle. Au fond, une 
habitation très basse, au-dessus de laquelle on aperçoit des montagnes. 
Ciel gris et sale. 



LAPENNE (Pierre- Philippe- Antoine), né à Auterive 
(Haute-Garonne), élève de M. Cabanel. — Rue du Cherche- 
Midi , 100. 

N° 1539. Supplice de Rc'guhis. 

H. 3 m oo. — L. 2 m oo. — Fig. grandeur naturelle. 

Au milieu, de face, Régulus, à moitié nu, le visage ensanglanté, 
s'affaisse sur ses jambes écartées, entre deux bourreaux qui lui tien- 
nent les bras. Celui de gauche, le torse nu, une draperie brune autour 
du corps, le genou appuyé au mur, se présente de dos. Celui de 
droite, à tête de nègre, se tient de profil, campé sur ses deux jam- 
bes. Un troisième bourreau, drapé d'étoffes voyantes, se montre de 
face, au fond, derrière la victime, tirant sur une corde, passée dans un 
anneau de la muraille, a laquelle est lié le poignet de Régulus. Au 
premier plan, sur le devant, un nègre, ceint d'une étoffe bleue, accroupi, 
de dos, devant un coffre d'armes, en tire un yatagan. 

Signé à droite, en bas : Lapcnnc. 



44 PEINTURE 

LOUSTAUNAU ( Louis-Auguste-Georges), né à Paris, 
élève de MM. Gérôme , F. Barrias et- Vibert. — Boulevard 
Rochechouart, ^jbis. 

N° 17 17. La Lectrice. 

H. o m 6o. — L. o m 95. 

Intérieur d'un salon décoré dans le style XVIII e siècle. A droite, une 
jeune femme, en costume gris clair, assise, de profil, en travers, sur une 
chaise au dossier de laquelle elle s'accoude, fait la lecture d'une bro- 
chure à une autre jeune femme, blonde, en robe de chambre, assise 
près d'elle, dans un grand fauteuil, qui tient une broderie entre les 
mains. A gauche, un jeune officier d'artillerie, assis dans un fauteuil, 
de profil, un journal à la main, les regarde. 



LAISSEMENT (Henri-Adolphe), né à Paris, élève de 
M. Cabanel. — Rue de Rome, 95. 

N° 1508. Portrait de M. Saint-Germain. 

H. 1 ni 2 5 . — L. i m oo. — Fig. grandeur naturelle jusqu'aux genoux. 

Il est assis, de profil, la tête tournée de trois quarts, les bras croisés, 
sur une chaise foncée de velours grenat. Pantalon gris brun, jaquette 
noire, cravate bleue. Fond tirant sur le noir. 

Signé en haut, à droite : Laisscment. 



LEENHARDT (Marc), né à Montpellier, élève de MM. Mi- 
chel et Cabanel. — Boulevard du Mont-Parnasse, 49. 

N° 1608. Un Meurtre au village. 

H. 4 '" 4 5 . — a m 85. — Fig. grandeur naturelle. 
A gauche, sur les dernières marches d'un escalier en pierre montant 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 4^ 

au flanc d'une maison de village, est étendu le cadavre livide et san- 
glant d'un vieillard. Un ouvrier arrêté, un râteau sur l'épaule, dresse 
le bras avec effroi et pousse un cri. Un vieux paysan, tenant par la 
main sa petite fille en robe rose, s'approche de la victime. Au haut de 
l'escalier on voit descendre rapidement une vieille femme avec un geste 
de surprise. A droite, dans Péloignement, un faucheur accourt. Ciel 
triste et gris. 

Signé à gauche, en bas : M. Lccnhordt. 



MILLOCHAU ( Emile - Joseph) , né à Paris, élève de 
MM. Cabanel et Feyen-Perrin. 

N° 1892. Baigneuse. 

H. 2 m oo. — L. i m o5. — Fig. grandeur naturelle. 

Elle est nue, debout, de face, sur le bord d'un ruisseau, le bras 
gauche relevé sur la tête. A gauche, ses vêtements jetés sur une cor- 
beille. Au fond, un talus recouvert de gazon et surmonté de feuillages 
jaunes. 

Signé à gauche : MlUochau. 



POMPON (Charlay), né à Paris, élève de M. Rapin. — 
A Levallois-Perret, rue Chaptal, 1 $. 

N° 2185. Paysage à Anvers [Seine-et-Oise). 
H. i m 42. — L. 2m 5. 

Une prairie à la lisière d'un bois. A gauche une futaie épaisse et 
jaunie par l'automne. Sur les premiers plans, des saules feuillus, des 
pommiers desséchés, de hautes touffes- d'herbes sauvages. Ciel nuageux 
éclairé du côté du couchant. 



4^ PEINTURE 

RU EL (Léon), né à Paris, élève de Pils. — Rue de la Cha- 
pelle, 49. 

N° 2370. Surprise d'un poste ennemi par des francs-tireurs un 
soir de 1870. 

H. o m 9o. — L. i m 2o. 

Intérieur de cabaret. Au milieu, une table chargée de bouteilles 
avec une bougie allumée. Des soldats prussiens, surpris en train de 
boire, se lèvent pour résister aux francs-tireurs qui se précipitent dans 
la salle par une porte ouverte à droite, un officier à leur tête, le revolver 
en main. La salle est pleine de fumée. 



ROBIQUET (M 1,e MARiE-AiMÉE),née à Avranches (Manche), 
élève de M. F. Barrias. — Avenue de Villiers, 72. 

N° 2328. Mort de la Vierge. 

H. 4 m 20. — L. 3 m oo. — Fig. de grandeur naturelle. 

La Vierge est étendue sur un lit, les pieds à droite. A son chevet, au 
milieu des apôtres, une vieille femme, agenouillée, penche ses lèvres sur 
son front. A ses pieds, deux autres femmes, agenouillées, dont l'une 
tient les mains jointes. En haut, le Christ en gloire, entouré d'anges 
en prière, tend les deux bras vers sa mère. 



SIMMONS (Emerson - Edward) , né à Concord (Etats-Unis 
d'Amérique), élève de MM. Boulanger et Lefebvre. 

N° 2469. Etude à Concarneau-, 

H. i m 2o. — L. o m 9o. — Fig. plus petite que nature. 

Jeune paysanne en bonnet blanc et jupon bleu, de facëj revenant 
du lavoir. Elle porte des deux bras son linge dans une corbeille. Au 



ARTISTES RECOMPENSES 47 

fond, on aperçoit des lavandières près d'une source dont le filet d'eau 
descend, à travers les galets, jusqu'au premier plan. Fond de campagne 
verte terminée par des hauteurs boisées. Ciel brumeux et gris. 

Signé à droite : E. Sinvnons. 



VUILLIER (Gaston), né à Perpignan. — Quai d'Anjou, 1 5, 

N° 265 5 . Le Vallon de Pierre-Fol (Aisne). 

H. 1^35.— L. 2 m35. 

Un vallon entre deux collines boisées, l'une, à gauche, frappée par 
la lumière, l'autre, à droite, dans l'ombre, au milieu duquel coule un 
ruisseau presque perdu dans les herbes. Dans l'échancrure, à l'horizon, 
une plaine semée de bois embrumés. Sur la colline de droite quelques 
moutons. Ciel pur et bleu. 




ARTISTES HORS CONCOURS 



BASTIEN-LEPAGE (Jules), né à Damvillers, élève de 
M. Cabanel. — Rue Legendre, 12. (Voir le Livre d'or de 1879, 
1880, 1881.) 

N° 127. Le Père Jacques. 

H. i m 95. — L. i m 8o. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Dans un fouillis de branchages roussis par l'automne, s'avance, de 
face, un vieux bûcheron, à la tête ridée. Son corps maigre, penché en 
avant, plie sous le poids d'un lourd fagot de bois posé en travers de 
son dos sur une hotte. 11 porte un tricot bleu, une veste noisette, un 
pantalon gris; il est coiffé d'un bonnet de coton bleu. A gauche, une 
petite fille, marchant à son côté, se penche pour cueillir une touffe 
de fleurs. Les hautes broussailles leur montent jusqu'à la ceinture. Au 
fond, à travers les fûts élancés et minces du taillis, on aperçoit le ciel 
gris. 



Signé en bas, à gauche : Bastien-Lcpage. Damvillers, 81, 



ARTISTES HORS CONCOURS 



49 



BAUDRY (Paul-Jacques), membre de l'Institut, né à La 
Roche-sur-Yon (Vendée). (Voir les Livres d'or de 1879, 1880.) 

N° 137. La Vérité. 

H. o m 8o. — L. o m 55. 

La Vérité, sous la figure d'une jeune femme nue, est assise, de face, 
la jambe droite relevée, la jambe gauche pendante, sur la margelle d'un 
puits en pierre sculptée, près d'un pilier aux fines moulures. La main 
gauche appuyée sur la pierre, elle tient dans sa main droite un miroir 
levé. A droite, près d'elle, un petit Amour, aux cheveux blonds, qu'on 
voit de dos, porte avec effort un paquet de draperies claires. Un seau 
de cuivre est posé sur une planche en travers de l'ouverture du puits 
au-dessus duquel s'élève le montant d'une poulie en fer ouvragé. A 
droite, fond de montagnes bleuâtres semé de lueurs dorées. 

Signé en bas, à droite : Baudry. 



BERNE-BELLECOUR (Etienne), né à Boulogne-sur-Mer. 
élève de Picot et de M. Barrias. Méd. 1869, méd. i re cl. 1872, 
* 1878, méd. 3 e cl. 1878 (E. U.). — Rue Legendre, 4. 

N° 205. Manœuvre d'embarquement. 

H. i»>4o. — L. 2"io5. 

La scène se passe sur une voie ferrée. A gauche stationne un train 
dans lequel va partir un escadron de cavalerie. Des chevaux sont déjà 
installés dans plusieurs wagons. L'un d'eux, maintenu par un cavalier, 
fait résistance sur le tremplin qu'on lui fait monter, tandis qu'un officier, 
debout sur la voie, donne des ordres aux hommes de corvée. Sur le 
premier plan, à droite, sont jetés à terre des paquetages, des armes, 
des cuirasses. Les cavaliers, à pied, presque tous sans armes, en képis, 
la matelassure blanche autour du corps, attendent en rang, un peu plus 
loin. Devant eux se tiennent un capitaine et un lieutenant montés sur 
des chevaux bai brun. 

Signé à gauche : Bcrnc-Bcllccour, 



5° 



PEINTURE 



BERNIER (Camille), né à Colmar (Alsace), élève de M. L. 
Fleury. — Rue Jean-Nicot, 2. (Voir le Livre d'or de 1879.) 



N° 206. L'Etang. 



H. 1 >" 6 5 . — L. 2<"65. 



A gauche, au premier plan, sur la rive inclinée, un massif de grands 
hêtres dont les branches, rejoignant celles d'un gros arbre planté de 
même à droite, forment une arche de verdure au-dessus de l'étang. 
Au fond, la rive opposée est éclairée d'une lueur douce qui se reflète 
dans l'eau grise et claire. A gauche, au pied des arbres, un paysan bre- 
ton, assis, fumant sa pipe. A côté de lui, un chien noir. 

Signé à gauche : C. Brnicr. 



BONNAT (Léon), membre de l'Institut, né à Bayonne (Basses- 
Pyrénées), élève de L. Cogniet. — Rue Bassano, 48. (Voir les 
Livres d'or de 1879, 1880, 1881.) 

N° 305. Portrait de M. Puvis de Chavannes. 

H. 2 m 25. — L. i m 3o. — Fig. en pied de grandeur naturelle. 

Le peintre est représenté debout, de face, les jambes croisées. La main 
droite, nue, s'appuie sur une table; la main gauche, tenant un gant 
jaune, est posée sur la hanche. Il porte un pantalon gris foncé et une 
redingote noire. Sur la table un album, une carafe, un verre dans un 
plateau d'argent, quelques livres. A droite, on aperçoit, dans l'ombre, 
un bout de chevalet sur lequel est posée une boîte à couleurs. Fond 
brun jaunâtre, très sombre autour de la tête, s'éclairant vers la bor- 
dure. 

Signé à droite : A Pierre Puvis de Chavannes* ■— ■ I. Botinat, 1882. 



ARTISTES HORS CONCOURS $1 

BOUGUEREAU (William-Adolphe), membre de l'Insti- 
tut, né à La Rochelle, élève de Picot. — Rue Notre-Dame-des- 
Champs, 75. (Voir les Livres d'or de 1879, 1880, 1881.) 

N° 341. Le Crépuscule. 

H. 2 m io. — L. i m io. — Fig. grandeur naturelle. 

Une jeune femme, nue, la tête de profil et penchée à gauche, la 
main sous le menton, s'envole, vue de face, au-dessus de la mer. De la 
main droite elle tient, par un bout, le voile de gaze bleue qui se déploie 
légèrement autour d'elle, enveloppant ses jambes. Du pied elle effleure 
la vague claire au-dessus de laquelle s'étend un ciel bleu tendre, teinté 
de vagues rougeurs. En haut, à gauche, le fin croissant de la lune. 

Signé à gauche, en bas : W. Bouguereau, 1882. 



BRETON (Jules-Adolphe), né à Courrières (Pas-de-Ca- 
lais), élève de Devigne et de Drolling. — A Courrières. (Voir le 
Livre d'or de 1879.) 

N° 387. Le Soir dans les hameaux du Finistère. 

H. 0^95. — L. i m 33. 



Quand le soir met son bronze aux pignons de la rue, 
Quand l'étoile du pâtre éclôt au ciel tremblant, 
Noires comme la nuit, sous leur grand bonnet blanc, 
Errent des femmes, l'une après l'autre apparue, 
Le tricot à la main et la quenouille au flanc. 

La jeune, svelte et longue ainsi qu'une hirondelle, 
Tient droit son col sauvage et son profil amer; 
Et, sœur des goélands qui planent sur la mer, 
L'aïeule a relevé son châle en forme d'aile, 
Comme pour chevaucher, sa quenouille dans l'air. 

Mais, loin d'aller, la nuit, se mêler aux sorcières 
Qui, dans l'ardente horreur du satanique hymen. 



? 2 PEINTURE 

Font tournoyer leur ronde autour du vieux dolmen, 
Ces femmes ont pour tout talisman leurs prières, 
Et pour seule réponse au sort fatal : « Amen! » 



Une route dans un village, au soleil couché. Sur le premier plan, au 
milieu, quatre paysannes, en robes noires et cornettes blanches, sont ar- 
rêtées et causent ; la plus jeune tricote, deux autres tiennent des que- 
nouilles. A gauche, contre un mur bas de pierres sèches qui longe la 
route, au second plan, un paysan, assis sur une borne, allume sa pipe ; 
plus loin, une jeune fille, debout, appuyée au mur, écoute un jeune 
paysan tourné vers elle. A leurs pieds, jouent trois enfants. Sur la route 
qui s'enfonce entre des maisons, on entrevoit plus loin encore d'autres 
figures confuses dans l'ombre. A droite, l'horizon est fermé par les 
murailles d'une maison où s'éteignent les dernières lueurs du crépus- 
cule ; quelques vieilles sont assises le long du chemin, sur de grosses 
pierres. Le ciel brumeux est taché çà et là de lueurs orangées; dans une 
encoignure claire, au-dessus de la route, blanchit l'étoile du berger. 

Signé à gauche, en lias : Jules Breton, 1882. 



CABANEL (Alexandre), membre de l'Institut, né à Mont- 
pellier, élève de Picot. — Rue de Vigny, 14. (Voir les Livres 
d'or de 1879, 1880, 1881.) 

N" 443. Portrait de M llc des C... 

H. i m i5. — L. o m 82. — Fig. grandeur naturelle jusqu'aux genoux. 

Jeune fille assise, de profil, la tète nue et tournée de face, sur un ta- 
bouret en tapisserie, la main droite tombante, la main gauche sur les 
genoux. Yeux bleu gris, cheveux blonds tirant sur le roux. Robe en 
soie bleu de ciel, corsage de velours bleu plus foncé. Le corsage et les 
manches sont ornés de longues dentelles. 

Signé en bas, à gauche : A. Cabancl. 




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ARTISTES HORS CONCOURS $3 

CAROLUS-DURAN (Emile-Auguste), né à Lille (Nord). 
— Passage Stanislas, 11. (Voir les Livres d'or de 1879, 1880, 
1881.) 

N° 482. Mise au tombeau. 

H. i m 55. — L. i m 95. — Fig. grandeur naturelle à mi-corps. 

Le Christ, nu, est étendu dans son linceul sur un tapis grenat. A 
droite, la Vierge, enveloppée d'un voile bleu, penchée sur son épaule, 
lui soutient la tête. A gauche, la Madeleine, drapée de rose, les che- 
veux épars, baise ardemment ses pieds. Entre elles, Marie Salomé, 
en noir et blanc, tend un plateau à saint Jean, qui tient une éponge. 
Derrière, un fragment de rocher et un ciel empourpré par le crépus- 
cule. 



CHAPLIN (Charles), né aux Andelys (Eure), de parents 
étrangers. Méd. 3 e cl. 185 1, 2 e cl. 1852, méd. 1865, $ 1865, 
O. & 1877. — Rue de Lisbonne, 25. 

N° 537. Souvenirs. 

H. o ni y5. — L. o m 55. — Fig. grandeur naturelle, en buste. 

Jeune femme, aux cheveux blonds dénoués et flottants, laissant 
tomber à droite sa tête, qu'on voit de trois quarts, sur un coussin de 
couleur sombre. Les yeux languissants, la bouche souriante, les joues 
rougissantes, elle tient sa main gauche sous ses deux seins nus dans un 
flot de linges transparents. 

Acquis par l'État. 



COURTAT (Louis), né à Paris, élève de M. Cabanel. — 
Méd. 3 e cl. 1873 et 1874, méd. i rc cl. 1875. — Rue Boisso- 
nade, 6. 



54 PEINTURE 

N° 676. Odalisque. 

H. i m 35. — L. 2 m 25. — Fig. grandeur naturelle. 

Elle est étendue, toute nue, sur un divan jaune, la tête à droite, 
montrant de face son corps et son visage. Elle caresse nonchalamment 
ses cheveux de ses mains relevées. Sur le même divan, à gauche, derrière 
elle, une esclave, de face, les seins nus, portant une écharpe jaune, est 
accroupie et joue de la mandoline dans la pénombre. Sur la droite la 
tapisserie entr'ouverte laisse tomber un rayon de lumière. Au premier 
plan, un escabeau de marqueterie arabe sur lequel est posée une 
aiguière de cuivre. Fond de tapisseries orientales. 

Signé à gauche : L. Courtat. 

Acquis par l'État. 



DAGNAN-BOUVERET (Pascal-Adolphe-Jean), né à 
Paris, élève de M. Gérôme. — Avenue de Villiers, 147. (Voir le 
Livre d'or de 1880.) 

N° 700. Bénédiction des jeunes époux avant le mariage; — cou- 
tume de Franche-Comté. 

H. 1™02. — L. 1^45. 

Au milieu d'une modeste chambre, blanchie à la chaux, qu'éclaire 
vivement une fenêtre ouverte sur la droite, les deux jeunes époux, la 
mariée tout en blanc, le marié tout en noir, sont agenouillés, de 
profil, au pied des grands-parents, qui se tiennent debout, à gauche, un 
cierge à la main, devant les rideaux fermés d'un grand lit rouge. Au 
second plan, à droite, d'autres parents, trois vieux paysans, deux jeunes 
filles, des enfants, attendent, rangés derrière la table dressée en équerre 
dans le coin de la chambre. Sur la nappe blanche où tombe une lumière 
vive, les assiettes, les verres, les pots de fleurs, les bouteilles, le pain, 
brillent dans le soleil. 




G. Cuillaumet pinx, 



Ch Courliy se. 



HABITATION SAHARIENNE. 



ARTISTES HORS CONCOURS 55 

FALGUIÈR.E (Jean-Alexandre-Joseph), né à Toulouse, 
élève de M. Jouffroy. Méd. 2 e cl. 1875. 

N° 1006. Éventail et poignard. 

La Moresque aux bras nus est lasse du charmeur. 
Les morsures après les baisers, tout arrive. 
L'éventail, ce guetteur d'amour, disait : Qu'il vive! 
Le poignard , ce bravo de haine, dit : Qu'il meure ! 

(E. GOUDEAU.) 

H. i m 85. — L. i m i8. ■ — ■ Fig. grandeur naturelle. 

Jeune femme très brune, les cheveux plaqués sur les tempes, debout, 
vue de trois quarts, près d'un mur. Elle porte une robe courte, de 
couleur sombre, un tablier de satin vert bleu, et, sur la tête, une 
pointe de laine noire. Les bras croisés, dans une attitude de dédain 
menaçant, elle serre un stylet de la main droite. A ses pieds un éventail 
rouge. Fond brouillé de verdure. 



GUILLAUMET (Gustave) , né à Paris, élève de Picot et de 
M. Barrias. — A Sèvres, rue de la Machine. (Voir le Livre d'or 
de 1879.) 

N° 1260. Habitation saharienne ; — Cercle de Biskra (Algérie). 

H. i m 5o. — L. i m 75. 

Intérieur d'une salle basse en pisé gris dont le plafond de char- 
pentes est soutenu, au milieu, par deux troncs d'arbres, en perspective, 
formant colonnes. A l'une d'elles, au premier plan, est attachée de 
profil une brebis blanche que trait une fillette, à genoux, en sarrau bleu. 
A droite, une vieille femme, vêtue aussi de bleu, assise sur le sol, 
devant un banc, moud du grain dans une petite meule de pierre qu'elle 
tient entre ses jambes. Sur le banc, derrière, une jeune fille assise, en 
robe rouge, file sa quenouillée. Du même côté, à l'arrière-plan, au 
fond de la salle obscure, un escalier montant vers l'extérieur, frappé de 
lumière, où apparaît une autre femme. 



56 PEINTURE 

HARPIGNIES (Henry), né à Valcncicnnes (Nord), élève de 
J. Achard. M éd. 1066, 1868, 1869, % 1875, méd. 2 e cl. 1878 

(E. U.). 

N° 1 302. La Loire. 

A droite et à gauche, à égale distance du cadre,, de gros chênes aux 
larges branchages roussis par l'automne forment, en se rejoignant, 
une arche de verdure au-dessus du cours sinueux du fleuve qui dé- 
roule, au loin, sa nappe bleue, entre de larges bancs de sable blanc, à 
gauche, et un promontoire de verdure, à droite. Au fond, on aperçoit 
une côte boisée. Ciel d'automne, d'un bleu tendre, pur, clair et calme. 



HÉBERT (Ernest), membre de l'Institut, né à Grenoble, 
élève de David d'Angers et de P. Delaroche. — Boulevard Ro- 
chechouart, 55. (Voir les Livres d'or de 1879, 1880, 1881.) 



N° 1 31 5. Warum i 

H. o m 9o. — L. o ni 7o. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Jeune femme, vue de face, la tête légèrement inclinée, jouant de la 
harpe dans un bois vert. Elle est vêtue d'une robe blanche qui laisse 
voir ses épaules et sa gorge nues. Elle porte, appuyée à son épaule 
droite, sa petite harpe, peinte en vert émaillé d'or, qui lui encadre le 
visage. Ses cheveux blonds sont retenus par des bandelettes d'or. 

Signé à gauche : Hébert, 1881. 

Appartient à M. Hollander. 



HENNER (Jean-Jacques), né à Bernwiller (Alsace), élève 
de Drolling et de Picot. — Place Pigalle, 1 1 . (Voiries Livres d'or 
de 1879, 1880, 1881.) 




icrl pinx 



WARUM ?. 



LE LIVRE D'OR 



DU 



SALON DE PEINTURE 

ET DE SCULPTURE 



SIXIEME ANNÉE. - M DCCC LXXXIV 



TIRÉ A PETIT NOMBRE 

Il a été tiré en plus : 

ioo exemplaires sur papier de Hollande, avec épreuves des gravures 
avant la lettre. 

2 5 exemplaires sur papier Whatman, avec doubles épreuves des 
gravures. 



i 2 5 exemplaires, numérotés. 



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LE LIVRE D'OR 



DU 



SALON DE PEINTURE 

ET DE SCULPTURE 

CATALOGUE DESCRIPTIF DES ŒUVRES RÉCOMPENSÉES 
ET DES PRINCIPALES ŒUVRES HORS CONCOURS 

RÉDIGÉ PAR 

GEORGES LAFENESTRE 

ET ORNÉ DE 

QUINZE PLANCHES A VEAU-FORTE 

GRAVÉES PAR 

DE B1LLY, CHAMPOLLION, DAUMONT, GÉRY-BICHARD, 

G. GREUX, LALAUZE, LE RAT, DE LOS RIOS, LOUVEAU-ROUVEYRE (M ME ), 

MANESSE, A. MASSÉ, MERCIER, RAJON , TOUSSAINT, VION 

Sous la direction de M. Edmond Bédouin 




PARIS 
LIBRAIRIE DES BIBLIOPHILES 

RUE SAINT-HONORÉ, 338 



M DCCC LXXX1V 




PRÉFACE 




'une année à l'autre, la physionomie du 
Salon ne peut guère se modifier d'une 
façon très sensible. L'aspect d'ensemble 
du Salon de 1884 rappelait le Salon 
de 1883 : P eu d'œuvres réfléchies, 
beaucoup d'œuvres improvisées ; une 
tendance de plus en plus marquée à 
supprimer tout effort de conception dans la composition et toute 
accentuation des formes dans l'exécution, la substitution des 
colorations légères et fraîches, tantôt ravivées par l'observation 
naturelle, tantôt atténuées par le goût décoratif, à l'ancienne 
gamme, assombrie mais solide, des premières écoles réalistes, 
un goût chaque jour plus exclusif pour les figures contempo- 
raines qu'on introduit, avec leurs costumes, dans l'histoire et 
dans l'allégorie, avec autant de liberté, mais peut-être moins de 
naïveté, que les vieux Vénitiens et les vieux Flamands : tels sont, 
ce nous semble, les traits principaux qui frappaient les yeux lors 
d'une première promenade dans les salles du Palais des Champs- 
Elysées. 



II PREFACE 

Evidemment notre école de peinture traverse aujourd'hui une 
crise. L'issue définitive, il est vrai, ne nous inquiète pas, parce 
que jamais l'amour de la nature et l'amour de la vérité n'ont été 
plus vifs en elle qu'ils ne le sont à l'heure présente. D'ailleurs, 
nous croyons non seulement que la représentation de la vie mo- 
derne peut fournir à des peintres d'appartements des motifs infini- 
ment variés d'observation sérieuse ou piquante, mais nous esti- 
mons encore qu'elle peut et qu'elle doit être pour les décorateurs 
des édifices publics, dans une nation démocratique, active, intel- 
ligente, l'occasion de déployer sous les yeux de toutes les classes 
sociales des spectacles, graves ou brillants, d'un haut enseigne- 
ment moral, historique ou patriotique. C'est même à ce but, 
qui est au fond l'ambition secrète de tous les grands artistes, 
que doit tendre l'effort des pouvoirs publics, si l'on veut utiliser, 
pour le bien de tous, la généreuse émulation de cette multitude 
croissante de peintres et de sculpteurs qui se consume actuel- 
lement, au jour le jour, dans des travaux d'aventure, sans portée 
et sans but. 

Malheureusement, cette excellente tendance des générations 
nouvelles à chercher un rajeunissement de l'art dans une étude 
plus franche de la nature et dans une recherche plus séduisante de 
l'harmonie a déjà servi de prétexte à des diffusions de théories 
exclusives et singulières qui sont en passe de troubler à nouveau 
les cervelles. Des flots inutiles de paroles et d'encre recom- 
mencent à couler, dans les ateliers et dans les journaux, à 
propos de Y impressionnisme et de la modernité, comme autrefois 
à propos du romantisme et naguère du réalisme. Ces discus- 
sions à coups de néologismes mal définis ne troublent pas sans 
doute beaucoup dans leur développement les peintres con- 
vaincus et expérimentés, mais elles ont une fâcheuse influence 
sur le public, qui n'est que trop porté à mêler aux questions d'art, 
qu'il n'entend guère, les querelles littéraires, qu'il croit entendre, 
et elles exercent surtout une action funeste sur les jeunes artistes 
troublés dans la naïveté nécessaire de leurs premières études 



PREFACE III 



par l'assurance et le retentissement de certaines affirmations ab- 
solues. C'est ainsi que les uns mettent hors la loi tous les pein- 
tres que leur imagination, plus cultivée ou plus ardente, pourrait 
entraîner au delà d'une copie exacte de la vie contemporaine, et 
que les autres frappent d'excommunication tous ceux qui cher- 
chent l'expression pittoresque, en dehors d'une certaine fusion 
harmonieuse de tons adoucis et rompus, par la correction des 
lignes, la solidité des formes, l'éclat des couleurs. L'embarras 
devient vraiment grand pour les artistes préoccupés du qu'en 
dira t-on lorsqu'ils veulent, comme le font naïvement quelques- 
uns, concilier deux doctrines dont les partisans ne s'entendent 
que pour combattre la tradition classique. En effet, tandis que, 
d'une part, l'observation sincère de la nature les pousse forcément 
à des accentuations de plus en plus précises des formes et des 
couleurs, d'autre part, la recherche voulue des harmonies déco- 
ratives exige des sacrifices incessants et d'habiles compromis qui 
atténuent l'exactitude des lignes et qui altèrent la franchise 
du rendu. Le résultat le plus clair de cette fausse situation, c'est 
que les qualités essentielles qui ont toujours maintenu la force de 
l'école française, la science du dessin et l'intelligence de la com- 
position, semblent momentanément dépréciées au profit de qua- 
lités de main secondaires et toutes d'apparence, qui ne suffiront 
pas dans l'avenir, lorsque la mode aura changé, à assurer la 
vitalité des ouvrages conçus dans cet esprit systématique. 

Les artistes sérieux, dont beaucoup ne vont pas à l'aventure et 
raisonnent ce qu'ils font, ne laissent pas d'être inquiétés par ce 
désordre croissant, où la vitalité de l'école s'affirme sans doute, 
mais qui peut être une cause de dispersion ou d'égarement pour 
bien des forces utiles. Les votes auxquels a donné lieu la répar- 
tition des diverses récompenses sont des témoignages évidents 
de cette inquiétude en même temps que du désir sincère où 
l'on est d'en sortir et de remettre les choses en leur véritable 
jour, malgré les entraînements de la mode et la loquacité des 
faiseurs d'axiomes. Les opérations pour la médaille d'honneur, 



IV PREFACE 

en peinture, après trois tours de scrutin, n'ont donné aucun 
résultat, mais la répartition des voix a été significative. Au pre- 
mier tour, sur 1 18 votants : M. Bouguereau a obtenu 34 voix; 
M. Cormon, 24; M. Puvis de Chavannes, 15; M. Jules 
Lefebvre, 12; M. Henner, 10; M. Benjamin Constant, 8; 
M. Duez, 4: M. Collin, 3 ; M. Feyen-Perrin,2 ; M. Lhermitte, 2; 
M. Cabanel, 1 ; M. A. Petit, 1 ; M. Détaille, 1 , avec 11 bul- 
letins blancs. Au second tour, les suffrages se sont moins dis- 
persés : MM. Bouguereau et Cormon ont gardé la tête avec 39 
et 3 3 voix, non plus suivis, cette fois, par M. Puvis de Chavannes, 
réduit à 10 voix, mais par MM. Henner et Jules Lefebvre, avec 
21 et 14. Au troisième tour, M. Bouguereau a réuni 49 voix; 
M. Cormon, 37; M. Henner, 26 : aucun d'eux n'obtenant 
la majorité absolue, le vote restait nul. Cependant, en somme, si 
l'on n'avait pu s'entendre pour reconnaître une supériorité 
absolue à aucune des deux œuvres remarquables qui s'étaient, 
jusqu'au bout, disputé la victoire, il n'y avait jamais eu d'hésita- 
tion pour les faire passer en première ligne, parce qu'en effet ces 
œuvres, dans des directions bien opposées, réunissaient pour- 
tant ce qui manque le plus à la foule des exposants, l'intelli- 
gence d'une composition complexe et expressive et la recherche 
d'un rendu exact et complet. C'est probablement l'insuffisance de 
cette dernière recherche chez M. Puvis de Chavannes, dont le 
grand rêve, harmonieux et poétique, semblait plus que jamais 
dédaigner la vérité palpable, qui l'a fait abandonner cette fois par 
ses nombreux admirateurs ; et la préférence donnée ensuite à 
MM. Henner et Jules Lefebvre, dont les envois consistaient en 
figures isolées, indique une juste préoccupation de reconnaître, 
à défaut des qualités d'invention, la valeur que prend le senti- 
ment de la beauté plastique par le rayonnement généreux de la 
peinture ou la pureté délicate du dessin. 

Le bon sens des artistes s'est manifesté clairement aussi dans 
la distribution des récompenses. S'il s'est montré large et géné- 
reux lorsqu'il s'est agi d'encourager des tentatives sincères ou 



PREFACE 



des essais heureux par des distinctions inférieures , comme les 
mentions honorables, en revanche, il a montré, dans la réparti- 
tion des récompenses supérieures, une parcimonie attentive qui 
contraste avec certaines de ses prodigalités passées et qui est 
bien faite, si elle dure, pour relever la valeur de ses choix. Au- 
cune première médaille n'a été donnée. Parmi les secondes, 
celles qui ont été votées d'abord sont allées à des ouvrages 
d'une belle tenue, le Portrait équestre, de M. le comte de 
Lalaing, d'une allure si mâle et si grave, et Y Edith retrouvant le 
corps dHarold, par M. François Schommer, envoi de Rome, 
dont les qualités sérieuses annoncent un artiste laborieux et de 
nobles ambitions. Les médailles accordées à M. Auguin, le 
paysagiste consciencieux et vigoureux de Bordeaux, depuis si 
longtemps sur la brèche dans toutes les expositions provinciales 
et parisiennes, et à M. Othon von Thoren, le peintre d'animaux 
qu'on a pu compter de bonne heure , malgré son origine autri- 
chienne, parmi les éièves de l'Ecole française, s'adressaient à la 
série de leurs œuvres passées autant qu'à leurs oeuvres pré- 
sentes; on ne pouvait d'ailleurs saisir meilleure occasion de ré- 
compenser de si honorables carrières, car M. Auguin n'a jamais 
fait une oeuvre plus grandement simple que son Jour d'été' à ta 
grand' côte, et M. Othon von Thoren, qui a souvent peint des 
compositions plus mouvementées que son Labour , n'y avait pas 
toujours apporté la même aisance ni le même sentiment d'har- 
monie. MM. Kreyder, Bonnefoy, Delahaye , Damoye, Barillot, 
Durst appartiennent à la génération suivante, et, depuis quelques 
années, on suivait avec intérêt leurs efforts sincères et leurs pro- 
grès constants dans la recherche d'une représentation exacte et 
vivante, qu'il s'agît de paysages ou de scènes ouvrières, d'ani- 
maux ou de fleurs. L'opinion publique semble avoir surtout ratifié 
avec satisfaction les distinctions données à M. Kroycr, le jeune 
peintre danois, dont l'originalité franche et vive éclate, avec 
une forte et salubre saveur de terroir, dans ses Pêcheurs de Sca- 
gen, et à M. Nicolas Escalier qui, poursuivant avec une hardiesse 

b 



VI PREFACE 

heureuse ses belles études décoratives, ne craignait pas, dans sa 
Bonne Aventure, d'évoquer sans y trop succomber le souvenir 
resplendissant des peintures de Tiepolo au palais Labbia. 

Dans la distribution épineuse des secondes médailles, comme 
dans celle , beaucoup plus facile , des mentions honorables , le jury, 
composé uniquement d'artistes, on le sait, a montré vis-à-vis des 
tendances diverses et des écoles opposées une impartialité d'au- 
tant plus remarquable qu'elle semble plus difficile à une réunion 
de producteurs en pleine activité, dont les convictions ont le droit 
d'être âpres et les jugements l'habitude d'être absolus. Il est clair 
que, par suite de l'expérience acquise dans un fonctionnement 
de plus en plus fréquent et de plus en plus contrôlé, l'esprit cri- 
tique se développe chez eux en même temps que la connaissance 
de l'histoire des arts et l'intelligence de ses manifestations infini- 
ment variées. C'est là un fait fatal dans notre état actuel de civi- 
lisation et dont il ne convient pas, nous le croyons, de s'effrayer. 
Les producteurs les plus puissants dans toutes les périodes de 
l'art qu'il nous est possible d'étudier avec exactitude ont été 
aussi, à très peu d'exceptions près, les critiques les plus sagaces 
et les plus ouverts de leur temps , parce qu'ils en étaient les 
mieux informés et les plus savants. Léonard de Vinci, Raphaël, 
Rubens, Rembrandt, Poussin, Eugène Delacroix ont su étendre, 
de tous côtés, leurs admirations raisonnées, bien au delà de leur 
terrain propre, sans rien perdre de leur originalité ou plutôt en 
l'agrandissant par cette^ extension féconde de leurs sympathies. 
L'artiste, dans notre vie moderne, ne peut plus pousser sans cul- 
ture, comme une plante sauvage et spontanée; on peut même 
croire, si l'on s'en tient à l'étude des faits, qu'il n'en a jamais été 
autrement. Il n'est donc pas mauvais qu'il s'arme de toutes 
pièces pour bien juger comme pour bien faire. 

L'intelligence des œuvres mène forcément à l'indulgence pour 
les ouvriers. On ne s'étonnera donc pas que, dans la série des 
secondes médailles, où, par une suite de concessions mutuelles 
et utiles, se trouvent juxtaposés des noms, presque tous jeunes, 



PREFACE VII 



représentant des tendances opposées et des écoles presque hos- 
tiles, il y en ait quelques-uns qui y semblent appelés un peu pré- 
maturément. Le jury, tenant, comme tout semble l'indiquer, à 
reconnaître avec une haute impartialité toutes les tentatives sin- 
cères et toutes les espérances données, dans quelque ordre que ce 
fût, a pu quelquefois se trouver assez embarrassé : entre certaines 
secondes médailles et certaines mentions honorables, il n'y a sans 
doute que l'épaisseur d'un hasard. Il est difficile de prévoir l'ave- 
nir des artistes que leurs confrères tirent ainsi de la foule. Toute- 
fois, nous devons constater que, parmi eux, ceux sur lesquels on 
semble le plus compter sont MM. Guignard, Friant, Maurin, 
Brouillet, Dinet, Bordes, Petit-Jean, Fourié, qui joignent déjà 
au profond sentiment de la vérité des qualités vives et franches 
de peinture devenues aujourd'hui indispensables. 

La plupart des peintres hors concours ont soutenu leur répu- 
tation par des œuvres dignes d'eux. Dans l'œuvre considérable 
de M. Bouguereau , la grande toile de la Jeunesse de Bacchus 
marquera comme une des manifestations les plus sérieuses de 
son habileté infaillible et de sa science avenante. La froideur 
qu'on reproche à la Vente d'esclaves et à la Nuit au désert, de 
M. Gérôme, n'est pas nouvelle; c'est une froideur voulue, 
comme la fermeté de son ordonnance, la rigueur de ses attitudes, 
la précision de ses contours. Si ses œuvres sont moins popu- 
laires, ce n'est pas le dessinateur net et ingénieux qui a changé ; 
c'est la mode qui tourne. Malgré la mode , les Portraits de 
M me E. H. et de M me A. O., par M. Cabanel, resteront, en tout 
temps, à cause de leur délicate exécution et de leur distinction 
expressive, des œuvres d'art des plus intéressantes. On peut en 
dire autant du Portrait de Régnier, par M. Delaunay, qui ne se 
soucie guère non plus de la mode et qui se contente de faire 
comme il sait, net et bien. D'autres membres de l'Institut, 
MM. Hébert et Paul Dubois, n'ont envoyé, comme cartes de 
visite, que des études de têtes, mais qui portent bien la marque 
de leur personnalité convaincue et qui prennent bonne place dans 



VIII PREFACE 

la série de leurs œuvres. Les anciens pensionnaires de Rome, 
de la génération suivante, s'effacent, il est vrai, de plus en plus; 
si MM. Henner et Jules Lefebvre ne se présentaient toujours 
à la lutte avec une énergie persistante , on pourrait presque 
croire que la villa Médicis est fermée depuis vingt ans. Deux 
gracieuses compositions par M. Olivier Merson, deux bons por- 
traits par M. Gabriel Ferrier, ne donnent pourtant qu'une faible 
idée de leur talent réel, et l'on doit attendre d'eux, dans un temps 
prochain, des travaux plus importants et qui répondent mieux à 
leurs débuts. 

Parmi les artistes hors concours qui sont arrivés à la célébrité 
sans passer par la filière officielle et dont l'action indépendante 
s'exerce avec autorité sur l'École française, nous retrouvons cette 
année, au premier rang, M. Puvis de Chavannes. Sa vaste com- 
position, le Bols sacré cher aux Arts et aux Muses, rappelle, par 
sa belle ordonnance décorative comme par ses dimensions , 
le Ludus pro patria qui lui valut la médaille d'honneur en 
1882; mais soit que l'artiste ait exagéré de plus en plus la sim- 
plification de ses contours et de ses modelés, soit que les yeux 
du public aient été rendus à cet égard plus difficiles par les pro- 
grès incessants des études naturalistes, on ne saurait nier que 
cette peinture harmonieuse et séduisante n'ait paru, dans quel- 
ques parties, d'une indication trop sommaire et d'une correction 
trop incertaine. Le Retour d'une chasse à l'ours, par M. Cormon, 
dans un sujet d'ailleurs plus réel, marquait une volonté plus ferme 
d'unir à la grandeur puissante d'une -composition légendaire 
l'exactitude des formes et la solidité de l'exécution. L'auteur du 
Caïn s'est décidément placé, par cette œuvre sérieuse, au pre- 
mier rang de nos peintres d'histoire, et l'on peut croire qu'en abor- 
dant des époques moins incertaines son imagination poétique 
pourra y déployer une vigueur plus précise encore. M. Jean-Paul 
Laurens, qui excelle à ressusciter les figures tragiques des époques 
barbares, a représenté, avec son énergie habituelle, dans des di- 
mensions restreintes, un des épisodes lesplus terribles de l'histoire 



PREFACE IX 

de la papauté, le meurtre des cardinaux par Urbain VI. L'une des 
épopées les plus grandioses de la tradition celtique, l'engloutis- 
sement de la ville d'Is, dans la baie de Douarnenez, a fourni à 
M. Luminais le sujet d'une intéressante composition qui, sans 
avoir la grandeur du poème original, ne laisse pas d'être saisis- 
sante. De plus jeunes artistes, que la souplesse ou le charme de 
leur talent exposent à des tentations d'un ordre plus facile, ont 
aussi montré qu'ils n'entendaient pas renoncer aux grandes ambi- 
tions : les Chérifas, de M. Benjamin Constant, l'Été, de 
M. Raphaël Collin, le Saint François d'Assise, de M. Duez, 
trois des meilleurs morceaux de peinture du Salon, témoignent 
d'une intelligence élevée dans la recherche de la beauté plastique 
autant que d'une habileté grandissante dans le maniement du 
pinceau. 

Dans le portrait, le genre rustique, le tableau de mœurs, le 
paysage, on pourrait citer un bien plus grand nombre de pièces 
intéressantes. Le visage humain est interprété de mille façons, 
par les méthodes les plus diverses; mais, comme il peut être vrai 
de mille façons, qu'on l'exprime soit par ses contours, soit par 
son relief, soit par sa couleur, et comme le goût de la vérité est 
général, il s'ensuit que nous léguerons à la postérité une très 
respectable quantité d'images parlantes de nos contemporains. 
MM. Carolus Duran, Charles Chaplin, Chartran, Dagnan-Bou- 
veret, Fantin-Latour, Gervex, Tony Robert-Fleury, dont les 
manières se ressemblent si peu, se joignent à MM. Cabanel, 
Hébert, Delaunay, Jules Lefebvre, pour attester, sur ce point, 
la complète indépendance d'esprit qui permet à chacun d'eux, 
suivant son tempérament, de rendre avec une infinie variété la 
variété infinie des physionomies vivantes. La poésie de la vie 
champêtre a rarement été traduite avec plus de charme et 
d'émotion que par M. Jules Breton, dans ses Communiantes et sa 
Route en hiver, avec plus de grandeur et de simplicité que par 
M. Lhermitte dans ses Vendanges, et, parmi les paysagistes, 
MM. Demont, Harpignies, Pelouse, Sauzay, Segé, qui nous sem- 



X PREFACE 

blent avoir donné, cette année, les preuves les plus marquées de 
leur originalité, se présentent au milieu d'une multitude de con- 
frères dont le talent est presque égal au leur. 

Le scrutin pour la médaille d'honneur en sculpture a donné 
lieu aux mêmes tiraillements que le scrutin pour la même médaille 
en peinture. Enfin de compte, le résultat a été nul. C'est M. Ma- 
thurin Moreau , avec son groupe en plâtre, les Exiles, qui a 
toujours tenu le premier rang, mais sans pouvoir atteindre le chiffre 
de trente-neuf voix nécessaire pour la validité du vote. On peut 
penser que la victoire eût été décisive, si cette composition, d'une 
grave et haute inspiration, avait été présentée sous sa forme défi- 
nitive. Quoi qu'il en soit, l'acharnement de la lutte montre quelle 
importance les sculpteurs attachent à la grandeur de l'effort, carie 
Salon contient plusieurs figures isolées, d'une conception élevée 
et d'une exécution savante qui, en des temps moins difficiles, 
eussent facilement rallié à elles les suffrages. Tels sont, ce nous 
semble, les beaux marbres de MM. Delaplancheet Becquet, l'Au- 
rore et le Saint Sébastien, qui vont prendre aujourd'hui leur place 
naturelle dans le Musée national du Luxembourg. Le nombre des 
premières médailles accordées, qui avait été de cinq l'année der- 
nière, a été réduit cette année à trois, dont l'une a récompensé, 
dans M. Levillain, l'application heureuse d'une science sculp- 
turale du meilleur aloi à la composition des ouvrages décoratifs. 
Les deux autres ont été données à deux groupes également dis- 
tingués par leur allure libre et vivante, l'un dans le genre aimable, 
par M. Steiner, l'autre dans un style plus vigoureux, par 
M. Rolard. Les six médailles de deuxième classe et les onze mé- 
dailles de troisième ont constaté , presque toutes , les progrès 
accomplis par de jeunes artistes dont les premiers travaux avaient 
été déjà remarqués en ces temps derniers. 

Bien que le jury de sculpture ait, cette année, réduit quel= 
que peu, dans sa section , le nombre des mentions honorables, 
comme, d'autre part, le jury de peinture ne cesse de l'aug- 
menter, il nous a paru que le catalogue des œuvres, souvent 



PREFACE 



XI 



médiocres , signalées par cette distinction inférieure , tenait dans 
le Livre dor une place disproportionnée, au détriment d'ouvrages 
de plus grand mérite, non récompensés, parce qu'ils ne peuvent 
plus l'être, mais dont le souvenir est plus utile à conserver. 
Nous avons donc supprimé la description des ouvrages n'ayant 
obtenu que des mentions honorables, mais nous l'avons remplacée 
par des descriptions plus nombreuses des ouvrages exposés par 
les artistes hors concours. Le Livre d'or donnera, de cette façon, 
un résumé plus exact du Salon annuel. Nous espérons que nos 
lecteurs approuveront cette modification apportée à notre pro- 
gramme primitif. 

Georges Lafenestre, 





RÉCOMPENSE DONNÉE PAR LE MINISTÈRE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



PRIX DU SALON 



LEROY (Paul-Alexandre-Alfred), né à Paris, élève de 
M. Cabanel. — Méd. } c cl. 1882. — Rue Bonaparte, 58. 
(Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 1 522. Mardochée. 

« Seul, Mardochée ne fléchissait point les genoux devant lui et ne l'adorait 
point. » 

(Livre (TEsthcr, chap. III.) 

H. 3 ,n io. — L. 4">3 5. — Fig. grandeur naturelle. 



A gauche, sur le second plan, Assuérus, appuyé sur un long sceptre, 
suivi par un personnage qui tient au-dessus de sa tête un grand para- 
sol et par trois soldats, s'arrête, de profil, en se retournant vers la 
droite. A ses pieds, deux hommes, dont l'un est nu jusqu'à la ceinture, 
seprosternent dans la poussière. Près de lui, Aman, qu'on voit de face, 



2 P!UX DU SALON 

au milieu, lui montre du geste Mardochée. Ce dernier, vêtu d'une 
longue tunique blanche, la tête enveloppée d'une draperie brune qui lui 
retombe derrière le dos, la barbe en désordre, les pieds pendants, les 
mains croisées sur les genoux, reste immobile, à droite, au premier 
plan, assis sur la base d'une muraille revêtue de tuiles émaillées. Au 
fond, des escaliers montant vers la terrasse d'un palais. 

Signé, en bas, à gauche : Paul Leroy. 





RÉCOMPENSES DONNEES PAR LA SOCIÉTÉ 
DES ARTISTES FRANÇAIS 



PEINTURE 



MÉDAILLES DE DEUXIÈME CLASSE' 



LALAING (Comte Jacques de), né en Belgique, élève de 
MM. Portaels et Cuyseman. — Ex. — M éd. 3 e cl. 1883. — A 
Bruxelles, rue Ducale, 43. (Voir le Livre d'or de 1883.) 

N° 1371. Portrait équestre. 

H. 3 m 2 5 . — L. 4 m y6. — Fig. grandeur naturelle. 

Un officier de lanciers belges, enveloppé d'un grand manteau gris, 
monté sur un cheval bai, vu de profil, suit, de gauche à droite, une route 



1. Le jury a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de décerner de médaille de pre- 
mière classe. 



4 



PEINTURE 



plate dans une plaine. Il tourne vers le spectateur sa tête nue. Son 
visage est rasé, ses cheveux sont courts et grisonnants. Devant lui, à 
gauche, chevauchent en rang quatre lanciers que le cadre coupe a mi- 
corps, ne laissant voir que les croupes des montures. Derrière, à 
droite, suivent quatre autres lanciers, coupés de la même façon, sur des 
chevaux ne montrant que leur avant-corps. Effet de ciel gris. 

Signé à gauche, en bas : J. de Lalaing. 1 883 . 



SCHOMMER (François), né à Paris, élève de Pils et 
H. Lehmann. — Prix de Rome, 1878. — Ex. — Rue Saint- 
Didier, 58 et 64. 

N° 2180. Edith retrouvant le corps du roi Harold après la 
bataille d'Hastings. 

« Enfin la veuve de Godvin, surmontant sa douleur, envoya un message au 
duc Guillaume pour lui demander la permission de rendre à son fils les derniers 
honneurs; le duc refusa durement et dit que celui qui avait menti à sa foi et à 
sa religion n'aurait d'autre sépulture que le sable du rivage. 

« Deux moines saxons, Osgod et Ailrik, députés par l'abbé de Waltham, 
demandèrent et obtinrent de transporter dans leur église le corps de leur bien- 
faiteur. Ils allèrent à l'amas des corps dépouillés d'armes et de vêtements, les 
examinèrent avec soin et ne reconnurent point celui qu'ils cherchaient; tristes 
et désespérant de réussir seuls, ils s'adressèrent à une femme qu'Harold, avant 
d'être roi, avait entretenue comme maîtresse et la prièrent de se joindre à 
eux; elle s'appelait Edith, et on la surnommait la Belle au cou de cygne : elle 
consentit à suivre les deux moines et fut plus habile qu'eux à découvrir le ca- 
davre de celui qu'elle aimait. » 

(Augustin Thierry, Histoire de la conquête d'Angleterre.) 
H. 3 m 33. — L. 5 m oo. — Fig. un peu plus grandes que nature. 

Au milieu, dans les herbes desséchées, est étendu, la tête en bas, 
demi-nu, le corps d'Harold \ près de lui, à gauche, quelques autres 
cadavres. Derrière, debout et de trois quarts, se tient Edith, en robe 
brune et manteau bleu; elle montre Harold de la main droite, en 
fermant les yeux, à l'un des moines, en froc noir, qui, de face, debout 
à sa gauche, lui soutient l'autre bras. Le second moine s'avance, venant 




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ARTISTES RÉCOMPENSÉS ç 

de droite, et regarde. Près de ce dernier, au deuxième plan, quelques 
chevaux morts, au pied de rochers escarpés. A gauche, des palissades 
brisées. Dans l'éloignement le rivage sablonneux de la mer rougie 
par le soleil couchant. 

Signé à droite, en bas : J. Schommer. 1884. 

Acquis par l'Etat. 



AUGUIN (Louis-Augustin), né à Rocheibrt (Charente- 
Inférieure), élève de Corot et de J. Coignet. — Méd. 3 e cl. 
1880. — Ex. — A Bordeaux, rue de la Course, 67; et, à Paris, 
chez M. Dubus, boulevard Malesherbes, 60. (Voir le Livre d'or 
de 1880.) 

N° 60. Un Jour d'été à la Grande-Côte; — golfe de Gas- 
cogne. 

H. i m 75 — L. 2 m 63. 

Une dune accidentée au bord de la mer. Sur les premiers plans, des 
touffes d'herbes courtes et jaunies. Au milieu, dans un pli de terrain, 
quelques bouquets de broussailles encore vertes. La mer, pâle, d'un 
gris bleuâtre, s'allonge au fond, sous un large ciel clair traversé par 
de grands nuages pommelés qui jettent leurs ombres sur le premier 
plan. 

Signé à gauche, en bas : L.-A. Auguin. i883. 



THOREN (Othon de), né à Vienne (Autriche). — Méd. 
1865. — Ex. — Rue Blanche, 96. 

N° 2287. Le Labour. 

Un attelage de cinq chevaux, trois bruns en tête, deux blancs au 
timon, vus de profil, en train de tirer, de gauche à droite, une charrue 
dans un terrain en pente. A gauche, près de la charrue, se tient un 
paysan, en blouse bleue et casquette noire, qu'on voit de dos. 

Signé à gauche, en bas : O.-V. Thoren. 



PEINTURE 

KREYDER (Alexis), né à Andlau (Alsace), élève de 
MM. Laville et Fuchs. — Boulevard du Montparnasse, 161. 

N° 1338. Cerises et fleurs. 

H. 1 m 5 5 . — L. i m i2. 

Une grosse touffe de roses trémières et de pavots dans un vase de 
faïence bleue posé sur une table. A côté, à gauche, un panier en osier 
plein de cerises. Sur le devant, quelques prunes dans une feuille de 
chou et une branche de cerisier avec ses fruits et ses feuilles. 

Signé à gauche, en bas : A. Kreyder. 



BONNEFOY (Henry), né à Boulogne-sur-Mer (Pas-de- 
Calais), élève de M. Cogniet. — Méd. 3 e cl. 1880. — Ex. — 
Rue Fontaine-Saint-Georges, 42. (Voirie Livre d'or de 1880.) 

N° 288. Matinée de septembre ; — environs de Boulogne-sur- 
Mer. 

H. I '" 7 5 . L. 2 m 02. 

Un plateau, sur le haut d'une falaise, couvert de broussailles brûlées 
et de fleurs d'automne. A droite, paissent quelques moutons que garde 
un chien assis, au milieu, dans les herbes. Dans le fond, à gauche, on 
aperçoit, en contre-bas, une ville au bord de la mer qui s'étend sur 
la droite. Ciel gris légèrement teinté de rose. 

Signé à gauche, en bas : Henry Bonnefoy. 

Acquis par l'État. 



DELAHAYE (Ernest-Jean), élève de M. Gérôme. — 
Méd. 3 e cl. 1882. — Ex. — Cité Gaillard, 1. (Voir le Livre 
d'or de 1882.) 



ARTISTES RÉCOMPENSES J 

N° 699. L'Usine à gà\ de Courcelles. 

H. [î«38. — L. 1 '"85. 

La cour de l'usine. A gauche, près d'un bassin circulaire, deux 
ouvriers, l'un tenant une pelle, l'autre, la poitrine nue, en train de 
tirer de l'eau. En arrière, au milieu d'une épaisse vapeur, d'autres 
ouvriers, nus jusqu'à la ceinture, des sacs sur la tête, manœuvrent des 
chariots pleins de charbons incandescents. Au fond, à droite, on 
entrevoit trois charrettes attelées. Le sol est semé de braises brûlantes 
et de flaques d'eau fumante. 

Signé à droite : E.-J. Dchhayc. 1884. 



DAMOYE (Pierre-Emmanuel), né à Paris, élève de Corot, 
Daubigny et de M. Bonnat. — Méd. 3 e cl. 1879. — Ex. — 
Rue Fontaine, 37. (Voir le Livre d'or de 1879.) 

N° 648. Un Étang en Sologne. 

H. i™68. — L. 3mo5. 

Un étang marécageux, plein d'herbes jaunies, dans un terrain plat. 
A gauche, trois vaches debout dans l'eau ; à droite, deux autres pais- 
sant sur la rive. Dans le fond, à droite et à gauche, quelques bouquets 
d'arbres. Ciel gris, chargé de nuages, teinté au bas par le soleil cou- 
chant. Effet d'automne. 

Signé à droite, en bas : E. Damoyc. 1884. 

Acquis par l'Etat. 



KROYER (Peter-Séverin), né en Danemark, élève de 
l'Académie des beaux-arts de Copenhague et de M. Bonnat. 
— Méd. 3 e cl. 1881. — Ex. — A Copenhague, Bregdade, 33. 
(Voir le Livre d'or de [881.) 



8 PEINTURE 

N° 1340. Pêcheurs de Skagcn (Danemark)', coucher de soleil. 
H. i™33. — L. im 9 2. 

A droite, six pêcheurs, vus de profil, tournés vers la gauche, en 
face du soleil couchant, en train de tirer de la mer un vaste filet. Au 
deuxième plan, à gauche, un autre pêcheur s'avance vers eux, mar- 
chant dans l'eau, en ramenant l'extrémité du filet. 

Signé à gauche, en bas : S. Kroycr. — Skagcn. 1 883 . 



BARILLOT (Léon), né à Montigny-lez-Metz (Lorraine), 
élève de MM. Cathelineau et Bonnat. — Méd. 3 e cl. 1880. — 
Ex. — Rue de La Tour-d'Auvergne, 16. (Voir le Livre d'or 
de 1880.) 

N° 107. La Barrière. 

H. i™5i. — L. 1 m 9 5 . 

Deux vaches, vues de profil, marchant, le long d'une barrière de 
bois, vers la droite. La première, tachetée de blanc, baisse la tète; la 
seconde, de pelage sombre, regarde en face. Au premier plan, à 
droite, une flaque d'eau dans l'herbe. Au fond, la ligne verte de la 
mer sous un ciel nuageux ; à gauche, un donjon sur une hauteur. 

Signé à gauche, en bas : L. Baritlot. 1 88 3 . 



ESCALIER (Nicolas), né à Paris, élève de MM. André et 
Delaunay. — Mention honorable 1878. — Rue de Rome, 1 57. 
N° 897. La Bonne Aventure. 

Panneau décoratif pour un vestibule. Forme de triptyque. 

Panneau central : H. 6 m yo. — L. 4 m 3o. 

Chaque panneau latéral : H. 4 m 4 3 . — L. i m 38. 



AnnsTzs n:': z z>:.: pzns ';3 9 

Panneau central. — Un portique soutenu aux quatre angles par des 
colonnes de marbre rouge adossées à des piliers de marbre blanc, au 
bas d'un grand escalier descendant d'un château Renaissance qui 
se dresse, au fond, sur la droite. Sur les degrés, au deuxième 
plan, s'avancent, de face, un seigneur et une dame, en costumes 
Louis XLI, suivis d'un groupe de dames et de cavaliers. Au tournant 
de l'escalier un groupe en marbre blanc représentant un enlèvement 
de femme. Sur le premier plan, à gauche, un valet, jambes nues et 
bras nus, se baisse pour étendre un tapis, tandis qu'à droite un grand 
bohémien, son feutre à plume rouge sur l'oreille, drapé dans un grand 
manteau gris en loques, une guitare en bandoulière, se tourne vers 
l'escalier et fait un geste d'invitation au couple qui descend. Près de 
lui est une bohémienne qui tient un tambour de basque. 

Panneau latéral de gauche. — Une ouverture entre des colonnes de 
marbre. Un singe joue sur une balustrade. Au fond, on aperçoit une 
ville au bord d'une rivière. 

Panneau latéral de droite. — Une ouverture entre des colonnes de 
marbre. Deux hallebardiers se tiennent de l'autre côté de la balus- 
trade. 

Signé clans le pilier à droite : N. Escalier. 



DURST (Auguste), né à Paris, élève de MM. E. Hébert 
et Bonnat. — Mention honorable 18(82. — A Puteaux (Seine), 
avenue de Saint-Germain, 51. (Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 865. La Sieste. 

H. 2 m 3 4 . — L. 4 m o6. — Animaux de grandeur naturelle. 

Au milieu d'un grand verger ensoleillé, sur le devant, dans l'ombre, 
un coq entouré d'un essaim de poules. A droite, au deuxième plan, 
un chien griffon, couché dans sa niche, au pied d'un talus planté 
de saules. Au fond, en plein soleil, des charrettes devant des hangars. 
On voit s'avancer, de face, une paysanne dans le lointain. 

Signé à gauche, en bas : A. Darst. 



MÉDAILLES DE TROISIEME CLASSE 



LUCAS (Marie-Félix-Hippolyte), né à Rochcfort-sur-Mcr 
(Charente-Inférieure), élève de Pils, de H. Lehmann et Houry. 
— Mention honorable 1879. — Avenue Frochot, 13; rue de 
Laval, 26. (Voir le Livre d'or de 1879.) 

N° 1 586. La Délaissée; souvenir de Venise. 
H. 1 » ■ 3 8 . — L. 2 m 2 4. 

En travers de la toile s'allonge l'avant d'une gondole voguant vers 
la droite sur la lagune. A la proue, une lanterne allumée. Sur les 
bancs du même côté est étendu le cadavre d'une jeune femme, vêtue 
de blanc, ses cheveux blonds épars, la tête posée sur un oreiller cou- 
vert de fleurs. A gauche, à ses pieds, sont assises deux sœurs de 
charité, les yeux baissés sur leurs livres de prières. Ciel gris teinté 
légèrement de rose. Au fond, sur la droite, on aperçoit Santa-Maria 
délia Salute et l'entrée du Canal Grande. 

Signé à gauche, en Las : F. -H. Lucas. 1884. 
Acquis par l'État. 



LEENHARDT (Max), né à Montpellier, élève de MM. E. 
Michel et Cabancl. — Mention honorable 1882. — Boulevard 
du Montparnasse, 49. (Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 1468. Les Martyrs de la Réforme. 

« Le 1 7 décembre 171 2, la chaîne de galériens arrive à Charenton. Par une 
gelée à pierre fendre, on les dépouille tous pour fouiller leurs habits. — 
Nus de la tête aux pieds, deux heures durant, au vent de bise! Plusieurs 
sont raidis et gelés, les coups n'y font plus rien; iis restent. D'autres meurent 
dans la nuit; dix-huit en tout.VoiD la chaîne plus légère, et le chef s'en va 
plus content. » 

(Miciiei.et, Louis XIV et la révocation de l'édit de Nantes. 
Histoire de France, tome XIII, page 32 5.) 

H. 3 m 86. — L. 7 m i7- — Fig. grandeur naturelle. 




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ARTISTES RECOMPENSES II 

A gauche, au bas d'un perron, sur une grande place, un homme nu, 
étendu a terre, sur le dos, en travers, au premier plan. Derrière lui, 
deux autres hommes, également nus, dont l'un est assis, se tordant les 
mains, et l'autre accroupi à ses pieds. Un quatrième, vu de dos, est 
assis, plus à gauche, sur une grosse pierre et grelotte. Au deuxième 
plan, devant le perron, un officier à cheval, drapé dans un manteau 
bleu, se penche pour écouter un soldat qui s'approche. Un galérien 
est debout près de lui. Sur la droite d'autres groupes de prisonniers, 
debout, priant, s'entr'aidant, levant les bras au ciel ; l'un d'eux, 
agenouillé, dépouillé de ses vêtements, cache sa tête dans ses mains ; 
un autre gît sur le sol gelé. Un soldat, les bras croisés, les regarde. Près 
de lui, dans la neige, des tas de vêtements en haillons, rangés à la 
file. Au fond, on aperçoit, sous un ciel brumeux, les toits de la ville 
couverts de neige. 

Signé à gauche, en bas : Max Leenhardt. Paris, 1884. 



PINCHART (Émile-Augustej , né à Cambrai, élève de 
M. Gérôme. — Mention honorable 1883. — Avenue de Vil- 
liers, 147. (Voirie Livre d'or de 1883.) 

N° 1938. A la fontaine. 

H. i m 74- — L. i m 63. — Fig. un peu moins grandes que nature. 

A gauche, vu de trois quarts, tourné à droite, un cheval blanc, 
monté par un ouvrier, s'abreuve au bassin en pierre d'une fontaine. 
Le jeune homme, coiffé d'un chapeau de feutre, une main posée 
en arrière sur la croupe de sa monture, se tourne vers une jeune 
lavandière qui, debout, à droite, devant un baquet posé sur un 
tréteau, redresse la tète en pressant des deux mains son linge sur une 
planchette. A droite, au premier plan, un seau de cuivre. 

Signe à diuite : Pinchart. 1884. 



12 PEINTURE 



FA IVRE (Léon-Maxime), né à Paris, élève de MM. Gérôme 
et Boulanger. — Mention honorable 1879. — Rue de Laval, 43. 
(Voirie Livre dor de 1879.) 

N° 904. L'Envahisseur. (Episode d'une migration à l'âge de 
pierre.) 

H. 2" n 66. — L. 1 ni 9 3 . — Fig. grandeur naturelle. 

A gauche, deux hommes nus, luttant corps à corps, sur une plate- 
forme étroite de rochers, près d'un gouffre ouvert. L'un, vu de dos, 
porte un collier ds dents d'animaux. Il accule au rocher son adver- 
saire, qu'on voit de face et qui brandit une hache en silex. Au deuxième 
plan, sur la droite, hors d'un trou, s'avance, en rampant sur les mains, 
une femme échevelée avec son petit. Au prem ; er plan, des débris de 
tisons fumants. 

Signé à gauche, en bas : L. Maxime Faivre. 1884. 



GAGLIARDINI (Julien-Gustave), né à Mulhouse, élève 
de L. Cogniet. — Mention honorable i88^.-— Rue Capron, 2. 
(Voir le Livre d'or de 1883.) 

N° 984. Ferme du père Buste! , à Béthencourt-sur-Mer. 

H. 10164. — l_. 1 ni 97 . 

Une cour de ferme, entourée de bâtisses à toitures de chaume, au- 
dessus desquelles s'élèvent de grands arbres feuillus et verts. A gauche, 
trois porcs sur un fumier. A droite, une vieille paysanne jetant du 
grain à ses poules. 

Signé à droite, en bas : Gagliardini. 



FRIANT (Emile), né à Dieuze (Alsace-Lorraine), élève de 



ARTISTES RECOMPENSES !} 

M. Cabanel. — Mention honorable 1882. — A Nancy, rue 
Jeanne -d'Arc, 26, et à Paris, impasse du Maine, 16. (Voir le 
Livre d'or de 1882.) 

N° 979. Le Coin favori. 

H. o m 5y. ~ L. 01147. 

Un coin d'atelier éclairé à gauche par un châssis vitré au-dessous 
duquel sont rangés quelques plâtres sur une planche. Un jeune homme 
en veston noir est assis, de profil, tourné à droite, en train d'écrire, 
devant une table chargée de papiers et d'ustensiles de peintre. Sur le 
mur, à droite, sont suspendues des esquisses peintes. 



GUIGNARD (Gaston), né à Bordeaux, élève de MM. Ferry, 
Humbcrt et Gervex. — Mention honorable 1883. — Avenue 
Gourgaud, 9. (Voir le Livre d'or de 1883.) 

N° 1 1 34. Au verger. 

H. 2 I;1 34- -- L. i ;n 85. — Fig. grandeur naturelle. 

A gauche, vu de trois quarts, tourné vers la droite, un paysan 
barbu, en chapeau de paille, tient des deux mains un seau dans lequel 
un petit veau a poil blanc et jaune est en train de boire. Au fond, 
une clôture en branchages devant un fond d'arbres un peu roussis 
par l'automne. 

Si^nc à droite, en ba^ : Gnslon Guignard. 

Acqu.s par l'État 



DELPY (Camille-Hippolyte), né à Joigny (Yonne), élève 
de Corot et Daubigny. — Mention honorable r83i. — Place 
Pigalle, 16. (Voir le Livre d'or do 1881.) 

N" 724. Le Bord du Morin, à Esbly ; Moi. 

II. 2>"5i. — L. ^ m oi. 



14 PEINl U RE 

Un coin de rivière, couvert de nénuphars, s'ouvrant sur la gauche. 
Le long de la berge, à droite, des rangées d'arbres minces et droits. 
A l'arrière-plan, au milieu, une rive herbue et basse où quelques vaches 
paissent près d'un bouquet d'arbres. Une petite barque montée par 
deux hommes, dont l'un, vu de dos, en chapeau de paille et en vête- 
ment verdàtre, tient les rames, longe la berge dans l'ombre portée par 
les feuillages. Le ciel clair est semé de nuées grises. 

Signe à droite, en bas : H.-C. Dclpy. 1884. 



LATOUCHE (Gaston), né à Saint-Cloud. — A Saint-Cloud, 
rue du Calvaire, 1 1 et 1 3. 

N° 141 4. Un Vœu. 

H. i'«3i. — L. 1 ni 6 4 . 

A gauche, la porte d'une chapelle, fermée et scellée de deux sceaux 
de cire rouge, dans un cimetière de campagne abandonné. Des cou- 
ronnes de fleurs sont suspendues aux ferrures; au pied des battants 
sont amoncelés des couronnes et des bouquets. Devant la porte, de 
profil, à genoux, deux paysannes en deuil. L'une d'elles, le visage 
caché sous une grande capuche, pousse devant elle un petit garçon qui 
tient un cierge allumé. Au premier plan, à droite, un gros tronc de 
cyprès enlacé de lierre, et, dans Léloignement, sous les arbres un 
peu jaunis par l'automne, des croix et des tombes au milieu des 
broussailles. 

Signé à gauche, en bas : Gaston Latouchc, i883. 



LEMAIRE (Louis), né à Paris, élève de M. Jules Dupré. — 
Mention honorable 1883. — Rue Saint-Claude, 1. (Voirie 



Livre d'or de 1883 



N° 1497. Massif de pivoines. 

H. 1 •« 7 8 . — L. 2''.ii 4. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 1 ^ 

Un buisson de pivoines en fieu'" sur une terrasse de jardin. A gauche, 
une balustrade en pierre au-dessus de laquelle s'étend la campagne 
sous un ciel nuageux. A droite, une touffe d'églantiers. Au pied des 
pivoines, sur le devant, deux pigeons dans l'herbe. 

Signé à droite, en bas : Louis Lemaire. 



CESBRON (Achille), né à Oran, élève de M. Bonnat. 
— Mention honorable [882. — Rue Jacquemont, 13. (Voir le 
Livre d'or de 1882.) 

N° 47$. Métempsycose . 

Nous mourrons. Mais, ô souveraine! 

O mère! ô nature sereine! 

O toi qu'exaltent tous nos sens, 

Tu prendras nos cendres inertes 

Pour en faire des forêts vertes 

Et des bouquets resplendissants. 

[Théodore de Banville.) 

H. 2 m 86. — L. 2 ni 3o. 

Une pierre tombale, dans un cimetière de campagne abandonné, au 
milieu d'herbes en pleine floraison. A gauche, un buisson de roses 
rouges et jaunes couvre une partie de la pierre. Au-dessus , quelques 
plantes grimpantes s'enroulent autour du tronc d'un grand saule. Sur 
le premier plan, des touffes de coquelicots et de centaurées ; dans 
l'éloignement, à droite, quelques tombes dans les herbes. 

Signé à gauche, en bas : Achille Cesbron. 1884. 

Acquis par l'Etat. 



MAURIN (Charles), né au Puy, élève de MM. Jules Lc- 
febvre et Boulanger. — Mention honorable 1882. — Rue du 
Faubourg-Saint-Denis, 155. (Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 1665. Portrait de M. Rodolphe Julian. 

II. i ni -i6. — L. i"L|8. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 



in PEINTURE 



11 est assis le corps de face, la tête de profil el tournée à gauche, 
près d'un bureau sur lequel il s'accoude à droite. La main droite 
repose sur sa jambe. Tête nue, cheveux ras, barbe grisonnante. Vête- 
ments noirs. Fond neutre. 

Signé à droite, en bas : Maurin. 



THOMPSON (Harry), né à Londres, élève de M. Busson. 
— Mention honorable 1882. — A Puteaux, rue Lemaître, 7. 
(Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 2285. Un Calvaire. 

H. 2 m oo. — L. 3 m o3. — Animaux de grandeur naturelle. 

A droite, sur le premier plan, trois moutons cheminant de face. 
Derrière, un vieux berger, enveloppé dans sa limousine, s'appuyant 
sur un bâton. A gauche, sur le bord d'un talus sablonneux, se 
dresse, près d'un arbre, une vieille croix en bois, devant laquelle 
défile le reste du troupeau. Dans l'éloignement, à droite, une plaine 
aride semée de touffes d'herbes et de flaques d'eau. 

Signé à gauche, en bas : H. Thompson. 



BROUILLET (André), né à Charroux (Vienne), élève de 
MM. Gérôme et J.-P. Laurens. — Mention honorable 1881. 
— Rue Campagne-Première, 7. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 374. L'Exorcisme. (Musiciens arabes chassant le Djinn du 
corps d'un enfant.) 

H. 1 rn 7 9 . — L. 2 m 5cj. — ■ Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur arabe. A gauche, dans une encoignure de murailles 
revêtues de plaques de faïence polychromes à fond bleu, sont assis 
sur les dalles, les genoux croisés, cinq Arabes. Deux, vus de profil, 
à gauche, jouent du tambourin. Trois autres, rangés de face, au milieu, 



ARTISTES RECOMPENSES \J 

jouent l'un de la guitare, l'autre de la cithare, le dernier de la flûte. 
Sur le devant, un petit enfant est étendu dans une couverture que 
soulève une vieille femme, assise près de lui, en robe rose, turban 
noir et voile blanc. Au fond, à droite, une cour ouverte dans la- 
quelle se tient debout une jeune femme. 

Signé à gauche, en bas : André Brouillct. Constantine. 1884. 

Acquis par l'État. 



DINET (Alphonse-Etienne),^ à Paris, élève de MM. Tony 
Robert- Fleury, Bouguereau et Galland. — Mention honorable 
1883. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 85. (Voirie Livre d'or 
de 1883.) 

N° 794. Saint Julien l'Hospitalier. 

« Il s'en alla mendiant sa vie par le monde... 

« Dans les villages où il avait déjà passé, sitôt qu'il était reconnu, on lui 
fermait les portes, on lui criait des menaces, on lui jetait des pierres; les plus 
charitables posaient une écuelle sur le bord de leur fenêtre, puis refermaient 
l'auvent pour ne pas l'apercevoir. » 

(G. Flaubert.) 

Au milieu, au premier plan, un gamin, vu de dos, est en train de 
lancer une pierre au saint, maigre, en haillons, qui s'appuie, de face, à 
l'arrière-plan, contre l'extrémité d'un mur de pierres sèches, en se 
garant la tête de la main. Sur la gauche, une paysanne, chargée d'un 
paquet d'herbes, pousse une petite fille devant elle en menaçant le 
saint; une fillette plus petite se blottit, effrayée, dans ses jupes. Un 
paysan, coiffé d'une casquette, guêtre de toile, en gros sabots, sa blouse 
jetée sur l'épaule,^ se baisse pour ramasser des pierres. Dans le fond, à 
gauche, se dresse une croix de bois, et au milieu, une masure dont la 
porte est entrouverte. Une vieille femme en sort, tendant une écuelle. 
A droite, un canard effaré se sauve au pied d'un débris de mur, der- 
rière lequel se cache une vieille paysanne en cape d'indienne. 

Signé à droite, en bas : E. Dind. i883. 



1 8 PEINTURE 



RACHOU (Henry), né à Toulouse, élève de MM. Bonnat 
et Cormon. — Mention honorable 1 88 1 . — Rue Ganneron, 22. 
(Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 2005. Portrait de M. E. Bock. 

H. i m i8. — L. o m 9o. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Jeune homme, aux cheveux châtains, à la barbe naissante, assis, de 
face, sur un tabouret. Vêtements noirs, cravate longue de couleur 
bleue. Il laisse tomber ses deux mains sur ses genoux et tient dans la 
gauche une cigarette allumée. A gauche, quelques toiles retournées 
contre un mur. A droite, un carton à dessins. 

Signé en haut, à droite : A. Eugène Boch, Henry Kachou. 1844. 



JEANNIOT (Georges-Pierre), né à Genève, de parents 
français, élève de M. A. Jeanniot. — Mention honorable 1882. 
— Boulevard Gouvion-Saint-Cyr, 2 5 . (Voir le Livre d'or de 1 882 .) 

N° 1282. Flanqueurs. 

A gauche, au premier plan, un chasseur à pied, en équipement de 
campagne, couvert de poussière, le fusil sur le bras, marche à travers des 
chaumes fraîchement coupés. A droite, au fond, un autre chasseur 
se tient debout devant des blés sur pied; un autre apparaît au milieu 
du champ. Fond de collines d'un gris verdâtre, au-dessus desquelles se 
lève un soleil pâle. 

Signé à gauche, en bas : G. Jeanniot. 1884. 

Acquis par l'État. 



ROSSET-GRANGER (Edouard), né à Paris, élève de 
Dubufe et de MM. Cabanel et Mazerolle. — Rue des Bati- 
gnolles, 59. 

N° 2091. Orphée. 

H. 2 m 9o. — L. 2 m 22. — Fig. grandeur naturelle. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS in 

A gauche, sur le premier plan, une femme nue, de profil, assise sur 
un rocher. Derrière elle un berger, en chapeau de paille, appuyé sur 
sa houlette. Tous deux sont tournés vers Orphée qui s'avance, de face, 
dans le milieu, à l'arrière-plan, le bras droit levé, portant dans sa 
main gauche une lyre sur laquelle s'abattent des colombes. A ses pieds 
est couché un tigre. Sur la droite, un jeune garçon, assis dans l'herbe, 
entoure de son bras gauche le cou d'une chèvre noire. Plus loin, on 
aperçoit un groupe de bergers au pied d'un arbre. A droite, un fond 
de montagnes ; à gauche, le soleil couchant sur la mer. 

Signé à gaucho, en bas : Rosscl-Granger. 1884. 



YARZ (Edmond), né à Toulouse. — Mention honorable 
1 881 . — Avenue de Clichy, impasse Hélène, 1 5. (Voir le Livre 
d'or de 1881.) 

N° 2475. Statue de Colleone, à Venise. 

H. 2 m 02. L. I m 22. 

La place San Giovanni e Paolo vue du canal. Au fond, à gauche, 
l'extrémité de l'église; en face, la statue de Colleone; à droite, des 
maisons. Au premier plan, une barque chargée de fruits conduite par 
un rameur en manches de chemise rose. Ciel frais, d'un bleu clair. 

Signe à gauche : E. Yarz. 



BORDES (Ernest), né à Pau, élève de MM. Bonnat et 
Cormon. — Mention honorable 1881. — Impasse Hélène, 15. 
(Voir le Livre d'or de 1 88 1 .) 

N° 297. Légende de saint Julien L'Hospitalier. 

H. 2'»35. — L. 1 ni 7 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

A droite, saint Julien, demi-nu, les jambes couvertes d'un lam- 
beau de laine, le pied gauche enveloppé de bandes sanglantes, est assis, 
de profil, sur un escabeau, le dos appuyé contre un mur. Il tient le bras 



20 PEINTURE 

droit étendu sur une table grossière posée près de lui et dresse la tête 
vers un pnysan aux cheveux en désordre, à la longue barbe grise, qui 
s'avance, à gauche, tenant une terrine remplie de viande d'une main, 
et de l'autre une cruche de grès. A droite, au premier plan, le palan 
d'une poulie jeté sur un paillasson. 

Signé à gauche, en bas : E. Bordes. 1884. 

Acquis par l'État. 



CLAUDE (Georges), né à Paris, élève de son père et de 
M. P. Galland. — Rue de Douai, 22. 

N° 545. Adoration de la croix, le vendredi saint, à l'abbaye 
du Mont-Cassin (Italie). 

H. 1 m 2 4 . — L. 1^79. 

Intérieur d'une église faiblement éclairée. A gauche, couché sur les 
dalles, sous un jet de lumière, un grand crucifix de bronze doré A ses 
pieds sont agenouillés, sur la droite, plusieurs prêtres en surplis blancs, 
dont l'un tient sa tête cachée dans ses mains. Près de ce dernier, de- 
bout, une paysanne en prières. D'autres paysannes, à genoux ou 
debout, environnent ce groupe, au fond et à droite. 

Signé à droite, en bas : Georges Claude. 1884. 



VON STETTEN (Carl), né à Augsbourg, élève de MM. Jules 
Lefebvre, Boulanger, Courtois et Dagnan. — Avenue de Vil- 
liers, 147. 

N° 2410. Mort de Cléobis et Biton. 

H. 1^59. — L. 2»i25. 

Un atrium devant un temple dorique. A gauche, sur des degrés de 
marbre, au pied d'une statue dont on ne voit que la partie inférieure, 
les deux jeunes gens, nus et couronnés d'olivier, sont étendus, côte à 



ARTISTES RECOMPENSES 21 

côte, sur une étoffe rouge. A l'entour, des pivoines répandues. Au mi- 
lieu de l'atrium se dresse un petit autel de marbre rouge couvert de 
bouquets et de guirlandes. Au fond, sous le péristyle du temple, plu- 
sieurs prêtresses vêtues de blanc. L'une, de face, s'appuie contre une 
colonne avec un geste de terreur. 

Signé à droite, en bas : Cari v. Stettcn. Paris, 1884. 



UMBRICHT (Honoré), né à Obernai (Alsace), élève de 
MM. Bonnat et Feyen-Perrin. — Rue de Bruxelles, 30. 

N° 2328. Au bois, en Lorraine. 

H. 2 m io. — L. i m 70. — Fig. grandeur naturelle. 

Un vieux paysan, la tête nue et chauve, en culotte bleue et veste 
grise, debout, de face, dans un bois. Il est en train de tailler, de la 
main droite, avec une serpe, une longue branche qu'il tient dans la 
main gauche. Derrière lui s'avance, à gauche, un petit garçon qui porte 
sur Tépaule un fagot de bois. 

Signé à droite, en bas : H. Umbricht. 1 883 . 



DIÉTERLE (M me Marie, née Van MARCKE),néeà Sèvres, 
élève de son père. — Mention honorable 1883. — RueCrétet,2. 

N° 788. Une Cour de ferme. 

II. 1 ni 2 8 . — L. i m 6o. 

A droite, un cheval blanc, dételé, qu'on voit de trois quarts, près 
d'un arbre sur lequel sont perchés des pigeons. Au fond, dans un angle 
formé par des bâtisses, un autre cheval, qu'un paysan tient par la bride, 
en train de boire dans un baquet. Sur le devant, des poules picorant 
sur le fumier. 

Signé à droite, en bas : Marie Diéterle. 



PEINTURE 



DUPUIS (Pierre), né à Orléans, élève de II. Vernet et de 
L. Cogniet. — Mention honorable 1882. — Boulevard Roche- 
chouart, 5 1 . (Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 8^7. Femme au bain. 

H. i m 63. — L. i m oo. — Fig. grandeur naturelle. 

Elle est nue et se tient assise, vue de trois quarts, sur le gazon. Ses 
jambes pendent à gauche, au-dessus de l'eau, qu'elle effleure d'un 
pied. La main gauche est appuyée sur le gazon; elle tient l'autre 
pliée sur sa jambe. Fond de feuillages. 

Signé à droite, en bas : Pierre Dupais. 1884. 



PETITJEAN (Edmond), né à Neufchâteau (Vosges). — 
Mention honorable 1881. — Rue Alfred-Stevens, 3. (Voirie 
Livre d'or de 1881 .) 

N° 1907. Un Village du pays de Neufchâteau. 

H. 1^14. — L. i m 65. 

Une rivière bordée par une rive basse et herbue au-dessus de laquelle 
s'élève, sur un talus, une rangée de petites maisons, à toitures rouges, 
dont l'image se reflète dans l'eau. Au milieu, sur le bord, un paysan et 
une paysanne portant des seaux. Ciel gris chargé de nuages. 

Signé à gauche, en bas : E. Petitjcan. 

Acquis par l'Etat. 



TRUPHÈME (Auguste), né à Aix (Bouches-du-Rhône) , 
élève de H. Flandrin, Cornu et de M. Henner. — ■ A Paris, 
rue de Sèvres, 23, et à Châtillon-sous-Bagneux, rue du Pon- 
ceau, 53. 

N° 2318. Une Leçon de chant dans une école communale du 
XIV e arrondissement. 

H. 1 m 4 6 . — L. 2^07. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2) 

Intérieur d'une salle d'école de jeunes garçons. A gauche, quelques- 
uns se tiennent debout, un papier à la main, chantant, près d'une es- 
trade sur laquelle un professeur, debout, bat la mesure. Au pied de l'es- 
trade, un autre professeur est assis devant un orgue-harmonium. Autour 
d'eux, plusieurs groupes d'enfants chantant. Au fond, à droite, une 
porte ouverte par laquelle sort une troupe d'écoliers. 

Signé à droite, en bas : Aug. Truphême. 



ROYER. (Lionel), né à Château-du-Loir (Sarthe), élève de 
M. Cabanel. — Mention honorable 1880. (Voir le Livre d'or 
de 1880.) 

N° 2 1 1 1 . La Famille. 

Panneau décoratif. 
H. i m CjO. — L. 6 m 4o. — Fig. un peu moins grandes que nature. 

Au centre, un puits abrité par un auvent, près duquel, à gauche, une 
paysanne, assise, donne le sein à un enfant nu, couché sur son genou 
droit ; elle en porte un autre sur le bras gauche. Devant elle se tient, de 
face, appuyé sur une faux, un paysan à qui une jeune fille offre un 
panier de fruits. Près d'eux un gamin joue avec une chèvre. A Farrière- 
plan, sur le perron d'une habitation, une jeune fille est en train de faire 
lire un enfant; assis près d'eux, un vieillard les regarde. Sur le devant, 
une jeune femme, à genoux dans l'herbe, sous un grand pommier chargé 
de fruits, ramasse des pommes. A droite du puits, au premier plan, une 
jeune paysanne, le pied sur la margelle, tend un seau à l'eau qui coule. 
Au deuxième plan, une vieille paysanne, qu'accompagne un petit gar- 
çon, marche en toute hâte vers le fond, d'où l'on voit accourir, sur un 
sentier, un jeune soldat agitant son képi en l'air. Fond de campagne 
plate. Ciel clair teinté de rose au-dessus de la ligne d'horizon. 

Signé à droite, en bas : Lionel Royer. 



24 PEINTURE 

LAZERGES (Jean-Baptiste- Paul), né à Paris, élève de 
son père. — Rue Fontaine-Saint-Georges, 42. 

N° 1444. Portrait de M™ P. L. 

H. 2 m 3o. — L. 1 m 4 9 . — Fig. grandeur naturelle, en pied. 

Jeune femme debout, vue de trois quarts, tournée à gauche, la 
tête nue et de face. Cheveux châtains. Elle porte une robe de soie 
grenat décolletée, brodée de parles, à grande traîne, et de longs 
gants jaunes. Derrière elle, une portière de velours bleu. 

Signé à gauche, en bas : Paul Lazergcs. 1 88 3 . 



FOUR1É (Albert), né à Paris, élève de J.-P. Laurens et 
Gautherin. — Mention honorable 1883. — Rue Notre-Dame- 
des-Champs, 70 bis. (Voir le Livre d'or de 1883.) 

N° 965. Le Dernier Deuil. 

H. 1 m 4 9 . — L. 2 m 25. 

Une rue de village. A droite, devant une maison dont la porte est 
ouverte, une vieille paysanne, affaissée sur un banc, roule dans ses 
mains pendantes un chapelet. Devant elle, au milieu de la rue, une 
chaise sur laquelle sont posés un chandelier allumé et une assiette avec 
une branche de buis, et, tout près, deux tréteaux vides. Au fond un 
cortège de jeunes filles, suivi par un groupe de paysans aux tètes 
découvertes, emporte un cercueil drapé de blanc, entre des maisons 
basses, le long d'un courtil en fleurs. Le ciel est teinté de rose. 

Signé à gauche, en bas : Albert Fourié. Cernay, 1 88 3 . 



COURTENS (Franz), né à Termonde (Belgique). — Mention 
honorable 1882. — A Bruxelles,, rue Royale, 25. (Voir le 
Livre d'or de 1882.) 

N° 61 3. Le Refour de l'office; après-midi. 
H. 1^45. — L. 2>«25. 



ARTISTES HORS CONCOURS 57 

N° 1325. Portrait de~M me Ntt~. 

H. i m 3o. — L. o m 75. — Fig. grandeur naturelle jusqu'aux genoux. 

Jeune dame, debout, de face, très brune, la tète nue, les bras pen- 
dants et nus, en robe de satin noir décolletée. La poitrine et les épaules 
sont enveloppées d'un fichu de peluche de couleur grenat. Fond d'un 
bleu turquin très vif. 

Signé à gauche : J.-J. Hcnncr. 



LAURENS (Jean-Paul), né à Fourquevaux, élève de L. Co- 
gniet et de M. Bida. Méd. 1869, i re cl. 1872, ^ 1 B74, méd. 
d'honneur 1877, O. $ 1878. Rue Notre-Dame-des-Champs, 73. 

N° 1559. Les Derniers Moments de Maxirnilien, empereur du 
Mexique. 

H. 2 m 25. — L. 3 m oo. — Fig. grandeur naturelle. 

Dans un cachot bas, aux murs de brique mal crépis, dallé de 
rouge, Maxirnilien, la tête nue, en pantalon et redingote noirs, la 
Toison d'or suspendue au cou par un cordonnet noir, se tient au mi- 
lieu, debout, de face. Il appuie sa main droite sur l'épaule d'un au- 
mônier en soutane noire qui se tient, de profil, à son côté, couvrant 
ses yeux de sa main gauche, serrant de l'autre le bout de sa ceinture. Il 
abandonne sa main gauche à un valet de chambre, vu de dos, en habit 
noir, culottes et bas de soie noire qui, tombé à genoux, la presse contre 
son front. Par une porte à grosses tètes de clous, ouverte à gauche, s'a- 
vance, sous un flot de soleil, un officier mexicain, le sombrero sur la 
tête, un papier à la main. Derrière, une tête de soldat et des pointes de 
baïonnettes. 



LEFEBVRK (Jules), né à Tournai! (Seine-et-Marne), élève 



58 PEINTURE 

de L. Cogniet. — Rue de La Bruyère, ç. (Voir les Livres d'or 
de 1879, 1880, 1881.) 

N° 161 1. La Fiancée. 

H. 2 m 45. — L. 1 ni 7 2 . — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur romain. La fiancée, en tunique et péplum blancs, un col- 
lier d'argent au cou, des bracelets d'argent aux poignets, est assise, de 
profil, à droite, sur un siège d'ivoire garni d'un coussin bleu. A gauche, 
à ses pieds, une jeune fille, agenouillée et souriante, de profil, lui 
serre tendrement les mains, tandis qu'une autre, debout et droite, de 
face, au second plan, lui pose des églantines dans les cheveux. Dans 
le coin, à gauche, une fillette, tenant derrière son dos un éventail de 
feuilles de palmier, et un petit garçon en robe blanche, tous deux 
debout, de profil, regardent attentivement. Au fond, un paravent 
oriental replié devant une porte ouverte; sur la muraille peinte à 
fresque, un groupe de bacchantes enlacées. Au premier plan, à droite, 
un brûle-parfums en bronze. 

Signé : Jules Lcfcbvrc. 

Appartient à M. Van der Bilt. 



LÉVY (Emile), né à Paris, élève d'Abel de Pujol et de Picot. 
Prix de Rome 1854, méd. 3 e cl. 1859, méd. 1864 et 1866, méd. 
3 e cl. 1867 (E. U.), # 1867, méd. 1" cl. 1878 (E. U.). 

N° 1672. Portrait de M. D. Jouaust. 

H. i m i5. — L. o m 8o. — Fig. grandeur naturelle jusqu'aux genoux. 

Il est debout, tête nue, de face, un peu tourné à gauche, tenant 
attentivement un livre ouvert dans ses deux mains. Redingote bleu 
foncé, cravate noire, pantalon gris. Au fond, des brochures sur un rayon 
au-dessus d'une table couverte de gravures. 

Signé à droite : Emile Lévy, 1882. 




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ARTISTES HORS CONCOURS 59 

LHERMITTE (Léon-Augustin), né à Mont-Saint-Père 
(Aisne), élève de M. Lecoq de Boisbaudran. Méd. 3 e cl. 1874, 
2 e cl. 1880. — Rue de Buci, 10. (Voirie Livre d'or de 1880.) 

N° 1676. La Paye des moissonneurs . 

H. 2 m i5. — L. 2 m 8o. — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur d'une cour de ferme. A gauche, au premier plan, est assis, 
de face, sur un banc, devant un angle de mur, un vieux paysan, la tête 
nue, les bras nus, la main gauche pendante, une faux dans la main 
droite. Sur l'extrémité du même banc, une jeune paysanne, de profil, 
tournée à droite, allaite un enfant. Au second plan, sur la droite, dans 
une reculée des bâtisses, un ouvrier, coiffé d'un large chapeau de paille, 
un bissac sur l'épaule, compte de la monnaie. Près de lui marche un 
faucheur, de profil. Plus loin, on aperçoit le fermier, guêtre, vêtu de 
bleu, qui fait la paye ; il tient de la main gauche sa bourse et donne 
une pièce à un faucheur debout devant lui. Au premier plan, à droite, 
deux gerbes de blé et une faucille. 

Acquis par l'État. 



MÉLIN (Joseph), né à Paris, élève de David d'Angers et 
de Paul Delaroche. Méd. 3 e cl. 1843, 2 e cl. 1845, 3 e cl. 1855 
(E. U.), rap. 2 e cl. 1858. — Avenue du Maine, 1 37. 

N° 183 1. Hallali sur pied. 

H. i m 55. — L. 2 m 45. — Animaux de grandeur naturelle. 

Un grand cerf dix cors, à droite, presque de face, se défend, tête 
baissée, contre une meute de cinq grands chiens courants qui lui sau- 
tent à la gorge. L'un d'eux roule, à gauche, dans les broussailles; un 
sixième hésite et se retourne. A droite, un autre se tient immobile, de 
face, en aboyant. Fond de verdure d'automne sur un terrain sablonneux. 

Signé à gauche : J. Mélin, 1882. 



ÔO PEINTURE 

RIBOT (Théodule-Augustin), né à Saint-Nicolas-d'Attez 
(Eure). Méd. 1864 et 1865, 3 e cl. 1878 (E. U.), * 1878. 

N° 2278. Vieillard. 

H. o m 9o. — L. o m 6o. — Fig. grandeur naturelle, en buste. 

Il est vu de trois quarts, la tête coiffée d'un feutre à larges bords, 
l'épaule couverte d'un manteau de couleur brune. Longs cheveux et 
collier de barbe blancs. Teint sanguin et couperosé. Fond d'un vert 
sombre. 

Signé à droite : Th. Kibot. 



ROLL (Alfred-Philippe), né à Paris, élève de MM. Gérôme 
et Bonnat. 3 e cl. 1875, i re cl. 1877. (Voir le Livre d'or de 1880.) 

N°2 328. 14 Juillet 1880. 

H. 6 m 47 . — L. 9 m 8o. — Fig. grandeur naturelle. 

La place de la République le jour de la fête nationale. A gauche, 
au pied d'une estrade sur laquelle est installé un orchestre, plusieurs 
groupes de danseurs, et, devant, une marchande de rafraîchissements as- 
sise. Sur l'arrière-plan, au milieu, passe, musique entête, drapeaux flot- 
tants, un régiment de ligne qu'escortent des groupes de citoyens chan- 
tant et agitant leurs chapeaux. Sur le premier plan, à droite, plusieurs 
groupes d'hommes et de femmes, vus de dos, sont tournés vers le régi- 
ment. Des gamins grimpent sur des charpentes. Au milieu, de face, un 
petit vendeur de médailles. Au fond, la statue de la République, des 
maisons et des arbres sous une lumière ardente et poussiéreuse. 

Commandé par l'État. 




Ph Rousseau 



Léon Gaucherel se, 



LES DEUX AMIS, 



ARTISTES HORS CONCOURS 6l 

ROUSSEAU (Philippe). (Voiries L/w-6-sdV de 1879e! 1881.) 
N° 2351. Les Deux Amis. 

H. i"3o. — L. 0^92. 

Sur un fauteuil Louis XV en bois gris, foncé de canne et rembourré 
de cuir, un chat blanc se tient, accroupi, les yeux clos, de face. Sur 
le bras droit du fauteuil un serin jaune se gratte l'aile du bec. En bas, 
sur les carreaux rouges, une pelote de laine bleue, un journal, une 
chaufferette. 

Signé à gauche : Ph. Rousseau. 



WENCKER (Joseph), né à Strasbourg, élève de M. Gérôme. 
Prix de Rome 1876, méd. 2 e cl. 1877. — Rue de La Rochefou- 
cauld, 17. 

N° 2680. Prédication de saint Jean Chrysostome contre l'impé- 
ratrice Eudoxie. 

H. 6 m oo. — L. 4 m 42. — Fig. grandeur naturelle. 

A droite, dans une chaire de mosaïque supportée par quatre co- 
lonnes de marbre, le vieillard, en robe blanche, de profil, se tourne 
avec un geste menaçant vers une tribune cintrée, ouverte dans la mu- 
raille du fond, où l'impératrice, richement parée, assise entre cinq 
dames, lève avec indignation et surprise sa tête couronnée de perles. 
Au bas de la tribune, de face, une dizaine de personnages, assis ou de- 
bout, lèvent vers le prédicateur des yeux inquiets ou approbateurs. Au 
premier plan, à gauche, mêmes attitudes d'étonnement dans une foule 
assise d'hommes et de femmes. Au pied même de la chaire, au milieu, 
quelques assistants se rapprochent avec anxiété. 

Acquis par l'État. 



62 



PEINTURE 



YON (Edmond-Charles), né à Paris-Montmartre. — Méd. 
3 e cl. 1875, 2 e ch 1 879. — Rue Lepic, 59. 

N° 2708. La Rivière d'Eure, à Acquigny. 

H. im3o. — L. 2"»oo. 

La rivière, formant un coude, coule, au premier plan, de droite à 
gauche, entre des rives herbues. Sur la droite, un barrage en planches 
et une prairie grasse où une vache est accroupie au pied des pentes 
boisées d'une colline basse. 

Acquis par l'État. 








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SCULPTURE 







Gravé par E.Abot, d'après Hugues, 



ŒDIPE A COLONNE 

( Plâtre ) 




SCULPTURE 



GRAVURE EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES 



MÉDAILLES DE PREMIERE CLASSE 



HUGUES (Jean-Baptiste), né à Marseille, élève de 
MM. Dumont et Bonnassieux. Prix de Rome 1875, m cd. 3 e cl. 
1878, méd. 2 e cl. 1881. — Boulevard du Mont- Parnasse , 81. 
(Voir le Livre d'or de 1 88 1 .) 

N° 449 t. Œdipe à Colone. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1 •« 7 5 . — L. i m 2o. — Pr. o m 8o. 



Le vieil aveugle, la tête penchée, les cheveux et la barbe en désordre, 
le torse nu, les jambes couvertes d'une draperie, est assis sur un banc 

9 



66 SCULPTURE 

de pierres brutes à côté d'Antigone. La jeune fille, serrée dans une 
tunique étroite et longue, se presse à gauche contre son père dont le 
bras amaigri l'enlace par derrière. Elle laisse tomber tristement sa tête 
sur l'épaule du vieillard, les mains jointes et pendantes. 

Acquis par l'État. 



PARIS (Auguste), né à Paris, élève de MM. Jouffroy et 
Hiolle, — Méd. 3 e cl. 1870, 2 e cl. 1880. — Rue Boissonade, 1 3. 

N° 4730. Le Temps et la Chanson. 

Aux lilas embaumés, quand tout renaît et chante, 
Le Temps, laissant sa faux inoccupée un jour, 
T'enlace en souriant, ô Jeunesse! et s'enchante 
De l'ineffable écho d'un immortel amour. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m 2o. — L. i m 2o. — Pr. i m 3o. 

La Chanson est représentée sous la figure d'une jeune fille en robe 
courte, les seins nus, qui, debout, chante en gesticulant du bras droit, 
les yeux fixés sur un papier qu'elle tient de la main gauche. A sa gauche, 
le Temps, grand vieillard à longue barbe et à grandes ailes, presque 
assis, l'enlace de son bras droit, la tête penchée vers elle et tendant 
avidement l'oreille. A ses pieds une faux. 



LEMAIRE (Hector), né à Lille, élève de MM. Dumont et 
Falguière. Méd. 3 e cl. 1877, prix du Salon 1878, méd. 2 e cl. 
1878. — Rue Denfert-Rochereau, jj. 

N°457$. Le Matin. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle; 
Hi i m 7o. — L. o m 6o. — Pr ; o m 6o. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 67 

Jeune femme nue, assise sur un socle, les genoux joints, les pieds 
rapprochés et dressés sur les orteils. De ses deux mains relevées au-dessus 
de sa tête, elle démêle ses longs cheveux. Sur les quatre faces du socle 
où pend une draperie, quatre petits bas-reliefs : un vase à anses, un 
jeune Auteur assis, deux enfants s'embrassant, un berger donnant à 
manger à des moutons. 

Acquis par l'État. 



MÉDAILLES DE DEUXIÈME CLASSE 



DAILLION (Horace), né à Paris, élève de M. Dumont. — 
Rue Notre-Dame-des-Champs, 52. 

N° 4256. Le Réveil d'Adam. 

Statue. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. i m 6o. — L. 2 m 3o. — Pr. o m 9o. 

Adam, nu, imberbe, avec de longs cheveux, étendu à terre, est en 
train de se relever en s'appuyant sur son bras gauche. 



CROISY (Aristide), né à Fagnon (Ardennes) , élève de 
MM. Toussaint, Gumery et A. Dumont. — Méd. 3 e ' cl. 1873. — 
Rue de Bréa, 5. 

N° 4249. Le Nid. 

Groupe. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m io. — L. o m 8o. — Pr. o m 75. 

Deux enfants en chemise endormis dans un fauteuil capitonné. Le 
plus petit, à gauche, ramassé sur un coussin, dort les deux poings 
fermés. La petite fille, à droite, les deux jambes pendantes, laisse 
tomber sur son petit frère sa tête abondamment bouclée. 

Signé sur le socle, à droite : A. Crolsy. 

Acquis par l'État. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS OQ. 

ROULLEAU (Jules-Pierre), né à Libourne (Gironde), 
élève de MM. Cavelier, Barrias et E. Lafon. — A Tours, place 
Saint- Etienne, 9, et à Paris, rue Rennequin, 1. 

N° 4826. Le grand Carnot. 

Statue. Plâtre. Fig. colossale. 
H. 3 m 2o. — L. 1 m 2 5 . — Pr. i m 3o. 

Il est debout, la tête nue et inclinée, tenant dans la main gauche un 
compas, montrant de la droite une carte posée sur une table, près de 
lui, devant une pile de livres que surmonte une statuette de la Victoire 
ailée, le bras tendu de face à la hauteur de son épaule. Il porte un 
habit à grands parements, des bottes à revers, une écharpe roulée autour 
du corps sous le ceinturon du sabre. 

Pour la ville de Nolay {Côtc-d'Or). Souscription nationale. 



ALLOUARD (Henri-Emile), né à Paris, élève de M. Le- 
quesne. — Méd. 3 e cl. 1876. — Rue Vavin, 28. 

N° 4056. Derniers Moments de Molière. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 7o. — L. i m oo. — Pr. i m 4o. 

Le poète, en robe de chambre, est étendu, les yeux presque fermés, 
le visage contracté, dans un grand fauteuil. Son bras gauche inerte 
retombe le long du fauteuil. La robe ouverte, qui découvre sa jambe 
gauche, laisse voir, sur la poitrine, une chemise bordée de dentelles. 

Acquis par l'État. 



MASSOULLE (Paul-Arthur), né à Épernay (Marne), élève 
de MM. Salmson et Cavelier. — Rue Dcnfert-Rochcreau, 77. 



JO SCULPTURE 

N°4638. Un Ancêtre. 

Statue. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 2 m 35. — L. o m 8o. — Pr. o m 9o. 

Guerrier gaulois, debout, nu, imberbe, coiffé d'un casque à ailerons, 
chaussé de bandelettes, dans une attitude martiale. Il tient dans la main 
droite une épée dont il essaye le tranchant sur son pouce gauche, en la 
levant à la hauteur de l'épaule. A ses pieds, une aigle romaine. 



ESCOULA (Jean;, né à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyré- 
nées), élève de M. Jean Gautherin. — Méd. 3 e cl, 1 88 1 . — 
Rue des Fourneaux, 36. (Voir le Livre d'or de 1881 .) 

N° 4344. Le Bâton de vieillesse. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 7o. — L. o m 8o. — Pr. 0^70. 

Une vieille femme, coiffée d'un bonnet, toute ridée, le dos voûté, 
marche péniblement en s'appuyant de la main droite sur une canne, et 
du bras gauche sur les deux mains d'une jeune fille qui l'accompagne. 
La jeune fille, tète nue, porte dans son tablier un tricot roulé et une 
pelote de laine avec des aiguilles. 



ROTY (Louis-Oscar), graveur en médailles, né à Paris, élève 
de MM. Dumont et Ponscarme. — Méd. 3 e cl. 1873, prix de 
Rome 1875. — Rue des Pyrénées, 278. 

N° 4981 . Un cadre de médailles. 

i° Portraits de M. le vicomte H. Delaborde et de M. Maurice Albert. 
Médailles de bronze. — 2 Pittura. Femme nue, assise, de profil, les 



ARTISTES RECOMPENSES J l 

jambes croisées, tenant dans une main une palette, dans l'autre des pin- 
ceaux. — 3° Médaille commémorative du percement de l'isthme de Pa- 
nama. L'Industrie, sous la figure d'une femme drapée et laurée, pose 
les mains sur les épaules de deux vieillards à longue barbe, debout à 
ses côtés, qui se serrent la main. Au fond, un port et des phares. 



FRANÇOIS (Henri-Louis), né à Vert-le-Petit (Seine-et- 
Oise), élève de MM. Bonnat et Chapu. — Rue du Cherche- 
Midi, 7. 

N°49$6. Andromède. 

Camée onyx à trois couches. 
H. o m 6o. — L. o m 45 

Elle est nue, debout, attachée par les poignets a un rocher, derrière 
lequel apparaît, à gauche, Persée sur le cheval ailé, une épée au poing, 
le bouclier au bras. A ses pieds, se tordant dans les flots, le monstre à 
large gueule. 



MÉDAILLES DE TROISIEME CLASSE 



ASTANIÈRES (Eugène-Nicolas-Clément, comte cT), ne 
à Paris, élève de M. Falguière. — Rue d'Assas, 86. 

N° 4068. L'Espiègle. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 8o. — L. o m 55. — Pr. o m 8o. 

Enfant nu se baissant pour lancer un caillou. Il s'appuie de la main 
gauche sur le sol, le corps portant sur le pied droit, la jambe gauche 
allongée, et serre la pierre dans la main droite. Il porte au cou une 
petite médaille suspendue à un cordon. 



ROLARD (François-Laurent), né à Paris, élève de 
MM. Jouffroy et Crauk. — Rue Denfert-Rochereau, 37. 

N° 4816. Monnaie de singe. 

C'est au passage du Petit-Châtelet que se percevaient, du temps de saint 
Louis, les péages et droits d'entrée. Un tarif cité par Saint-Foix porte 
qu'un marchand qui y fera entrer un singe pour le vendre payera quatre de- 
niers; que si le singe appartient à un jongleur, cet homme, en le faisant jouer 
et danser devant le péager, sera quitte du péage, tant dudit singe que de tout 
ce qu'il aura apporté pour son usage. De là vient le proverbe : « Payer en 
monnaie de singe ». 

(Dulaure, Histoire de Paris.) 

Statue. Plâtre. Fig. un peu plus grande que nature. 
H. 2 m 2o. — L. o m 6o. ■ — Pr. o m 7o. 

Un bateleur, le torse nu, les jambes nues, les cheveux longs et serrés 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS J) 

par une bandelette, danse la jambe gauche en l'air. De la main droite, 
il tient devant lui un cerceau, auquel se suspend un singe posé sur son 
épaule gauche. 



PEZI EUX (Jean- Alexandre), né à Lyon, élève de M M. Jouf- 
froy, E. Noël et Fabisch. Mention honorable, 1881. — Avenue 
Duquesne, 38. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 4752. Non omnes morimur. 

Pense à vivre; c'est ainsi que tu vivras malgré le trépas, car les enfants, 
monument glorieux, sauvent de l'oubli un père qui n'est plus, pareils à ces 
morceaux de liège qui font surnager le filet et l'empêchent de se perdre dans 
l'abîme. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

H. 2 m oo. — L. i m 3o. — Pr. i m io. 

Un homme nu, la barbe et les cheveux en désordre, assis sur un 
rocher, la tête appuyée sur sa main droite, les yeux levés au ciel. Il 
tient dans son bras gauche le manche d'un outil enfoncé dans le sol. 
A sa droite, debout, une femme, vêtue d'une robe, le regarde et lui 
pose la main sur l'épaule, en serrant, de son bras droit, un enfant 
contre son sein. 



GOSSIN (Louis), né à Paris, élève de M. Mathurin-Morcau. 
— Rue de Romainville, 52. 

N°443 3. <Amo. {Idylle.) 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i^go. — L. o m 6o. — Pr. o'»5o. 

Une toute jeune fille, nue, tournée de profil, se tient debout devant 
un tronc d'arbre qu'elle entoure de son bras gauche, tandis qu'elle y écrit, 
de la main droite, sur l'écorce le mot : Amo. En bas, une touffe d'iris. 



74 SCULPTURE 

CORNU (Vital), né à Paris, élève de MM. Jouflïoy et 
Delaplanche. Mention honorable, 1881. — Rue Monge, 12. 
(Voir le Livre d'or de 1881 .) 

N° 4241 . Camille Desmoulins, au Palais-Royal, donne le signal 
de la liberté (12 juillet 1 789). 

Statue. Plâtre. Fig. un peu plus grande que nature. 
H. 2 m 8o. — L. o m 6o. — Pr. i m oo. 

Il se dresse violemment en criant, la jambe droite en avant, la main 
gauche sur la poitrine, brandissant dans sa main droite un pistolet et 
une branche feuillue. Tête nue, les cheveux longs, il porte un habit à 
grandes basques, des culottes courtes, des bas collants, des souliers à 
boucles. 



CHEMIN (Victor-Joseph), né à Paris, élève de Barye. — 
Rue Oberkampf, 98. 

N° 421 5. Chasseur, chien lévrier. 

Groupe. Plâtre. Animaux grandeur naturelle. 
H. imi8. — L. o m 4o. — Pr. i m i5. 

Un lévrier, en arrêt, pose la patte droite de devant sur un lièvre qui 
se débat. 



LE COINTE (Aimé-Joachim-Léon), né à Paris, élève de 
MM. J. Klagmann et A. Toussaint. — Rue de Rome, 58. 

N° 4555. Sedaine. 

J'allais, les reins ployés, ébaucher une pierre, 
La tailler, l'aplanir, la retourner d'équerre. 

(Poésies de Sedaine. Épitre à M. Lacombe.) 
Statue. Bronze. Fig. plus grande que nature. 

H. 2 m 25. L. I m 20. Pr. l m 20. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS Ji 

Un tricorne sur la tête, un tablier de cuir sur la poitrine, les manches 
retroussées, il est assis sur un bloc de pierre carré. Il tient dans la main 
droite une plume, et pose la main gauche sur un cahier de papier ouvert 
sur le bloc. A ses pieds, des outils de tailleur de pierre et un livre. 

Signé à droite, sur le socle : A. LcCointc. 

Appartient à la Préfecture de la Seine. 



FOSSÉ (Athanase), né à Allonville (Somme), élève de 
MM. Crauk et Cavelier. — Rue de Vaugirard, 108. 

N° 4371. La Vague. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 7o. — L. [«i65. — Pr. o m 55. 

Femme nue, étendue sur le dos, les jambes allongées, dans le pli 
d'une vague dont la crête écumante court, derrière, le long de son 
corps. Elle laisse pendre en arrière sa tête échevelée en l'entourant de 
ses bras relevés. 



FAGEL (Léon), né à Valenciennes (Nord), élève de M. Ca- 
velier. — A Rome, villa Médicis. 

N° 43 5 1 . Le Poète mourant. 

Bas-relief. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m yo. — L. i m 9o. — Pr. o m 4o. 

A gauche, un jeune homme, drapé jusqu'à la ceinture, assis de 
profil, un livre sur ses genoux, tenant un style dans la main. A droite, 
une femme aux grandes ailes éployées se penche vers lui, lui soute- 
nant la tête d'une main, tandis que, de l'autre, elle prend une couronne 
que lui tend un petit génie volant en haut et agitant un flambeau. Au 
fond, un tombeau enveloppé de lierre. 



y G SCULPTURE 

BOUTELLIE (Jean-Ernest), né à Toulouse, élève de 
MM. Joufïroy etFalguière. — Rue de Linné, 18. 

N° 4145. Avant te combat. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2'noo. — L. o m 75. — Pr. o m 7o. 

Homme nu, jeune et vigoureux, sans barbe, les cheveux courts, 
debout, la jambe gauche en avant. Il tient dans la main droite abaissée 
une épée dont il essaye la pointe sur sa main gauche relevée à la hauteur 
de l'épaule. Il porte un ceinturon autour du corps. 



BOTTÉE (Louis), né à Paris, élève de MM. Dumont, Millet 
et Ponscarme. — Rue de l'Odéon, 2 1 . 

N° 4133. Saint Sébastien. 

Bas-relief. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1 nl 4 5 . — L. 1^40. — Pr. o™35. 

De face, lié par les bras à un tronc d'arbre, le saint, entièrement 
nu, s'affaisse sur ses jambes ployées, la tête tombant sur l'épaule 
gauche. Au-dessus, un ange envolé tient dans une main une palme, et, 
de l'autre, montre le ciel. En bas, un casque et un bouclier. La com- 
position est encadrée par une archivolte portée sur deux pilastres corin- 
thiens, sur laquelle on lit : S. SEBASTIANO. LAVS. MART. 



BASTET (Victorin-Antoine), né à Bollène(Vaucluse), élève 
de M. Dumont et de M. Aimé Millet. — Rue Vavin, 36. 

N° 4094. Source de Vauduse. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im8o. — L. o m 8o. — Pr. i")oo. 

Une femme nue, souriante, marchant au pas de course, posée sur la 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS JJ 

jambe droite. Des deux bras elle soutient sur son épaule gauche une 
urne dont l'eau sort à gros jet. Elle porte sur la tête une couronne de 
fleurs aquatiques. A ses pieds des feuilles d'eau. 



DEVENET (Claude-Marie), né à Uchizy (Saône-et- Loire), 
élève de l'Ecole de Lyon et de M. A. Dumont. — Rue Lecourbe, 
84. 

N° 4307. La Mère : paysanne mâconnaise allaitant son en- 
fant. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im6o. — L. o m 6o. — Pr. o m 8o. 

Assise sur une pierre, la tête souriante et penchée en avant, elle sou- 
tient de la main gauche sur ses genoux, le berceau de bois à claire-voie 
dans lequel l'enfant se dresse pour prendre son sein qu'elle lui offre 
de la main droite. Elle est vêtue d'une robe d'étoffe grossière. 



MENTIONS HONORABLES 



DOLIVET (Emmanuel), né à Reims, élève de M. Cavelier. 
— Rue de Vaugirard, 95. 

N° 43 10. Madeleine. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 11190. — L. o m 65. — Pr. o"i8o. 

Femme presque nue, assise, se cachant le visage dans les mains. Des 
larmes coulent sur ses joues. A terre, à sa droite, un livre en lam- 
beaux. 



BELARD (Gustave), né à Toulouse, élève de MM. Jouffroy, 
Falguière et Mercié. — Boulevard Saint-Michel, 115. 

N°4io2. Idylle. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 7o. — L. o m 6o. Pr. o m 6o. 

Jeune homme nu, debout, la tête nue tournée à droite, le pied droit en 
avant, tenant des deux mains une flûte sur les trous de laquelle il pose 
les doigts, 



DARBEFEUILLE (Paul), né à Toulouse, élève de 
MM. Jouffroy et Falguière. Mention honorable, 1880. — Rue 
Cauchois, 1 5. (Voir le Livre d'or de 1880.) 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS JC) 

N° 4261. Avenir. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 3o. — L. o m 6o. — Pr. o m 9o. 

Un adolescent, presque nu, assis sur un escabeau couvert d'une peau 
de bête, la jambe droite en avant. De la main gauche, il tient un livre 
ouvert sur ses genoux, et s'appuie à droite sur la garde d'une grande 
épée. 



ASTRUC (Zacharie), né à Angers. — Rue du Faubourg- 
Saint-Honoré, 223. 

N° 4069. Le Marchand de masques. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m io. — L. o m 70. — Pr. o m 9o. 

Un adolescent, vêtu d'un caleçon historié, debout, offre de la main 
droite un masque. Il en tient un autre de la main gauche. Deux autres 
pendent à sa ceinture. Un plus petit est suspendu à son cou. Autour 
du socle circulaire sont rangés d'autres masques rappelant des visages 
de contemporains célèbres. 



SAINT-VIDAL (Francis de), né en Italie, élève de Car- 
peaux. — Avenue de Villiers, 45. 

N° 4835. Camille. 

O Camille, tu dors! tes doux yeux sont fermés, 
Ton haleine de rose, aux soupirs embaumés, 
Entr'ouvrc mollement tes deux lèvres vermeilles... 

(André Chénier.) 
Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
II. o™8o. — L. o'"8o. — Pr. i™8o. 



80 SCULPTURE 

Elle est couchée sur un lit de repos, la tête sur un oreiller de den- 
telles, le corps enveloppé dans une couverture qui laisse voir la poi- 
trine, les bras et les pieds nus. La main droite est posée sous les seins ; 
dans la main gauche elle tient une feuille de papier sur laquelle sont 
écrits les vers de Chénier. 



PILET (Léon), né à Paris, élève de M. A. Toussaint. — 
Quai Jemmapes, 6. 

N° 4756. Amphitrite. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m io. — L. 0^60. — Pr. 0^80. 

Elle est nue, debout, la tête tournée à gauche, sur un dauphin. De 
la main gauche, elle tient le fer d'un trident dont le manche pose sur la 
tête du dauphin. Dans la main droite, posée contre la hanche, elle porte 
un coquillage. 



CH A RPENTI ER (Félix-Maurice) , né à Bollène (Vaucluse) , 
élève de MM. Cavelier et Doublemard. — Rue Princesse, 18. 

N° 4204. Le Repas. 

Statue en plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 8o. — L. o m 65. — Pr. o m 6o. 

Un jeune homme, nu, debout, la jambe gauche en avant, les bras 
croisés, s'appuie sur le manche d'une faux renversée qu'il tient de la 
main droite. Derrière, une gerbe dressée. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 8l 

LORMIER (Edouard), né à Saint-Omer (Pas-de-Calais), 
élève de M. Jouffroy. — Rue de Vaugirard, 108. 

N°46o6. République française. 

Buste. Marbre. Fig. plus grande que nature. 
H. i m io. — L. o m yo. — Pr. o^o. 

Une femme aux traits fiers, coiffée d'un bonnet phrygien, couronnée 
de chêne et de laurier. Elle porte une cuirasse décorée de rinceaux en 
relief avec une tête de lion, et, par-dessus, un manteau à larges plis qui 
lui couvre l'épaule droite. Ses cheveux retombent sur ses épaules. 

Signé à droite, sur le socle : Lormier. 

Commandé par la Préfecture de la Seine. 



ELIAS (Édouard-Pierre-Joseph), né à Bruxelles, élève de 
l'Académie royale de Bruxelles. — Rue Wiertz, 8, à Ixelles- 
Bruxelles. 

N° 4340. Un Heureux Songe. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 8o. — L. 0^40. — Pr. o m 7o. 

Un enfant, assis sur une pierre basse, les bras croisés sur ses genoux 
relevés, ferme les yeux, laissant tomber sa tête dans ses mains. 



CADOUX (Marie-Edme), né à Blacy (Yonne), élève de 
M. Jouffroy. — Avenue du Maine, 24-26, impasse du Maine, 
3 bis. 

N° 4168. Pleurant ses ailes. 

Statue.' Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

H. i m 7o. — L. o m 6o. — Pr. o m 6o. 

1 1 



SCU LPT U RE 



L'Amour, nu, se penche tristement, une poignée de plumes dans la 
main gauche, s'appuyant de la droite sur l'extrémité de son arc posé à 
terre. 



DURVIS (Marie), né à Paris. — Rue Mazarine,9. 
N° 43 37. — Trois Portraits. 

Médaillons. Cire polychrome. 

i° Une dame âgée, de profil, en robe rouge avec un fichu de den- 
telle. Forme ronde. — 2 Un jeune homme, de profil, en costume 
XVI e siècle, pourpoint rouge et fraise bouillonnée. Cheveux courts et 
noirs. Forme ovale. — 3" Une jeune femme, de profil, en costume 
XVI e siècle, coiffure de filigrane et de perles, robe rouge rayée de 
vert et brochée d'or avec manches bouffantes. Forme quadrangulaire. 



LEMAIRE (Georges-Henry), né à Bailly (Seine-et-Oise), 
élève de MM. Grivel, Lambert et J. Perrin. — Boulevard 
Rochechouart, 58, Paris. 

N° 4971. La Fortune et le jeune Enfant. — (La Fontaine, 
livre V, fable XI.) 

Camée. Onyx. 
H. o m 55. — L. o m 45. 

La Fortune, jeune femme nue, vue de face, est assise sur le bord d'un 
puits où dort un enfant qu'elle éveille. 



MARIOTON (Claudius), né à Paris, élève de l'École des 
Beaux-Arts et de MM. Thomas, E. Levasseur et Dumont. — 
Rue Michel-Bizot, 199 (Bel-Air). 

N° 462 1 . Benvenuto Cellini. 

Statue. Plâtre. Fig, grandeur naturelle. 
H. 2 m oo. — L. o m 65. — Pr. o'^o. 



ARTISTES RÉCO M PENSÉS 83 

Debout, en pourpoint entr'ouvert, une dague à la ceinture, Benvenuto, 
appuyé à un établi, les jambes croisées, regarde attentivement une 
aiguière qu'il lève de la main droite. Sa main gauche, posée sur 
l'établi, tient des ciseaux. A ses pieds, un cahier de musique, un plat 
ciselé, une maquette du Persée. 



ARIAS (Virginius), né à la Concepcion (Chili), élève de 
M. Jouffroy. — Rue Humboldt, 25. 

N° 4066. Un Héros du Pacifique. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m io. — L. o m 7o. — Pr. i m oo. 

En bras de chemise, son pantalon serré à la taille par une écharpe, 
un jeune homme vigoureux se tient debout, la main gauche sur la 
hanche, dans une attitude fière, devant une gerbe de blé. De la main 
droite il tient un fusil dont la crosse est posée sur le sol. 



COGER (Alexandre-Frédéric), né à Paris, élève de 
M. Ducamp. — Avenue de Saint-Mandé. 

N° 4230. La Terre. 

Bas-relief. Bois. 
H. i"i5o. — L. o™8o. 

La Terre, sous la figure d'une femme nue, couronnée d'épis, est 
assise de profil sur une sphère. Elle soutient de la main gauche un 
enfant suspendu à son sein. Un autre enfant, tenant une corne d'abon- 
dance, s'appuie sur son épaule. A droite, un vol de génies ailés portant 
des fleurs et des fruits. En haut, Apollon, ailes déployées, debout dans 
un nuage. 



84 SCULPTURE 

LEOFANTI (Adolphe), né à Rennes, élève de Picot et 
Lanno. — A Rennes, avenue de la Mabilais, et, à Paris, chez 
M. Haussadie, avenue des Tilleuls. 

N° 4579. Pro patria mori. 

Groupe. Haut-relief. Plâtre. Fig. plus grandes que nature. 
H. 3 m 2o. — L. 2my . — Pr. o m 5o. 

Une Victoire cuirassée et casquée, les ailes déployées, s'élance de 
face, le bras gauche tendu en avant, et, de la main droite, soutenant 
l'étendard que porte, à gauche, un cuirassier à cheval. A droite, un 
autre cuirassier, à cheval, de face, qui s'enlève, en forte saillie, comme 
le premier, hors du cadre. Derrière lui, deux autres cuirassiers. En bas, 
un homme renversé avec son cheval. 



PEYROL (F.-G.-Hippolyte), né à Paris, élève de M. J. 
Bonheur. — Rue Crussol, 14. 

N° 4751. Étude. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im8o. — L. o m 6o. — Pr. 0^60. 

Jeune homme nu, debout, posant sur la jambe gauche. Il s'appuie, 
de la main droite, sur un bâton et tient sa main gauche au-dessus de 
ses yeux pour s'abriter du soleil. 



HIOLLE (Maximilien-Henri), né à Valenciennes (Nord), 
élève de M. Jouffroy. — Rue Crozatier, 75, impasse Crozatier, 5. 

N° 4483 . Portrait deM.A.D. 

Buste. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 7G. — L. o m 55. — Pr. o m 25. 

Homme d'âge mûr, à fortes moustaches, aux cheveux courts séparés 
sur la droite. Paletot relevé. Col bas découvrant le cou. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 85 

STEUER (Bernard-Adrien), né à Paris, élève de MM. 
Jouffroy, Lequesne et A. Millet. — Rue Mazarine, j. 

N° 485 3 . Ballade à la lune. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im3o. — L. o m 70. — Pr. o m o,o. 

Un Pierrot en costume Watteau, assis, les jambes croisées, sur une 
borne, se penche à droite, regardant le croissant de la lune qui se 
reflète dans un seau plein d'eau. De la main gauche il tient une man- 
doline. Derrière, un chat se frotte l'échiné à la borne. 



MOMBUR (Jean), né à Ennezat (Puy-de-Dôme), élève de 
MM. Dumont et Bonnassieux. — Avenue de Ségur, 49. 

N° 4665. Paysanne d'Auvergne. 

Elle revient des champs, la jeune et pauvre veuve, 
Portant son cher fardeau sans en sentir le poids; 
Et, malgré les soucis dont le destin l'abreuve, 
Elle s'en va, superbe, en écossant des pois. 

(Gabriel Marc.) 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 85. — L. o m 6o. — Pr. om6o. 

Elle est debout, de face, tête nue, pieds nus, en cotillon court, et 
s'avance en écossant les pois qu'elle porte dans un pli de son tablier. 
Son enfant, à califourchon sur son dos, se suspend à son cou des deux 
bras et passe sa tête par-dessus son épaule gauche. 



LEVASSEUR (Henri-Louis), né à Paris, élève de M. Du- 
mont, — ■ Rue de la Folie-Méricourt, 22. 



86 SCULPTURE 

N°4592. La Vanité. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2">io. — L. o m 8o. — Pr. o m 6o. 

Femme nue, debout, offrant, de la main droite, un miroir à un paon 
perché sur une borne. Elle sourit, et, de la main gauche, caresse la 
queue de l'oiseau. 



TOURGUENEFF (Pierre-Nicolas), né à Paris, élève de 
M. Frémiet. — Rue de Lille, 97. 

N° 4879. L'Appel au bac. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2^60. — L. i m oo. — Pr. 2m3o. 

Un palefrenier, en bottes et veste d'écurie, monté à poil sur un che- 
val auquel il a lâché les rênes, se fait un porte-voix de ses deux mains 
placées devant sa bouche. Il tient par un licol un second cheval à sa 
droite. 



BRAMBECK (Edward), né à Helsingborg (Suède), élève de 
l'Académie des Beaux-Arts de Stockholm. — Rue Tourlaque, 2. 

N° 4147. La Tentation du Christ. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m i5. — L. i m io. — Pr. o m 9o. 

Le Christ, en robe longue, la poitrine découverte, les bras nus, ses 
cheveux tombant sur ses épaules, le bras gauche sur la poitrine, le bras 
droit pendant, se tient debout près de Satan qui, le genou sur un ro- 
cher à sa gauche, dresse vers lui la tête, en lui montrant la terre de sa 
main gauche et lui passant le bras droit autour du corps. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 87 

LEYSALLE (Emile), né à Paris, élève de Carpeaux et de 
M. Mathurin Moreau. — A Genève, à l'École des Arts Industriels, 
et à Paris, rue des Poissonniers, 50. 

N° 4595. L'Avenir. 

« La Vérité, armée du miroir de la Science, foudroie le Mal qui rampe sur 
la terre; elle apporte l'Union universelle et la Liberté; le Temps qui se dé- 
couvre la protège. » 

Groupe. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 3 m 3o. — L. i m 3o. — Pr. 2 m 4o. 

La Vérité, nue, debout, tenant dans la main gauche des fers brisés et 
un triangle, et, de la main droite, brandissantun miroir rayonnant, foule 
aux pieds un dragon terrassé. Au-dessus, le Temps, vieillard aux 
formes colossales, tenant dans la main droite une grande faux, l'abrite 
de ses ailes. Les deux figures posent sur une demi-sphère. 



DE KEYSER (Jean-Baptiste), né à Anderlecht (Belgique), 
élève de l'Académie de Bruxelles. — Rue de la Poterie, 14. 

N° 4272. David devant Saiïl. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. i™5o. — L. o m 5o. — Pr. o™65. 

Imberbe, les cheveux serrés par une bandelette, ceint d'une courte 
draperie, l'adolescent, un peu penché en avant, la tête tournée à droite, 
serre de la main droite contre sa poitrine une harpe dont il pince les 
cordes de la main gauche. 



CHÉREAU (Eugène-Jean), né à Mamers, élève de M. Cail- 
houette. — Rue de Turenne, 67. 

N° 4943. L'Aurore. 

Camée. Opaline. 
II. o m 45. — L. o'"4o. 



88 SCULPTURE 

Jeune femme demi-nue, se débarrassant de ses voiles, envolée au- 
dessus de la mer. 



MADRASSI (Luca), né à Tricesimo (Italie), élève de M. Ca- 
velier. — Boulevard du Mont-Parnasse, 49. 

N° 461 3. Naissance de Vénus. 

Statuette. Plâtre. 
H. i m 4o. — L. o m 7o. — Pr. 0^85. 

La déesse, nue, est assise sur un entablement orné d'oves et de 
rais de cœur. Debout, à sa gauche, l'Amour enfant se dresse sur ses 
pieds pour baiser les lèvres de sa mère qui l'écarté en souriant. 



NAMUR (Emile), né en Belgique, élève de l'Académie de 
Bruxelles. — A Bruxelles, rue de Robiano, 18. 

N° 4697. CendriUon. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 3o. — L. o m 55. — Pr. 0^60. 

Elle est assise, la poitrine nue, les jambes nues, les pieds croisés, 
dans une attitude pensive, sur un escabeau. Elle tient une pantoufle 
dans sa main droite. 



LEROUX (Gaston), né à Paris, élève de MM. Jouffroy et 
Hiolle. — Impasse du Maine, 18 bis. 

N°4588. Buste. 

Terre cuite. Fig. grandeur naturelle. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 89 

RIVIÈRE (Théodore), né à Toulouse, élève de MM. Jouf- 
froy et Mercié. — Rue Denfert-Rochereau, 77. 

N° 4805 . Orientale après la danse du sabre. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i™io. — L. imoo. — Pr. i^oo. 

Accroupie, les jambes croisées, sur un coussin, elle rajuste de ses 
deux bras levés les nattes de sa coiffure. Corsage ouvert, pantalons 
bouffants. Un cimeterre repose sur ses genoux. 



BULIO (Jean), né à Montpellier, élève de M. Toussaint. — 
Rue Folie-Méricourt, 16. 

N° 4160. L'Amour musicien. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 6o. — L. o m 5o. — Pi. o m 5o. 

L'Amour, enfant ailé, est assis sur un fragment de colonne. De la 
main gauche il tient son arc en guise de violon et se sert d'une flèche 
comme archet. 



LEGROS (Alphonse). 

Femme du marin (non mentionné au Livret). 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

Une jeune paysanne, en robe courte, enveloppée dans une pelisse, 
la tête serrée dans une capuche, assise sur un rocher dans une attitude 
pensive. Un enfant nu, assis à sa gauche, est endormi, la tête et les 
bras sur ses genoux. 



I 2 



9° 



SCULPTURE 



MAUGENDRE (Edouard), né à Gournay-cn-Bray (Seine- 
Inférieure), élève de MM. Dumont et Carrier-Belleuse. — 
Avenue du Maine, 76. 

N° 4647. Pâquerette et Coquelicot. 

Groupe. Plâtre. 
H. i™io. — L. o™5o. — Pr. on>5o. 





ARTISTES HORS CONCOURS 



BARRIAS (Ernest-Louis), né à Paris, élève de L. Cogniet 
et de MM. Cavelier et Jouffroy. — Prix de Rome 1865, mé- 
daille 1870, i re cl. 1872, $* 1878, méd. d'honneur 1878, mé- 
daille i re cl. 1878 (E. U.), O. & 1881. — Rue Fortuny, 40. 

N° 4083. — Groupe commémoratif de la défense de Saint- 
Quentin en 1870. 

La Défense civiic (Anatole de La Forge) commandée par la Défense mili- 
taire (Faidherbc, général en chef). 

Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 3™3o. — L. 1^90. — Pr. i m o,o. 

La ville de Saint-Quentin, sous la figure d'une femme portant une 
couronne murale, le cou nu, les bras nus, les pieds nus, vêtue d'une 
robe d'ouvrière, se tient debout, dans une attitude fière, sur un mon- 
ceau de décombres. Contre sa hanche gauche s'affaisse un soldat blessé 
qu'elle soutient encore de la main, tandis qu'agenouillé par derrière 
un gamin déguenillé passe la main entre sa jambe et celle du mourant 
pour saisir le fusil que celui-ci va laisser tomber. De la main droite, 
elle tient une quenouille. Derrière elle un rouet. 

Modèle du groupe érigé à Saint-Quentin. 



q2 SCULPTURE 

CHAPU (Henri-Michel-Antoine), membre de l'Institut. 
(Voir le Livre d'or de 1879.) — Rue du Mont-Parnasse, 19. 

N° 4197. Le Génie de l'Immortalité. 

Figure haut-relief. Marbre. 
H. 2^42. — L. 1 ni 2 5 . 

Le modèle de cette figure a déjà paru au Salon de 1880. On en trouvera 
la description au Livre d'or de la môme année. 

Pour le tombeau de Jean Reynaud. 



IDRAC (Jean-Antoine-Marie), né à Toulouse, élève de 
MM. Cavelier, Falguière et Guillaume. — Prix de Rome 1873, 
méd. de 3 e cl. 1877, i re cl. 1879. — ^ ue ^ u Val-de-Grâce, 6. 

N° 4492. Salammbô. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im85. — L. o m 5o. — Pr. o m 65. 

... Elle approcha cette petite tète triangulaire jusqu'au bord de ses dents, 
et en fermant à demi les yeux, elle se renversait sous les rayons de la lune... 
Il serrait contre elle ses noirs anneaux tigrés de plaques d'or. 

(Gustave Flaubert, Salammbô, ch. x.) 

La jeune femme, nue, se tient debout, un peu inclinée sur la 
jambe droite, la tête penchée à gauche sous la caresse du serpent qui, 
montant de sa cuisse droite le long de son bras droit pendant, vient, 
par-dessus son épaule droite, s'enrouler autour de son bras gauche 
qu'elle tient relevé devant ses seins et dresse la tête vers ses lèvres. 
Derrière, près de son pied gauche, un vase en forme d'aiguière. 

Acquis par l'État. 



ARTISTES HORS CONCOURS 93 

LANSON (Alfred-Aimé), né à Orléans, méd. de 3 e cl. 1875. 
— Prix de Rome 1876, 2 e cl. 1879, ire cl - l88 °- 

N° 45 3 3 . L'Age de fer. 

Groupe. Marbre. Fig. plus grandes que nature. 
H. 2^50. — L. i^io. — Pr. i^io. 

Un homme, jeune et nu, se tient debout, une lance dans la main 
droite, la tête tournée à gauche, dans une attitude triomphante. De 
la main droite il montre un autre homme tombé qui, les mains liées 
derrière le dos, des chaînes aux pieds, se débat entre ses jambes. 
Une peau de bête, formant ceinture, dont la patte est enroulée à son 
bras droit, luiretombe le long de la cuisse gauche. 

Acquis par l'État. 



MARQUESTE (Laurent-Honoré), né à Toulouse, élève 
de MM. Jouffroy et Falguière. — Prix de Rome 1871 , méd. de 
3 e cl. 1874, i re ,cl. 1876, 2 e cl. 1878 (E. U.). 

N° 4626. Suzanne. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 70. — L. o m 55. — Pr. 0^55. 

La jeune femme, nue, debout, le pied droit posé sur une pierre, 
tourne vivement la tête vers la gauche, en relevant sa main droite devant 
ses seins, et plaçant sa main gauche sur sa cuisse droite. Ses cheveux, 
que traverse une bandelette sur le haut de la tête, flottent sur son dos. 

Acquis par l'État. 



MERCIÉ (Antonin-Marius-Jean), né à Toulouse. — Prix 
de Rome 1868, méd. i re cl. 1872,$ 1872, méd. d'honneur 1874 



94 



SCU LPTU RE 



et 1878 (E. U.), O. $ '879. — Boulevard Saint-Michel, 1 1 5 , et 
rue Saint-Didier. 

N° 4650. Quand même! 

Groupe. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 3 m i5. — L. 1^40. — Pr. im5o. 

Sur un bloc de rochers, une robuste paysanne d'Alsace, en costume 
national, se tient debout. A sa gauche, un soldat mourant s'affaisse 
sur le sol. 




APPENDICE 




APPENDICE 



r r 



SOCIETE DES ARTISTES FRANÇAIS 



POUR 



L'EXPOSITION DES BEAUX-ARTS 

EN 1882 



A la suite de l'Exposition des Beaux-Arts de (881, le Comité, nommé en 
vertu de l'arrêté ministériel du 27 décembre 1880, a décidé que les artistes 
français, peintres, sculpteurs, graveurs, architectes, ayant été admis au moins 
une fois à l'Exposition annuelle des artistes vivants, seraient convoqués pour le 
jeudi 3 novembre 1881, à l'effet d'élire un nouveau Comité de 90 membres 
chargé d'élaborer les bases d'une association définitive destinée à assurer les 
Expositions futures des Beaux-Arts. 

En vertu de cette décision, il a été établi que le nouveau Comité serait élu, 
par sections, au scrutin de liste et à la majorité relative des votants. 

La première section comprendra: la peinture, les dessins, pastels, aquarelles, 
miniatures, émaux, porcelaines, cartons de vitraux et vitraux; elle élira 
5o membres. 

La deuxième section comprendra : la sculpture, la gravure en médailles et la 
gravure sur pierres fines ; elle élira 20 membres. 

La troisième section comprendra : l'architecture et la gravure d'architecture ;• 
elle élira 10 membres. 

■ 3 



98 APPENDICE 

La quatrième section comprendra: la gravure et la lithographie ; elle élira 
10 membres. 

Le scrutin ouvrira au palais des Champs-Elysées, le jeudi 3 novembre, à neuf 
heures du matin, et sera clos à quatre heures du soir. 

Les artistes électeurs seront admis à voter sur la déclaration faite par eux du 
ou des Salons auxquels ils ont été admis; ils apposeront leur signature sur un 
registre spécial. 

Les artistes qui ne pourraient venir voter en personne pourront adresser leur 
vote avant le 3 novembre à M. le Président du Comité des artistes, au palais 
des Champs-Elysées ; ce vote sera enfermé dans un pli cacheté, il devra porter 
extérieurement la signature de l'artiste électeur et l'indication du Salon dans le- 
quel il a été admis. 

Ces votes seront mentionnés sur les registres des électeurs. 

Le dépouillement du scrutin aura lieu le jour même du vote, à quatre heures 
du soir. 

Il sera fait sous la direction des membres du Conseil d'administration de la 
Société des artistes français pour l'Exposition de i88i,pardes employés de cette 
Société, et en présence des artistes qui voudront assister à cette opération. 

En cas de non-acceptation d'un ou de plusieurs des membres élus, ils seront 
remplacés par des membres qui viendront après dans l'ordre des suffrages. 



Le jeudi, 3 novembre, sous la présidence de M. Bailly, membre de l'Institut, 
assisté des membres du Conseil et des sous-commissaires de l'Exposition des 
Beaux-Arts de 1881, et des artistes qui ont bien voulu prêter leur concours, il a 
été procédé à l'élection des 90 membres du Comité chargé d'élaborer les bases 
de l'association définitive destinée à assurer les expositions futures des Beaux- 
Arts. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

PEINTURE. 
5o membres à élire. 

MM. Bonnat, 1,121 voix; — J.-P. Laurens, 1,057; — J. Lefebvre, i,o5i ; 

— Harpignies, i,o3o; — J. Breton, 1,024; — Français, 1,022; — Ribot, 
1,019; — G. Boulanger, i,oo5; — Vollon, i,oo5; — Henner, 1,001; — 
Humbert, 981; — de Neuville, 979 ; — Tony Robert- Fleury, 97 2 ; — Détaille, 
972 ; — Busson, 970; — Bouguereau, 967 ; — Cabanel, 955 ; — M. Lalanne, 
9 36; — Pille, 865; — U. Butin, 849; — Duez, 83 7 ; — Pelouse, 814; — 
Lavieille, 810 ; — Guillaumet, 8o5 ; — Luminais, 791 ; — Cot, 790 ;' — Puvis 
de Chavannes, 772 ; — Hanoteau, 768 ; — H. Leroux, 762 ; — Cazin, 744; 

— Rapin, 734; — Bin, 732; — Carolus Duran, 724; — Gervex, 702 ; — 
Roll, 694; — Barrias, 658; — E. Lévy, 9 1 5 ; — de Vuillefroy, 910 ; — 
J. Dupré, 905 ; — Guillemet, 885 ; — Feyen-Perrin, 883 ; — Protais, 871; — 



APPENDICE 99 

Benjamin-Constant, 869 ; — Van Marcke, 598 ; — Hébert, 596 ; — Baudry, 566 ; 
— Delaunay, 547 ; — Maignan, 514; — Sautai, 5oo ; — Bernier, 496. 

SCULPTURE. 
20 membres à élire. 

MM. P. Dubois, 193 voix; — Mercié, 191 ; — Math. Moreau, 189; — 
Chapu, 187; — E. Barrias, 179; — Falguière, 177; — Schœnewerck, 148; — 
Guillaume, 142 ; — Cavelier, 1 22 ; — Thomas, 118; — Captier, 1 1 1 ; — Hiolle, 
104; — Delaplanche, 97 ; — Alphée Dubois, 96 ; — Marcellin, 95 ; — David, 
93 ; — Leroux (E.), 92 ; — Gautherin, 92 ; — Allar, 90 ; — Fremiet, 85. 

ARCHITECTURE. 
10 membres à élire. 

MM. Vaudremer, 1 3 5 voix; — Bailly, i32; — Garnier, 121; — Ballu, 
1 18 ; — Questel, 104 ; — Brune, 104 ; — Ginain, 85 ; — Coquart, 76 ; — 
Bœswilwald, 74; — André, 71. 

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

10 membres à élire. 

MM. Chauvel, 61 voix; — Didier, 60; — Yon, 52; — Courtry, 52; — 
Laguillermie, 47 ; — Hédouin, 46; — Bracquemond, 46; — ■ Boilvin, 4 3 ; — 
Gaillard, 42 ; — Rousseau, 37. 



A la première Assemblée générale le Comité a élu : 

Président : M. Bailly, membre de l'Institut, C. &. — Vice- Présidents : 
MM. Guillaume, membre de l'Institut, C. '&, et Bouguereau, membre de l'In- 
stitut, O. : .p) ; — Secrétaires : MM. Ch. Garnier, membre de l'Institut, O. &; 
Thomas, membre de l'Institut, & ; de Vuillefroy, $? ; Yon. 

Les bureaux ont été constitués de la manière suivante: 

SECTION DE PEINTURE, DESSIN, ETC. 

Président : M. Bonnat, membre de l'Institut, O. $£. 

Vice-Présidents : MM. Cabanel, membre de l'Institut, O. $? ; Hébert, C. $?. 

Secrétaires : MM. Humbert, $? ; T. Robert-Fleury, $j. 



lOO APPENDICE 

SECTION DE SCULPTURE ET DE GRAVURE 

EN MÉDAILLES. 

Président : M. Cavelier, membre de l'Institut, O. 
Vice-Président : M. P. Dubois, membre de l'Institut, O. ■;";-. 
Secrétaires : MM. Math. Moreau, :.-; ; Captier. 

SECTION D'ARCHITECTURE. 

Président : M. Questel, membre de l'Institut, O. £:. 

Vice-Présidxnt : M. Ballu, membre de l'Institut, O. '"'. 

Secrétaires : MM. Vaudremer, membre de l'Institut, O. $? ; Ginain, &. 

SECTION DE GRAVURE ET DE LITHOGRAPHIE. 

Président: M. Bracquemond, ^. 
Vice-Président : M. Laguilllrmie. 
Secrétaire: M. Rousseau. 

CONSEIL JUDICIAIRE. 

Le Conseil judiciaire, nommé par le Comité, se compose de : 

Notaire : M e J.-E. Delapalme. 
Avocat: M c Chaix-d'Est-Ange. 
Avoué: M fl Engrand, avoué près le tribunal de i re instance de la Seine. 



APPENDICE IOl 



STATUTS 



DE LA 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 



POUR 



l'exposition des beaux-arts de 1882 



Par-devant M e Jules-Emile Delapalme et son collègue, notaires à Paris, 
soussignés: 

Ont comparu : 

i° M. Antoine-Nicolas Baii.ly, architecte, membre de l'Institut, commandeur 
de la Légion d'honneur, demeurant à Paris, boulevard Bonne-Nouvelle, n° 19; 

2 M. Claude-Jean-Baptiste-Eugène Guillaume, statuaire, membre de l'Institut, 
commandeur de la Légion d'honneur, demeurant à Paris, boulevard Saint- 
Germain, n° 238; 

3° M. Adolphe-William Bouguereau, peintre, membre de l'Institut, officier de 
la Légion d'honneur, demeurant à Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, n° 75 ; 

4 M. Gabriel-Jules Thomas, statuaire, membre de l'Institut, chevalier de la 
Légion d'honneur, demeurant à Paris, rue Notre-Dame-des-Champs, n° 73 ; 

5° M. Dominique-Félix de Vuillefroy-Cassini, peintre, chevalier de la 
Légion d'honneur, demeurant à Paris, rue de la Tour-d'Auvergne, n° 16 ; 

6° Et M. Edmond-Charles Yon, graveur, demeurant à Paris, rue Lepic, n° 59 ; 

Lesquels ont exposé ce qui suit : 

Par suite de décisions prises par M. le Ministre de l'Instruction publique et 
des Beaux-Arts, conformément au vœu émis par le Conseil supérieur des Beaux- 
Arts dans sa séance du i3 décembre 1881, un Comité de 90 membres, élu par 
les artistes français (peintres, sculpteurs, architectes et graveurs), ayant été 
admis au moins une fois à l'Exposition annuelle, a été chargé de la gestion libre 
et entière, matérielle et artistique des expositions annuelles des artistes vivants, 
aux lieu et place de l'Administration. 

Un premier Comité, élu le 12 janvier 1881, avait constitué une Société civile 
anonyme ayant pour objet d'assurer le fonctionnement de l'Exposition de 1881. 

Sa mission étant terminée, il a convoqué les artistes français pour le 3 novem- 
bre 1881 à l'effet d'élire un nouveau Comité de 90 membres chargé d'élaborer 
les bases d'une Association définitive, destinée à assurer les Expositions futures 
des Beaux-Arts. 



102 APPENDICE 

Cette convocation a eu pour résultat la nomination d'un Comité composé, 
savoir : 

i° Peinture: 

De MM. Barrias, — Bastien-Lepage, — Baudry, — Bernier, — Bin, — 
Bonnat, — Bouguereau, — Boulanger, — Breton, — Busson, — Butin, — Cabanel, 

— Carolus Duran, — Cazin, — Benjamin Constant, — Cot, — Détaille, — 
Duez, — Dupré (Jules), — Feyen-Penin, — Fiançais, — Gervex, — Guil- 
laumet, — Guillemet, — Hanoteau, — Harpignies, — Hébert, — Henner, — 
Humbert, — Lalanne, — J.-P. Laurens, — Lavieille, — J. Lefebvre, — Leroux 
(Hector), — Lévy (Em.), — Luminais, — Maignan, — de Neuville, — Paris, — 

— Pelouse, — Pille, — Pointelin, — Protais, — Pu vis deChavannes, — Rapin, — 

— Robert-Fleury, — Roll, — Sautai, — Van Marcke, — de Vuillefroy. 

2° Sculpture : 

De MM. Allar, — Barrias, — Captier, — Cavelier, — Chapu, — David, — 
Delaplanche, — Dubois (Alphée), — Dubois (Paul), — Falguière, — Frémiet, 

— Gautherin, — Guillaume, — Hiolle, — Leroux (Etienne), — Marcellin, — 
Mercié, — Math. Moreau, — Schœnewerk, — Thomas. 

3° Architecture : 

De MM. André, — Bailly, — Ballu, — Boeswilwald, — Brune, — Coquart, — 

— Garnier, — Ginain, — Questel, — Vaudremer. 

4° Gravure et Lithographie: 

De MM. Bracquemond, — Chauvel, — Didier, — Flameng, — Gaillard, — 
Laguillermie, — Waltner, — Pisan, — Rousseau, — Yon. 

Le Comité a procédé à la nomination d'un bureau et a élu pour son Président 
M. Bailly, avec MM. Guillaume et Bouguereau pour Vice-Présidents et 
MM. Garnier, Thomas, de Vuillefroy et Yon pour Secrétaires. 

Puis, dans sa séance du 2 3 février dernier, il a décidé que l'association à 
former devait avoir pour objet non seulement le fonctionnement régulier des 
expositions annuelles, mais aussi la représentation et la défense des intérêts 
généraux des artistes fiançais. 

Mais, en attendant que cette association soit revêtue des formes légales, il a 
chargé les comparants de former une Société destinée à assurer le fonction- 
nement des expositions et notamment de celle de la présente année. 

Ce qui a été fait de la manière suivante: 

OBJET. — DÉNOMINATION. — SIEGE ET DUREE DE LA SOCIÉTÉ. 

Article premier. — Il est formé entre tous ceux qui adhéreront aux présents 
statuts par la souscription ou la possession des actions qui vont être créées ci- 
après, une Société civile anonyme qui prend la dénomination de Société des 
Artistes français pour ï Exposition des Beaux-Arts de 1882. 

Art. 2. — Cette Société a pour objet d'assurer le fonctionnement de l'Expo- 
sition des Beaux-Arts de l'année 1882 (Peinture, Sculpture, Architecture et Gravure). 



APPENDICE IO3 

Art. 3. — Sa durée commencera aussitôt après la constitution définitive de 
la Société, et elle cessera après la clôture des opérations pour lesquelles elle est 
formée. 

Art. 4. — Son siège est établi à Paris, au Palais de l'Industrie. Il pourra être 
transféré ailleurs, mais à Paris, par simple décision du Conseil d'administration. 
Ce siège est attributif de domicile et de juridiction. 



CAPITAL SOCIAL. — ACTIONS. — TRANSFERTS. 

Art. 5. — Le capital social est fixé à 100,000 francs, divisé en 1,000 actions de 
100 francs chacune. 

Art. 6. — Sont seuls admis à la souscription des actions ainsi créées tous les 
artistes français [peintres, sculpteurs, architectes et graveurs) qui composent le 
Comité de 90 membres nommé le 3 novembre 1881, ainsi qu'il a été dit 
ci-dessus. 

Art. 7. — Les actions sont émises contre espèces; le montant de chaque 
action est payable, savoir : un quart au moment même de la souscription, les 
trois autres quarts au fur et à mesure des besoins de la Société, sur appel fait par 
le Conseil d'administration, au moyen d'une lettre imprimée adressée à chaque 
souscripteur. 

Les intérêts à 5 p. 100 courront de plein droit contre les souscripteurs d'actions 
en retard sur leurs versements, sans préjudice du droit qu'aura la Société de 
poursuivre les débiteurs et de faire vendre les actions en retard. 

A cet effet, les numéros de ces actions seront publiés dans un journal 
d'annonces légales, et, quinzaine après cette publication, il sera procédé à la 
vente par adjudication publique, en l'étude du notaire de la Société, de ces 
actions pour le compte et aux risques et périls du retardataire, sans aucune mise 
en demeure ni formalité judiciaire. 

Les titres ainsi vendus deviennent nuls de plein droit, et il en est délivré à 
l'acquéreur de nouveaux sous les mêmes numéros. 

L'adjudication sera toujours faite sous la condition d'admission par le Conseil 
d'administration conformément à l'article 10 ci-après. Jusqu'à cette admission, 
l'adjudication ne sera que provisoire, et, en cas de rejet par le Conseil, il sera 
procédé, sans autre formalité, à une nouvelle adjudication. 

Le prix de la vente s'impute, dans les termes de droit, sur ce qui est dû à la 
Société par l'actionnaire exproprié qui reste passible de la différence ou profite 
de l'excédent. 

Art. 8. — Aucune solidarité n'existe entre les sociétaires qui ne peuvent être 
soumis à aucune charge ou obligation au delà du montant des sommes par eux 
souscrites. 

Art. 9. — Les actions sont nominatives, même après leur entière libération. 

Lors du premier versement, il sera remis aux souscripteurs un certificat provi- 
soire qui, dans le mois de la constitution de la Société, sera échangé contre un 
titre définitif, sur lequel seront inscrits les versements ultérieurs. 

Tous les titres seront extraits d'un livre à souche, numérotés à la suite et signés 
de deux Administrateurs. 



104 APPENDICE 

Art. io. — Les titres définitifs peuvent être transférés par une inscription sur 
les registres de la Société, signée du cédant et du cessionnaire. — Ce transfert 
sera mentionné au dos des titres et visé par un des Administrateurs. 

La Société ne reconnaît d'autres transferts ou mutations que ceux opérés en 
cette forme. 

Elle n'est tenue d'admettre à l'occasion des transferts aucune réserve, condition 
ou stipulation particulière. 

Le transfert étant de droit soumis à la décision du Conseil d'administration, 
aucun ne sera effectué qu'après approbation de ce Conseil et en faveur de l'une 
des personnes faisant partie du Conseil. 

Il est bien entendu que cette condition n'est pas applicable aux transferts qui 
s'opéreraient au profit de titulaires anciens. 

Le présent article sera transcrit sur les titres d'actions. 

Art. ii. — Réserve est faite à chaque membre du Comité de souscrire deux 
actions. 

Art. 12. — La propriété d'une action emporte de plein droit adhésion aux 
statuts de la Société et à toutes délibérations des Assemblées générales, même 
antérieures au transfert. 

Art. i 3. — En cas de décès d'un associé, ses héritiers sont tenus de transférer 
les actions dont il était titulaire à une personne agréée par le Conseil d'adminis- 
tration et dans les formes indiquées en l'article io ci-dessus. 

Art. 14. — La Société ne reconnaît qu'un seul propriétaire par chaque 
titre. 

Les héritiers ou créanciers d'un sociétaire ne peuvent, pour quelque motif que 
ce soit, provoquer l'apposition des scellés sur les biens et valeurs de la Société, 
poursuivre ni licitation ni partage, ni s'immiscer dans l'administration. 

Us doivent, dans tous les cas, pour l'exercice de leurs droits, s'en rapporter aux 
inventaires et comptes sociaux. 



ADMINISTRATION. 

Art. i5. — La Société est administrée par un Conseil d'administration 
composé de dix-huit membres pris parmi les actionnaires et agissant comme 
mandataires. — Ces membres personnellement ne sont responsables chacun que de 
l'exécution du mandat qu'ils ont reçu. — Ils ne contractent à l'égard de leur 
gestion aucune obligation personnelle relativement aux affaires de la Société; ils 
ne répondent que de leurs actes conformément à la loi. 

Art. 16. — Les Administrateurs doivent être propriétaires de deux actions 
chacun, affectées à la garantie de leur gestion et comme telles inaliénables et 
déposées dans la caisse sociale. 

Leurs fonctions sont gratuites. 

Art. 17. — Les Administrateurs sont nommés par l'Assemblée générale. Us 
doivent être choisis par l'Assemblée de façon que chaque catégorie des artistes 
associés soit représentée dans le Conseil par deux Administrateurs au moins. 

Les fonctions des Administrateurs auront la même durée que la Société. 

En cas de démission ou de décès de l'un ou de plusieurs des Administrateurs, 



APPENDICE IO5 

les membres restants pourront pourvoir à leur remplacement, sauf ratification par 
la plus prochaine Assemblée générale. 

Le Conseil d'administration nomme parmi ses membres un Président, deux 
Vice-Présidents et deux Secrétaires. 

Art. 18. — Le Conseil d'administration se réunit au siège social aussi 
souvent que l'intérêt de la Société l'exige, au moins une fois par semaine. 

La présence de neuf membres au moins est nécessaire pour la validité des 
délibérations, qui sont prises à la majorité des voix. En cas de partage, la voix du 
Président est prépondérante. 

Nul ne peut voter par procuration dans le sein du Conseil. 
Le procès-verbal de chaque séance est transcrit sur un registre spécial signé du 
Président et de l'un des Secrétaires. 

Les extraits ou copies à produire en justice ou ailleurs sont signés et certifiés 
conformes par le Président ou l'un des Vice-Présidents. 

Art. 19. — Le Conseil d'administration aura seul la gestion matérielle de 
l'Exposition, et il est investi des pouvoirs les plus étendus pour représenter la 
Société activement et passivement. 

Il exerce, tant en demandant qu'en défendant, toutes actions judiciaires, 
administratives et autres. 

Il appelle les versements à effectuer par les actionnaires. 

Il fixe seul les dépenses relatives à l'installation, à l'entretien et à la garde de 
l'Exposition, et il fait seul toutes les recettes. 

Ilnomme,s'il le juge nécessaire, sous sa responsabilité, unTrésorier comptable. 
Il peut déléguer à un de ses membres telle partie de ses pouvoirs qu'il est 
nécessaire pour un but spécial et pour un temps limité. 

Art. 20. — La Société est valablement représentée en justice par ses Adminis- 
trateurs, en la personne du Président du Conseil ou de l'un des Vice-Présidents. 
Tous traités, engagements et autres généralement quelconques autorisés par le 
Conseil d'administration sont valables, s'ils sont revêtus de la signature d'un 
seul Administrateur. 

Art. 21. — Le Conseil convoque l'Assemblée générale des actionnaires chaque 
fois qu'il le juge nécessaire. 

DES COMMISSAIRES. 

Art. 22. — La première Assemblée générale constitutive désigne un ou 
plusieurs Commissaires, associés ou non, chargés de remplir la mission de surveil- 
lance prescrite par la loi. 

Ces Commissaires vérifient l'état, qui doit être dressé chaque mois, de la situation 
active et passive de la Société, et les comptes présentés par les Administrateurs. 

Art. 23. — A l'expiration de la Société, les Commissaires font un rapport à 
l'Assemblée générale sur la situation de la Société, sur le bilan et sur les comptes 
présentés, et, à cet effet, les Commissaires auront le droit, pendant le trimestre 
qui précédera l'expiration de la Société, de prendre connaissance des livres, 
papiers et documents sociaux, et d'examiner les opérations de la Société. 



M 



I06 APPENDICE 



DES ASSEMBLEES GENERALES. 



Art. 24. — Les Assemblées générales, régulièrement constituées, représentent 
l'universalité des actionnaires. 

Elles se composent de tous les actionnaires possédant une action. 

Pour être valablement constituées, elles doivent être composées du nombre 
d'actionnaires représentant la quotité du capital indiqué, soit par l'art. 29, soit 
par les art. 3o et 3 1 de la loi du 24 juillet 1867, selon qu'il s'agit d'Assemblées 
générales ordinaires ou extraordinaires. 

Nul ne peut se faire représenter aux Assemblées générales que par un mandataire 
actionnaire lui-même. 

Art. 25. — L'Assemblée générale est présidée par le Président du Conseil 
d'administration, et, en son absence, par l'un des Vice-Présidents. 

Les deux actionnaires les plus âgés présents sont appelés à remplir les fonctions 
d'assesseurs. 

Le Bureau désigne le Secrétaire. 

Les délibérations sont prises à la majorité des voix des membres présents. — 
Chaque actionnaire n'a droit qu'à une voix, quel que soit le nombre des actions 
qu'il possède. 

Art. 26. — Les convocations sont faites par un avis inséré, huit jours avant 
la réunion, dans un journal d'annonces légales. Les avis indiquent l'ordre du 
jour arrêté par le Conseil d'administration. Par exception, la convocation pour 
l'Assemblée générale constitutive pourra être faite par un avis inséré seulement 
quatre jours d'avance. 

Art. 2-. — L'Assemblée générale entend le rapport des Commissaires sur la 
situation de la Société. — Elle discute, s'il y a lieu, et approuve les comptes; 
elle proroge la durée de la Société et en étend les effets si elle le juge 
nécessaire. 

Ses délibérations sont constatées sur un registre spécial par des procès-verbaux 
signés des mêmes membres du bureau. 

Les copies ou extraits à produire en justice ou ailleurs des délibérations de 
l'Assemblée sont signés et certifiés conformes par le Président du Conseil 
d'administration. 



INVENTAIRES. — DISSOLUTION. — LIQUIDATION. 

Art. 28. — Il est dressé par les soins du Conseil d'administration, chaque 
mois, un état de la situation active et passive de la Société. 

Art. 29. — Le Conseil d'administration aura, à partir du jour de la dissolution 
de la Société, la qualité de Commission de liquidation avec tous les pouvoirs que 
comporte cette qualité 

Art. 3o. — Les recettes comprendront, outre le fonds social, le produit des 
droits d'entrée et les recettes de, toute nature provenant de l'Exposition. 

Les dépenses comprendront : i° les charges de l'Exposition et les frais relatifs 
à la constitution, à la publicité, à la gestion et à l'administration de la Société; 



APPENDICE IO7 

2 et la valeur des récompenses qui pourront avoir été promises par le Comité 
pour être distribuées aux exposants. 

Si la balance entre ces recettes et dépenses donne un résultat actif, on prélèvera 
sur ce reliquat le remboursement du fonds social sans intérêts et jusqu'à 
due concurrence. 

S'il reste une somme disponible après ce prélèvement, elle constitue les bénéfices 
dont l'emploi sera déterminé d'accord avec le Comité élu le 3 novembre 1881. 

ATTRIBUTION DE JURIDICTION. 

Art. 3 1 . — En cas de litige quelconque, le tribunal civil de la Seine sera seul 
compétent. 

CONSTITUTION DE LA SOCIETE. 

Art. 32. — La présente Société ne sera constituée définitivement qu'après 
l'accomplissement des formalités prescrites par la loi du 24 juillet 1867. 

Art. 33. — Pour faire les publications et insertions prescrites, tous pouvoirs 
sont donnés au porteur d'une expédition ou d'un extrait des présents statuts. 

Dont acte. 

Fait et passé à Paris, en l'étude de M e Jules-Emile Delapalme, l'un des no- 
taires soussignés, le 9 mars 1882. 

Le Président : 

A.-N. BAILLY. 
Les Vice-Présidents : 
Eugène GUILLAUME, William BOUGUEREAU. 

Les Secrétaires : 
De VUILLEFROY, J. THOMAS, YON. 



Io3 APPENDICE 



CONSTITUTION DE LA SOCIETE 



La Société a été constituée définitivement aux termes d'une délibération prise 
par l'Assemblée générale des Actionnaires dans sa séance du 20 mars 1882. 

CONSEIL D'ADMINISTRATION. 

Membres : MM. Bonnat. — Guillaume. — Humbert. — Yon. — Tony 
Robert-Fleury. — Busson. — De Vuillefroy. — Brune. — J. Lefebvre. — 
Ballu. — Bailly. — Cabanel. — Chapu. — Guillemet. — Questel. — 
Bouguereau. — Hector Leroux. — Laguillermie. 

Commissaire de surveillance : M. Eugène Lecomte , agent de change, chevalier 
de la Légion d'honneur. 

Notaire de la Société : M e J.-E. Delapalme, chevalier de la Légion d'honneur. 

Avocat de la Société : M e Chaix-d' Est-Ange, chevalier de la Légion d'honneur. 

Avoué de la Société : M e Engrand, avoué près le tribunal civil de la Seine. 

Le Bureau a été constitué ainsi qu'il suit : 

Président : M. A.-N. Bailly. 

Vice-Présidents : MM. Eugène Guillaume et Léon Bonnat. 

Secrétaires : MM. Tony Robert-Fleury et Ferd. Humbert. 

Vu et approuvé, le 10 avril 1882 : 

Le Ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, 
Signé : J. FERRY. 



APPENDICE IO9 



COMITÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 



EXPOSITION PUBLIQUE 



DES 



OUVRAGES DES ARTISTES VIVANTS 

POUR L'ANNÉE 1882 



REGLEMENT 



DISPOSITIONS GÉNÉRALES 

CHAPITRE 1er. _ Du Dépôt des ouvrages. 

Article premier. — L'Exposition annuelle des ouvrages des artistes vivants 
aura lieu au palais des Champs-Elysées, du lundi i er mai au lundi 20 juin 1882. 

Elle sera ouverte aux productions des artistes français et étrangers. 

Les ouvrages devront être déposés au palais des Champs-Elysées conformément 
au règlement particulier de chaque section. Aucun sursis ne sera accordé pour 
quelque motif que ce soit ; en conséquence, l'administration du Salon considérera 
toute demande de sursis comme nulle et non avenue. 

Art. 2. — Sont admises au Salon les œuvres des six genres ci-après désignés : 

i° Peintures ; 

2 Dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences, porcelaines, car- 
tons de vitraux et vitraux, à l'exception toutefois des cartons de vitraux et vitraux 
qui ne représenteraient que des sujets d'ornementation ; 

3° Sculpture ; 

4 Gravure en médailles et gravure sur pierres fines ; 

5° Architecture ; 

6° Gravure et lithographie. 

Art. 3. — Ne pourront être présentés : 

Les copies, sauf celles qui repioduiraient un ouvrage par un procédé différent; 

Les ouvrages qui ont figuré aux Expositions précédentes de Paris; 

Les tableaux et autres objets sans cadre ; 

Les ouvrages d'un artiste décédé, à moins que le décès ne soit postérieur à 
l'ouverture du dernier Salon ; 



I IO APPENDICE 

Les ouvrages anonymes; 

Les sculptures en terre non cuite et les réductions d'ouvrages de sculpture 
déjà exposés. 

Art. 4. — Les ouvrages envoyés à l'Exposition devront être expédiés francs 
de port à M. le Président du Conseil d'administration du Salon, au palais des 
Champs-Elysées. 

Chaque ouvrage pourra être muni d'un cartel portant le nom de l'auteur et 
l'indication du sujet. 

Art. 5. — Chaque artiste, en déposant ou faisant déposer ses œuvres, devra 
en même temps donner une notice signée de lui, contenant ses nom et prénoms, 
sa nationalité, le lieu et la date de sa naissance, le nom de ses maîtres, la mention 
des récompenses obtenues par lui aux expositions de Paris, sa qualité de prix de 
Rome ou de prix du Salon, son adresse, le sujet et les dimensions de ses ouvrages. 

Ceux qui ne pourraient accompagner leurs oeuvres devront les faire déposer 
par une personne munie de leur autorisation écrite. 

Art. 6. — Les ouvrages des six genres désignés ci-dessus devront être inscrits 
sur une notice séparée. 

Art. 7. — Un appendice du catalogue sera consacré aux édifices publics ou 
privés construits par les architectes, ainsi qu'aux ouvrages de peinture et de 
sculpture exécutés pour la décoration de ces monuments, et qui, par la place 
fixe qu'ils occupent, ne sont pas susceptibles de figurer au Salon. 

Art. 8. — Dès que les ouvrages auront été enregistrés, nul ne sera admis à 
les retoucher. 

Art. 9. — Aucun ouvrage ne pourra être reproduit sans une autorisation 
écrite de l'auteur. 

Art. 10. — ■ L'administration du Salon mettra tous ses soins pour assurer la 
bonne conservation des objets d'art qui lui seront confiés par les artistes, mais 
elle décline d'avance toute responsabilité pécuniaire dans le cas où ils se trouve- 
raient endommagés ou perdus par quelque cause que ce soit. 

Nul objet ne pourra être retiré avant la clôture de l'exposition, à moins de 
circonstances exceptionnelles dont le Conseil d'administration sera seul juge. 

Les ouvrages admis au Salon devront être retirés avant le 10 juillet. Ils ne 
seront rendus que sur la présentation du récépissé. Après le délai précité, les 
ouvrages cesseront d'être sous la surveillance de l'administration du Salon. 

CHAPITRE II. — De l'Admission. 

Art. 11. — L'admission des ouvrages présentés par les artistes sera prononcée 
par un jury élu à la majorité relative. (Voir les dispositions particulières à la 
section de Sculpture.) Il n'y a pas d'incompatibilité entre les fonctions de juré et 
celles de membre du comité des 90, ou celles de membre du Conseil d'admi- 
nistration de la Société d'organisation du Salon. 

Le jury sera divisé en quatre sections : 

La première comprendra la peinture, les dessins, pastels, aquarelles, minia- 
tures, porcelaines, faïences, émaux, cartons de vitraux et vitraux ; 

La deuxième comprendra la sculpture, la gravure en médailles et la gravure 
sur pierres fines; 



APPENDICE III 

La troisième, l'architecture; 

La quatrième, la gravure et la lithographie. 

Art. 12. — Sont électeurs, dans la section où ils envoient leurs œuvres, tous 
les artistes français ayant déjà été admis au moins une fois au Salon dans ladite 
section. (Voir la'modification apportée au présent article dans la section d'Ar- 
chitecture.) 

Les artistes électeurs seront admis à voter après avoir apposé leur signature 
sur un registre spécial. Chacun d'eux déposera, dans l'urne de la section où il a 
droit de vote, un bulletin plié, portant les noms des jurés choisis par lui. 

Les électeurs qui ne pourraient venir voter en personne, aux jours indiqués 
pour le vote de chaque section, pourront envoyer leur bulletin à M. le Président 
du Conseil d'administration, au palais des Champs-Elysées, sous un pli cacheté 
signé de leurs nom et prénoms, et portant la date de leur dernier Salon. Ces votes 
seront consignés sur le registre des électeurs. 

Art. i3. — Le dépouillement de chaque scrutin sera fait avec toutes les ga- 
ranties nécessaires pour en assurer la sincérité, aussitôt après la clôture des urnes 
et en présence de M. le Président du Conseil d'administration ou de ses délé- 
gués, et des artistes qui voudront assister à cette opération. 

S'il y a lieu de pourvoir au remplacement d'un ou de plusieurs jurés élus, il y 
sera pourvu en prenant à la suite dans l'ordre du scrutin. 

Art. 14. — Pour l'admission de toute œuvre soumise au jury, la majorité des 
membres présents est indispensable. 

En cas de partage, l'admission sera prononcée. 

Le placement des ouvrages sera fait conformément aux indications données 
par le jury. 

Jusqu'à l'ouverture de l'Exposition, les portes du Salon seront rigoureusement 
fermées à toutes les personnes qui n'y seraient pas appelées par suite de leurs 
fonctions ou d'une convocation spéciale. Cette disposition ne s'applique ni au 
Ministre des Arts ni au Commissaire général des expositions des Beaux-Arts. 

CHAPITRE III. — Des Récompenses. 

Art. i5. — Toutes les récompenses seront votées conformément au règlement 
particulier de chacune des sections. 

Une médaille d'honneur pourra être décernée dans chaque section. 

Les autres médailles seront de trois classes. 

Nul artiste ne pourra obtenir une médaille d'un ordre inférieur ou égal aux 
médailles qu'il a déjà obtenues La médaille d'honneur seule est exceptée de cette 
disposition. 

Les médailles et rappels de médailles antérieurs à 1864 ont la valeur des mé- 
dailles actuellement décernées. La médaille unique établie par le règlement de 
1864 a la valeur d'une troisième médaille si elle n'a été obtenue qu'une fois, 
d'une deuxième si elle a été obtenue deux fois, d'une première si elle a été ob- 
tenue trois fois. 

Des mentions honorables pourront être décernées par le jury à la suite des 
médailles. 



112 APPENDICE 

Art. 16. — Les œuvres récompensées seront, lors du remaniement du Salon, 
désignées au public par des cartels. 

Art. 17. — Les récompenses seront distribuées par le Comité et les quatre 
sections du jury, en séance solennelle, dans l'ordre même' où elles auront été 
votées, 

CHAPITRE IV. — Des Entrées. 

Art. 18. — L'Exposition sera ouverte tous les jours de la semaine, de huit 
heures du matin à six heures du soir, sauf le lundi, jour où les portes n'ouvriront 
qu'à midi. 

Toutefois, le lundi i er mai, jour de l'ouverture, les portes seront ouvertes à 
neuf heures. 

Le droit d'entrée est fixé à deux francs avant midi et à un franc dans la jour- 
née. Par exception, le jour de l'ouverture et le vendredi de chaque semaine, le 
droit d'entrée est fixé à cinq francs toute la journée. Le dimanche, les portes 
ouvriront à huit heures; le prix d'entrée sera de un franc; à partir de dix 
heures, l'entrée sera gratuite. 

Art. 19. — Des cartes d'entrée rigoureusement personnelles seront mises à la 
disposition des artistes exposants. Ces cartes seront distribuées aux ayants droit 
dans les bureaux du secrétariat de l'administration du Salon, au palais des Champs- 
Elysées. Les artistes, pour s'en servir, devront y apposer leur signature. 

Art. 20. — Il sera fait un service de cartes d'entrée à la presse. 

Art. 2j. — Il y aura des cartes d'abonnement pour la durée de l'Exposition. 



APPENDICE 113 

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES 

A CHAQUE SECTION. 

PEINTURE, DESSINS, AQUARELLES, PASTELS, ETC. 

Article premier. — Les ouvrages de peinture, dessins, aquarelles, pastels, 
miniatures, porcelaines, émaux, cartons de vitraux et vitraux, devront être déposés 
au palais de l'Industrie, du mercredi i5 mars au samedi 2 5 mars inclusivement, 
de onze heures à six heures. 

Les artistes ne pourront envoyer que deux ouvrages pour la section de peinture 
à l'huile, et deux ouvrages pour celle des dessins, aquarelles, pastels, etc. 

Sera considéré comme ne faisant qu'une seule œuvre tout assemblage d'ouvra- 
ges appartenant à cette seconde section (dessins, aquarelles, etc.), placés dans un 
cadre dont chaque côté, mesuré extérieurement, n'excédera pas i m 2o. 

Art. 2. — Le maximum pour la dimension des bordures sera de o"'3o en 
largeur et de o m 2o en épaisseur. 

Les ouvrages ayant des cadres de forme ronde ou ovale, ou à pans coupés, 
devront être ajustés sur des planches dorées et de forme rectangulaire. 

Art. 3. — Le vote pour le jury de la section de peinture, dessins, etc., aura 
lieu au palais des Champs-Elysées le mardi 28 mars, de neuf heures du malin à 
quatre heures du soir. 

Ce jury se composera de quarante membres, sans distinction de genres. 
Tout artiste nommé membre du jury devra, par une lettre adressée au prési- 
dent, faire connaître, de suite, s'il accepte ou refuse les fonctions de juré. 

Tout juré qui, sans s'être fait excuser, n'aura pas assisté à trois séances consé- 
cutives, sera considéré comme démissionnaire. 

Art. 4. — Les opérations du jury ne seront valables que lorsque la moitié plus 
un des membres du jury sera présente devant l'œuvre jugée. 

Pour l'admission de toute œuvre soumise au jury, la majorité absolue des 
membres présents est indispensable. En cas de partage, l'admission sera prononcée. 
Tout artiste hors concours ou médaillé sera admis sans examen. 
Le jury ne pourra recevoir plus de 2,5oo tableaux et plus de 800 dessins, vu 
l'impossibilité absolue d'en placer convenablement un plus grand nombre. 

Au commencement de chaque séance, trois présidents seront tiiés au sort parmi 
les membres du jury pour présider à la réception des ouvrages. 

Art. 5. — Le jury, en recevant chaque œuvre, lui donnera un numéro de 
placement. Il y aura trois numéros. Ces numéros seront collés sur les cadres 
jusqu'à la fin du placement, et seront consignés au procês-vcrbal où chaque ar- 
tiste pourra vérifier celui qu'il a obtenu. 

Cet article s'applique également aux exempts de l'examen du jury. 
Art. 6. — Le jury de la section de peinture, dessins, etc., disposera de 
trente-deux médailles qu'il répartira à son gré dans les trois clauses, suivant les 
besoins du Salon. 

L'artiste qui aur 1 déjà obt : 1:1 un -. première ou une s?: 1 1 1 - m • I lillo , qu'elle 

il 



114 APPENDICE 

ait été précédée ou non d'une troisième, sera hors concours et ne pourra plus 
obtenir d'autre distinction que la médaille d'honneur. 

Toutes les médailles, à l'exception de cette dernière médaille, seront votées 
par le jury à la majorité absolue. 

Le nombre des tours de scrutin n'est pas limité. 

Art. 7. — La médaille d'honneur sera votée par tous les exposants français et 
le jury de la section. Elle ne donnera lieu qu'à un seul tour de scrutin et ne sera 
décernée qu'à un artiste qui aura réuni un nombre de voix égal au tiers plus un 
des votants. Le vote aura lieu au palais de l'Industrie, le 20 mai. Les artistes qui 
auront retiré en personne leurs cartes d'exposants et signé sur le registre pour- 
ront envoyer leurs votes sous pli cacheté, signé de leurs noms. 



SCULPTURE, 
GRAVURE EN MEDAILLES ET GRAVURE SUR PIERRES FINES. 

Article premier. — Les ouvrages de sculpture, gravure en médailles et gra- 
vure sur pierres fines, devront être déposés au palais de l'Industrie, du mardi 
21 mars au mercredi 5 avril inclusivement, de dix heures à cinq heures. 

Toutefois, les sculpteurs pourront, jusqu'au 27 avril inclusivement, remplacer 
dans leur matière définitive le modèle en plâtre envoyé dans les délais prescrits. 
Art. 2. — Les artistes pourront envoyer deux ouvrages pour la sculpture et 
deux ouvrages pour la gravure en médailles et sur pierres fines. Tout assemblage 
d'ouvrages dans un même cadre sera considéré comme une seule œuvre. 

Toutes les œuvres sans exception seront soumises au jury. 

Art. 3. — Le jury sera tiré au sort sur une liste de 45 sculpteurs, graveurs en 
médailles et graveurs sur pierres fines, élus à la pluralité des voix. 

Le jury comprendra 18 membres, savoir : 14 sculpteurs de figures, 1 sculpteur 
d'animaux, 2 graveurs en médailles et 1 graveur sur pierres fines. De plus, il y 
aura 5 jurés supplémentaires. 

A la suite de deux absences consécutives non motivées d'un juré titulaire, 
celui-ci sera considéré comme démissionnaire et sera remplacé par un juré sup- 
plémentaire. 

Art. 4. — Le vote pour la formation de la liste des 45 artistes, sur laquelle 
le jury sera tiré au sort, aura lieu au palais de l'Industrie, le jeudi 6 avril, de dix 
à quatre heures. Il sera immédiatement procédé au dépouillement du scrutin et 
au tirage au sort du jury. 

Art. 5. — Le jury de la section de sculpture et de gravure en médailles dis- 
posera de vingt médailles, qu'il distribuera en trois classes, suivant l'appréciation 
faite par lui de la valeur des ouvrages exposés. 

Deux de ces vingt médailles devront être attribuées à la gravure en médailles 
et sur pierres fines. 

Art. 6. — La médaille d'honneur sera votée par tous les exposants français 
et le jury de la section. Elle ne donnera lieu qu'à un seul tour de scrutin, et ne 
sera décernée qu'à un artiste qui aurait réuni un nombre de voix égal au quart 
plus un des exposants de la section. 

Les artistes ne seront pas admis à voter par correspondance. 



APPENDICE IIÇ 



ARCHITECTURE. 

Article premier. — Les ouvrages d'architecture devront être déposés au palais 
de l'Industrie, du 26 mars au 5 avril inclusivement, de dix à cinq heures. 

Art. 2. — Les architectes pourront envoyer deux ouvrages. Chaque ouvrage 
pourra se composer de plusieurs châssis; toutefois, dans le but de répartir l'em- 
placement disponible d'une façon équitable, le jury aura la faculté d'écarter les 
dessins qu'il ne jugerait pas indispensables à l'intelligence de l'œuvre présentée. 

Art. 3. — La copie d'un dessin ou d'un relevé ne pourra être acceptée. Des 
photographies ou monographies pourront être exposées, mais seulement à titre 
de renseignements complémentaires, dont le jury appréciera l'opportunité. 

Art. 4. — Les architectes pourront exposer des modèles en relief. 

Un modèle en relief présenté par un architecte comptera pour l'un des ouvrages 
qu'il a droit de présenter, à moins que ce modèle ne soit le complément d'un 
de ces ouvrages. 

Art. 5. — Le vote pour le jury d'architecture aura lieu au palais de l'Industrie, 
le jeudi 6 avril, de six heures du matin' à quatre heures du soir. 

(Les architectes qui, n'ayant pas été reçus au Salon, auront néanmoins été 
admis aux Expositions universelles de Paris, prendront part à ce vote.) 

Le jury se composera de 14 membres dont deux supplémentaires. 

Art. 6. — Le jury d'architecture pourra disposer de douze médailles, ainsi 
réparties : 

1 médaille d'honneur ; 

2 médailles de première classe ; 

4 médailles de deuxième classe ; 

5 médailles de troisième classe. 

La médaille d'honneur ne donnera lieu qu'à un tour de scrutin. Elle sera dé- 
cernée à l'artiste qui aura obtenu le plus grand nombre de voix, pourvu que ce 
nombre de voix représente au moins les deux tiers plus un de l'etfectif du jury. 

Les autres médailles pourront donner lieu à deux tours de scrutin, le premier 
à la majorité absolue, le second à la majorité relative. 

Les médailles de première classe ne pourront être décernées qu'à des compo- 
sitions ou à des projets de restauration d'une importance capitale. 

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

Article premier. — Les ouvrages de gravure et de lithographie devront être 
déposés au palais de l'Industrie, du i er au 5 avril inclusivement, de six heures à 
cinq heures. 

Toutefois, les graveurs pourront, jusqu'au 27 avril inclusivement, substituer 
une nouvelle épreuve à celle qui aura été déposée en temps utile. 

Art. 2. — La section de gravure et lithographie sera divisée en quatre sous- 
sections : la gravure au burin, la gravure à l'eau-forte, la gravure sur bois et la 
lithographie. — Chaque artiste pourra envoyer deux ouvrages de chacune de ces 
quatre sous-sections. 

Sera considéré comme ne formant qu'une seule œuvre tout assemblage de 



II 6 APPENDICE 

gravures ou lithographies placées clans un cadre dont chaque côté, mesuré exté- 
rieurement, n'excédera pas i m 20. 

Art. 3. — Le maximum des marges des gravures ou lithographies sera de 

O m 20. 

Art. 4. — Le vote pour le jury de la section de gravure et lithographie aura 
lieu au palais de l'Industrie, le jeudi 6 avril, de dix heures du matin à quatre 
heures du soir. 

Art. 5. — Le jury de gravure et lithographie sera composé de douze mem- 
bres, mais le vote aura lieu par sous-sections, de façon que chaque exposant 
aura le droit de voter pour trois noms dans chacune des sous-sections où il 
sera tout à la fois électeur et exposant. 

Les voix données à un juré dans une sous-section ne pourront être ajoutées 
à celles qu'il aura obtenues dans une autre. 

Le juré nommé dans deux sous-sections devra opter pour l'une des deux. 

Une fois nommés, les douze jurés opéreront ensemble. 

Art. 6. - — Les artistes médaillés dans la section sont exempts de l'examen 
du jury d'admission. 

Art. 7. — Le nombre de médailles à décerner dans la section de gravure 
et lithographie est fixé de la manière suivante : 

1 première médaille ; 

3 secondes médailles ; 

8 troisièmes médailles. 

Avant les opérations concernant le vote des médailles, la première médaille, 
ainsi que les secondes, pourront, sur l'avis du jury, être divisées en médailles 
d'un ordre inférieur. 

Réciproquement, les médailles d'un ordre inférieur pourront être réunies 
pour former des premières ou des deuxièmes médailles. 

Les médailles de chaque classe ne pourront donner lieu à plus de deux 
tours de scrutin à la majorité absolue. 

Cependant une médaille ne sera annulée qu'après la présentation de trois noms. 

En cas de partage, la voix du Président n'est pas prépondérante. 

Art. 8. — Nul artiste ne pourra obtenir une médaille d'un ordre inférieur 
ou égal aux médailles déjà obtenues. 

Celui qui aura obtenu, soit une seconde médaille, soit deux troisièmes mé- 
dailles, sera considéré comme hors concours, mais le jury pourra toujours dé- 
cerner une première médaille à l'artiste qui n'en a pas encore obtenu une. 

Art. 9. - — ■ La médaille d'honneur sera votée par tous les artistes exposants 
français et le jury de la section. Elle ne donnera lieu qu'à un seul tour de scrutin 
et sera décernée à l'artiste qui aura obtenu la majorité absolue du nombre total 
des votants. Le vote par correspondance est interdit. 

Le Président, 

BAILLY, 
Me. nbre de l'Institut. 
L'un des Secrétaires, 
DeVUILLEFROY. 



APPENDICE 



II 7 



JURY 
D'ADMISSION ET DE RÉCOMPENSES 



SECTION DE PEINTURE. 
40 jurés à élire. 

Le mardi 24 mars, sous la présidence de M. Baiily, assisté de MM. Bonnat, 
J. Lcfebvre, Busson, Tony Robert-Fleury, Humbert, Guillemet, H. Leroux, de 
Vuillefroy, Yon et Bin, de MM. les sous-commissaires et des artistes qui ont 
bien voulu prêter leur concours, il a été procédé à l'élection des membres du jury 
de peinture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

MM. Bonnat, i ,480 voix; - Harpignies, 1,392; — J. Lefebvre, i,3y5; — 
Vollon, 1,314; — J--P. Laurens, i ,3 10; — Henner, i ,293 ; — Busson, i ,280 ; 
— Puvis de Chavannes, 1,241; — Tony Robert-Fleury, i ,2 38 ; — Benjamin- 
Constant, 1,154; — -Détaille, 1,124; — M. Lalanne, i , i o5 ; ■ — Français, 
1,066; — Humbert, 1,064; — " Guillemet, 1,060; — Baudry, 1,044 
Rapin, 1040; — Lavieille, 1 ,025 ; — Pille, i,023; — Guillaumet, 998 
Butin, 996; — Boulanger, 979*, — Luminais, 969; — Cabanel, 968 
H. Leroux, 963 ; — Feyen-Perrin, 959; — Duez, 946 ; — Bernier, 937 
Cot, 931; — Protais,926; — Ribot, 918; — J. Breton, 916; — Hanoteau, 
904 ; — de Neuville, 879 ; — Van Marcke, 869 ; — de Vuillefroy, 852 ; — 
Carolus Duran, 846 ; — Barrias, 804 ; — Bouguereau, 718; — Cazin, 711. 

MM. Vollon, Baudry, Ribot et de Neuville, ayant donné leur démission, 
ont été remplacés par : 

MM. Roll, 693 voix; — Lansyer, 681; — Pelouse, 628; — Maignan, 
628. 

M. Pelouse, ayant donné sa démission, a été remplacé par M. Bastien-Lepage, 
61 3 voix. 

SECTION DE SCULPTURE, GRAVURE EN MÉDAILLES 
ET PIERRES FINES. 

45 membres à élire. 

Le jeudi 6 avril, sous la présidence de M. Baiily, assisté de MM. Guillaume, 
Cliapu, Thomas, Dtlaplanche, Hiollc, Et. Leroux, Cavelier, Barrias, Marccllin, 
Gautherin, Fremict, Falguicre, Mercié, Allai - , Capticr et Alphée Dubois, de 



I 1 8 APPENDICE 

MM. les sous-commissaires et des artistes quiontbien vouluprêter leur concours, 
il a été procédé à l'élection des quarante-cinq membres, parmi lesquels, aux termes 
de l'art. 3 du Règlement, les dix-huit membres appelés à former le jury de sculp- 
ture et les cinq jurés supplémentaires, devaient être désignés par le sort. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

MM. Moreau (Mathurin), 291 voix; — Chapu, 249 ; — Captier, 239; — 
Fremiet, 238 ; — P. Dubois, 23? ; — Mercié, 232 ; — Saint-Marceaux, 224 ; 

— Guillaume, 222 ; — Falguière, 222 ; — Schœnewerk, 2 17 ; — Cain, 214; — 
Gauthier, 208; — Barrias, 2o3 ; • — Aizelin, 193; — Degeorge, 190; — 
Delaplanche, 189; — Thomas, i 85 ; Gautherin, 184; — Hioli.e, 1 83 ; — 
Millet (Aimé), 181; — Bonheur (Isidore), 180 ; — Leroux (Etienne), 178; — 
Cavelier, 172; — Chaplain, 171; — Galbrunner, 169; — Dubois (Alphée), 
164; — Allar, 154; — David, 1 5 3 ; — Carrie^-Belleuse, 1 5 3 ; — Iselin, 
1 5o ; — Idxac, 1 44 ; — Aube, 139; — Levillain, 1 36 ; — Blanchard, 1 35 ; 
Thabard, i 35 ; — Dupuis (Daniel), 1 29 ; — Coutan, 128; — Truphème, 127; 

— Noël (Tony), 1 24 ; — Franceschi, i 2 3 ; — Crauck, i 2 3 ; — Dumont, 122; 

— Doublemard, 1 19 ; — Bartholdi, 119; — Jouffroy, 126. 

Jurés supplémentaires: MM. Allasseur, 114 voix; — Soitoux, ii3; — 
Bonnassieux, 1 1 2 ; — Baujault, 112; — Boisseau, 112; — Guilbert, i i o ; — 
Marcellin, 107. 

Le tirage au sort, qui a eu lieu immédiatement après le dépouillement du vote, 
a désigné comme devant former le jury: 

MM. Cain, sculpteur d'animaux ; Gauthier, Dubois (Alphée), graveur en 
médailles; Hiolle, Moreau (Mathurin), Jouffroy, Coutan, Chapu, Guillaume» 
Aube, Falguière, Dumont, Franceschi, Degeorge, graveur en médailles ;Thabart, 
Blanchard, Barrias, David, graveur sur pierres fines. 

Jurés supplémentaires : MM. Bonheur (Isidore), Crauck, Chaplain, Truphème, 
Cavelier. 

SECTION D'ARCHITECTURE. 
1 2 jurés à élire. 

Le jeudi 6 avril, sous la présidence de M. Bailly, assisté de MM. André, 
Ginain, Questel, Ch. Garnier et de MM. les sous-commissaires, il a été procédé 
à l'élection des membres du jury d'architecture. 

Le dépouillement a donné les résultats suivants . 

MM. Vaudremer, 61 voix; — Bailly, 60; — Ballu, 58; — Brune, 58; 
Garnier, 58; — Questel, 53; — Bœswilwald, 49 ; — Ginain, 49; — Coquard, 
49; — Moyaux,4Ô; — André, 45; — Normand, 43; — Ancelet, 3i; — 
Louvet, 27. 



APPENDICE 119 

SECTION DE GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

1 2 jures à élire. 

Le jeudi 6 avril, sous la présidence de M. Bailly, assisté de MM. Yon, 
Laguillermic, Didier, Courtry, Rousseau, Waltner, Flameng, Robert, et de 
MM. les sous-commissaires, il a été procédé à l'élection des membres du jury de 
gravure. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

Gravure à l'eau-forte : MM. Hédouin, 3i voix; — Bracquemont, 26 ; — 
Waltner, 24. 

Gravure au burin : MM. François, i i voix; — Gaillard, 1 1 ; — Didier, 10. 

Gravure sur bols: MM. Thiriat, 34 voix; — Robert, 3i ; — Yon, 3i. 

Lithographie : MM. Vernier, i3 voix; — Gicéri, 10 ; — Laurens, 9. 



I2Q APPENDICE 



COMPOSITION DES BUREAUX 



SECTION DE PEINTURE, DESSINS, ETC. 

Président: M. Bonnat, membre de l'Institut. — Vice-Présidents : MM. Caba- 
nel, membre de l'Institut; Hébert, membre de l'Institut. ■ — Secrétaires : 
MM. Humbert et Tony Robert- Fleury. 

SECTION DE SCULPTURE ET GRAVURE EN MÉDAILLES. 

Président: M. Guillaume, membre de l'Institut. — Vice-Président : M. Moreau 
(Mathurin); — Secrétaire: M. Blanchard. 

SECTION D'ARCHITECTURE ET GRAVURE D'ARCHITECTURE. 

Président d'honneur : M. Bailly, membre de l'Institut. — Président: M. Bally, 
membre de l'Institut. — Vice-Présidents : MM. Questel, membre de l'In- 
stitut, et Ch. Garnier, membre de l'Institut. — Secrétaires : MM. Moyaux et 
Ginain. 

SECTION DE GRAVURE. 

Président : M. Hédouin. — Vice-Président: M. Gaillard. — Secrétaire: 
M. Yon. 



APPENDICE 121 



DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES 



Le 24 juin, au palais de l'Industrie, a eu lieu la distribution des 
récompenses du Salon. La cérémonie était présidée par M. Jules 
Ferry, ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, qui avait à 
ses côtés M. Duvaux, sous-secrétaire d'État, M. Paul Mantz, direc- 
teur général des Beaux-Arts, et M. Bailly, président du Conseil 
d'administration de la Société des artistes français, entouré des mem- 
bres de ce Conseil, des membres du Comité et des membres des diffé- 
rents jurys. 

Avaient, en outre, pris place sur l'estrade d'honneur : M. le général 
Pittié, représentant M. le Président de la République; MM. Antonin 
Proust, député, président de l'Union centrale des Arts appliqués à 
l'industrie; Morel, chef du cabinet du ministre; Roger-Ballu, secrétaire 
de la Direction générale des Beaux-Arts; Lafenestre, commissaire du 
Gouvernement auprès des Expositions; des membres de l'Institut, et un 
grand nombre de notabilités artistiques. 

M. Bailly a ouvert la séance par l'allocution suivante : 



Monsieur le Ministre, 
Mesdames et Messieurs, 

L'an dernier, à pareille époque, nous étions réunis comme nous le sommes 
aujourd'hui pour cette fête de famille où chacun des artistes récompensés vient 
recevoir les médailles ou diplômes noblement acquis, décernés par les divers jurys. 

Vous avez bien voulu nous dire à ce moment, Monsieur le Ministre, comme 
président de cette cérémonie intime, les paroles suivantes que je vous demande 
la permission de reproduire en les empruntant au bienveillant et remarquable 
discours fait par vous à cette occasion : « Bien que nous soyons dans un bâti- 
ment de l'Etat, l'Etat est aujourd'hui votre hôte en ma personne, et je tiens à 
bien le dire et à bien le préciser : ce qui est fait cette année n'est pas seulement 
un essai, c'est à nos yeux une situation définitive et qui se perpétuera. » 

Ces excellentes paroles, et bien d'autres également de vous, Monsieur le 

16 



122 APPENDICE 

Ministre, que j'aurai occasion de rappeler, ont été pour nous un puissant 
encouragement qui nous a décidés à accepter franchement la situation qui résulte 
de l'abdication définitive faite par vous, pour tout de bon, disiez-vous aussi, et 
pour jamais, de déléguer aux artistes le soin de faire leurs affaires eux-mêmes en 
fait d'expositions; vous n'avez voulu réserver à l'Etat que la mission qui lui 
appartient d'ailleurs, et qui est exclusivement un rôle d'enseignement si parfai- 
tement défini par vous. 

Nous nous sommes alors conformés à vos décisions et avons constitué, ainsi 
que cela avait eu lieu en 1881, un Comité composé de 90 membres, nommés 
dans les mêmes conditions que celui créé en vertu de l'arrêté ministériel du 
27 décembre 1880. L'élection a eu lieu le jeudi 3 novembre dernier. Le Comité, 
une fois institué, a décidé que sa mission principale était de jeter d'abord les 
assises d'une société pour un temps indéterminé, afin d'assurer à jamais les 
Expositions des Beaux-Arts et en outre de former la grande association des 
artistes français ; mais le temps assez court qui séparait la formation du Comité 
du jour fixé pour l'ouverture du Salon ne lui a pas permis de conduire de front ces 
deux opérations, et, s'inspirant alors des dispositions adoptées par la société qui 
l'a précédé, il en a accepté les statuts après les avoir soumis à votre approbation, 
Monsieur le Ministre, et il a ainsi pu conduire à une solution favorable l'œuvre 
entreprise, dont les résultats matériels, disons-le immédiatement, sont, à peu de 
chose près, les mêmes que ceux obtenus l'an dernier, quoique supérieurs. 

Cette première opération terminée, le Comité s'est remis à l'œuvre et a voulu 
que, cette année même, sans aucun retard, les statuts de cette grande association 
des artistes, dont vous-même nous avez tracé la mission, fussent établis à l'état 
définitif. Le Comité a alors délégué un certain nombre de ses membres sous le 
nom de « Commission d'études» chargée de faire un rapport au Comité pour 
jeter les bases de l'association à créer. 
Ce rapport devait renfermer: 

i° Un résumé historique de la question, c'est-à-dire, à titre de document, un 
rapide aperçu sur les associations artistiques qui ont existé dans le passé; 

2 Un exposé de la forme de la constitution des sociétés analogues qui fonc- 
tionnent, de nos jours, dans différents pays étrangers ; 

3° Un compte rendu détaillé des différents genres d'associations ou de sociétés 
qui, sous forme financière, commerciale ou syndicale, sont autorisées par la loi 
française. 

Ce rapport, rédigé d'une manière fort remarquable par deux des membres de 
cette commission, l'un et l'autre peintres d'un très grand talent', ce rapport, 
dis-je, après avoir exposé avec une clarté parfaite les avantages ainsi que les 
inconvénients ressortissant des règlements existants dans les sociétés des nations 
autres que la nôtre, ayant une mission analogue à celle que notre association 
aura à remplir, a proposé au Comité des conclusions sur lesquelles il a été 
possible de procéder à la rédaction des statuts de l'association définitive. La 
commission d'études a été aidée des lumières de notre conseil judiciaire, composé 
des hommes les plus expérimentés et choisis parmi ceux jouissant à juste titre 



1. M. Tony Robert-FIeury et M. Humbert. 



APPENDICE I23 

d'une grande notoriété soit au barreau ou comme officiers ministériels 1 . Ces 
statuts ont été approuvés à l'unanimité par le Comité convoqué en réunion plénière 
le i5 juin dernier, en sorte cpje la société des artistes français est définitivement 
constituée. 

Comme conséquence, nous aurons, Monsieur le Ministre, à réclamer de vous 
l'appui de l'Etat, que vous nous avez promis, pour obtenir la reconnaissance de 
notre association comme établissement d'utilité publique, son but et l'objet de sa 
constitution étant de représenter et de défendre les intérêts généraux des artistes 
français faisant partie de cette association par tous les moyens, et notamment 
par l'organisation des Expositions annuelles des Beaux-Arts, et de prêter aussi aide 
et assistance à ses membres dans toutes les occasions où cela pourrait leur être 
utile. Son titre définitif est : 

« Association des artistes français. » 

Par cet exposé succinct des opérations du Comité de 1882, nous avons cherché 
à démontrer, Monsieur le Ministre, que, substitués par vous aux droits de l'État, 
d'abord par le message du 17 janvier 1881, et par vous-même ensuite, il y a un 
an à pareil jour, pour organiser les Expositions annuelles au mieux des intérêts des 
artistes, nous n'avons pas failli à la tâche que nous avons résolument acceptée, et 
non cherchée, et qu'en nous chargeant à l'avenir, dans un esprit de libéralisme 
absolument désintéressé, de cette noble mission, nous avons voulu prouver que 
nous sommes dignes de la confiance que vous nous avez accordée, que nous 
sommes capables enfin, aidés du concours de l'Etat, de régir nous-mêmes nos 
affaires et que le divorce provisoire prononcé entre nous, un peu de force, 
l'an dernier, est maintenant un régime définitif, ainsi que vous l'avez voulu. 

Nousnepouvons donc que vous savoir le plus grandgré, Monsieur le Ministre, 
de ne pas avoir douté que nous saurions surmonter les difficultés toujours nom- 
breuses que cause une première tentative, et que nous accepterions la tâche 
difficile que nous avions à remplir. Mais nous avons compris tout ce que cette 
tâche avait d'honorable pour nous, artistes, d'être appelés à organiser, sans 
autre contrôle que notre conscience, les Salons annuels, d'aider à maintenir^ et 
à faire progresser l'art français et de prendre en main la gestion des intérêts 
généraux d'une association confraternelle, en assumant sur nous les charges que 
l'État avait à supporter, mais en comptant aussi qu'il nous sera assuré, en échange 
de ces charges, le bénéfice de tous les avantages ou droits dont jouissait 
l'administration qui nous a précédés, ainsi d'ailleurs que vous avez bien voulu 
vous y engager. 

Il ne nous appartient pas de faire l'éloge des oeuvres exposées cette année ; 
celles admises ont dépassé le chiffre fixé d'abord par le Règlement ; le jury, en 
présence de la valeur moyenne des ouvrages, s'est vu dans l'obligation d'augmen- 
ter toutes les récompenses : l'an dernier, le nombre des médailles a été de 76 ; 
cette année, il est de 97, soit 21 de plus qu'en 1881. Les mentions honorables 
décernées sont, à peu de chose près, en même quantité que l'an dernier. 



I. MM. Chaix d'Est-Ange, avocat; Dclapalme, président de la Chambre des notaires; En- 
grand, avoué de première instance. 



124 APPENDICE 

Je réclame de votre obligeance, Monsieur le Ministre, de vouloir bien nous 
faire l'honneur de remettre vous-même aux artistes les diverses récompenses 
obtenues par eux. 



Acres l'allocution de M. Bailly, M. le Ministre prend la parole en 
ces termes : 

Mesdames et Messieurs, 

C'est avec une grande satisfaction que je m'associe aujourd'hui, en présidant 
la distribution des récompenses, au fait considérable que cette solennité consacre. 

Ce fait, c'est la constitution de l'Association des artistes français! L'Association 
est fondée ; nous l'appelions de tous nos vœux, nous la saluons avec la plus ferme 
et la plus joyeuse espérance. (Applaudissements.) 

Elle se fonde dans les conditions les plus propres à assurer son avenir et sa 
prospérité. Elle a, en effet, une base solide, éprouvée: le succès toujours crois- 
sant de l'Exposition annuelle, et elle embrassse dans son programme les vastes 
horizons et les grandes pensées qui font l'honneur et la force des œuvres 
collectives. 

Vos statuts l'ont ainsi défini: « Représenter et défendre les intérêts généraux 
des artistes français, leur prêter, dans toutes les occasions, aide et assistance. » 
La formule est large, et je vous félicite de l'avoir trouvée. Vous n'avez voulu ni 
d'une association particulière, ni d'une œuvre mercantile. C'est une œuvre 
d'assistance et d'enseignement mutuels, et vous avez écrit sur le fronton de votre 
édifice: a Les intérêts généraux de l'art et les artistes français. » (Applaudis- 
sements.) 

Qui l'eût dit, Messieurs, il y a dix-huit mois? On murmurait alors à mes 
côtés : « Les artistes ne s'entendront jamais ! Ils sont, par définition, si peu 
pratiques et si affairés, si individualistes et si capricieux; s'ils s'entendent, ce sera 
pour une année tout au plus!... » Et vous voilà d'accord, en vertu de vos statuts 
eux-mêmes, d'accord pour l'éternité ! 

Et vraiment, je le crois, Messieurs, car le plus difficile est fait ; le difficile, 
c'était d'élaborer en commun ces statuts excellents; le difficile, c'était de vous 
montrer à vous-mêmes que vous possédez au milieu de vous les hommes d'affaires et 
les hommes de parole, la somme de nécessaire volonté et de dévouement, la faculté 
de discerner vos chefs et de les suivre, en un mot tout ce qu'il faut, du grand au 
petit, dans les grands Etats comme dans les conseils les plus humbles, pour faire 
marcher les affaires humaines. Pour moi, j'en ai toujours jugé ainsi, et mon seul 
mérite est d'avoir cru en vous avant que vous y ayez cru vous-mêmes. 

Quant à l'Etat, quant au Gouvernement, je vous renouvelle en leur nom les 
assurances si souvent échangées. Toute l'assistance que nous pourrons vous 
donner, sans toucher à cette indépendance à laquelle vous vous accoutumez, 
cette assistance vous sera donnée. Nous vous aiderons à obtenir la reconnais- 
sance d'utilité publique, qui fera de votre société une personne civile, capable 
d'acquérir et de recevoir. Ce palais vous sera livré tous les ans (Vive approbation) 



APPENDICE I25 

jusqu'au jour, peut-être moins éloigné qu'on ne croit, où vous pourrez, confor- 
mément à un projet que j'ai vu quelque part dans la sectiond'architecture, projet 
ingénieux et prophétique, construire à vos frais ce palais des arts qui manque 
encore à notre capitale. (Applaudissements.) 

Vous avez dit tout à l'heure, Monsieur le Président, qu'il ne vous appartenait 
pas de faire l'éloge des œuvres exposées cette année. Vous me permettrez d'y 
mettre moins de discrétion. 

On écrit beaucoup pour et contre le Salon de peinture de 1882. Il soulève 
des critiques bien moroses comme des enthousiasmes passionnés. Sans doute 
on y découvre aisément de graves lacunes; sans doute on y peut signaler, comme 
dans toutes les oeuvres de la liberté absolue, à côté de nouveautés hardies et 
généreuses, des tendances qui peuvent inquiéter. Mais il faut regarder de plus 
haut, considérer l'ensemble, et reconnaître que le trait dominant de l'Exposition, 
c'est la vie ! Oui, l'école de peinture est vivante, bien vivante (Vive approbation), 
d'une vie intense, confuse, agitée, qui se cherche sur bien des points, qui 
poursuit des aspects nouveaux et des moyens nouveaux d'expression, mais en 
somme c'est la vie ! 

Si l'on peut relever je ne sais quelle recherche systématique de la trivialité dans 
les sujets, il faut observer aussi que généralement la trivialité n'existe pas dans 
l'exécution. La distinction innée, l'élégance traditionnelle du génie français, 
défendent l'école contre les entraînements et les emportements d'un réalisme 
tapageur. La tendance générale, au contraire, est à la transfiguration des scènes 
vulgaires par la recherche du caractère et le précieux de la coloration. Non, 
Messieurs, je n'ai pas peur pour l'idéal de l'art fiançais. Je n'aurais, pour me 
rassurer, qu'à regarder où vont spontanément vos libres suffrages. 

Quand vous avez à décerner la plus haute de vos récompenses, est-ce à un 
réaliste, est-ce à un prosateur que vous l'attribuez ? Non, votre suffrage universel va 
chercher le moins matérialiste de tous les peintres, le plus fier, le plus constant 
des paladins de l'idéal, l'homme qui depuis vingt-cinq ans a le moins sacrifié aux 
divinités passagères, le poète obstiné, sincère et convaincu : M. Puvis de Cha- 
vannes. (Triple et quadruple salve d'applaudissements.) 

La sincérité, qui est le trait saillant du maître que vous acclamez, la sin- 
cérité, je me permets de le dire aux jeunes gens qui m'écoutent, qui est le gage 
unique des succès durables, est aussi la qualité maîtresse, la vertu et le génie de 
cette grande école de la sculpture française, que, cette fois, tout le monde 
admire sans réserve. La sculpture est l'orgueil du Salon de 1882. Jamais le large 
et noble courant qui, depuis trois siècles, continue et renouvelle l'impérissable 
tradition de l'art fiançais, n'a porté plus d'œuvres fortes et gracieuses, hardies 
ou savantes, touchantes ou inspirées. (Applaudissements.) 

L'art contemporain n'aurait que ce joyau dans sa couronne qu'il pourrait 
affronter sans crainte le jugement de l'avenir. (Applaudissements.) Saluons-la, 
Messieurs , cette phalange désintéressée et invincible qu'aucun effort ne lasse, 
qu'aucune détresse ne rebute, que le spectacle des succès faciles et des fortunes 
rapides ne saurait distraire ni pervertir, et qui, patiemment, pauvrement, glorieu- 
sement, poursuit la route qui mène vers les hauts sommets. (Applaudissements 
répétés.) Saluons-la, remercions-la, glorifions-la pour le bien qu'elle fait a l'art, 
pour l'honneur qu'elle fait à la patrie! (Vifs applaudissements.) 



120 APPENDICE 

M. le Ministre a ensuite proclamé les noms des lauréats du prix du 
Salon et des bourses de voyage : 

Prix du Salon : M. Longepied, sculpteur. 

Bourses de voyage pour la section de peinture : MM. Paul Leroy, A. Berton, 
Bompard, Meys. 

Bourses de voyage pour la section de sculpture: MM. Daillon, Pézieux , 
Massoulle, Cordier. 

Bourses de voyage pour la section a" architecture : MM. Lafillée, Julien. 



A la suite du discours du Ministre, M. Vigneron, sous-commissaire 
des Expositions, délégué de la Société des artistes, a proclamé les noms 
des exposants qui ont obtenu les récompenses décernées par les jurys 
du Salon. 



Une fois la distribution des récompenses terminée, M. Bailly a pro- 
noncé les paroles suivantes : 

Après les encouragements que vous nous donnez, Monsieur le Ministre, je 
ne puis que vous témoigner de nouveau, au nom de notre Association, sa recon- 
naissance, et vous affirmer une fois de plus que nous saurons résolument surmon- 
ter, grâce à l'appui de l'État, que vous nous assurez, les difficultés qui pourraient 
empêcher la marche régulière de notre entreprise. 



APPENDICE 



I2 7 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 

POUR LE SALON DE I 88 2 



LISTE DES RECOMPENSES 



DECERNEES PAR LE JURY 



Médailles d'honneur décernées par le Jury des artistes 
français exposants. 



M. Puvis de Chavannes (Pierre), 
peintre. 

M. Waltner (Charles-Albert), graveur 



M. Paulin ( Edmond-Jean-Baptiste), 
architecte. 



SECTION DE PEINTURE. 



Médailles de 2 e classe. 

MM. Delort (Charles-Edouard). 
Lapostolet (Charles). 
Adan (Emile-Louis). 
Quost (Ernest). 

Brissot de Warville (Félix-Sa- 
turnin). 
Edelfelt (Albert). 
Huguet (Victor-Pierre). 
Moutte (Alphonse). 
Moyse (Edouard). 
Lobrichon (Timoléon). 
Demont (Adrien-Louis). 
Soyer (Paul). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Dutzschold (Henri). 
Berton (Armand). 
Beauvais (Armand). 
Binet (Victor-Jean-Baptiste). 
Nozal (Alexandre). 
Rochegrosse (Georges). 



MM. Capdevielle (Louis). 

Clairin (Georges-Jules-Victor). 

Steinheil [(Adolphe - Charles- 
Edouard). 

Saintin (Henri). 

Hayon (Léon). 

Doyen (Gustave). 

Dargent (Alphonse). 

Dardoize (Emile). 

Gautier (Amand). 

Baudoin (Paul-Albert). 

Callot (Georges). 

Lagarde (Pierre). 

Desbrosses (Jean). 

Delahaye (Ernest-Jean). 

Girard (Albert). 

Edouard (Albert). 
M»e Vegman (Berthe). 
MM. Béraud (Jean). 

Leroy (Paul-Alexandre-Alfred). 

Stott (William). 

Brielman (Jacques-Alfred). 

Jimenez Aranda (José). 



I2Î 



APPENDICE 



Mentions honorables. 

MM. Agache (Alfred-Pierre). 

Brandt (Joseph). 

Cesbron (Achille). 

Courtens (Franz). 

Crochepierre (André-Antoine) 

Dufour (Camille). 

Dupuis (Pierre). 

Frère (Charles). 

Friant (Emile). 

Gallard-Lépinay (Emmanuel). 

Grolleron (Paul). 

Knight (Daniel-Ridgway). 

Lira (Pedro-Francisco). 

Lecomte (Paul). 

Lubin (Jules-Désiré). 

Mangeant (Paul-Émile). 

Minet (Emile-Louis). 

Maurin (Charles). 

Munier (Emile). 

Olive (Jean-Baptiste). 

Pluchart (Henri). 
M m e Comerre-Paton (Jacqueline). 
MM. Roy (Marius). 

Sicard (Nicolas). 

Schoutteten (Louis). 



MM. Thompson (Harry). 

Thomas (Charles-Armand). 

Tholer (Raymond). 

Villain (Eugène). 
M lle Zillhardt (Jenny). 
MM. Allemand (Gustave). 

Weiz (Alden). 

Béroud (Louis). 

Cain (Henri). 

Chelmonsky (Joseph). 

Durst (Auguste). 

Dubuisson (Albert-Lucien). 

Jamin (Paul-Joseph). 

Jeanniot (Pierre-Georges). 

Gambart (Henri-Jean). 

La Penne (Pierre- Philippe-An- 
toine). 

Loustaunau ( Louis - Auguste- 
Georges). 

Laissement (Henri-Adolphe). 

Leenhardt (Max). 

Millochau (Emile-Joseph). 

Charlay-Pompon (Charles). 

Ruel (Léon). 
M lles RoBiQtJET (Marie-Aimée). 

Simmons (Emerson-Edward). 

Vuillier (Gaston). 



SECTION DE SCULPTURE. 



Médailles de i re classe. 

MM. Hugues (Jean-Baptiste). 
Longepied (Léon-Eugène). 
Paris (Auguste). 
Lemaire (Hector). 

Médailles de 2 P - classe. 

MM. Daillion (Horace). 
Croisy (Aristide). 
Roulleau (Jules-Pierre). 
Allouard (Henri-Emile). 
Massoulle (Paul-Arthur). 
Escoula (Jean). 

Roty (Louis-Oscar), graveur en 
médailles. 



M. François (Henri-Louis), graveur 
en pierres fines. 

Médailles de 3 e classe. 

MM. d'Astanières (Eugène -Nicolas- 
Clément, comte). 
Rolard (François-Laurent). 
Pezieux (Jean-Alexandre). 
Gossin (Louis). 
Cornu (Vital). 
Chemin (Victor-Joseph). 
Le Cointe (Aimé-Joachim-Léon). 
Fossé (Athanase). 
Fagel (Léon). 
Boutellié (Jean-Ernest). 
Bottée (Louis). 



APPENDICE 



129 



MM. Bastet (Victorien-Antoine). 
Davenet (Claude-Marie). 

Mentions honorables. 

MM. Dolivet (Emmanuel). 
Belard (Gustave). 
Darbefeuille (Paul). 
Astruc (Zacharie). 
Saint-Vidal (Francis de). 
Pilet (Léon). 

Charpentier (Félix-Maurice). 
Lormier (Edouard). 
Elias (Édouard-Pierre-Joseph). 
Cadoux (Marie-Edme). 
Durvis (Marie). 

Lemaire (Georges-Henry), gra- 
veur en pierres fines. 
Marioton (Claudius). 



MM. Arias (Virginius). 

Cogez (Alexandre-Frédéric). 

Léofanti (Adolphe). 

Peyrol (Hippolyte). 

Hiolle (Maximilien-Henri). 

Steuer (Bernard-Adrien). 

Mombur (Jean). 

Levasseur (Henri-Louis). 

Tourgueneff (Pierre-Nicolas). 

Brambeck (Edward). 

Leysalle (Emile). 

De Keyser (Jean-Baptiste). 

Chereau (Jean-Eugène). 

Madrassi (Luca). 

Namur (Emile). 

Leroux (Gaston). 

Rivière (Jean). 

Bulio (Jean). 

Legros (A.). 

Maugendre (Edouard). 



SECTION D'ARCHITECTURE. 



Médailles de 2 e classe. 

MM. Calinaud (Louis-Félix). 
David (Jules-Claude). 
Déverin (Henri). 
Jaffeux (Léon). 

Arnaud (Auguste-Pierre-Jules). 
Julien (Albert-Joseph). 
Defrasse (Alphonse-Alexandre). 



Médailles de 3 e classe. 

MM. Genuys (Charles). 

Cardelli (Giovanni). 
Delecourt-Wincqz (Jules). 
Morel-Revoil (J. Antoine- 
Henri). 
Laffillée (Henri-Louis). 
Jourdain (Frantz). 
Albrizio (Charles). 
Dusserre (René). 
Gontès (Alphonse-Jean). 



SECTION DE GRAVURE ET DE LITHOGRAPHIE. 



Médailles de i re classe. 

MM. Jacquet (Jules). 
Boilvin (Emile). 

Médailles de 2 e classe. 

MM. Leenhoff (Ferdinand). 
Bellenger (Georges). 
Rousseau (Léon). 



Médailles de 3 e classe. 

MM. Lucas (Louis). 
Lenain (Louis). 
Guérard (Henri). 
Burnand (Eugène). 
Haig (Axel-Herman). 
Maurand (Charles). 
Bellenger (Clément-Edouard). 

>7 



IJO 



APPENDICE 



MM. Closson (Villiam-Baxter). 
Maurou (Paul). 

Mentions honorables. 

M. Dubois (Charles-Théodore). 
M lle Contour (Lucie-Madeleine). 
MM. Boisson (Léon). 
Bordet (Auguste). 
Dupont (François-Félix). 
Mathey-Dorel (Armand). 
Desbrosses (Léopold). 
Huet (René-Paul). 
Renouard (Paul). 



MM. Boulard (Auguste). 

Duvivier (Albert). 

Bocourt (Etienne-Gabriel). 

Dutheil (Hippolyte-Constant). 

Dalliance (Louis). 
M m e Delorme (Eugénie). 
MM. Paillard (Pierre-Henri). 

Thomas (Emile). 

Fleuret (Léon-Louis). 

Mathé (Basile). 

Vergnes (Camille-Victor). 

Fraipont (Gustave). 

Pralon (Antoine). 

Lunois (Alexandre). 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Préface i 

médaille d'honneur. i 

Prix du Salon 2 

PEINTURE 3 

Médailles de deuxième classe * 5 

Médailles de troisième classe 12 

Mentions honorables 26 

Artistes hors concours 48 

SCULPTURE, GRAVURES EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES ... 63 

Médailles de première classe 65 

Médailles de deuxième classe ." 68 

Médailles de troisième classe 72 

Mentions honorables 78 

Artistes hors concours 91 

APPENDICE 9 5 

Exposition des artistes vivants en 1882 97 

Statuts de la Société des artistes français pour l'Exposition des 

beaux-arts en 1882 101 

Règlement de l'Exposition publique des ouvrages des artistes vi- 
vants pour l'année 1882 109 

Jury d'admission et de récompenses 117 

Liste des récompenses 127 



IMPRIMÉ A PARIS 
PAR LES PRESSES DE D. JOUAUST 

AVEC 

ORNEMENTS DE CL. POPELIN 

TIRAGE DES PLANCHES PAR A. SALMON 

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Il a été tiré en plus : 

100 exemplaires sur papier de Hollande, avec épreuves des gravures 
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25 exemplaires sur papier Whatman, avec doubles épreuves des 
gravures. 



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GEORGES LAFENESTRE 

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GRAVÉES PAR 

ABOT, DE BILLY, DUVIVIER, GÉRY-BICHARD, 

DE LOS RIOS. MANESSE, MASSARD, MILIUS, MONGIN, RUET, SALMON, 

TOUSSAINT, VION, WALTNER, YON 

Sous la direction de M. Edmond Hédouin 




PARIS 

LIBRAIRIE DES BIBLIOPHI 

RUE SAINT-HONORÉ, 338 
M DCCC LXXXIII 



I F^ 




PRÉFACE 




e mouvement qui emporte de plus en plus 
les jeunes peintres, en dehors des sujets 
traditionnels, vers la représentation des 
figures réelles et des scènes contempo- 
raines, ne s'était jamais manifesté avec 
autant de conviction qu'au Salon de 1 883 . 
L'ambition, inconsciente ou volontaire, 
de plusieurs d'entre eux paraît même 
être celle de substituer franchement la peinture de la vie moderne 
à la peinture des figures historiques dans la décoration des 
édifices publics. Un grand nombre de toiles, dans lesquelles sont 
traités des épisodes courants de l'activité quotidienne, affectent, 
en effet , les proportions énormes de compositions épiques. 
L'exemple des fresquistes italiens du XV e et du XVI e siècle qui 
n'ont souvent déroulé sur les murailles , sous des prétextes reli- 
gieux ou historiques, que des processions de personnages vivants, 
et celui des peintres flamands et hollandais du XVII e siècle qui 
ont quelquefois donné à de simples réunions de portraits le carac- 
tère de poèmes familiers ou héroïques, sont faits pour encourager 
des efforts qui répondent d'ailleurs aux préoccupations sociales 
de notre temps. Il n'y aurait, en vérité, qu'à se féliciter de cette 
évolution prévue, si elle était toujours accompagnée, chez ceux 



II PREFACE 

qui la dirigent ou chez ceux qui la suivent, de la fidélité néces- 
saire à la science du dessin acquise par les écoles antérieures, 
d'une émotion sincère devant les grandeurs, les tristesses ou les 
joies de la vie, et d'un respect suffisant pour d'autres conceptions 
de l'art plus personnelles ou plus complexes. 

La preuve, d'ailleurs, que ce mouvement correspond bien à 
une tendance générale du goût, c'est que personne n'y échappe. 
Un grand besoin de vérité, même dans les compositions idéales, 
s'est emparé de notre génération. Nul ne pourra plus lui pré- 
senter ses rêves sous des formes inexactes qui ne leur donneraient 
pas une apparence réelle. Des aspirations semblables se sont 
manifestées, à différentes époques, dans l'histoire des peuples; 
elles ont presque toujours déterminé un renouvellement de l'art, 
aboutissant soit à une prompte décadence , si le naturalisme s'y 
confondait avec la trivialité, soit, au contraire, à l'épanouisse- 
ment magnifique de l'imagination humaine, si le naturalisme s'y 
mettait au service des idées élevées et des conceptions géné- 
reuses. L'intérêt du Salon de 1883 aura été, ce nous semble, de 
montrer que l'école française,' dans son ensemble, très décidée 
à s'appuyer constamment sur l'observation scrupuleuse de la 
nature, n'a pas l'intention pourtant de se confiner non plus dans 
une observation sans but et sans choix, comme l'avaient pu 
faire craindre, dans ces dernières années, des tentatives plus 
bruyantes que raisonnées. 

Parmi les naturalistes purs, M. Jules Breton, qui sert de lien 
entre l'ancienne et la nouvelle génération, est encore celui qui 
possède le mieux l'art d'agencer une scène rustique dans un 
cadre bien proportionné, en joignant une émotion poétique, très 
simplement exprimée, à un sens très vif des phénomènes naturels. 
Son Malin, où deux amoureux de village, séparés par un ruisseau, 
se contemplent avec embarras, est une idylle racontée avec 
charme et délicatesse. M. Bastien-Lepage a traité le même sujet 
dans Y Amour au village, avec cet accent de réalisme pénétrant 
qui donne une saveur très vive à ses figures les plus vulgaires. 
Ainsi que d'habitude, les proportions de sa toile, où les person- 
nages se placent au hasard, comme en un coin détaché de la réa- 



PREFACE III 



lité, lui donnent bien plus l'aspect d'un fragment de peinture murale 
que d'un tableau régulièrement ordonné. C'est dans les mêmes 
dimensions que MM. Lhermitte, Renouf, Pelez, Gervex, ont 
représenté d'autres épisodes de la vie laborieuse et douloureuse 
des humbles gens. Une grave simplicité d'impression, une fran- 
chise saine et large d'exécution, signalent le talent vigoureux et 
sincère de M. Lhermitte dans sa Moisson et sa Fileu.se. M. Re- 
nouf, dans la scène dramatique du Pilote, où quatre marins luttent 
avec un si tranquille courage contre une mer furieuse, a montré 
quelles ressources pouvait trouver l'art moderne dans la repré- 
sentation sympathique et émue des dévouements obscurs et des 
héroïsmes inconnus. Le Sans asile et le Bureau de bienfaisance, 
scènes tristement poignantes de la misère populaire dans les 
grandes villes, ont été également traités, l'un, par M. Pelez, 
avec plus de prétention morale, l'autre, par M. Gervex, avec plus 
d'observation pittoresque, mais tous deux avec talent et presque 
un égal succès auprès du public. 

Le danger que court le groupe où se distinguent MM. Bastien- 
Lepage, Renouf, Gervex, c'est de confondre la banalité avec la 
simplicité, c'est de n'aboutir, en fin de compte, qu'à des ouvrages 
médiocres et d'une actualité éphémère, faute d'une technique 
sérieuse ou d'une réflexion suffisante. La tendance est d'y mé- 
priser la composition et d'y improviser l'exécution. Il n'est donc 
pas sans intérêt de voir des praticiens expérimentés se servir 
aussi du naturalisme, mais d'une tout autre façon, en s'efforçant, 
au contraire, de l'introduire, pour les renouveler, dans les sujets 
légendaires ou poétiques, et en se conformant ainsi à la méthode 
universellement suivie par les artistes de tous les temps. Ce sys- 
tème a fort bien réussi à M. Chartran, dans sa Vision de Fran- 
çois d'Assise, et à M. Lerollc, dans son Arrivée des bergers. 
Les pâtres et les moines, très réels, qu'ils ont introduits dans une 
étable et une soupente modernes, donnent à ces scènes idéales 
une vraisemblance immédiate qui les fait sans peine accepter à 
nos imaginations, si désaccoutumées qu'elles puissent être du 
mysticisme religieux. M. Morot, dans son Martyre de Jésus de 
Nazareth, a poussé, avec un talent supérieur, l'ardeur impitoyable 



I Y P R E F A C F-: 



de son naturalisme jusqu'à dénaturer, dans une intention d'ailleurs 
pathétique, la légende de l'Evangile. M. Carolus-Duran, dans 
sa Tentation, s'est contenté de juxtaposer, avec son éclat ac- 
coutumé, deux études de nu, celle d'un vieillard et celle d'une 
jeune femme, qui n'affectent, ni l'une ni l'autre, aucune inten- 
tion archéologique. 

On doit toujours s'attendre, de la part de MM. Hébert. 
Henner, Jules Lefebvre, artistes expérimentés et prudents, d'un 
esprit volontaire et réfléchi, d'une originalité bien décidée, à une 
transformation ou tout au moins à une exaltation plus vive de la 
réalité, dans le sens de leur poétique personnelle; mais ils n'ont 
pas moins souci de la vérité que les peintres rustiques ou plé- 
béiens, et ils prennent aussi, avec un sentiment plus élevé, sans 
doute, mais avec un respect non moins scrupuleux, leurs impres- 
sions directes dans la nature. Le Petit Violoneux, de M. Hébert, 
n'est pas moins naïf et moins touchant, parce qu'on y admire de 
savantes délicatesses de dessin et une mélancolique harmonie de 
tons discrets qui ne sont point à la portée des praticiens vul- 
gaires. La Femme qui lit, par M. Henner, serait encore la 
meilleure étude de carnation qu'on puisse admirer au Salon, lors 
même que l'auréole corrégienne dont l'enveloppe l'imagination 
de l'artiste , infatigablement ému par le rythme exquis des 
lumières tendres, ne la métamorphoserait pas, pour la plupart des 
yeux, en une Madeleine contemporaine. La Psyché, de M. Jules 
Lefebvre, n'a peut-être pas relu avec grand soin Apulée avant 
de s'asseoir sur la cime de son roc ; mais c'est une naïve et belle 
enfant, qui laisse voir dans ses formes chastes toute la fraîcheur 
pure d'une adolescence récemment épanouie, et dans son attitude 
toutes les gaucheries inquiètes de la virginité ignorante. La 
mythologie de M. Lefebvre n'est qu'un prétexte à des visions 
choisies de créatures vivantes ; c'est la seule mythologie qui 
convienne à des artistes. Dans les compositions habiles de 
M. Bouguereau, dont l'exécution, égale et soignée, caresse tou- 
jours agréablement les yeux, le contact de l'artiste avec la nature 
vivante est moins nettement marqué, et l'étude de la réalité s'y 
enveloppe de réticences ou de réminiscences plus nombreuses. 



PREFACE 



C'est là, sans doute, la raison des discussions auxquelles donnent 
lieu ses œuvres, si recherchées par les amateurs, si contestées 
par les partisans de la jeune école. 

C'est une conséquence naturelle de cette évolution naturaliste 
que les sujets d'histoire ou de décoration, dans lesquels se com- 
plaisait l'imagination cultivée des générations antérieures, ne 
soient plus abordés qu'en de rares occasions et avec une certaine 
crainte. Le jury de peinture, malgré sa sympathie marquée pour 
les tendances contemporaines, n'a pas laissé de s'inquiéter de ce 
fait dont le résultat, au bout d'un certain temps, serait la négli- 
gence complète de l'étude des formes et l'affaiblissement excessif 
de la science des compositions. Il a essayé de réagir, dans la 
mesure où il le pouvait, contre ces exagérations passagères qui, 
sous prétexte de progrès, ne tendraient à rien moins qu'à priver 
la civilisation présente de tous les bénéfices acquis par les civili- 
sations passées,commesile mot de progrès n'impliquait pas forcé- 
ment l'idée d'une augmentation du patrimoine intellectuel de 
l'humanité, et non pas de sa diminution. Il a donc cherché, avec 
une grande bonne volonté, s'il ne trouverait pas, sur les murs du 
Salon, quelques compositions historiques et poétiques, supposant 
à la fois science et réflexion, constatant des recherches et des 
efforts d'une plus haute portée que les agréables impressions 
dont la plupart se contentent. 11 a fini par s'arrêter devant 
deux ouvrages où l'exécution n'est pas toujours à la hauteur de 
l'intention, mais qui dénotent tous deux, chez leurs jeunes auteurs, 
le mépris des vulgarités courantes, une exaltation virile de la 
pensée, une recherche décidée du style héroïque, une agitation, 
confuse encore, mais noble et féconde, de l'imagination. Il est 
difficile de présager l'avenir de MM. Henri Martin et Georges 
Rochegrosse qui ont obtenu, l'un, l'unique première médaille, 
l'autre, une seconde médaille; mais dans la Francesca di Rimini, 
du premier, malgré un étalage brutal et déplacé de nus dans une 
vision que Dante avait racontée avec une si exquise et si sublime 
pudeur, on doit reconnaître une force de mise en scène et une 
vigueur d'exécution auxquelles il ne manque qu'une direction 
plus prudente, et dans YAndromaque, du second, malgré les iné- 



VI PREFACE 



galités du rendu et l'incohérence juvénile des intentions archéolo- 
giques, on a constaté, comme dans son Vitellius du Salon der- 
nier, un sens communicatif du drame, du mouvement, de la vie, 
un enthousiasme naturel pour les grandes scènes de la poésie et 
de l'histoire, une facilité brillante d'exécution qui n'exclut ni la 
vigueur de l'effet ni la précision du morceau, et qui donne grand 
espoir dans les destinées du jeune peintre, s'il fortifie cette virtuo- 
sité précoce par des études patientes et une constante réflexion. 
L'embarras du jury a cessé dès qu'il s'est agi seulement de 
signaler de bonnes études naturalistes. Les secondes médailles, 
les troisièmes médailles, les mentions honorables, ont plu à profu- 
sion sur des épisodes, grands ou petits, de la vie contemporaine, 
traduits, avec émotion ou esprit, dans un ferme ou brillant lan- 
gage de couleurs. Est-il bien utile que ces épisodes s'étalent, en 
figures de grandeur naturelle, dans des cadres énormes? Était-il 
nécessaire qu'une aventure de boulevard, comme les Deux Sœurs, 
de M. Giron, ou une vue d'intérieur, comme le Grand Salon, de 
M. Béroud, affectassent les proportions épiques des grandes dé- 
corations de Rubens ou de Lebrun? Nous ne le pensons pas. On 
peut dire mieux en criant moins fort. MM. Béroud et Giron ont 
un assez remarquable talent d'observateurs et de coloristes pour 
ne pas s'époumonner de la sorte. Il vaut toujours mieux, pour un 
tableau, avoir à paraître trop petit que trop grand, trop rempli que 
trop vide, trop riche que trop pauvre. Quoi qu'il en soit, cette 
série a présenté un grand nombre d'ouvrages intéressants , où 
une sincère émotion, ne dégénérant que par exception en senti- 
mentalité littéraire, se joint à la franche représentation des figures 
et des milieux pour leur donner une valeur plus haute et plus 
générale. Tels sont, notamment, les Deuillants, de M. Tattegrain, 
les Infortunés, de M. Geoffroy, les Prisonniers de guerre, de 
M. de Lalaing, le Ce fut là ! de M. Berteaux, le Au cimetière, de 
M. Demarest, le Saint Julien l'Hospitalier, de M. Aman Jean, 
le Novembre, de M. Jenoudet, qui réalisent l'alliance assez diffi- 
cile de la bonne peinture avec le sentiment attendri des misères 
et des douleurs humaines. Autour de ces tableaux qui marquent 
bien la tendance actuelle, un grand nombre d'autres études con- 



PREFACE VII 

temporaines, scènes de genre ou paysages, d'un aspect moins 
triste, ont mérité les autres récompenses dont le jury, nommé par 
les artistes, pouvait disposer. Ces récompenses, un peu trop 
nombreuses toujours, ont été, d'ailleurs, réparties, dans des 
genres variés, sur beaucoup de noms nouveaux, avec une con- 
science et une impartialité qui ont laissé peu de prétextes aux 
plaintes rétrospectives et donné beaucoup d'espérances aux ambi- 
tions futures. 

Dans la section de sculpture, dont l'ensemble garde l'excel- 
lente tenue à laquelle nos yeux sont accoutumés, la médaille 
d'honneur a été décernée avec enthousiasme à une œuvre im- 
portante, d'un intérêt national et actuel, où l'on admire précisé- 
ment ces qualités d'expression, de vie, de vérité que poursuit la 
peinture, les États généraux le 23 juin 1789, par M. Jules Dalou. 
Ce haut relief, d'un caractère très décidé et d'une exécution 
hardie, était accompagné d'un autre ouvrage, non moins réussi, 
mais qui rentrait plus dans les données traditionnelles de la sculp- 
ture pittoresque et décorative du XVII e siècle. Cinq médailles 
de première classe, cinq médailles de deuxième classe, dix mé- 
dailles de troisième classe, dans la même section, distribuées 
avec une très judicieuse attention, ont récompensé, en premier 
lieu, les groupes importants de MM. Turcan, Carlier, Cordon- 
nier, Boisseau, où la science du nu est mise en œuvre par des 
imaginations réfléchies, dans des compositions expressives et 
savamment équilibrées; en second lieu, les figures caractéris- 
tiques de MM. Etcheto, de Vauréal, Desca, Fagel ; en troisième 
lieu, les études intéressantes, mais d'une conception moins élevée 
ou d'une exécution moins sûre, de MM. Baffier, Germain, Pey- 
not, Lormier, Béguine, Marioton, Hainglaise, Hasselberg, 
Briden, Tasset. Cinquante et une mentions honorables ont, en 
outre, paru à peine suffisantes pour signaler, dans des tendances 
diverses, les mérites sérieux des autres exposants, dont beau- 
coup sont presque des débutants. 

Il n'y a donc aucune inquiétude à concevoir au sujet de la 
bonne santé et de l'activité de notre école de sculpture. L'ab- 
sence de certains noms populaires, au Salon de 1883, s'explique 



VIII PREFACE 

par la longue durée d'efforts et de travail qu'exige l'achèvement 
des œuvres plastiques ; mais le petit nombre d'ouvrages dus à 
des artistes renommés y était d'une réelle supériorité. 

Deux groupes déjà connus , les Premières Funérailles, de 
M. Barrias, et la Castalie, de M. Eugène Guillaume, se remon- 
trant en marbre quelques années après leur première apparition 
en plâtre, ont supporté avec un entier succès l'épreuve redou- 
table de cette transformation, qui a été en même temps, pour eux, 
l'occasion d'un perfectionnement très sensible. Les acteurs des 
Premières Funérailles ont pris un accent plus dramatique et plus 
poignant, en revêtant des formes plus réelles et plus frémissantes. 
La nymphe Castalie, sur son rocher escarpé, a laissé plus libre- 
ment s'épanouir, dans les traits ennoblis de son chaste visage, 
toute la pénétrante sérénité de son âme, à mesure que se prolon- 
geait sa tranquille méditation. D'autre part, M. Marqueste a, 
dans son Cupidon, donné une preuve nouvelle de la souplesse 
de son talent, et, si le Livre d'or inscrivait les ouvrages de sta- 
tuaire avant qu'ils aient pris leur forme définitive et durable, nous 
pourrions y signaler un assez grand nombre de modèles en plâtre 
d'une haute valeur; mais l'exemple donné par MM. Guillaume et 
Barrias nous prouve, une fois de plus, qu'il vaut mieux les attendre 
à leur retour et sous leur forme définitive. L'art de sculpter, plus 
encore que l'art de peindre, est une recherche, rarement satis- 
faite, de la perfection. C'est trahir les artistes que de les juger 
sans appel avant qu'ils aient dit leur dernier mot. 

Georges Lafenestre. 





RÉCOMPENSE DONNÉE PAR LA SOCIÉTÉ 
DES ARTISTES FRANÇAIS 



MÉDAILLE D'HONNEUR 



SCULPTURE 

DALOU (Jules), né à Paris, élève de MM. Carpeaux et 
Durct. Méd. 1870. — Rue de Vaugirard, 95. 

N° 3517. États généraux; séance du 23 juin 1789. 

Réponse de Mirabeau au marquis de Drcux-Brézé : « Nous sommes ici 
par la volonté du peuple, et nous n'en sortirons que par la puissance des 
baïonnettes » 

Haut Relief. Plâtre. 

H. 3 m io. — L. 7^05. 

Commandé par le Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts 
pour la Chambre des députes. 

A gauche, au premier plan, devant une table couverte d'un tapis 
fleurdelisé, le marquis de Dreux-Brézé se tient debout, de profil, son 
tricorne sur la tète, la main droite appuyée sur sa canne. En face de 



2 SCULPTURE 

lui, de trois quarts, un peu sur la droite, Mirabeau, son tricorne dans 
la main gauche, s'avance, la tête dressée, la main droite tendue. Entre 
eux, au deuxième plan, de l'autre côté de la table, le président s'est 
levé, entre ses assesseurs qui sont restés sur leurs sièges. A droite, au 
premier plan, plusieurs députés, assis sur deux bancs parallèles, ges- 
ticulent et parlent avec animation; au second plan, debout, un grand 
nombre d'autres députés se pressent les uns contre les autres pour 
mieux voir la scène. A gauche, un valet en culottes courtes et bras de 
chemise, transporte une banquette. 



RÉCOMPENSE DONNÉE PAR LE MINISTÈRE 
DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE ET DES BEAUX-ARTS 



PRIX DU SALON 



ROCHEGROSSE (Georges) , né à Versailles, élève de 
MM. Jules Lefebvre et Boulanger. Méd. 3 e cl. 1882. — Rue 
d'Assas, 84. — (Voirie Livre d'or de 1882, page 14.) 

N° 2085. Andromaque. 

« Après la prise de la ville, le prince royal Astyanax est, sur l'ordre d'Ulysse, 
arraché aux bras de sa mère Andromaque, pour être jeté par-dessus les rem- 
parts. » 

H. 4 m 8o. — L. 3 m 5o. — Fig. grandeur naturelle. 

En bas, à gauche, sur les premiers degrés d'un escalier de pierre 
montant le long d'un mur d'appareil irrégulier, Andromaque, éche- 
velée, les seins nus, se débat entre les bras de quatre soldats grecs. 
L'un d'eux, qu'on voit de dos, au premier plan, vêtu d'une cuirasse de 
cuivre, un grand carquois sur les reins, l'empoigne par la taille du bras 
droit, tandis qu'à côté de lui, contre le mur, un de ses compagnons 
vient à son aide. Les deux autres, un peu plus haut, s'efforcent de 
repousser la Troyenne, qui, du bras gauche, s'accroche au manteau 
d'un chef, au casque empanaché, qui se retourne pour gravir l'escalier 



4 PRIX DU SALON 

en emportant dans ses bras l'enfant tout nu et tendant ses petits bras 
vers sa mère. Sur le faîte de l'escalier, la maigre silhouette d'Ulysse, 
debout, attendant, les bras croisés, se détache sur le ciel. En haut de 
la muraille, à gauche, pendent des jambes nues de cadavres. A droite, 
en bas, sur le premier plan, au pied du parapet, un monceau de têtes 
coupées répand un ruisseau de sang, et une femme morte gît, étendue, 
au milieu des débris fumants de chariots et de meubles. 

Signé à gauche : G. Kochegrossc. 

Acquis par l'Etat. 





H, G. Martin, pinx 



.PAOLO DI MALATESTA ET FRANCESCA DI RIMINI. 




RÉCOMPENSES DONNÉES PAR LA SOCIÉTÉ 
DES ARTISTES FRANÇAIS 



PEINTURE 



MÉDAILLE DE PREMIERE CLASSE 

MARTIN (Henri-Guillaume), né à Toulouse, élève de 
M. J.-P. Laurens. — Rue Denfert-Rochereau, 89. 

N° 1625. Paolo di Malaiesla et Francesca di Rimini aux 

en /ers. 

(Dante, l'Enfer, ch. V.) 

H. 4 m oo. — L. 2 m 8 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

Au premier plan, à droite, sur le bord d'un rocher qui surplombe, 
au-dessus d'un gouffre enflammé, Dante, en robe rouge, vu de profil, 
dresse la tète en l'air, vers la gauche. A côté de lui, un peu en arrière, 
Virgile, en robe blanche, couronné d'un laurier d'or, se tient, regar- 
dant de face. En haut, à gauche, de face, Paolo, nu, enveloppé d'une 
draperie rose volante, descend dans le tourbillon fumeux en soutenant 
du bras gauche sous l'épaule Francesca, également nue, qui se penche 
vers Dante. Ces deux groupes sont éclairés par la lueur qui sort du 
gouffre. 

Acqiis par l'État. 



MÉDAILLES DE DEUXIEME CLASSE 



GIRON (Charles), né à Genève, élève de M. Cabanel. 
Méd. 3 e cl. 1879. — Boulevard du Montparnasse, 49. 

N° 1060. Les Deux Sœurs. 

H. 4 m 5o. — L. 6 m 5o. — Fig. un peu plus grandes que nature. 

La place de la Madeleine, à Paris. A droite, une marchande de 
fleurs poussant sa voiture à bras, devant laquelle est arrêtée une dame 
en noir qu'on voit de dos. Au milieu, un ouvrier, en costume de tra- 
vail, un pic sur l'épaule, portant un enfant dans ses bras, s'avance vers 
la gauche. Près de lui, une jeune femme, en cheveux, simplement vêtue, 
en robe bleue, entre une fillette qu'elle conduit de la main gauche et 
un garçonnet en noir qui se tient à sa droite, d'un geste violent, le bras 
tendu, fait les cornes à une jeune femme très élégante, nonchalamment 
assise dans un landau découvert, conduit par deux domestiques en 
livrée, qui la frôle en traversant la place de gauche à droite. Derrière, 
d'autres voitures avec d'autres promeneuses. Au deuxième plan, a gau- 
che, un officier de hussards à cheval. A droite, un omnibus. Au fond, 
le péristyle de la Madeleine. 

Signé en bas, à droite : Ch. Giron, Paris, i 88 3 . 



GÉLIBERT (Jules-Bertrand), né à Bagnères-de-Bigorre 
( Hautes- Pyrénées ) , élève de son père. Méd. 1869. — A 
La Barthe-de-Neste (Hautes- Pyrénées), età Paris, rue Denfert- 
Rochereau, 47. 

N° 1016. Prise d'un renard. 

H. 2 m yo. — L. 2 m io. — Animaux de grandeur naturelle. 




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ARTISTES RÉCOMPENSÉS 7 

Au milieu, un renard terrassé par deux chiens courants. Derrière, 
accourent, en se bousculant, sept autres chiens. A droite, un talus 
boisé* à gauche, de hautes fougères. Au fond, un sentier, dans la 
brume, perdu sous les broussailles. Sol jonché de feuilles mortes. Effet 
d'automne. 

Signé à gauche, en bas : Jules Gélibcrt. r 883 . 



MARAIS (Adolphe), né à Honfleur, élève de MM. Busson 
et Berchère. Méd. 3 e cl. 1880. — Rue Clausel, 22. 

N° 1598. Le Gué. 

H. 2 m 45. — L. 3 m oo. — Animaux de grandeur naturelle. 

Au premier plan, deux vaches, l'une rousse, l'autre blanche, s'avan- 
cent, vues de trois quarts, dans les eaux basses d'une rivière où sont arrê- 
tées, un peu en arrière, sur la gauche, une vache brune qui tourne la 
tète et une vache noire qui boit. D'autres vaches, au fond, sur la rive 
basse. Ciel d'été, chargé et menaçant, rayé de pluie à l'horizon. 

Signé à droite : Ad. Marais. 



SAUZAY (Adrien-Jacques), né à Paris, élève de M. A. 
Pasini. Méd. 3 e cl. 1881. — Rucd'Orsel, 19. 

N° 2 177. La Ferme Coursimont; Sologne. 

H. i'"io. L. 2"'ûO. 

Au premier plan, sur la droite, une flaque d'eau pleine d'herbes. Un 
peu plus loin, au milieu de la plaine, un grand arbre, au feuillage rare 
et brûlé, près duquel paissent des vaches. Au fond, les bâtiments, longs 
et bas, d'une grande ferme, dans un terrain plat et semé d'arbustes mai- 
gres. Au deuxième plan, à gauche, une femme marchant dans les her- 
bes, une hotte au dos. 

Signé .i gauche : A. Sauzay, 



8 PEINTURE 

DEMONT-BRETON (M me Virginie-Élodie), née à Cour- 
rières (Pas-de-Calais), élève de M. Jules Breton. M éd. de 3 e cl. 
1881. — A Montgeron (Seine-et-Oise). 

N° 740. La Plage, 

H. i m go. — L. 3 m 5o. — Fig. grandeur naturelle. 

Sur une plage de sable, près d'une haute touffe de chardons, une 
paysanne bretonne, en robe noire à manches bleues, coiffée d'un 
bonnet blanc, est assise, à gauche, de face, portant sur son épaule 
droite un enfant nu qui pleure. Au milieu, une petite fille, toute nue, 
de face, relève ses deux bras au-dessus de sa tête. A droite, deux jeunes 
garçons, en caleçons rouge et brun, s'ébattent sur le sable ; l'un d'eux, 
couché de face, sur le dos, enlace du bras, en riant, la tête de son com- 
pagnon étendu derrière lui. Au fond, la mer, tranquille et bleue, dans 
une anse qui fuit sur la droite. 

Signé à gauche, en bas : Virginie Dcmonl-Brcton, 1 883 . 
Acquis par l'Etat. 



BÉROUD (Louis) , né à Lyon, élève de MM. Bonnat, La- 
vastreetGourdet. Mention honorable, 1882. — Rue Houdon, 1. 

N° 200. Au Louvre. Étude. 

H. 5 m 5o. — L. 4 m 5o. — Fig. grandeur naturelle. 

Un angle du Salon carré au Musée du Louvre. Au fond, à gauche, 
on voit, coupé par le cadre, le Saint Michel de Raphaël, et en retour, 
à droite, le Concert champêtre de Giorgione, le Mariage mystique du 
Corrège, et un coin des Noces de Cana, par Paul Véronèse. Au milieu, 
sur le premier plan, debout, regardant de face, deux jeunes dames, de 
mise élégante, accompagnées d'une fillette en robe rouge. Derrière, 
deux promeneurs, le chapeau à la main, la tète levée, l'un d'eux don- 
nant une indication du bout de sa canne. Au deuxième plan, à droite, 
deux dames assises; à gauche, une autre, de profil, debout, lisant un 
catalogue. Au fond, sur un chevalet, une copie commencée du Ma- 



ARTISTES RECOMPENSES C 

nage mystique, près de laquelle se tient, de face, un gardien en uni- 
forme, adossé à la balustrade. 

Signé à gauche, dans le parquet : Louis BcrouJ , 1 883 . 

Acquis par l'État. 



TATTEGRA1N (Francis), né à Péronne (Somme), élève de 
MM. C. Crauck, Lepic, Jules Lefebvre et Boulanger. Mention 
honorable, 1881. — Rue de Douai, 61. 

N° 2272. Les Deuillants, à Eiaples. 

La vague a pris le père, et dans l'eau, lentement, 
Deux amis vont portant sa dépouille figée. 
Ah! trois cœurs près du bord ont un gros serrement! 
On veut prier sur lui. Pour faire plus grand'hâte, 
La femme a pris la croix, et couru. Son pied tàte 
Le fond... les sables mous l'empêchent d'avancer... 

(F. Fertiault.) 
H. 2 m 3o. — L. 4 m 2o. — Fig. grandeur naturelle. 

Sur une plage basse, enfoncés à mi-corps dans la mer houleuse, se 
tiennent debout, vus de dos, au premier plan, une femme encapuchonnée, 
qui porte sur l'épaule une croix d'argent entourée d'un crêpe noir fouetté 
par le vent, et, derrière, une autre, plus vieille, qui sanglote, appuyée 
sur sa compagne. A côté, un jeune garçon, chargé d'un paquet de buis, 
de son béret s'abrite la figure contre l'embrun. Du fond, vers ce groupe 
éploré, arrivent, dans l'eau jusqu'à la poitrine, deux hommes appor- 
tant un cadavre sur leurs épaules. Ils sont suivis de quatre autres 
ayant de l'eau jusqu'au cou. Derrière eux une carcasse d'embarca- 
tion échouée. Dans le vaste ciel gris tourne un vol de mouettes. Au 
premier plan, à gauche, une bouée. 

Signe à droite, en bas : Francis Tattegrain, i883. 
Acquis par l'État. 



ÎO PEINTURE 

NOZAL (Alexandre), né à Paris, élève de M. Luminais. 
Méd. 3° cl. 1882. — Quai de Passy, 7. 

N° 3074. L'Etang de Saint-Cucu fa, V hiver. 

H. i m 3o. — L. o. m 9o. — Pastel. 

Au premier plan, dans l'eau couverte de glaçons, des touffes jaunes 
de joncs et de roseaux. Sur la gauche, au deuxième plan, des squelettes 
d'arbres chargés de neige. Au fond, sur la rive, quelques arbres et 
deux chalets sous la neige. Effet gris et rose de soleil couchant. 

Signé à droite : 1 883, A. Nozal. 

Acquis par l'État. 



PENNE (Charles-Olivier de), né à Paris, élève de L. Co- 
gniet et de M. Charles Jacques. Méd. 3 e cl. 1875. — A Marlotte 
(Seine-et-Marne), et à Paris, rue Laffitte, 10. 

N° 1867. Relais. 

H. 2 m yo. — L. 2 m oo. — Animaux de grandeur naturelle. 

Six chiens blancs tachés feu et noir, attachés par couples à un arbre. 
Deux, sur le devant, et deux, à l'arrière-plan, sont couchés, les deux 
autres debout. A gauche, un tronc d'arbre entouré de broussailles. 
Ciel gris-bleu. 

Signé en bas, à droite : 01. de Penne, 188 3. 



ROCHEGROSSE (Georges), né à Versailles, élève de 
MM. Jules Lefebvre et Boulanger. Méd. 3 e cl. 1882. — Rue 
d'Assas, 84. 

N° 2085. Andromaque. 

Ce tableau, a^ant aussi obtenu le prix du Salon, a été décrit ci-dessus 
page 3. 



ARTISTES RECOMPENSES II 

BOUDIN (Eugène), né à Honfleur (Calvados). — Place 
Vintimille, i i . 

N° j 21. La Sortie. 

H. imi5. — L. i^ôo. 

L'entrée du port du Havre. A droite, des navires rangés le long du 
quai. Sur le deuxième plan, à gauche, un trois-mâts américain, qui 
sort, remorquant une barque montée par cinq hommes. A gauche, 
quelques autres bâtiments le long de la côte plate. Au fond, le soleil, 
très bas, au-dessus de la jetée. 

Signé à gauche : E. Boudin. Le Havre, i 88 3 . 



BÉRAUD (Jean), né à Saint-Pétersbourg de parents français, 
élève de M. Bonnat. Méd. j e cl. 1882. — Rue Washington, 13. 

N° 186. La Prière. 

H. o m 7o. — L. o m 5o. 

Une jeune femme en prière, dans une église, appuyée sur une chaise. 
Elle est vue de profil, tournée à gauche, le front penché sur la main 
droite; dans la gauche pendante, elle tient un livre. Toilette élégante: 
chapeau brun à plumes blanches, robe de soie noire, pèlerine de lou- 
tre. Un parapluie posé le long de sa chaise. Fond obscur, qu'éclaire, 
en haut, à droite, un reflet au-dessus d'une porte grillée. 

Signé à gauche, en bas : Jean Bcraud, i883. 



MÉDAILLES DE TROISIEME CLASSE 



GEOFFROY (Jean), né à Marennes (Charente-Inférieure), 
élève de MM. Adan et Levasseur. Mention honorable, 1 88 1 . 
— Rue du Faubourg-du-Temple, 54. 

N° 1024. Les Infortunes. 

H. i»i)5. — L. m85. 

Intérieur d'un bureau de bienfaisance. A gauche, au premier plan, 
assis sur un banc, le long du mur, deux petits garçons déguenillés, 
l'un d'eux ayant près de lui une béquille. Sur la droite, en arrière, une 
jeune femme, maladive et mal vêtue, serre contre sa poitrine un petit 
enfant. Une fillette se tient près d'elle. Au fond, quelques femmes, 
assises sur un banc, vers lesquelles s'avance un vieillard coiffé d'un feu- 
tre rond. 

Signé à gauche : Gcof. 1 88 3 . 

Acquis par l'État. 



LALAING (Comte Jacques de), né en Belgique. — A 
Bruxelles, rue Ducale, 43 ; et à Paris, chez M. Antin, rue 
Mazet, 7. 

N° 1 3 5 1 . Prisonniers de guerre. 

H. i m 55. — L. 2>n25. 

Intérieur de cachot, faiblement éclairé, d'en haut, par un soupirail à 
droite, où sont enfermés cinq jeunes hussards, en culottes rouges à ba- 
sanes et vestes bleues soutachées de blanc. L'un d'eux, endormi sur 




A.Puvivier, bc, 



LES INFORTUNES 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 13 

un banc de pierre, à droite, s'affaisse, dans l'angle de la porte. Assis à 
son côté, un autre, au milieu, l'air accablé, les mains pendantes, 
froisse une paille entre ses doigts. Un troisième, de profil, à gauche , 
penche la tète en arrière et bâille. Les deux derniers, au fond, dans 
l'ombre, à gauche, sommeillent sur le banc. 

Signé à gauche : J. de Lalaing. 

Acquis par l'État. 



OUTIN (Pierre), né à Moulins, élève [de MM. Lecointe et 
Cabanel. Mention honorable, 1879. — Boulevard de Clichy, 27. 

N° 1825. L'Émigré. 

H. o»^. — L. 1 "i 3 5 . 

Une salle à manger d'auberge, fermée, au fond, par un vitrage qui 
laisse voir, au-dessus d'un rideau blanc, des mâtures de navires rangés 
dans un port. Costumes du XVIII e siècle. Devant une table sur la- 
quelle est servie une tasse à café, une jeune femme, de face, en vêtement 
de voyage, est assise, la tête penchée, les yeux rouges. Une autre jeune 
femme, à droite, se penche amicalement vers elle en lui mettant la 
main sur l'épaule. A gauche, au premier plan, de profil, un gentil- 
homme, son tricorne à la main, semble l'inviter à partir; près de lui, 
une petite fille, vue de dos, se tient debout contre la table : dans 
l'angle, un petit laquais porte des châles sur son bras. A droite, un dé- 
bardeur en bras de chemise, coiffé d'un bonnet rouge, sort en empor- 
tant une malle sur son épaule. 

Signe en bas, à droite : Outin. 



PRINCETEAU (René-Pierre), né à Libournc (Gironde), 
élève de l'Ecole des Beaux-Arts. Mention honorable, 1861 . — 
Rue du Faubourg-Saint-Honoré, 233. 

N° i</i2. Intérieur d'étable. 

H. l 'i' 40. — L. i»'6o. 



14 PEINTURE 

A gauche, dans l'ombre, la mangeoire en bois, devant laquelle sont 
rangées sept vaches, dont une seule debout. A droite, au fond, un 
paysan en train de délier le joug de deux bœufs qui viennent d'entrer 
par une porte, à battant rouge, éclairant violemment toute l'étable d'un 
rayon de soleil oblique. 

Signé à droite : Prlncetcau. 



LAYNAUD (Ernest), né à Paris, élève de son père. — Rue 
Rochechouart, 67. 

N° 1430. Le Trépori à marée basse. 

H. 1 m 1 5 . — L. im65. 

Au premier plan, un bateau de pêche, amarré sur le sable, ayant à sa 
droite une petite barque, dans laquelle travaillent des calfats. Sur la 
gauche, un quai, devant lequel sont rangées des embarcations, qui 
se prolonge par une jetée. A droite, une autre jetée ; au fond, la mer, 
sous un ciel gris doucement teinté par le soleil couchant. 

Signé à droite : E. Laynaud, i883. 



MERCIÉ (Anton in), né à Toulouse, élève de MM. Jouffroy 
et Falguière. Prix de Rome, 1868 (sculpture); hors concours 
(sculpture), O. >&. — Boulevard Saint-Michel, 115. 

N° 1667. Venus. 

H. i"io5. — L. 01*175. 

Elle est toute nue, de face, assise, devant un bassin, dans un siège 
de marbre noir, la tète penchée à droite. Sa main gauche est appuyée 
sur l'encoignure du marbre, sa main droite à demi cachée sous une 
draperie bleue. Elle tient ses pieds frissonnants un peu levés au-dessus 
de l'eau. A droite, une touffe de lauriers-roses. 

Signé en bas, à droite : A. Mercic. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 1 > 

ROBERT (Paul), né à Paris, élève de MM. Guillaumet, 
Bonnat et Henner. — Rue de Douai, 67 et 69. 

2069, Andromède. 

« Sans ses cheveux légers soulevés par les vents, 
Sans les pleurs qui tremblaient dans ses beaux yeux vivants, 
Il l'aurait prise pour un marbre. t> 

(Trad. des Métamorphoses d'Ovide, liv. IV.) 
H. i m 7o. — L. o m 9o. — Fig. un peu moins grande que nature. 

Nue, de face, la tête penchée à gauche, sa grande chevelure rousse 
éparse, les yeux au ciel, elle est suspendue au rocher par ses deux bras 
liés. A droite, dans une échancrure, la mer. 

Signé à gauche, en bas : Paul Robert. 



BERTEAUX (Hippolyte-Dominique) , né à Saint-Quentin, 
élève de H. Flandrin et de M. P. Baudry. Mention honorable, 
1881. — A Nantes. 

N° 203. Ce fui là !!! — Souvenir de la grande guerre. 

H. i m 2o. — L. i m 7o. 

Dans une lande, clairsemée d'arbustes, qui s'élève vers la gauche, 
sous un ciel du soir vaguement rosé, se tient à droite, au premier plan, 
assis sur un bloc de rocher, un vieux paysan breton. La tête nue, appuyé 
sur un bâton, il montre de la main droite, à un paysan plus jeune et à 
un petit garçon qui se tiennent, vus de dos, debout à son côté, dans 
l'éloignement, sur la pente, une croix de pierre plantée sur un piédestal 
de granit. Au premier plan, à gauche, un sapin. 

Signé à gauche : H. Bcrtcaux, 1 883 . 



BERGH (Richard), né à Stockholm, élève de l'École des 



[6 PEINTURE 

Beaux-Arts de Stockholm et de M. J.-P. Laurens. — Rue 
Jacob, 12. 

N°2543. Portrait de M. K... 

H. i m 20. ■ — L. i m oo. — Pastel. Fig. demi-nature jusqu'aux genoux. 

Jeune homme blond, à petites moustaches, la tête nue et tournée à 
droite, assis, de face. Vêtement noir, cravate bleue, pantalon gris. Il 
tient la main droite dans sa poche et le pouce de la main gauche passé 
dans la fente de son gilet. 

Signé en bas, à droite : R. Bcrgh, 1882. 



BURNAND (Eugène), né à Moudon (Suisse), élève de 
MM. Menu et Gérôme. — A Versailles, avenue de Saint- 
Cloud, 93. 

N° 417. Ferme suisse. 

H. 2 m oo. — L. 2 m 35. 

Devant un abreuvoir creusé dans un tronc d'arbre, à gauche, au pre- 
mier plan, deux vaches, l'une rousse, en train de boire, l'autre noire, 
qui dresse la tête. A droite, s'avance une autre vache, blanche et noire. 
Derrière, au deuxième plan, un paysan et une paysanne assis devant un 
chalet. Dans le fond, à gauche, un verger plein de verdure. 

Signé à droite : Eug. Burnand, 1 883 . 



BAILLET (Ernest), né à Brest, élève de MM. Saunier et 
Pelouse. — Rue d'Orsel, 19. 

N° 89. Pont-Scorf; Bretagne. 

H. i m 3o. — L. 2'noo. 

A gauche, une rangée de maisonsbasses à colombagesapparents for- 
mant le côté d'une rue qui monte vers le fond. A droite, une mare 
dans un terrain en pente. Au premier plan, une paysanne tenant un 
petit garçon par la main et, près d'eux, un troupeau d'oies. 

Signé à droite : Ein. Baillct. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS \J 

ROY (Marius), né à Lyon, élève de MM. Boulanger et Jules 
Lefebvre. — Rue de Laval, 23. 

N° 2127. Au quartier; huit heures et demie. 

H. i m 5o. — L. 2^00. 

Intérieur de cuisine dans une caserne. Au fond, un fourneau couvert 
de marmites et de gamelles. A gauche, un troupier, vêtu de coutil, 
coiffé d'un bonnet de police, les manches retroussées, porte une 
cuillère à sa bouche. Deux autres, sur la droite, dans le même costume. 
A droite, au premier plan, un quatrième, assis, lave la vaisselle dans 
une terrine, tandis qu'un cinquième, derrière, vu de dos, verse la soupe 
dans les gamelles rangées sur une planche. A terre, des tas de légumes. 
Au fond, par une porte ouverte, sur la gauche, on voit un autre soldat 
faisant la même besogne dans une autre salle. 

Signé à gauche, sur une table : Marius Koy. 1 883 . 



MONTENARD (Frédéric), né à Paris, élève de Lambinet 
et de MM. Dubufe, Mazerolle, E. Delaunay et Puvis de Cha- 
vannes. Mention honorable, 1 88 1 . — Rue Ampère, 7. 

N° 1742. Un Cimetière sur tes côtes de la Méditerranée. 

H. i»i6o. — L. i«i7.5. 

Au milieu, montant vers le fond, en plein soleil, une large route de 
sable blanc entre des talus bas, semés d'herbes sèches, où se dressent 
des croix, de grandeurs diverses, en fer, en bois, en pierre. Au second 
plan, à gauche, un paysan, la tète nue, à genoux devant une croix 
ornée d'une couronne d'immortelles. Au fond, la ligne bleu sombre 
de la mer, bordée par une ligne de coteaux violacés. Ciel très bleu, 
semé de flocons grisâtres. Au premier plan, à gauche, des touffes de 
chardons. 

Signé à gauche : Montcnard. i883. 



1 8 PEINTURE 

LE SÉNÉCHAL DE KERDRÉORET (Gaston-Edouard), 

né à Hennebont (Morbihan), élève de MM. Cot et Vollon. 
Mention honorable, 1881. — Rue du Cherche-Midi, 15. 

N° 1 506. Départ des pécheurs après le gros temps. 
H. i m 75. — L. 1 '"65. 

Sur une jetée en bois, au premier plan, devant des baraques que 
surmonte un fanal, une pêcheuse, assise sur un panier, braque une 
longue-vue en mer. Derrière elle un groupe de trois figures debout : 
homme, femme, enfant. La jetée est couverte de monde. A gauche, 
une barque, marquée T. 564, va prendre le large, sa voile dehors. Ciel 
clair, sous un énorme nuage. 

Signé à droite, en bas : Le Sénéchal. 



MAINCENT (Gustave), né à Paris, élève de Pils et de 
M. Cabasson. Mention honorable, 1881. — Boulevard de Cli- 
chy, 1 1. 

N° 1 581. Une Noce au village. 

H. i ni oo, — L. l'uyo. 

Une rue de village bordée à gauche par une ravine en contre-bas 
qui descend vers une rivière. A droite, des maisons et des murs. Au 
premier plan, trois paysans regardent venir une noce que précède un 
ménétrier, son violon sur le bras, causant avec le marié et la mariée. 
Une vieille est assise devant sa porte. Temps gris et clair. 

Signé à gauche, en bas : Gustave Mainccnt. 



DANNAT (William), né à New-York, élève de M. Mun- 
kacsy. — Avenue de Villiers, 71. 

N° 651. Contrebandier aragonais. 

H. 2 ni 7 5 . — L. i m 70. — Fig. grandeur naturelle. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 19 

Debout, de trois quarts, les jambes écartées, il boit, en soulevant 
au-dessus de sa tète, de ses deux bras tendus, une grande jarre. Il porte 
un gilet et une culotte noirâtres, des guêtres bleues, des sandales. 
A droite, une malle et une valise dans un coin. Fond de muraille gris. 

Signé à gauche, en bas : W. E. Dannat. 1 88 3 . 



ZACHARIE (Philippe-Ernest), né à Radepont (Eure), 
élève de MM. Guillemet et Morin. — Rue de Vaugirard, 99. 

N° 2472. La Femme aux pigeons. 

« 
H. i m 5o. — L. 2 m oo. — Fig. de grandeur naturelle. 

Elle est nue, couchée sur la hanche gauche, la poitrine et le ventre 
de face. De sa main tendue elle appelle un pigeon blanc qui vient 
s'abattre sur elle. A droite, s'envole un pigeon gris. Fond brouillé de 
feuillage et de ciel. 

Signé : 1 883 , Philippe Zacharic. 



DEMAREST (Albert-Guillaume), né à Rouen, élève de 
MM. J.-P. Laurens et J. Lavée. Mention honorable, 1880. — 
Boulevard Saint-Michel, 141 . 

N" j}j. Au cimetière. 

H. 111145. - I.. 1 »i 9 5 . 

Un cimetière de village en hiver. Au milieu, un vieux Breton s'ef- 
force d'entraîner un jeune paysan qui se tient debout, son chapeau à 
la main, les yeux fixés sur une fosse que trois fossoyeurs sont en train 
de combler, tandis que deux autres, derrière, ploient un drap blanc sur 
un brancard. Au fond, sur la gauche, on aperçoit, de dos, sortant du 
cimetière, les pieds dans la neige, deux femmes, deux enfants, un prêtre 
et un enfant de chœur portant une croix. Soleil couchant. 

Signé à gauche, en bas, sur une pierre tombale : A. Dcmarcst. 1 883 . 



20 PEINTURE 

JACOMIN (Marie-Ferdinand), né à Paris. — A Saint- 
Germain en Laye (Seine-et-Oise), rue de Fourqueux, 3. 

N° 125 1. Une Châtaigneraie ; foret de Marlv. 
H. o m 72. — L. o m 9o. 

Une clairière très herbue, l'été, à midi. Au deuxième plan, à droite, 
un grand arbre. Plus loin, une paysanne tricotant auprès d'une vache. 
Au-dessus du taillis, à gauche, un ciel très bleu, semé de nuées blanches . 

Signé à gauche, en bas : M. -F. Jacomin. 



JEAN (Aman-Edmond), né à Chevry-Cossigny (Seine-et- 
Marne), élève de Lehmann et de MM. Hébert et Merson. — 
Rue de l'Arbalète, 32. 

N° 1264. Saint Julien l'Hospitalier. 

« Il s'en alla mendiant sa vie par le monde. Il connut la faim, la soif et la 
vermine... » 

(G. Flaubert. ) 

H. 3 m 5o. — L. 2 m jb. — Fig. grandeur naturelle. 

Sur un chemin pierreux, au milieu d'une lande sèche, en plein soleil, 
le saint, maigre et hâlé, nimbé d'or, n'ayant pour vêtement qu'une 
ceinture de joncs, porte avidement à ses lèvres un vase de fer qu'un 
jeune garçon tout nu, les bras derrière le dos, débouta son côté, 
semble attendre. Un grand chien noir flaire les jambes du saint. A droite 
et à gauche, de hautes touffes de chardons. Lumière vive et forte. 

Signé à droite, en bas : Aman Jean. 1882. 



JENOUDET (Paul-Louis-Séraphin), né à Lyon, élève de 
MM. Jules Lefebvre, G. Boulanger et F. Clément. — Rue de 
Chabrol, 14. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 21 

N° 1270. Novembre. 

H. 1 ni 9 5 . — i m 5o. — Fig. grandeur naturelle. 

<c Qu'ils sont tristes, les longs soupirs du pâle automne! 

L'aïeule, en écoutant leur plainte monotone, 

Jette sur sa petite un long regard ami. 

Et, dans le vieux fauteuil, renversée à demi 

Sur les blancs oreillers qui soutiennent sa tête, 

Revoyant les beaux jours de soleil et de fête 

Où ses pas s'enfuyaient librement sous le; cieux, 

Pâle, et sentant venir d'un pas silencieux 

Celle dont la main grêle ouvre toutes les portes, 

La douce enfant tressaille avec les feuilles mortes. » 

(Théodore de Banville.) 

Au premier plan, à gauche, une vieille paysanne hâlée et ridée, assise 
sur un escabeau, le menton dans ses mains. Elle regarde tristement une 
petite fille assise, sur la droite, dans un fauteuil de velours jaune, les 
jambes enveloppées d'une couverture blanche, la tête et les épaules 
couvertes d'un châle noir sur un oreiller blanc, qui laisse échapper 
de ses mains amaigries quelques brins de fleurs. Dans l'encoignure 
de la cour, à gauche, sur le bord d'une lucarne, un bouquet de chry- 
santhèmes. Le mur est tapissé de vigne vierge aux feuilles roussies. Le 
sol est jonché de feuilles mortes. 

Signé en bas, à droite : Paul Jenoudet. i883. 
Acquis par l'État. 



PEARCE (Charles-Sprague), né à Boston (États-Unis), 
élève de M. Bonnat. Mention honorable, 1 88 1 . — Rue Tour- 
laque, 9 (Montmartre). 

N° 184.8. Porteuse d'eau. 

H. 1 «t 4 5 . — L. i m i5. — Fig. demi-nature. 

Une jeune paysanne en robe et en jupe rapiécées, chaussée de sabots, 
s'avance, de face, dans un sentier, la tête tournée à gauche. Elle tient de 



22 PEINTURE 



chaque main une aiguière de grès. Derrière elle, une plaine herbue; h 
l'horizon, un groupe de chaumières et un moulin à vent se profilant 
sur le ciel blanc. 

Signé en bas, à droite : Charles-Spraguc Pearce. Paris, 1882. 



WHISTLER(James-Mac-Neil), né aux États-Unis d'Amé- 
rique. — A Londres, S. W., Tite-Street, Chelsea. 

N° 2441. Portrait de ma mère. 

H. 1 ni 4 5 . — L. i m 65. — Fig. grandeur naturelle. 

Dame âgée, en robe noire et bonnet blanc, assise, de profil, sur une 
chaise, tournée à gauche. Ses pieds sont posés sur un tabouret de 
paille; elle tient un mouchoir sur ses genoux. Fond de muraille grise, 
sur laquelle est accroché un dessin encadré. A gauche, une portière 
japonaise, en soie noire, semée de fleurs blanches et jaunes. 



LARSON (Carl), né à Stockholm, élève des Beaux-Arts de 
Stockholm. — A Grez, par Nemours. 

N° 2957. Les Potirons. 

H. o m 75. — L. i m oo. — Aquarelle. 

Une vieille paysanne, un panier au bras, traversant un potager. A 
gauche, des potirons mûrs sur leur couche. A droite, une brouette au 
milieu d'autres potirons. Au fond, un mur de clôture surmonté de toi- 
tures de briques. 

Signé à gauche : Carl Larson. Oct. 1882. 



LŒWE-MARCHAND (Frédéric), né à Paris, élève de 
Pils et de M. Luminais. — Rue Martin, 5 (les Ternes). 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2) 

N° 1 541. — Bélisaire. 

H. 2 m 55. — L. i m 65. — Fig. grandeur naturelle. 

Nu, n'ayant pour vêtement qu'un lambeau d'étoffe roulé à la cein- 
ture qui remonte jusqu'à l'épaule droite, le vieillard arrive, de face, 
marchant sur les dalles irrégulières d'une voie bordée de tombeaux, la 
tête penchée en arrière. Fond de campagne embrumé. 

Signé à droite, en bas : E. Loewc-Marchand. 



FRÈRE (Charles), né à Paris, élève de Couture et de 
M. E. Frère. Mention honorable, 1882. — Boulevard de Clichy, 6. 

N° 971. Plâtrier e de M. Bancel, à Saint-Brice (Seine-et-Oise). 

H. i»i3o. — L. iïngS. 

Sur la droite, deux charrettes attelées, l'une de deux chevaux blancs, 
l'autre de deux chevaux bruns, stationnant devant un hangar. Des ou- 
vriers sont en train de les charger de sacs de plâtre. A gauche, une 
route tournante au pied d'un talus où sont rangées des piles de bois 
Au fond, une ligne de coteaux sous un ciel gris. 

Signe à gauche : Charles Frère. 188 3. 

Acquis par l'Etat. 



TAVERNIER (Paul), né à Paris, élève de MM. Cabancl et 
Guillaumet. Mention honorable, 1881 . — A Fontainebleau, rue 
Saint-Merry, 68. 

N° 2274. Hallali Je cerf. 

H. 4 ,n iî 5 . — L. 3 ni oo. — Animaux de grandeur naturelle. 

Dans une futaie de grands hêtres dépouillés, un piqueur, en veste 



24 PEINTURE 

rouge et en toque noire, fouaille une meute de chiens haletants autour 
d'un cerf qui débouche, épuisé, prêt à choir, par la gauche. Dans 
l'éloignement, à gauche, un autre piqueur, a cheval, sonne du cor. 
Effet d'automne. 

Signé à gauche : Paul Tavemier. i883. 



MENTIONS HONORABLES 



SALZEDO (Paul), né à Bordeaux, élève de M. Bonnat. — 
A Bordeaux, rue d'Anjou, 27, et, à Paris, rue Clausel, 23. 

N° 2161. Le Témoin. 

« Vous jurez de parler sans haine et sans crainte, de dire toute la vérité, 
rien que la vérité. — Je le jure. » 

H. im 5 — L. i m 45. 

Intérieur d'une cour d'assises. A gauche, au fond, le président, assis 
entre les deux juges, lève la main. Au milieu, sur une estrade, une 
paysanne en deuil prête serment. A droite, les jurés sur deux bancs. 
A gauche, un vieillard, assis, de profil, tient les mains appuyées sur 
son parapluie. Fond de tentures vertes et de boiseries de chêne. 

Signé à droite, au bas : P. Salzcdo. 1 883 . 



SAIN (Paul), né à Avignon, élève de MM. Guilbert d'Anelle 
et Gérôme. — Rue du Dragon, 33. 

N° 2140. Fin d'automne; environs d'Avignon, 

H. 2 m 00. L. I m 25. 

Un étang, aux eaux pâles et claires, dans lesquelles se reflètent les 
troncs blancs de quelques minces bouleaux dénudés à gauche et en 
face. Un martin-pêcheur effleure la surface de l'eau. 

Signé à droite, en bas : Paul Sain. 



26 ARTISTES RÉCOMPENSÉS 

LACROIX (Tristan-Louis-Justin), né à Cahors. — Rue 
du Cherche-Midi, 55. 

N° 1338. La Gorge-aux-Loups ; forêt de Fontainebleau. 

H. 3 m 4o. — L. 5 m 4o. — Paysage de grandeur naturelle. 

A droite et à gauche, d'énormes blocs de grès, surmontés de gros 
arbres et de broussailles jaunis par l'automne. Au milieu, un petit sen- 
tier, sur lequel arrive de face, au premier plan, une biche. 

Signé : Tristan Lacroix. 



UHDE (Frédéric-Charles), né à Wolkenbourg (Saxe), 
élève de M. Munkacsy. — A Munich, Arcisstrasse, 14. 

N°2 326 bis. Voilà le joueur d'orgue! Souvenir de Zandvort 
{Pays-Bas). 

H. i m 5o. — L. i m ç)o. 

Une cour de village entourée de palissades et de constructions en 
bois. Au fond, par une porte entr'ouverte, on aperçoit, sur la route, 
un joueur d'orgue. Des fillettes grimpent sur la palissade, d'autres s'é- 
lancent vers la porte. A gauche, le long des planches, trois autres, en 
train de tricoter, suspendent leur travail; près d'elles, une femme en 
chapeau de paille regarde, les bras derrière le dos. A droite, sur le 
premier plan, dans l'angle que forment une baraque en bois et une 
maison en briques, une jeune fille, debout, de face, inclinant une 
terrine pleine de pommes de terre épluchées, se retourne pour voir. 
A sa droite, une petite fille en robe rouge, assise sur un banc, tricote 
des bas sans lever les yeux. 

Signé à droite : Fr. Uhde. 83. 



FOURIÉ (Albert), né à Paris, élève de MM. J.-P. Laurens 
et Gautherin. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 70 bis. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2 ~ 

N° 963. Madame Bovary. 

(G. Flaubert, Madame Bovary,. III e partie, ch. ix.) 
H. i m 4o. — L. 2 m oo. 

Intérieur de chambre. A droite, dans son lit, sous une alcôve, 
M me Bovary, morte, couverte d'un voile blanc; une robe blanche est 
étendue sur ses pieds. Au premier plan, une table de nuit, sur laquelle 
sont posés un crucifix et un vase de cuivre où brûlent des herbes. Plus 
loin, à terre, un grand chandelier d'argent, avec un cierge allumé. 
M. Bovary, en paletot gris, pleure sur le pied du lit, la tête dans ses 
mains. Au deuxième plan, à gauche, M. Homais et le curé dorment, 
enfoncés dans leurs fauteuils, près d'une fenêtre ouverte. 

Signé à gauche : Albert Fouric. ! 883 . 



BRÉTEGNIER (Georges), né à Héricourt (Haute-Saône), 
élève de MM. Gérôme et Meissonier. — Rue d'Assas, 68. 

N° 361. La Lutte poétique ; idylle de Théocrite. 

H. 1^85. — L. 2m 4 5. 

A droite, un jeune pâtre, nu, assis au pied d'un arbre, joue de la 
flûte. Devant lui, vu de dos, un enfant étendu sur l'herbe, et, sur la 
gauche, un adolescent, assis, son genou dans la main, l'écoutent 
attentivement. Derrière eux, un talus herbeux, planté d'arbres, entre 
deux prairies ensoleillées. A gauche, au deuxième plan, des moutons 
gardés par un chien noir. 

Signe en bas, à droite : G. Brétegnier. i883. 



LIGNIER (James-Camille), né à Aignay-le-Duc (Côte- 
d'Or), élève de M. Cabanel. — Rue Bonaparte, 22. 

N° 152!!. Portrait de Madame L... 
H. i">55. - I i |n io. — Fig. de grandeui naturelle jusqu'aux genoux. 



28 PEINTURE 

Dame d'âge mûr, de face, au teint basané, yeux noirs et cheveux 
noirs, laissant pendre ses mains croisées. Elle porte une robe noire, un 
voile noir, un chapeau noir orné d'une giroflée jaune. 

Signé en haut, à droite : James Lignier. 1 883 . 



GAGLIARDINI (Julien-Gustave), né à Mulhouse, élève 
de L. Cogniet. — Rue Capron, 2. 

N° 982. Chercheuses d'épaves. 

H. 2 m 5o. — L. 3 m oo. — Fig. grandeur naturelle. 

Deux pêcheuses, debout, de profil, sur une plage. L'une, au premier 
plan, soutient contre le vent la hotte qu'elle porte sur le dos, tandis 
que l'autre, plus jeune, derrière elle, se baisse pour ramasser quelques 
débris. Au fond, la mer grise déferle avec fureur sous un ciel sombre. 

Signé à droite, en bas : Gagliardini. 



R1VOIRE (François), né à Lyon, élève de M. Reignier. — 
Rue Bréda, 1 5. 

N° 3146. Chrysanthèmes. 

H. o m 68. — L. 3 m 90. — Aquarelle. 

Une touffe de chrysanthèmes de couleurs variées dans une jardinière 
oblongue, de faïence bleue, posée sur un tapis d'Orient à fond vert. 

Signé à droite : Kivoirc. 



GUIGNARD (Gaston), né à Bordeaux, élève de M. Ferry. 
— Avenue Gourgaud, 9. 

N° 1 1 26. Convoi dans les marais de Quiberon (1795). 

H. i'»5o. — L. 2'«3o. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2Ç 

A gauche, un hussard, à cheval, se tourne vers la droite, où des 
bestiaux menés par un paysan breton et deux charrettes couvertes de 
bâches traversent un gué rempli d'herbes rousses. Sur les flancs du 
convoi chevauchent d'autres hussards. Ciel nuageux. Effet d'automne. 

Signé à droite : Gaston Guignard. 



BARAU (Emile), né à Reims (Marne). — Rue de La 
Bruyère, 3 bis. 

N° 106. Fin septembre. 

H. 2 m i5. — L. 2 m 4<>. 

Un enclos herbu entouré de haies. Au fond, un groupe d'arbres, et 
derrière, un clocher sur la gauche; quelques maisons basses à droite, 
devant une ligne de coteaux embrumés. Ciel grisâtre. 

Signé à droite, en bas : Emile Bar au. 



ECHTLER (Adolphe), né à Paris, élève des Académies de 
Vienne et de Munich. — A Paris, rue de La Tour d'Au- 
vergne, 22. 

N° 878. La Ruine d'une famille. 

H. i>»3o. — L. i m y5. 

Intérieur de cabaret breton. A gauche, trois paysans attablés jouent 
aux cartes; une femme en pleurs se traîne aux genoux de l'un d'eux, 
tandis qu'au fond, par un escalier de bois, arrivent, tout en larmes, 
trois enfants, une jeune femme portant un nouveau-né sur l'épaule, une 
vieille et un curé. Deux jeunes paysans, debout à droite, regardent la 
scène. 

Signe à gauche, en bas : Ad. Echtlcr. 



3 O PEINTURE 

GALERNE (Prosper), né à Patay (Loiret), élève de Durand- 
Brager et de M. Rapin. — Rue de Bourgogne, 52. 

N° 988. Falaise à Arnouville (Manche). 

H. i m io. — L. im5o. 

A droite, un amoncellement de rochers formant promontoire dans 
la mer, qui s'ouvre sur la gauche. Au loin, à gauche, un récif noir et 
quelques voiles. Ciel nuageux. 

Signé à droite, en bas : Galerne. i883. 



ALLONGÉ (Auguste), ne à Paris, élève de L. Cogniet. — 
Rue Notre-Dame-des-Champs, 83. 

N° 25. Le Ruisseau du Front (Finistère). 

H. i«n 2 o. — L. 2 m oo. 

A droite, une fontaine en pierre, devant une nappe d'eau, près d'un 
grand hêtre. A gauche, des rochers, une avenue d'arbres, quelques 
chaumines. Au fond, une plaine broussailleuse où coule une rivière au 
pied de coteaux boisés. Sur la gauche, une paysanne, en fichu rouge, 
tenant un vase de grès vert. Effet d'automne. 

Signé à droite : Allongé. 1 883. 



LUMINAIS (M ine Hélène), née à Paris, élève de M. Lumi- 
nais. — Rue de Laval, 26 (avenue Frochot). 

N° 1570. Psyché. 

H. i m 75. — L. i m 4o. — Fig. grandeur naturelle. 

Assise de face devant une table de marbre blanc, Psyché, vêtue de 
blanc, tend une coupe à un petit génie volant qui y verse de l'eau. De- 
vant elle, des raisins et des pommes, A droite, un autre génie, debout, 



ARTISTES RECOMPENSES 31 

lui offre des oranges dans un plat. Deux petits Amours, en voltigeant, 
essayent de soulever son voile. A gauche, un trépied. 

Siçné à ffauche, en bas : Hélène Luminais. 83. 



CLERMONT (Auguste-Henry-Louis), né à Paris. — Cité 
Malesherbes, 9. 

N° 2261 . Cheval au bord de la mer. 

H. o m 5o. — L. o m 6i. — Aquarelle. 



ALLÈGRE (Raymond), né à Marseille, élève de M. Vollon. 
— Boulevard de Clichy, 25. 

N° 21. Les Martigues [Provence). 

H. i m 7o. — L. 2 m oo. 

Un large canal entre deux quais bordés de maisons basses à toitures 
de tuiles rouges. Au fond, un pont de pierre d'une seule arche, der- 
rière lequel, à droite, s'étend une rangée de maisons hautes. Le long 
du quai, plusieurs barques. Ciel bleu très lumineux. 

Signé à droite : R. Allègre. Martigues, 1 883 . 



ABRAHAM (Tancrède), né à Vitré (Ille-et-Vilaine). — Au 
Musée, à Château-Gontier. 

N° 6. Barrage de VÉtang-du-Merle. 

H. i m i5. — L. i m 3o. 

Une nappe d'eau entre un barrage en pierres grises, au fond, et un 
barrage en planches, sur le devant. Au deuxième plan, à gauche, un 
bouquet de gros chênes. A droite, devant un arbre trapu, une pay- 
sanne assise. Effet de soleil couchant. 

Signé à gauclie : Tancrède Abraham. 



32 PEINTURE 

CLARY (Eugène), né à Paris, élève de M. César de Cock. 
— Place Pigalle, 1 1 . 

N° 535. Champigny (Seine). 

H. o m y5. — L. i m io. 

Une prairie en fleurs au bord de la Seine. Adroite, une jeune femme, 
en robe grise, gantée, avec un chapeau de paille orné d'une rose, se 
tourne, de profil, vers la gauche où coule le fleuve; elle tient dans les 
mains une grande branche de pommier en fleurs. 

Signé à gauche, en bas : E. Clary. 83. 



MORLON ( Antoine-Paul-Émile), né à Sully-sur- Loire 
(Loiret). — Rue de l'Orient, 9 (Montmartre). 

N° 1759. Le Vœu. 

« Après l'horrible nuit d'angoisse et d'épouvante, 

Sur le disque agrandi de la lune montante, 

A nos yeux éblouis elle nous apparut 

Comme une ancre d'argent annonçant le salut. » 

(Récit d'un naufragé.) 
H, 1*55. _ L. 2^35. 

Une barque en détresse, échouée sur les récifs, montée par cinq 
hommes. L'un est étendu dans la barque; un autre, glissant par-dessus 
bord, est sou-tenu par un troisième, déjà tombé sur le rocher. Le qua- 
trième se tient debout sur la quille non encore submergée. Le cin- 
quième se cramponne au bord de l'embarcation. Tous, les yeux et les 
bras dressés, se tournent vers l'image delà Vierge vaguement dessinée 
dans le disque de la lune, qui monte dans le ciel noir, à gauche. 

Signé à gauche : A. Morlon, 



LE POITTEVIN (Louis), né à la Neuville-Champ-d'Oisel 



ARTISTES RÉCOMPENSES 33 

(Seine-Inférieure), élève de M. Bouguereau. — Rue Mont- 
chanin, 8. 

N° 1495. Le Vald'Antifer. 

H. 1 m 4 5 . — L. 2'n5o. 

Un vallon nu, formé par des mamelons de terrains arides. A gauche, 
au deuxième plan, un berger, en limousine grise , coiffé d'un feutre 
noir, sa houlette dans les mains, est assis sur un talus. Devant lui quel- 
ques porcs paissant dans une ravine. Au milieu, des touffes d'ajoncs en 
fleurs. Ciel gris à l'horizon. 

Signé à droite, en bas : Louis Le Poittcvin. 



LEMAIRE (Louis), né à Paris. — Rue Saint-Claude, 1. 
N° 1483. Un Buisson de roses. 

H. 1 m 7 5 . — L. 2^10. 

Un gros buisson de roses sauvages. En bas, à gauche, des touffes 
de marguerites; à droite, un oiseau perché sur une branche. Au milieu, 
un nid plein d'oisillons pépiant, les cous tendus, vers leur mère qui ar- 
rive en volant, un ver dans le bec. 

Signé en bas, à droite : Louis Lemaire. 



LE CAMUS (Louis), né à Paris, élève de MM. Bonnat et 
Carolus Duran. — Boulevard de Clichy, 8. 

N° 1442. La Coupée; — île de Sercq. 

H. 2 m OO. L. 3 m 00. 

Un promontoire étroit, aux pentes escarpées couvertes de gazon, 
s'enfonçant entre deux bras de mer et tournant vers la droite. Un petit 
sentier suit sa crête. Ciel très sombre. 



34 PEINTURE 

SEVESTRE (Jules-Marie), né à Breteuil (Eure), élève de 
L. Cogniet. — Rue de Chabrol, 18. 

N° 2213. Baigneuses. 

H. I '" 1 5 . — L. 1^60. 

A droite, une baigneuse, nue, de face, dans l'eau jusqu'aux ge- 
noux, tord ses cheveux au-dessus de sa tête. A gauche, une autre, 
nue, vue de dos, est assise sur un rocher; deux autres, Tune drapée de 
rose, l'autre drapée de gris jusqu'à la ceinture, se tiennent auprès 
d'elle. Fond de feuillages sous un ciel gris tendre. 

Signé cri bas, à droite : J. Scveslrc. 



VILLEBESSEYX (Gustave), né à Paris, élève de Lefuel et 
de M. Philippe Rousseau. — Rue Fontaine-Saint-Georges, 40. 

N° 2390. Veille de la fête de sain/ Cornély ; — Eglise de Carnac 

{Morbihan). 

Intérieur de la nef. Arcades en plein cintre sur les bas côtés. Le pla- 
fond est divisé en caissons peints et dorés. A gauche, au premier plan, 
une chaire en ferronnerie adossée à une colonne. Au bas, des piles de 
chaises. Au fond, devant la grille du chœur, des bannières, de couleurs 
vives, toutes dressées. Dans un coin, à gauche, un prêtre, en surplis 
blanc, s'entretient avec un paysan , en blouse bleue, qui déballe des 
fleurs. 

Signé à droite, en bas : Gustave Villebcsseyx. 
Acquis par l'État. 



PEZANT (Aymar), né à Bayeux (Calvados), élève de M. de 
Vuillefroy. — Place Dancourt, 10. 

N° 1904. Le Trou aux lapins; — fin d'automne. 

H. im3o. — L. 2 m oo. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS } j 

Un sentier herbu, entre de hauts talus couverts de broussailles, s'en- 
fonçant sur la gauche. A droite, sous les ronces pendantes, dans la 
terre blanchâtre, plusieurs trous de terriers. Au premier plan, deux 
lapins. 

Signé en bas, à droite : Aym. Pezant. 



MERLOT (Emile-Justin), né à Saints-en-Puysaie (Yonne), 
élève de MM. Lavieille et Harpignies. — Rue de la Santé, i 1. 

N° 1675. Vallon de Jean II [Bretagne). 

H. i m 6o. — L. l n >IO. 

Au premier plan, une flaque d'eau dans un terrain rocailleux et semé 
de bruyères. A gauche, sur un talus, quelques gros chênes touffus et 
verts. Au fond, dans une échancrure de la lande, faisant tache rouge, 
le soleil couchant. 

Signé à gauche, en bas : E. Mcrlot. 83. 



FLANDRIN (Paul-Hippolyte), né à Paris, élève de Leh- 
mann. — Rue du Cherche-Midi, 17. 

N° 939. La Résurrection de la fille de Jaïre. 

H. 2 m 3o. — L. 3 m oo. — Fig. grandeur naturelle. 

A gauche, sur un lit jonché de roses, la jeune fille, enveloppée de 
blanc, se dresse sur son séant et tend la main gauche au Christ, vêtu de 
blanc, qui s'avance par la droite. Sur le premier plan, à gauche, une 
jeune femme, vue de dos, agenouillée devant le lit. A droite, au fond 
de la chambre tendue de tapis, sous une porte cintrée ouvrant sur la 
rue ensoleillée, un groupe de spectateurs venant du dehors. 

Signé à droite, en bas : Paul-Hippolytc Flandrin. 83. 



36 PEINTURE 

BASHKIRSEFF (M llc Marie), née à Pultava (Russie), élève 
de M. Tony Robert-Fleury. 

2517. Portrait de M lu D. deB... 

H. o m 6o. — L. o m 5o. — Pastel. Tête grandeur naturelle. 

Jeune femme, de type russe, vue de face. Yeux gris clignotants, 
nez écrasé, lèvres épaisses, cheveux blonds en désordre. Ses épaules 
sont enveloppées d'un peignoir blanc. Fond gris. 



COOSEMANS (Joseph-Théodore), né à Bruxelles. — A 

Bruxelles, rue Dupont, j-j. 

N° 589. Chemin en Campine; — Limbourg belge. 
H. i m io. — L. i m 85. 

Une route sablonneuse, toute défoncée, entre une rangée de chênes 
et de sapins dépouillés, sur la gauche, et des taillis de bouleaux à 
droite. Ciel gris. Le soleil se couche sur la gauche. 

Signé à droite : J. Coosemans. 1 883 . 



DINET (Alphonse -Etienne) , né à Paris, élève de 
MM. Tony Robert-Fleury, Bouguereau et Galland. — Rue de 
Rome, 143. 

N° 798. Vue prise du rocher de Samois. 

H. i m 85. — L. i m 9o. — Fig. presque aussi grandes que nature. 

Au premier plan, une petite fille, tenant dans une main son chapeau 
de paille et dans l'autre une touffe de fleurs, se tourne, de profil, vers 
la droite, où arrivent, du fond d'un chemin creux, deux autres enfants 
suivis d'un paysan et d'une paysanne. A gauche, un gamin, de face, 



ARTISTES RECOMPENSES 37 

qu'on voit à mi-corps, juché sur un rocher. Au fond, une vallée pleine 
de bruyères en fleurs avec une ligne de bois verts, au delà desquels 
on aperçoit un village dans une plaine. 

Signé à gauche : E. Dinct. Samois. 1882. 



DIETERLE (Pierre-Georges), né à Paris, élève de Coro* 
— Rue de Bruxelles, 3. 

N° 792. Apres l'orage; — Yport (Seine-Inférieure). 

H. i m 85. — L. 21190. 

Mer déferlant sous un ciel orageux. A gauche, une pointe de ro* 
cher. Des mouettes volent, à droite, dans le ciel sombre. 

Signé à droite, en bas : Georges Diélcrle. 

Acquis par l'État. 



DESBOUTIN (Marcellin-Gilbert), né à Cérilly (Allier). 
— A Nice, rue de France, 179. 

N° 751. Portrait de femme; étude. 

H. o m 9o. — L. o m 75. — Buste grandeur naturelle. 

Dame d'âge mûr, de face, portant un grand chapeau noir à la Ru- 
bens avec plume noire et un manteau noir à revers de fourrures blan- 
ches. Yeux gris, cheveux châtains tombant en longues boucles. 

Signé à droite, en bas : M. Desboutin. Nice, 1882. 
Acquis par l'État. 



38 PEINTURE 

RENOUARD(Paul), né à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher), 
élève de Pils. — Rue de l'Arbre-Sec, 46. 

N° 3134. Enfants assistes. 

Trois dessins dans un cadre. 

1. La première division passe au réfectoire. Ils marchent, en file, sur 
un rang, de droite à gauche, chacun tenant les mains sur les épaules 
de celui qui le précède. — 2. La crèche. A gauche, un enfant, assis à 
terre; cinq autres, de face, assis dans de petites chaises. Une femme, 
à genoux, fait manger le dernier. Derrière, une cheminée devant la- 
quelle se tient une femme séchant du linge. Une double rangée de 
berceaux le long du mur. A droite, au deuxième plan, une religieuse 
devant une table couverte de tasses. — 3. On prépare la bouillie. Sept 
bébés, rangés de face, assis dans de petites chaises, pleurant et criant. 



HELLQUIST (Carl-Gustave), né à Stockholm, élève de 
l'Académie des Beaux-Arts de Stockholm. — Rue Martin, 5 
(aux Ternes). 

N° 1190. Mise à rançon de la ville de Visby par Waldemar 
Atterdag, roi de Danemark, en 1 361 . 

« Waldemar aborda l'île de Gothland avec une grande armée. Il vainquit 
deux fois les Gothlandais, s'approcha de Visby, capitale de l'île, et, après 
avoir battu encore une armée composée des bourgeois de Visby, les portes de 
la ville s'ouvrirent à lui. Il fit alors placer trois grands tonneaux à bière sur 
la grande place et ordonna aux bourgeois de les remplir, en moins de six 
heures, avec de l'or et de l'argenterie, pour préserver la ville du pillage. A 
l'heure dite les tonneaux étaient remplis, mais la ville ne se releva jamais de 
ce désastre. » 

[Chroniques de l'Histoire de Suède.) 

H. 2 m oo. — L. 3 m 35. 

Au premier plan, au milieu, de face, une dame éplorée, tenant un 
enfant dans ses bras, ayant à son côté une petite fille qui s'attache à elle. 
Un gentilhomme, en chaperon rouge, près d'elle, serre le poing. A 



ARTISTES RÉCOMPENSES 39 

droite, un juif et un jeune garçon arrivent, portant des orfèvreries et 
des coffrets. Sur le deuxième plan, les trois tonneaux, dont l'un est déjà 
rempli. A gauche, un soldat pousse un jeune homme qui porte des 
bijoux. Au troisième plan, à droite, Waldemar, assis, l'épée entre les 
jambes, sous un dais, sur une estrade devant laquelle se tient un porte- 
étendard, la visière baissée. La place est pleine de gens apportant leur 
tribut. Au fond, des rues gardées par des soldats. 

Signé à gauche : C.-G. Hcllquist. 1882. 



BIESSY (Gabriel), né à Mont-de-Marsan, élève de M. Ca- 
rolus Duran. — Rue du Moulin-de-Beurre, 14. 

N° 235. Enfant prodigue. 

H. i m 40. — L. 3moo. 

Sur la pente d'une falaise descendant vers la mer qu'on aperçoit à 
droite, le jeune homme, presque nu, sale et hàlé, est étendu, la tête 
dans ses mains. En bas, à gauche, un porc; quelques autres porcs grou- 
pés sur la droite. Ciel gris teinté de soleil couchant. 

Signé à droite : G. Bicssy. 83. 



LIPHART (Ernest de), né à Dorpat (Russie), élève de 
MM. Lenbach et Jacquet. — Boulevard Berthier, 61. 

N° 1532. La Première Étoile. Plafond. 

H. 3 m y5. — L. 5 m 6o. — Fig. grandeur naturelle. 

A gauche, en plein ciel, une femme, à demi nue, assise dans un 
char traîné par deux hiboux et qu'un petit génie pousse à la roue, 
s'élève au-dessus d'un grand nuage qui occupe tout le bas du tableau. 
Elle tient une torche dans la main droite, au-dessus de laquelle s'al- 
lume une étoile. En bas, au premier plan, sur le bord d'un nuage, un 
enfant à mi-corps. Deux génies, volant dans le haut, déroulent une 



40 PEINTURE 

guirlande de pavots. A droite, dans une échancrure des vapeurs, la 
rougeur du soleil couchant. 



LOPISGISCH (Georges-Antonio), né à Vichy (Allier), 
élève de MM. Bonnat et E. Leroux. — Rue Darcet, 7. 

N° 1 5 5 1 . La Plaine de l'Enfer, à Cayeux-sur-Mer . 

H. o m 75. — L. i m io. 

Une prairie verte, que traverse, venant du fond vers la droite, un 
petit ruisseau. A gauche, au second plan, un groupe de chaumières. 
Ciel lumineux semé de nuages blancs. Effet de printemps. 

Signé à gauche : 1882. G. Lopisgisch. 



PORCHER (Charles-Albert), né à Orléans, élève de 
M. Lambinet. — Rue Bréda, 26. 

N° i960. Une Matinée d'été. 

H. i m 5o. — L. 2m?o. 

Une 'rivière paisible, entre une rive basse, à gauche, bordée par une 
ligne de coteaux, et des rochers couverts de végétation à droite. Au 
second plan, à droite, deux grands arbres, dont l'ombre s'étend sur la 
rivière. 

Signé à droite, en bas : A. Porcher. 



PINCHART (Emile), né à Cambrai, élève de M. Gérôme. 
■ Avenue de Villiers, 147. 

N° 1927. Portraits. 

H. i m 5o. — L. i m 2o. — Fig. grandeur naturelle. 



ARTISTES RECOMPENSES 41 

Une jeune dame blonde, en noir, à droite, assise sur un canapé rose. 
Une petite fille, en blanc, se tient debout, près d'elle, une main sur ses 
genoux, et tend l'autre à un jeune garçon , en culottes courtes, un 
cerceau à la main, qui s'appuie à un meuble, sur la gauche. Fond de 
tenture grise. 

Siené à droite, en bas : A. Pinchart. 1 883 . 



ROUSSELIN (Joseph-Auguste), né à Paris, élève de 
Gleyre et de MM. Bouguereau et Tony Robert- Fleury. — Rue 
de Villiers, 27. 

N°2i20. Portrait de M" e **\ 

H. i m 20. — L. o m 8o. — Fig. grandeur naturelle jusqu'aux genoux. 

Jeune fille de face, la tête nue, laissant tomber ses deux mains croi- 
sées. Cheveux noirs bouclés, teint pâle, yeux brun-gris. Elle porte une 
robe rouge à manches courtes et une collerette de dentelle blanche. 
Fond vert. 

Signé en haut, à gauche : A. Roussclin. 1 883. 



SCHMITT (Léon -Félix- Paul), né à Paris, élève de 
M. Guillemet. — Rue Delambre, 14, et chez M me V ve Lemerre, 
rue du Regard, 2. 

N° 2185. Le Mauvais Temps de septembre; — vallée de Gou- 
vernes (Seine-et-Marne) . 

H. i m 4o. — L. 2 m 20. 

Au premier plan, un grand verger, planté de pommiers, descendant 
vers la gauche. Au deuxième, une ligne d'arbres verts. Au fond, une 
colline sablonneuse surmontée de quelques maisons et d'un clocher. 
Le ciel est chargé de nuages menaçants. Sur le devant, h droite, une 

6 



4 2 



PEINTURE 



paysanne, portant du bois, marche à grands pas; au milieu, un gamin, 
son panier au bras,. se penche et ramasse des pommes. 

Signé à gauche : P. Schmilt. 83. 



THÉVENOT (François), né à Paris, élève de MM. Bin et 
Lequien fils. — Rue d'Orsel, 48. 

N° 2284. Misère. 



H. i m io. — L. i m 



40. 



Dans une pauvre chambre, au fond, un homme en cheveux gris, dé- 
guenillé, assis, de face, la tête dans ses mains, sur une couchette en 
fer. Sur le premier plan, à gauche, une petite fille, assise sur un ta- 
bouret, un panier au bras, joue avec une poupée qu'elle étend dans 
un petit berceau posé sur une chaise cassée. A gauche, une table et 
un chandelier, un mauvais buffet portant un mauvais pot à eau. A 
droite, un poêle de fonte. 

Signé à gauche : François Thévenot. i 88 3 . 



LAVIEILLE (M me Marie-Ernestine, née Ferville-Suan), 
née à Barbizon, élève de son père. — Avenue Parmentier, 47. 

N° 1427. Le Moulin d'Arondeau, à Brctonccl les (Orne). 

Au premier plan, un cours d'eau que traverse un pont de bois entre 
de grands arbres des deux côtés. Au fond, les bâtiments du moulin. 
Ciel clair. Effet de printemps. 

Signé en bas, à droite : Marie Lavieillc. 1 88 3 . 



LAURENT (Ernest-Joseph), né à Paris, élève de Lehmann 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 43 

et de MM. Hébert et Merson. — Boulevard de Port-Royal, 72, 
et rue de Sévigné, 27. 

N° 14 16. Clarisse Harlowe. 

« C'étaient là de belles heures; doux crépuscule d'un beau jour qui s'éva- 
nouit dans l'occident; que de bons moments elle passait ainsi avec elle- 
même! elle oubliait alors le vif sentiment de sa faute, la perte de sa bonne 
renommée, In ruine de ses justes espérances. » 

(Richardson, Clarisse Harlowe.) 
H. 2 m 2o. — L. i m 8o. — Fig. grandeur naturelle. 

Vêtue de blanc, elle est assise sur un banc de jardin, la tète penchée 
à droite sur un oreiller. Près d'elle un livre et des fleurs. Derrière, plu- 
sieurs troncs d'arbres, entre lesquels on aperçoit un pavillon. Le sol est 
jonché de feuilles mortes. 

Signé à gauche, en bas : Ernest Laurent. 1 883 . 



LAROCHE ( Aman d), né àSaint-Cyr-1'Ecole (Seine-et-Oise), 
élève de Drolling et de M. Wachsmuth. — Boulevard de 
Clichy, 1 t. 

N° 1385. Portrait de M. G... 

II. o ni o)o. — L. o m 75. — Fig. a mi-corps, grandeur naturelle. 

Homme d'âge mûr, vêtu de noir. Il est assis, de trois quarts, la tète 
nue. Il tient un cigare dans sa main droite appuyée au dos de la chaise, 
sa main gauche dans la fente de son gilet. Moustaches châtain clair. 
Cheveux courts. 

Signé à gauche, en bas : A. Laroche. 1 883 . 



SOUZA-IMNTO (José-Julio dm, né â l'île Terceira (Por- 



44 PEINTURE 

tugal), élève de l'Académie de Porto et de M. Cabanel. — Rue 
de Seine, 63. 

N° 2236. La Culotte déchirée. 

H. o m 9o. — L. 0^5. 

A gauche, devant une grande cheminée, une vieille paysanne est en 
train d'enfiler une aiguille pour raccommoder une culotte rapiécée 
qu'elle tient sur ses genoux. A droite, un gamin, les jambes nues, sa 
chemise pendante, son sac d'école au dos, est appuyé, la tête dans ses 
mains, contre le montant de la cheminée. 

Signé en bas, à droite : Souza Pinto. 



BLAU (M lle Tina), née à Vienne (Autriche), élève de 
MM. Aug. Schœffer et Lindenschmitt. — A Vienne, Wipplin- 
gerstrasse. 

N° 265. Le Printemps au Prater. 

H. 2 m 20. L. 2 m 90. 

A gauche, un ruisseau dans lequel jouent quelques gamins, et sur 
le bord duquel est assise, au premier plan, une femme tenant un enfant 
sur son dos. Au milieu, un groupe de grands arbres qui commencent 
à verdir. A droite et à gauche, des gazons semés d'arbustes. Deux 
dames et une petite fille sont arrêtées sur un chemin à droite. 

Signé à droite : Tina Blau. 



DEGRAVE (Jules-Alexandre Patrouillard-), né à Saint- 
Quentin (Aisne), élève de M. Gérôme. — A Saint-Quentin, rue 
Saint-Remy, 6. 



N° 700. Une Classe communale. 

H. O m QO. L. I m 25. 



ARTISTES RECOMPENSES 4$ 

Deux rangées de tables parallèles, de face, avec deux enfants devant 
chaque table, en train d'écrire. A droite et à gauche, le long des murs, 
sur trois rangées, des enfants en bas âge, les filles à droite, les garçons 
à gauche. Au fond, un poêle de fonte. Une sœur de charité passe à 
droite entre les rangs. Sur le premier plan, un petit garçon, à genoux, 
en pénitence. 

Signé à gauche : Dcgravc. 



DIÉTERLE (M mc Marie, née Van Marcke), née à Sèvres, 
élève de son père. — Rue de Bruxelles, 3. 

N° 794. La Mar mouette . 

H. o m 8o. — L. o m 95. 

Au milieu d'une mare entourée de bois verts, une vache blanche et 
une vache brune. A droite, de dos, une génisse jaune. Un peu plus 
loin, une vache dressant la tête vers les branches basses d'un saule. Au 
fond, une petite écluse. 

Signé à gauche, en bas : Marie Dictcrle. 




ARTISTES HORS CONCOURS 



BASTIEN-LEPAGE (Jules), né à Damvillers. (Voir le 
Livre d'orde 1879, 1880, 1881, 1882.) 

N° 131. L'amour au village. 

H. i m 90. — L. i m 8o. — Fig. grandeur naturelle. 



A gauche une jeune paysanne, vue de dos, la tête nue, en corsage 
gris et jupe brune, se tient adossée à la clôture d'un potager. Elle tient 
une fleur dans la main droite. Un jeune paysan, en costume de travail, 
chemise de laine grise et jambières de cuir, se tient, de face, près d'elle, 
sur la droite, le coude appuyé au montant de la porte ouverte. Il garde 
les yeux baissés et se tortille les doigts d'un air embarrassé. Un mou- 
choir à carreaux sèche, à gauche, sur la haie. A droite, des plantes 
grimpantes. Fond de potagers et de jardins en fleurs montant vers 
une ligne de chaumières. Ciel gris. 

Signé en bas, à droite : Basticn-Lepage. Damvillers, 1882. 



ARTISTES HORS CONCOURS 47 

BERNIER (Camille). (Voir le Livre d'or de 1879 et 1882.) 
N° 199. Le Vieux Chemin; — Bretagne. 

H. I'I^O. L. 2 ni OO. 

Un chemin creux, entre des talus plantés d'arbres jaunis, où paissent 
trois chevaux. Sur le talus de gauche une paysanne assise au pied d'un 
arbre et tricotant. Ciel gris d'automne. 

Signé à gauche, en bas : C. Bcmicr. 



BOUGUEREAU (William-Adolphe), membre de l'In- 
stitut. (Voirie Livre d'or de 1879, 1880, 1881, 1882.) 

N° 327. Aima Parons. 

H. 2 m 3o. — L. 1 '"" 4 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

Une jeune femme, couronnée d'épis, de coquelicots et de bluets, 
assise, de face, le sein nu, sur un siège de marbre, dans la campagne. 
Elle est entourée de neuf enfants nus, dont deux, vus de dos, lui grim- 
pent sur les genoux, deux se suspendent à ses épaules, deux autres se 
tiennent debout, la regardant, à droite. Un septième, ceint d'une peau, 
joint les mains, de face, à sa gauche. En bas, les deux derniers s'em- 
brassent en jouant sur le gradin de marbre. A terre des raisins et des 
pommes. Fond de montagnes bleuâtres. 

Signé à gauche, sur la plinthe : W. Bougucrcau. 1 88 3 . 



N° 328. La Nuit. ■ 

H. 2 m io. — L. 1 m 1 . — Fig. grandeur naturelle. 

Elle est représentée sous la figure d'une femme nue qui s'envole, 
de face, et ramène des mains sur son front un pan du voile bleu-gris 
qui, lui enveloppant les jambes, se déroule en flottant, le long du 



4H PEINTURE 

corps jusqu'à sa tête. Au-dessous d'elle, des nuages sombres et la 
terre qui s'obscurcit. Au-dessus, à droite, un hibou volant dans le 
ciel clair où pointent quelques étoiles blanches. 

Signé en bas, à gauche : W. Bouguercau. 1 88 3 . 



BONNAT (Léon), membre de l'Institut. (Voiries Livres d'or do 
1879, 1880, 1881, 1882.) 

N° 289. Portrait de M me E.K... 

H. 2 m 25. — L. i m 35. — Fig. en pied de grandeur naturelle. 

Jeune femme brune et pâle, debout, de face, les bras tombants, en 
robe de velours bleu, à longue traîne, échancrée sur la poitrine. 
Elle porte dans les cheveux un croissant en brillants, aux oreilles 
de grosses perles, au cou un long chapelet de perles blanches des- 
cendant sur le corsage, aux mains des gants gris montant jusqu'à mi- 
coude. 

Signé en bas, à gauche : L. Bonnat. 1882. 



N° 290. Portrait de M. Motion, envoyé extraordinaire cl 
ministre plénipotentiaire de la légation des États-Unis d'Amérique. 

H. i m 48. — L. i m o5. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

De face, la tête nue, la main droite sur la hanche, il s'appuie de la 
gauche pendante sur la poignée d'un parapluie noir. Cheveux gris et 
courts. Redingote noire, pantalon gris, cravate bleue. 

Signé en bas, à gauche : L. Bonnat. 1 883 . 



BOULANGER (Gustave-Rodolphe), né à Paris, élève de 
Jollivet et de P. Delaroche. Prix de Rome 1849. Méd. 2 e cl. 



ARTISTES HORS CONCOURS 49 

1857. Rapp. 1859 et 1863, %. 1865, méd. 2 e cl. 1878 (E.U.), 
membre de l'Institut 1882. — Rue de Boulogne, 6. 

N° 331. La Source du Tibre. 

H. i m 65. — L. o m 83. — Fig. grandeur naturelle. 

Une jeune femme nue, très brune, couronnée d'un laurier d'or, se 
tient debout, de face, adossée à un rocher d'où tombe l'eau d'une source. 
Dans la main droite elle porte une statuette de louve en or, dans la 
gauche, quelques herbes. En bas, à droite et à gauche, des touffes d'iris 
en fleur. 

Signé à gauche : G. Boulanger, mdccclxxxiii. 



BRETON (Jules-Adolphe). (Voir les Livres d'or de 1879 
et 1882.) 

N° 365. L 'Arc-en-ciel. 

H. i"iio. — L. i m 55. 

Sur la droite, de face, une paysanne, assise sur un âne, se retourne 
vers un jeune homme qui la suit, en lui montrant un arc-en-ciel qui 
déploie à l'horizon sa bande lumineuse au-dessus de coteaux mou- 
vementés. Terrain rocailleux. Ciel chargé d'orage. 

Signé à droite : Jules Breton. 1 8 3 5 . 



N° 366. Le M al m. 

H. o m 9o. — L. i m 6o. 

Sur le premier plan, à gauche, dans une prairie doucement éclairée, un 
jeune paysan, une baguette à la main, tenant son chapeau derrière son 
dos, s'avance près d'un petit ruisseau au delà duquel, à droite, se tient 
debout, tournée vers lui, une jeune fille qui s'appuie sur un long 

7 



$0 PEINTURE 

bâton. A droite, deux vaches paissant. Fond de collines encore em- 
brumées sous !e soleil qui monte à l'horizon et projette sur le premier 
plan les ombres allongées des deux figures. 

Signé à droite : Jules Breton. 83. 



BUSSON (Charles). (Voir les Livres d'or de 1879 et 1880.) 
N° 419. Avant la pluie: — plaine de Montoire [Loir-et-Cher) . 
H. i«»55. — L. 2™i5. 

Au premier plan, au pied d'une berge sablonneuse, s'étend une eau 
grise vers laquelle descendent, débouchant d'un chemin creux, trois 
vaches, sur la gauche. Dans la plaine, à droite, quelques minces troncs 
d'arbres dépouillés ; çà et là, des vaches paissant. A gauche, au fond, un 
coteau bas et boisé et des maisons éparses. Un énorme nuage noir, troué 
de lumière au centre, répand son ombre menaçante sur la campagne. 

Signé à droite, en bas : Ch. Busson. i883. 



CABANEL (Alexandre), membre de l'Institut. (Voir les 
Livres d'or de 1879, 1880, 1 88 1 , 1882.) 

N° 424. Portrait de M me H... 

H. i m 3o. — L. o m 8o. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Dame âgée, de face, la tête nue, les cheveux blancs et relevés. Elle 
porte une robe de soie noire, bordée de fourrures, échancrée sur la 
poitrine, et tient ses mains croisées sur sa ceinture. Dans sa main 
gauche, gantée de suède jaune, elle tient son autre gant. Fond brun. 

Signé à gauche, en bas : Alex. Cabancl. 1881. 



ARTISTES HORS CONCOURS jl 

N° 425. Portrait de M mc H. C. 

H. o m 73. — L. o m 6o. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Jeune femme, de face, la tète nue, un peu tournée à droite. Elle 
a les mains croisées, et appuie son bras droit sur le bord d'une table 
garnie d'un tapis bleu. Cheveux châtains et ondulés. Elle porte une 
robe noire décolletée, à manches courtes, avec deux roses au corsage, 
et tient sur son bras droit une écharpe de dentelle noire. 

Signé en haut, à droite : Alex. Cabanel. 1882. 



CAROLUS-DURAN (Emile-Auguste), né à Lille (Nord). 
— Passage Stanislas, 11. — (Voir les Livres d'or de 1879, 1880, 
1881, 1882.) 

N° 45 1 . Portrait de M mi H. . . 

H. 2 m 25. — L. i m 5o. — Fig. en pied, grandeur naturelle. 

Elle se tient debout, de face, tenant dans la main gauche un bouquet 
de fleurs d'églantier. Cheveux noirs tombant sur le front, teint ba- 
sané. Elle porte une robe rouge incarnat, décolletée en carrée, avec 
longue traîne, et des manches courtes bordées de dentelles. Fond de 
tenture rouge. 



N° 452. Vision. 

H. 2 m oo. — L. 2 m y5. — Fig. plus petites que nature. 

A droite, de trois quarts, un vieillard chauve et barbu, le dos et les 
jambes nus, un genou en terre, le bras gauche tendu, tient les yeux 
fixés sur une femme nue, aux cheveux épars et semés de roses, qui 
apparaît en l'air, sur la gauche, ouvrant des deux bras en croix une 
draperie rouge qui flotte derrière elle, au milieu d'une pluie de roses. 
A gauche, un rocher surplombant. 



C2 PEINTURE 

CHARTRAN (Théobaldj, né à Besançon, élève de M. Ca- 
banel. Méd. 3 e cl. 1877. Prix de Rome 1877. Méd. 2 e cl. 1881. 
— Rue Prony, 63. 

N° 504. Vision de saint François d'Assise. 

H. 2 m 65. — L. 4 m 4 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur d'une étable en soupente. Au premier plan, à droite, assis 
dans la paille, près d'un moine couché qui dort les poings fermés, le 
saint se soulève, et regarde avec surprise à gauche vers la porte, rayon- 
nante de lumière, par laquelle s'avance un jeune homme à demi nu, la 
tête nimbée, jouant de la cornemuse. A gauche, au premier plan, des 
moutons et une chèvre près d'un abreuvoir. 

Signé à droite : Chartran. Roma, 1882. 

Acquis par le musée de Carcassonne. 



COMERRE (Léon-François), né à Trélon (Nord), élève de 
M. Cabanel. Méd. 3 e cl. 1875. Prix de Rome 1875. Méd. 
2 e cl. 1881 . — Rue Ampère, 5 1 . 

N° 574. Silène et les Bacchantes. 

Ivre, il roule par terre et redemande à boire; 

Il n'est jamais tenté par la nymphe de l'eau. 

Son corps entier rempli de vin comme un tonneau, 

Silène veut encor ton jus, ô vigne noire; 

La Bacchante, entr'ouvrant ses lèvres de ses mains, 

Se fait aider d'un faune à face grimaçante, 

Et, malgré ses efforts, en riant, elle plante 

Dans sa boucne une grappe entière de raisins. 

(Emmanuel Ducros.) 
H. 4 m 25. — L. 3 m 25. — Fig. un peu plus grandes que nature. 

Dans une clairière en pente, au premier plan, Silène, nu, roule à 
terre, en riant, sur le dos, jusqu'au bord d'une fontaine. Une Bac- 
chante nue, étendue à son côté, lui retient le bras gauche et lui bar- 




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SILENE ET LES BACCHANTES. 



ARTISTES HORS CONCOURS $j 

bouille les lèvres de raisin, tandis qu'un satyre, agenouillé à gauche, 
de profil, lui saisit l'autre bras. Entre eux se montre, de face, une 
seconde bacchante couronnée de lierre. Derrière ce groupe, une troi- 
sième, ceinte d'une peau de panthère, se tient debout, portant au 
bras un panier plein de raisins. 

Signé à gauche : Léon Comerre. 



DUBOIS (Paul), membre de l'Institut. (Voir les Livres d'or 
de 1880 et 1881.) 

N° 825. Portrait de M lk de C... Vicomtesse de L. T. P... 

H. i m io. — L. o m 85. — Fig jusqu'aux genoux de grandeur naturelle. 

Jeune fille, brune, de trois quarts, assise dans une chaise de cuir 
verdàtre, la tête nue, les mains nues et croisées sur les genoux. Elle 
porte une robe bleue à manches courtes, décolletée en carré, et sur les 
épaules un fichu de mousseline. Au corsage un bouquet de roses 
blanches. 

Signé à gauche, en bas : P. Dubois. 



FALGUIÈRE (Alexandre), membre de l'Institut. (Voir le 
Livre d'or de 1882.) 

N° 906. Le Sphinx. 

H. j m 5o. — L. 2 m 6o. — Fig. un peu moins grandes cjue nature. 

Devant une caverne formée par des blocs de pierre, au premier plan, 
trois cadavres étendus; celui de gauche, un homme obèse, les jambes 
enveloppées d'une draperie noire, porte une couronne d'or. Celui du 
milieu, à moitié tombé dans une crevasse, supporte sur son épaule 
gauche un cadavre de femme, qu'on voit de dos. En bas, deux pieds 



54 PEINTURE 

sortant d'un trou et une tête de mort. A droite, au fond, dans l'om- 
bre de la caverne, le Sphinx. 

Signé à gauche : A. F aiguière. 1 88 3 . 

Acquis par l'État. 



FRANÇAIS (François-Louis). (Voir les Livres d'or de 1879, 
1880, 1881.) 

N° 366. Rivage de Capri, 

H. 2 m oo. — L. i m 6o. — Panneau décoratif. 

Sur un tertre herbeux et fleuri, un cercle de grands arbres, au travers 
desquels on aperçoit la mer, d'un bleu tendre. A l'horizon une côte 
montagneuse. Ciel gris teinté de rose, en bas, sur la droite. 

Signé à gauche : Français. 1 883 . 



GERVEX (Henri), né à Paris, élève de MM. Cabanel et 
Brisset. — Rue de Rome, 62. 

N° 1032. Bureau de bienfaisance. 

H. 3 m 7o. — L. 2 m 2o. — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur de salle éclairée au fond par une fenêtre cintrée. A 
gauche, la cloison vitrée d'un bureau dans laquelle s'ouvre un gui- 
chet. Une vieille femme, en châle, est devant le guichet, aux côtés 
duquel se tient, au premier plan, de dos, un garçon de bureau, accoudé 
sur la planchette; et, au second plan, de face, une femme portant un 
petit enfant. Au centre de la salle, une jeune fille, en cheveux, un pa- 
nier au bras, de profil, lit un papier. A droite, de face, une femme en 
bonnet, ayant devant elle une petite fille qui lui tient la main. Au fond, 
deux hommes assis dans l'ombre sur un banc. 

Signé à gauche : H. Gervex. 




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BUREAU DE BIENFAISANCE. 



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ARTISTES HORS CONCOURS 55 

HARPIGNIES (Henri). (Voir le tore d'or de 1882.) 
N° 1 172. Une Apres-midi à Saint-Privé (Yonne). 

H. o m 55. — L. o m 75. 

Dans une prairie verte, au premier plan, un petit cours d'eau bordé 
de joncs, arrivant du fond. Au deuxième plan, à droite, cinq troncs 
d'arbres effilés projetant de longues ombres, et dansl'éloignement quel- 
ques chaumières. A gauche un petit bouquet d'arbres. Ciel d'été bleu, 
très clair, semé de légers flocons blancs. 

Signé en bas, à gauche : H. Harpignics. 1882. 

Appartient à M. F. Duparc. 



HÉBERT (Ernest-Antoine-Auguste), membre de l'In- 
stitut. (Voiries Livres d'or de 1879, 1880, 1881, 1882.) 

N° 1 186. Le Petit Violoneux. 

H. o m 65. — L. o m 8o. 

Un jeune garçon, en veste brune, coiffé d'un chapeau de feutre noir, 
endormi sur une chaise. Il est posé de trois quarts et tient sa tête ap- 
puyée, de face, à gauche, sur le dossier de la chaise. Ses deux bras sont 
croisés sur l'un des barreaux. Il porte un violon en bandoulière. 

Signé à gauche : H. 

Appartient à M me de Cassin. 



HENNER (Jean-Jacques). (Voir les Livres d'or de 1879, 
1880, 1881, 1882.) 

N° 1 191 . La Femme gui lit. 

H. o m 9o. — L. i m 2o. — Fig. un peu moins grande que nature. 



f 6 PEINTURE 

Elle est nue, étendue, de profil, la tête à gauche, sur une fourrure 
noire, et, s'accoudant sur le bras droit, lit dans un livre ouvert devant 
elle. Fond neutre. 

Signé en bas, à gauche : J.-J. Henner. 



LA NSYER (Emmanuel). (Voiries Livres d'or de 1879 à 1881.) 
N° 1 373. La Rosée. 

H. i"i3o. — L. 1^80. 

Une vallée herbeuse et fleurie devant la mer. Au milieu, une source 
entourée d'arbres, près de laquelle se tiennent trois paysannes bretonnes, 
l'une agenouillée, l'autre adossée à un arbre, la troisième assise. A 
droite et à gauche, des pentes rocheuses semées d'arbustes. Sur toutes 
les verdures un voile de rosée blanche. Ciel pâle rougissant à l'horizon. 

Signé à droite, en bas : Lansyer. 83. 



LEROLLE (Henry). (Voir les Livres d'or de 1879 et 1880.) 
N° 1496. L'Arrivée des bergers. 

H. 2 m 9o. — L. 3 m 8o. — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur d'étable construite avec des troncs d'arbres. A gauche, sur 
le premier plan, un groupe de trois paysans, dont un vieillard vêtu 
d'une limousine, se tient, debout, de profil, en extase, près d'un pilier; 
un quatrième, les reins nus, les jambes nues, qu'on voit de dos, met un 
genou en terre. Devant eux, deux chiens. Au fond, sur la droite, la 
Vierge est assise, sous un rayon de lumière, dans la paille, devant une 
vache couchée, ayant à son côté saint Joseph qui se retourne. Au pre- 
mier plan, à droite, dans l'ombre, un âne gris, qu'on voit de dos près 
d'un baquet. 

Signé à gauche : H. Lerolle. 



ARTISTES HORS CONCOURS 57 

LAURENS (Jean-Paul). (Voir le Livre d'or de 1882.) 
N° 1409. Le Pape et l'Inquisiteur. 

H. i m io. — L. im35. 

A gauche, le pape, de profil, en robe violette et camail rouge, assis 
dans un fauteuil rouge à clous d'or, la main droite sur le bras du fau- 
teuil. Il se retourne vers un dominicain, en froc blanc et capuchon noir, 
assis, de trois quarts, à son côté, qui déploie une charte de la main 
droite et tient la gauche posée sur une table couverte d'un drap rouge 
aux armes pontificales. Sur la table quelques livres et un chapeau de 
cardinal. Fond de muraille de pierre. 

Signé en bas, à droite : Jean-Paul Laurens. 1882. 



LE BLANT (Julien). (Voir le Livre d'or de 1880.) 

N° 1440. Exécution du général de Charette de La Contrie, à 
Nantes; mars 1796. 

H. i m 65. -- L. 2 m 8o. 

Au premier plan, à droite, devant un long mur, près d'une poterne 
fermée, Charette, en habit blanc à revers rouges, botté, la tête nue et 
bandée d'un linge ensanglanté, se tourne à gauche vers un officier qui 
s'avance, son tricorne à la main. Entre eux un homme en grand man- 
teau bleu, la tête dans ses mains, près de Charette. Dans l'éloigne- 
ment, à gauche, arrive le peloton d'exécution, commandé par un 
officier à cheval. Au fond une rangée de soldats à peine visible sous 
la pluie qui tombe. Terrain sale et détrempé. 

Signé à gauche, en bas : J. Le Blanl. 



LEFEBVRE (Jules). (Voir les Livres d'or de 1879, ^80, 
1881, 1882.) 

8 



C8 PEINTURE 

N° 14)8. Psyché. 

L'étoile au front, les mains tenant le sort du monde, 
Psyché s'assoit, rêveuse, en attendant Caron. 
« Quel est donc ce beau lis éclos sur l'Achéron? » 
Pensent les morts errant dans une nuit profonde. 

(Emmanuel Ducros.) 
H. 2 m 5o. — L. i m 7o. — Fig. grandeur naturelle. 

Nue, ses cheveux blonds pendants, une étoile au front, elle est 
assise, à droite, de profil, sur la cime d'un roc escarpé. Elle tient sur ses 
genoux un coffret d'ivoire, et regarde au loin, vers la gauche, des fan- 
tômes drapés de blanc qui s'envolent dans le ciel sombre. En bas, à 
gauche, la mer pâle et grise. A droite, un serpent monte le long du roc. 

Signé en bas, à droite : Jules Lefebvre. 



LEROUX (Hector). (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 1 501 . Le Tibre. 

H. o m 65. — L. i m io. 

Le fleuve, aux eaux grises, descend du fond entre des constructions à 
droite et un quai planté d'arbres à gauche. Sur une avancée du quai 
formant terrasse, se tient, près d'un autel de pierre d'où s'élève un filet 
de fumée, une jeune prêtresse en tunique blanche et péplum gris violacé, 
debout, la main sous le menton. 

Signé en bas, au milieu : Hector Leroux. 



LHERMITTE (Léon-Augustin). (Voir les Livres d'or de 
1880 et 1882.) 

N° 15 18. La Moisson. 

H. 2 m 4o. — L. 2 m 7o. — Fig. grandeur naturelle. 



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ARTISTES HORS CONCOURS 59 

Au milieu d'un champ de blé, un vieux faucheur, en culottes de 
velours, la chemise ouverte, de face, s'essuie le front du revers du bras 
droit. Au premier plan, à gauche, une femme à genoux, de profil, est 
en train de lier une gerbe. Une autre, à l'arrière-plan, à droite, de face, 
presse un faisceau d'épis dans sa faucille. Au fond, quelques toitures 
de briques et une ligne de coteaux bleuâtres sous un ciel plombé. 

Signé : L. Lhermitte. i883. 



MOROT (Aimé). (Voir les Livres d'or de 1879 et 1880.) 
N° 1760. Martyre de Jésus de Nazareth. 

« Ah! le voilà, celui qui s'est appelé Fils de Dieu! Que son Père, s'il veut, 
vienne maintenant le délivrer! » 

(E. Renan, Vie de Jésus.) 
H. 3 m 2o. — L. 2 m 20. — Fig. grandeur naturelle. 

Sur une potence formée de deux troncs d'arbres, Jésus est cloué, les 
bras en croix, la tête renversée en arrière sous un jet de lumière. Ses 
bras, son ventre, ses pieds sont liés par des cordes au bois sanglant, qui 
porte, en bas, un cartel avec une inscription hébraïque, grecque et latine : 
Kex Judseorum. Ciel très sombre. 

Signé : A. Morot. 



PELEZ (Fernand). (Voiries Livres d'or de 1879 et 1880.) 
N° 1857. Sans asile. 

H. i m 35. — L. 2 m 4o. — Fig. grandeur naturelle. 

Dans une rue, au pied d'un mur couvert d'affiches déchirées, une 
femme, en haillons, de face, assise sur des paquets, allaite un enfant 
enveloppé d'un châle. Une petite fille, accroupie, de face, à droite, 
dort contre son genou. Deux petits garçons, à gauche, dorment aussi, 
couchés en travers, sur des hardes. Un troisième se tient près d'eux, 



60 PEINTURE 

assis sur un banc, les mains croisées, les yeux fixes. A droite, un poêle 
de fonte et des ustensiles de ménage. 

Signé à gauche : F. Pelez. 



RENOUF (Emile), né à Paris, élève de MM. Boulanger, 
Jules Lefebvre et Carolus-Duran. — Méd. 2 e cl. 1880. 

N° 2032. Le Pilote. 

H. 5 m 4 5 . — L. 6 m 7o. — Fig. grandeur naturelle. 

Sur une mer sombre et furieuse, une barque, vue d'arrière, montée 
par quatre hommes, s'efforce de gagner l'horizon, où l'on aperçoit la 
mâture penchée d'un navire en détresse. Trois des marins, coiffés de 
bérets, se penchent sur de longs avirons. Le quatrième, coiffé d'un 
chapeau de toile cirée, se tient debout, à l'arrière, gouvernant des deux 
mains avec une rame. Ciel noir déchiré d'éclairs. 

Signé : E. Kenouf. 

Acquis par l'État. 



ROLL (Alfred-Philippe). (Voir les Livres d'or de 1880 
et 1882.) 

N° 2093. En Normandie. 

H. 2 m io. — L. 2 m 25. — Fig. grandeur naturelle. 

Une vache blanche, tachée de roux, marchant, de droite à gauche, 
la tête penchée vers une touffe d'herbes. Au milieu, sur le devant, une 
poule noire. Au second plan, dans le fond, une paysanne assise, de face, 
sur le seuil d'une chaumière, donne à boire à une petite fille. A droite 
arrive un jeune garçon. Fond de verdure. 

Signé en bas, à droite : Koll. 

Acquis par l'Etat". 



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ARTISTES HORS CONCOURS 6l 

ROUSSEAU (Philippe). (Voir les Uvres d'or de 1879, 
1880.) 

N° 21 17. Viduaille. 

H. i m 4o. — L. 2"ioo. 

Sur un banc de pierre une grosse bassine de cuivre fumante d'où 
sortent les pattes d'un homard. A gauche, des tas de langoustes et de 
homards. A droite, des canards. Le long du banc une grande écumoire 
en cuivre et en bas un tonnelet, des crabes et des écrevisses. Dans l'om- 
bre, à gauche, contre le mur, une bourriche d'où tombent des œufs. 
Sur un tabouret de paille, un chat noir assis. 

Signé à droite, en bas : Ph. Rousseau. 83. 



VUILLEFROY (Félix de), né à Paris, élève de MM. Hébert 
et Bonnat. — Rue Andrieux, 3. 

N° 241 1 . Dans, les près. 

H. 1 «" 2 5 . — L. i m 6o. 

Quatre vaches, de couleurs diverses, s'avancent, presque de face, 
dans une prairie touffue en pleine floraison. Une cinquième suit der- 
rière, un peu sur la droite. Au fond, à droite, des taillis ; à gauche, à 
l'horizon, la pente d'un coteau. 

Acquis par l'État. 



WORMS (Jules), né à Paris, élève de M. Lafosse. — Rue 
de Navarin, 19. (Voir le Livre d'or de 1879.) 

N° 2657. Les Politiciens. 

H. o"i 7 3. — L. i m oo. 

Intérieur d'un patio espagnol. A droite, un gros aubergiste lit en 
riant un journal, tandis qu'un autre paysan, vu de profil, au centre, 



62 



PEINTURE 



s'avance vers lui en tendant le bras droit. Près de l'aubergiste, se tient, 
d'un côté, les bras croisés, un ecclésiastique en soutane et calotte noire; 
de l'autre côté, deux autres personnages lisent par-dessus son épaule. 
A droite, au premier plan, un paysan, assis sur une pierre au pied 
d'une colonne où s'enroule un cep de vigne, en train de manger, s'in- 
terrompt pour écouter. A l'arrière-plan, à gauche, dans l'angle de la 
cour, de face, un muletier poursuit, en l'agaçant, une fille qui porte 
une soupière. 

Signé à gauche : J. Worms. 





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SCULPTURE 



GRAVURE EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES 



MÉDAILLES DE PREMIÈRE CLASSE 



TURCAN (Jean), né à Arles (Bouches-du-Rhône), élève 
de M. Cavelier. — Méd. 2 e cl. 1878. — Boulevard du Port- 
Royal, 92. 

N° 4263. L'Aveugle et le Paralytique. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2^35. — L. 1 m 2 5 . — Pr. i™35. 



Debout, nu, la tête dressée, le bras gauche tendu, l'Aveugle marche, 
portant sur son dos le Paralytique, dont il tient les deux jambes serrées 



64 SCULPTURE 

l'une contre l'autre sur sa hanche droite. Le Paralytique, se retenant de 
la main droite à Tépaule de son porteur, lui guide le bras gauche de 
l'autre main. Il porte une ceinture d'étoffe. 

Acquis par l'État. 



CARLIER (Emile-Joseph), né à Cambrai, élève de Jouffroy 
et de M. Hiolle. — Méd. 2 e cl. 1879. — Rue Denfert-Roche- 
reau, 37. 

N° 3428. Fraternité! 

Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. 

(Florian, l'Aveugle et le Paralytique.) 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

H. 2 m io. — L. i m io. — Pr. i m oo. 

t. 

Debout, nu, l'Aveugle porte le Paralytique à califourchon sur son 
dos, et lui tient, de chaque côté, les jambes. Le Paralytique entoure du 
bras droit la poitrine de son porteur et penche la tête par-dessus son 
épaule gauche, en laissant, du même côté, pendre son autre bras, la 
main ouverte et tendue. 

Acquis par l'État. 



CORDONNIER (Alphonse-Amédée), né à la Madeleine- 
lez-Lille (Nord), élève de M. Dumont. — Méd. 3 e cl. 1875, 
2 e cl. 1876, prix de Rome 1877. — Rue Denfert-Rochereau, 77. 

N° 3494. Printemps. 

Groupe. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m io. — L. o m 70. — Pr. o m 85. 

Une jeune fille, nue, se tient debout, la tête droite, froissant des 
fleurs dans ses deux mains relevées à la hauteur de sa poitrine, près 
d'un Terme à figure humaine. Le Terme, beau jeune homme, aux che- 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 6) 

veux couronnés de fleurs, avec des ailes aux épaules, tenant dans- la 
main gauche une lyre, s'anime, et, penchant sa tête sur celle de la 
jeune fille, approche sa main droite de sa joue. 

Acquis par. l'État. 



BOISSEAU (Emile-André), né à Varzy (Nièvre), élève de 
MM. A. Dumont et Bonnassieux. — Méd. 1869, 2 e cl. 1880.— 
Avenue de Ségur, $3. (Voir le Livre d'or de 1880, page 73.) 

N° 3366. Le Crépuscule. 

Le silence se fait. Dans l'ombre, 
Quand l'étoile du berger luit, 
La nature sous le ciel sombre 
Doucement s'endort, c'est la Nuit. 

(E. B.) 
Groupe. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 

Une femme nue, des ailes aux épaules, une étoile au front, assise, 
les jambes repliées, sur un nuage. De ses mains, relevées au-dessus de 
sa tête, elle tient une lampe allumée. A ses pieds, à gauche, deux en- 
fants nus, endormis. 

Acquis par l'État. 



FRANÇOIS (Henri-Louis), né à Vert-le-Petit (Seine-et- 
Oise), élève de MM. Bonnat et Chapu. — Méd. 1869, 2 e cl. 
1882. (Voir le Livre d'or de 1882, page 71 .) 

N° 4327. Amour filial. 

Camc'e. Aga'.e. 

Une jeune femme, drapée à l'antique, vue de face, tend le sein à un 
vieillard qui se tient à genoux, à droite, de profil, les mains liées au 
dos. Un enfant, étendu à terre, tend vers elle ses petits bras. 

Gravé au-dessous : Amour filial. — Signé à droite : François. 

9 



MÉDAILLES DE DEUXIEME CLASSE 



ETCHETO (François), né à Madrid, de parents français, 
élève de l'Ecole des Beaux-Arts. — Méd. 3 e cl. 1881. — Rue 
Martin, 7 (Ternes). 

N° 3616. Dcinocrite. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i™8o.— L. o™85. — Pr. o™65. 

Chauve et barbu, le torse et les jambes nus, chaussé de sandales, le 
philosophe s'avance en ricanant, la tête penchée. De la main droite, 
posée sur la hanche, il retient un lambeau d'étoffe flottant autour de sa 
ceinture; dans la main gauche il tient un bâton et trois oignons. Il 
écrase du pied droit une branche de laurier. 



VAUREAL (Henri de), né à Paris, élève de Toussaint. — 
Méd. 3 e cl. 1878. 

N° 4277. Persée. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i "i 5 o . — L. i™io. — Pr. 0^70. 

Nu, posé sur le pied droit, le héros se penche, en soulevant de la 
main droite la tête de la Gorgone, qui pend le long de sa jambe 
gauche, jetée en avant. Sa main gauche s'appuie sur la poignée d'une 
longue épée dont la pointe pose sur le sol. Il porte une bandelette 
autour de la tête. Une draperie glisse sur sa jambe gauche. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 67 

DESCA (Edmond), né à Vic-en-Bigorre (Hautes-Pyrénées), 
élève de Jouffroy et de M. Falguière. — M éd. 3 e cl. 1 88 1. — 
Impasse du Maine, 1 1 . (Voir le Livre d'or de 1881 , page 80. ) 

N° 3553. L'Ouragan. 

Statue. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 2 m 8o. — L. i m 5o. — Pr. 11140. 

Nu, le pied droit posé sur un arbre brisé, la jambe gauche en ar- 
rière, le bras droit dressé, il s'élance, la tête échevelée, soufflant à pleines 
joues dans une corne qu'il tient de la main gauche. Derrière lui, assis 
à terre, hurle un grand chien. Devant, des branches tombées. 



FAGEL (Léon), né à Valenciennes, élève de M. Cavelier. — 
Méd. 3 e cl. 1882. — A Rome, villa Médicis. (Voir le Livre d'or 
de 1882, page 75.) 

N° 3620. Martyre de saint Denis. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 31120. — L. i m i5. — Pr. 1 m 5 5 . 

L'évêque, chape et mitre, se tient agenouillé, les mains tombantes et 
jointes, la tête inclinée et tournée à gauche, tandis que le bourreau, 
nu, sauf la ceinture, debout derrière lui, lui met la main gauche sur 
l'épaule et lève de l'autre, pour le frapper, un sabre à large lame. 



FRÈRE (Jean-Jules), né à Cambrai, élève de M. Cavelier. 
- Méd. 3 e cl. 1878. — Rue Denfert-Rochereau, 22. 

N° 3654. Chanteur oriental. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 3o. — L. o m 6o — Pr. o»i65. 



68 



SCULPTURE 



Nu, la tête penchée à gauche, les cheveux nattés et pendants, il est 
assis, les jambes croisées, sur un escabeau couvert d'un tapis et, de la 
main gauche, lève, au-dessus de sa tête, un tambourin qu'il frappe de 
la main droite. 



Acquis par l'État. 



MÉDAILLES DE TROISIÈME CLASSE 



BAFFIER (Jean-Eugène), né à Neuvy-le-Barrois (Cher), 
élève de l'Ecole des Beaux- Arts de Nevers et de M. J. Garnier. 
— Rue de l'Ouest, 132. 

N° 3307. M ara t. 

« Il fallait le voir, traqué de réduit en réduit, souvent dans les lieux humides 
où il n'avait pas de quoi se coucher. Rongé par la misère la plus affreuse, il 
couvrait son corps d'une simple couverture, et sa tête d'un mouchoir, hélas ! 
presque toujours trempé de vinaigre; une écritoire dans sa main; quelques 
chiffons de papiers sur ses genoux, c'était sa table! » 

(Guireau, Oraison funèbre de Marat. — Août 1793.) 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 2o. — L. i m oo. — Pr. i m 7o. 

Nu, coiffé d'un mouchoir, la tête dressée, les yeux fixes, les lèvres 
serrées, les jambes enveloppées dans une couverture, il est assis sur son 
lit, le dos appuyé à un oreiller. Il tient de la main gauche une plan- 
chette posée sur ses genoux et s'apprête à écrire sur un feuillet où on lit 
déjà : « Tu te laisseras donc toujours duper, ô peuple babillard et stu- 
pide ! Tu ne comprendras donc jamais qu'il faut se défierde ceux qui te 
flattent! » 



GERMAIN (Jean-Baptiste), né à Fismes (Marne), élève de 
Gumery et de M. Dumont. — Boulevard Arago, 65. 

N" 3691. La Fée. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 9o. — L. o m 72. — Pr. o m 75. 



JO SCULPTURE 

Debout, nue, des ailerons aux épaules, une baguette dans la main 
droite, elle se tourne à gauche, en jetant des fleurs sur un enfant en- 
dormi dans un berceau. Une draperie légère, retenue par un ruban à 



sa ceinture, flotte derrière elle. 



PEYNOT (Emile- Edmond), né à Villeneuve-sur-Yonne, 
élève de Jouffroy et de M. Hiolle. — Villa Médicis, à Rome. 

N° 4069. Abandonnée. 

Statue. Plâtre. Fig. un peu plus grande que nature. 
H. i m 5o. — L. 2 m 3o. — Pr. o m 70. 

Une femme nue, la tête enveloppée dans une draperie qui lui re- 
tombe sur les épaules, les yeux fermés, la bouche entr'ouverte, est 
assise près d'un arbre sur lequel elle s'appuie, ne soutenant plus qu'à 
peine, de la main droite, un enfant qui glisse sur sa jambe en cher- 
chant encore son sein. Le bras gauche est pendant. 



LORMIER (Edouard), né à Saint-Omer (Pas-de-Calais), 
élève de Jouffroy. — Rue de Vaugirard, 108. 

N° 3907. Jacqueline Robins. 

Statue. Plâtre. Fig. plus grande que nature. 
H. 3 m io. — L. i m 3o. — Pr. i m io. 

En 1710, pendant la guerre de Succession, le prince Eugène et le comte 
de Marlborough assiégèrent Saint-Omer. La ville, dépourvue de vivres et 
d'approvisionnements, était hors d'état d'opposer une résistance sérieuse, 
quand une femme du peuple, Jacqueline-Isabelle Robins, veuve de Guillaume- 
François Boyaval, offrit aux magistrats de la commune d'aller en barque à 
Dunkerque chercher des munitions et des vivres. Naviguant la nuit, dissimu- 
lant sa cargaison sous des couches de légumes, grâce à son énergie, à son sang- 
froid, à sa présence d'esprit, Jacqueline Robins, quoique deux fois surprise 



ARTISTES RECOMPENSES Jl 

et arrêtée au cours de ses nombreuses expéditions par des partis autrichiens, 
réussit, au péril de sa vie, à assurer le ravitaillement des Andomarais. 

[Histoire de Saint-Omer.) 
Destinée à la ville de Saint-Omer. 

Debout, le pied droit en avant, la main droite sur la hanche, te- 
nant dans la gauche un aviron, elle dresse la tête, regardant fièrement 
devant elle. Sa coiffe et son tablier sont agités par le vent. A ses pieds, 
derrière, un monceau de légumes. 



BÉGUINE (Michel), né à Uxeau (Saône-et-Loire), élève de 
MM. Dumont et A. Millet. — Avenue de Saxe, 39. 

N° 3340. David vainqueur. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. imy5. — L. 0^90. — Pr. o m 7o. 

Nu, posé sur le pied droit, la jambe gauche en arrière, sa fronde 
enroulée autour de son poing droit, il s'appuie de la main gauche sur 
la poignée d'une longue épée, dont la pointe repose sur la tête casquée 
de Goliath gisante à terre. 



MARIOTON (Claudius), né à Paris, élève de MM. Tho- 
mas, E. Levasseuret Dumont. — Rue Michel-Bizot, 1 99 (Bel-Air). 

N° 3930. Diogène. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i™8o. — L. o™65. — Pr. o m 65. 

Les cheveux et la barbe en désordre, la poitrine nue, un lambeau 
d'étoffe retenu sur l'épaule par une lanière, il marche, la main gauche 
appuyée sur un bâton, et tient une lanterne levée dans la main droite. 



72 SCULPTURE 

HAINGLAISE (Jean-Fleury) , né à Toulon-sur- Arroux 
(Saône-et-Loire), élève de M. Cavelier. — Rue Lecourbe, 104. 

N° 3743. Chloé à la fontaine des Nymphes. 

Statue. Marbre. 
H. i«i5 . — L. o m 6o. — Pr. o m 70. 

Elle est nue et, le genou gauche posé sur un rocher d'où coule une 
fontaine, elle se penche en approchant sa main de l'eau pour y puiser. 
Ses cheveux tombent sur ses épaules. 



HASSELBERG (Pierre), né en Suède, élève de Jouffroy. 
Mention honorable, 1881. — Boulevard Saint-Jacques, 69. 

N° 3749. Le Perce-neige. 

Statue. Marbre. 
H. i m 65. — L. o m 7o. — Pr. o m 4o. 



Voir la description dans le Livre d'or du Salon de 1881 (page 88), où le 
modèle de cette statue avait obtenu une mention honorable. 



BR1DEN (Désiré), né à la Chapelle-Saint-Luc (Aube), élève 
de MM. Dumont et Thomas. — Rue de Liancourt, 26. 

N° 3384. Le Baron Taylor. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i^o. — L. i m oo. — Pr. i™35. 

Enveloppé d'une longue robe de chambre, la tête nue, les pieds 
dans des pantoufles, il est assis dans un large fauteuil et se penche 
en arrière, la tête un peu tournée, pour examiner une statuette de 
Minerve qu'il tient, à distance, de la main gauche. Entre les pieds du 
fauteuil, des portefeuilles et des papiers. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS J) 

TASSET (Ernest-Paulin), né à Paris, élève de M. Oudiné. 
— Rue Mazarine, 37. 

N° 43 5 1 . Sept médailles. 

1 . La Mutualité commerciale. Une femme, au torse nu, assise, les 
jambes croisées, près d'une ruche. Elle tient dans la main droite une 
coupe où boit un serpent, et dans la main gauche un caducée. 

2. Mercure {pour le Cercle commercial du Louvre). Il est nu, assis sur 
un ballot, et tient dans la main droite un caducée. En bas, à droite, 
une ancre; à gauche, un tonneau. 

3 . L'Enseignement par l'aspect. Une femme drapée à l'antique, debout, 
la main droite appuyée sur un appareil photographique posé sur son 
trépied. De la gauche elle montre, sur un chevalet, un tableau où sont 
tracées des figures géométriques. 

4. Salle des thèses de l'Université d'Orléans. Vue d'intérieur. En bas, 
les armes de la ville d'Orléans. 

5. La République, d'après le buste de M. J. France. Tête de femme, de 
profil, coiffée d'un bonnet phrygien à cocarde. Ses longs cheveux 
tombent sur ses épaules. A l'entour est écrit : République des Com- 
munes. 

6. Copie d'une monnaie de Thurium. (Jetons de l'atelier Moyaux.) 
Tête de femme, de profil, coiffée d'un casque d'où s'élance une sirène. 

7. La Chimie se découvrant à Lavoisier. Une femme debout, nue jus- 
qu'à la ceinture, se tient près d'un buste de Lavoisier au-dessus duquel 
elle étend une palme de la main gauche, en écartant de la droite le voile 
qui couvrait sa tête. 



MENTIONS HONORABLES 



LAPORTE (Emile), né à Paris, élève de MM. Dumont et 
Bonnassieux. — A Paris, rue Folie-Méricourt, 22, 

N° 3835. Baiser maternel. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 45. — L. o m 72. — Pr. o m y5. 

Jeune femme, assise, pressant contre sa poitrine un jeune enfant qui 
se dresse vers ses lèvres, et lui met sa petite main sur l'épaule. 



SAINT-VIDAL (Francis de), né en Italie, élève de Car- 
peaux. — Rue du Faubourg-Saint-Honoré, 233. 

N°4i78. La Nuit. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2^70. — L. i m 55. — Pr. i m 4o. 

Elle est représentée sous la figure d'une femme nue, assise sur une 
draperie, au-dessus de nuages que soulèvent trois génies volants. Elle 
tient dans sa main droite levée un croissant. 



OGÉ (Pierre-Marie-François), né à Saint-Brieuc, élève de 
son père, de Carpeaux et de M. Eude. — A Boulogne (Seine), 
rue Gutenberg, 39. 



ARTISTES RECOMPENSES 75 

N° 4027. Virginie. 

« Un des premiers objets que j'aperçus sur le rivage fut le corps de Virginie : 
elle était à moitié couverte de sable, dans l'attitude où nous l'avions vue périr; 
ses yeux étaient fermés, mais la sérénité était encore sur son front...; une de 
ses mains était sur ses habits, et l'autre, qu'elle appuyait sur son cœur, était 
fortement fermée et raidie... » 

(Bernardin de Saint-Pierre, Paul et Virginie.) 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 6o. — L. i™85. — Pr. o^yo. 

Elle est étendue sur le sable, la main gauche sur le cœur, le bras 
droit étendu, les cheveux épars, les plis de sa robe collant au corps. 



TRUFFOT (Emile-Louis), né à Valenciennes (Nord), élève 
de Duret et de Carpeaux. — Boulevard Richard-Lenoir, 103. 

N° 4258. Amazone libyenne. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1^80. — L. om5o. — Pr. omôo. 

Elle est nue, debout, un pied en avant. Elle tient dans la main droite 
une pique, et dans la main gauche un bouclier long qu'elle appuie sur 
sa cuisse. Chevelure courte et crépue. Elle porte au cou un collier de 
coquillages. 



CARRIÈS (Joseph), né à Lyon. — Rue Boissonade, 1 5 . 
N° 3433. Évêque. 

jBustc. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 5o. — L. o m 7o. — Pr. o m 4o. 

Tête ridée, lèvres serrées, long nez aquilin. Il est coiffé d'une mitre 
basse et porte sur les épaules une chape brodée aux plis raides. 



76 SCULPTURE 

PECH (Gabriel-Edouard- Baptiste), né à Albi (Tarn), 
élève de Jouffroy et de MM. Mercié et Falguière. — Rue Saint- 
Placide, 46. 

N° 4052. Dernière Vision. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 95. — L. o m 75. — Pr. im5o. 

Une jeune malade, dont la chemise tombante découvre la poitrine 
amaigrie, est assise sur son lit, la tête dressée, les yeux mal ouverts. Elle 
tient de la main gauche son genou qui se relève sous les draps et laisse 
pendre sa main droite. 



MOMBUR (Jean-Ossaye), né à Ennezat (Puy-de-Dôme), 
élève de MM. Dumont et Bonnassieux. — Avenue de Ségur, 49. 

N° 3981. Retour des champs. — Paysanne d'Auvergne. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1^90. — L. o m 6o. — Pr. o m 6o. 

Paysanne en robe courte, bras nus et jambes nues, portant a cali- 
fourchon, sur ses épaules, un enfant qui tient une fleur. Des deux mains 
elle relève son tablier rempli de haricots et porte une binette sus- 
pendue à son bras droit. 

Signé à droite : O. Mombur, 1882. 



HOUSSIN (Edouard-Charles), né à Douai (Nord), élève 
de Jouffroy et de M. Aimé Millet. — Rue Denfert-Roche- 
reau, 37. 

N° 3773. VOndine de Spà. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m oo. — L. i m oo. — Pr. i m io. 



ARTISTES RECOMPENSES 77 

/ / 

Une femme nue, assise sur un rocher, la main droite appuyée sur 
une urne, tend le bras gauche vers une autre femme, coiffée de feuilles 
aquatiques, qui l'aide d'une main à se soulever, tandis que de l'autre 
elle lui touche la tête. Près de la femme debout une touffe de joncs. 



BÉLARD (Gustave), né à Toulouse, élève de Jouffroy et de 
MM. Falguière et Mercié. — Boulevard Saint-Michel, 115. 

N° 3341 . Faucheur. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

Il est nu, debout, tourné à gauche, et tient de la main droite une 
faux dressée, qu'il aiguise de l'autre. Derrière lui une touffe de blés. 



HERCULE (Benoit-Lucien), né à Toulon (Var), élève de 
Jouffroy. — Rue de Humboldt, 25. 

N° 3760. Jeune Fille au bracelet. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im6o. — L. o™65. — Pr. o m 5o. 

Elle est nue et se tient debout sur un socle circulaire orné d'une 
guirlande de roses en bas-relief, les jambes serrées l'une contre l'autre 
et penchant en arrière sa tète aux cheveux courts. Elle ajuste de la 
main droite un bracelet à son bras gauche. 



CHARPENTIER (Alexandre-Louis-Marie), né à Paris, 
élève de M. Ponscarme. — A Malakoff (Seine), rue des Clo- 
zeaux, 25. 

N° 3451. Jeune Femme allaitant son enfant. 

Bas-relief. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im5o. — L. i™oo. — Pr. o m 8o. 



j8 SCULPTURE 

Tête nue, en vêtements de nuit, elle est assise sur une chaise, tournée 
de profil à gauche, et donne le sein à un enfant couché de face sur ses 
genoux. 



PICAULT (Emile), né à Paris. — A Saint-Mandé, avenue 
Herbillon, 46. 

N° 4076. Un Empereur chrétien. 

« Valentinien I er , empereur chrétien, possédait deux ourses dont l'histoire 
a conservé les noms, appelées par ironie : Petit Bijou et Innocence; elles furent 
nourries de chair humaine par leur auguste maître et devinrent les exécutrices 
de ses hautes œuvres. » 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

H. 1^80. — L. i™25. — Pr. i%o. 

Nu, coiffé par-dessus ses longs cheveux d'un casque à couronne, il 
est assis sur des coussins, dans un trône à dossier sculpté, les jambes 
croisées. Il se tourne à droite et agace, du bout de son sceptre terminé 
par une croix, deux petites ourses accroupies à ses pieds, dont l'une 
redresse la tête. 



MOULY (Jean-Francisque), né à Clermont-Ferrand, élève 
de Jouffroy et de M. Chapu. — Rue de Sèvres, 103. 

N° 4010. Jeune Faune. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m 2o. — L. o m 75. — Pr. i^oo. 

Nu, posé sur la jambe gauche, la jambe droite en l'air, il danse, la 
tète dressée, et brandit un thyrse dans sa main droite. 



TOURGUENEFF (Pierre-Nicolas), né à Paris, élève de 
M. Frémiet. — Rue de Lille, 97. 



ARTISTES RÉCOMPENSES J() 

N° 4247. Le Routier. 

Statue équestre. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m 65. — L. o m 9o. Pr. 2 m 5o. 

Jeune homme, en justaucorps, coiffé d'un morion. Il se tient droit 
en selle, sur son cheval au repos, la main gauche sur les rênes, la main 
droite derrière le dos. 



CHARPENTIER(FÉLix-MAURiCE),néàBollène(Vaucluse), 
élève de M M . Cavelier et Doublemard . — Rue Chateaubriand ,11. 

N° 3452. Le Réveil patriotique. 

Statue. Plâtre. Fig. un peu plus grande que nature. 

H. 3 m i5. — L. i m i5. — Pr. im65. 

Jeune homme, nu, debout, le corps vivement dressé. Il brandit dans 
la main droite un sabre-baïonnette et tient, de la gauche, un drapeau 
serré contre sa poitrine. 

GILBERT (Alfred), né à Londres, élève de M. Cavelier. 
— A Rome, via San Basilo, 8. 

N° 3700. Persée prenant ses armes. 

Statuette. Bronze. 
H. o m 7o. — L. o m 5o. — Pr. o m 25. 

Nu, debout, coiffé d'un casque ailé, il tient dans la main gauche un 
glaive avec son baudrier et se penche pour regarder le bas de sa jambe 
droite, à laquelle est déjà attachée une talonnière ailée. Le pied gauche 
est nu. 



PILET (Léon), né à Paris, élève de M. A. Toussaint. 
Quai Jcmmapes, 6. 

N° 4079. Belhsabee. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1^70. — L. o™55. — Pr. o™3o. 



8o SCULPTURE 

Nue, la tête tournée à gauche, et, des deux mains, retenant sur son 
épaule gauche une draperie tombante, elle descend un escalier, le pied 
droit posé sur le premier degré. 



GOELZER (Albert), né à La Meauffe (Manche), élève de 
MM. Cavelier, J. Lequien et Jacquet. — A Paris, rue Lafayette, 
182. 

N° 3708. Joueur de palet. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i^io. — L. o m 4o. — Pr. o m 9o. 

Adolescent, nu, adossé à un tronc d 1 arbre. Les deux jambes serrées, 
il se penche en avant, visant le but avec son palet, qu'il tient de la 
main droite. 



GUIBÉ (Paul), né à Saint-Brieuc, élève de M. Chapu. — 
A Saint-Brieuc, boulevard National, 1. 

N° 3730. Portrait du chanoine Prudhomme. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. î^oo. — L. 2 m o!J. — Pr. o m 8o. 

Vêtu d'une soutane, en surplis et camail, il est couché, le dos sou- 
tenu à droite par une pile de coussins. De la main droite tendue, il 
montre un petit modèle d'église posé à ses pieds sur un rocher, et tient 
dans l'autre un livre. 



LAPAYRE (Eugène), né à Boulages (Aube), élève de Jouf- 
froy. — Impasse du Maine, 1 1 . 

N° 3834. Saint Labre. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i^yo. — L. o m 6o. — Pr. o m 55. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 8l 

Il est vêtu d'un froc et se tient debout, les pieds nus, la tête dressée. 
Il serre de la main droite un crucifix sur sa poitrine. 



SIGNORET (Madame L.), née à Nevers, élève de M.Gau- 
therin. — Rue du Chemin- Vert, 68. 

N° 4199. Aux Champs. 

Statue. Plâtre. 
H. i™32. — L. o m 55. — Pr. o m 6o. 

Jeune paysanne, debout, en robe courte, portant sur la tète une 
charge d'herbes coupées. 



GRAVILLON (Arthur de), né à Lyon, élève de Fabisch 
père et de Lafrance. — Rue Blanche, 2 1 . 

N° 3721. Peau-d'Ane. 

« Elle fait tomber son anneau dans le gâteau qu'elle vient de pétrir pour le 
jeune prince malade d'amour. » 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. im5o. — L. o m 65. — Pr. i m oo. 

Jeune fille nue, aux longs cheveux pendants; elle porte sur la tête 
une peau d'âne qui lui couvre le dos, et se penche, le genou droit en 
terre, le doigt sur un gâteau rond posé dans une pelle à enfourner. 



BESNARD (M me Charlotte-Gabrielle), née à Paris, 
élève de M. Vital Dubray. — Rue Guillaume-Tell, 17. 

N° 3354. Portrait de M' k Magdcleinc G... 

Buste. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 72. — L. o m 4o. — Pr. o m 2o. 

Tête de jeune fille, les cheveux retroussés à la grecque, tournée à 



82 SCULPTURE 

droite. Elle porte sur l'épaule gauche une draperie dorée retenue par 
un ruban. Sur le socle est jetée en travers une branche de laurier. 



CHÉRET (Joseph), né à Paris, élève de MM. Gallois et 
Carrier-Belleuse. — Rue de La Tour-d'Auvergne, 1 5. 

N° 3460. Le Jour. 

Groupe. Bronze. 



RUFFIER (Noël), né à Avignon, élève de MM. Guilbert- 
d' Anelle et Dumont. — A Choisy-le-Roi, rue de Seine, 1 . 

N° 4168. Phryxus et la Toison d'or. 

Statue. Plâtre. 
H. im 5. — L. imço. — Pr. o m 8o. 

Le jeune héros, nu, est étendu sur la grande toison, dont il tient la 
tête cornue de ses deux mains. Soulevé sur le côté droit, la tête dressée, 
il regarde devant lui. 



DUBOIS (Henri), né à Rome, élève de Jouffroy et de 
MM. Chapu, Falguière et Alphée Dubois. — Rue Mazarine, 37. 

N° 43 2 3 . 1 . Médaille de la Ligue des Patriotes. 

Avers. — Le groupe d'Ant. Mercié, Quand même, vu de face. A 
gauche : 1870-188.. A droite : Quand même. Alentour : Ligue des 
Patriotes. 

Revers. — Un drapeau tricolore, flottant sur un rempart, entouré 
d'un rayon lumineux. A gauche, dans l'éloignement , un château; à 
droite, une église. Sur le parapet du rempart : Mai 1882. Alentour : 
Qui vive ? France ! 

2. Portrait de M"* N. desJ... Médaille. 
Profil de jeune fille, la tète nue, tournée à gauche. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 8} 

3. Portrait de M. D. Fosse. Médaille. 

Profil déjeune homme, tourné à droite. Cheveux courts et en dés- 
ordre. Barbiche pointue. Alentour : D. C. Fosse. 



DARBEFEUILLE (Paul), né à Toulouse, élève de Jouffroy 
et A. Falguière. — Rue Cauchois, 15. 

. N° 3524. L'Avenir. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 4o. — L. o m 65. — Pr. o m 9o. 

Jeune garçon, nu, assis, la jambe droite en avant, sur un escabeau 
couvert d'une peau de lion. Il tient de la main gauche un livre ouvert 
sur ses genoux, et de la droite s'appuie sur la garde d'une longue épée 
dont la pointe repose sur le sol. Sur la plinthe : Avenir. 



LAMBERT (Émile-Placide), né à Paris, élève de M. Fran- 
ceschi. — Rue de la Tour-des-Dames, 4. 

N° 3822. Tentation. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m oo. — L. o m 85. — Pr. o m 70. 

Jeune femme nue, de face, la tête dressée, le pied droit en avant, 
tendant la main vers une pomme suspendue à la branche d'un arbre 
placé à sa gauche. La main droite est repliée sur sa poitrine. 



BOGINO (Emile-Louis), né à Paris, élève de Jouflïoy et de 
son père. — Rue du Moulin-Vert, 5 1. 



84 SCULPTURE 

N° 3364. Galilée. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2^10. L. o m 68. — Pr. i m o8. 

Il se tient debout, un pied en avant, montrant le ciel de la main 
droite et, de la main gauche, ramenant devant lui un pli de son man- 
teau. 11 est coiffé d'un bonnet florentin. 



KOSSOWSKI (Henri), né à Cracovie (Pologne), élève de 
l'Ecole des Beaux- Arts de Cracovie. — Aux Lilas, rue des 
Bruyères, 13. 

3807. Bernard Palissy. 

« Bref, j'ay ainsi bastelé l'espace de quinze à seize ans; quand j'avois ap- 
pris à me donner garde d'un danger, il m'en survenoit un autre, lequel je 
n'eusse jamais pensé. Durant ce temps-là, je fis plusieurs fourneaux, lesquels 
m'engendroient de grandes pertes auparavant que j'eusse connoissance du 
moyen pour les chauffer également » 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 6o. — L. 1^70. — Pr. o m 8o. 

Il se penche vers un fourneau posé devant lui, s'abritant les yeux de 
la main gauche et tenant un plat dans la main droite. A ses pieds, des 
morceaux de bois. 



MASSON (Jean-Augustin-Alfred), né à Palaiseau (Seine- 
et-Oise), élève de MM. Bonnassieux et Delorme. — Boulevard 
de Vaugirard, 120. 

N° 3944. Sainte Radegonde. 

Buste. Plâtre. 
H. 0^70. — L. o™55. — Pr. 0^40. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 85 

ASTRUC (Zacharie), né à Angers. — Rue du Faubourg- 
Saint-Honoré, 233. 

N° 3293. Le Marchand de masques. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m oo. — L. 0^75. — Pr. o m 75. 

Adolescent nu, chaussé de sandales, ceint d'un caleçon brodé, por- 
tant au cou un médaillon d'orfèvrerie. De la main droite, levée, il montre 
un masque de Victor Hugo. A sa main gauche, qui tient le masque de 
Balzac, sont suspendus ceux de Gounod et de Banville. Autour du pié- 
destal sont rangés ceux de Barbey d'Aurevilly, Berlioz, Carpeaux, 
Corot, Delacroix, Dumas, Faure, Gambetta. 

Acquis par l'État. 



KLEIN (Max), né à Goncz (Hongrie). — A Berlin, 
Yorkstrasse, 10. 

N° 3804. Un Anachorète. 

Statue. Plâtre. Fig. un peu plus grande que nature 
H. i m 2o. — L. i m oo. — Pr. i m 5o. 

Vieillard nu, la tête coiffée d'un petit bonnet, assis sur une peau, les 
jambes allongées. Il tient, de la main droite, sur ses genoux, un grand 
livre ouvert, vers lequel il se penche attentivement, et tient sa main 
gauche appuyée sur son front. 



FOUQUES (HENRi-AMÉDÉE),né à Paris, élève de MM. Ca- 
velier et Truphème. — Rue Fondary, 37. 

N° 3644. Porteur de palanquin japonais au repos. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i™3o. — L. o m 66. — Pr. 1^20. 



86 SCULPTURE 

Presque nu, il est assis sur une pierre, la jambe gauche en avant, la 
tête un peu tournée à gauche. Il s'appuie de la main droite sur un 
bâton. Il porte un caleçon à la ceinture, et une bandelette autour du 
front. 



JOUANDOT (Amédée), né à Bordeaux, élève de Duret et 
Jouffroy. — Rue'de Vaugirard, 108. 

N° 3801. Victor Louis, architecte. 

Statue. Marbre. 
H. 2 m 20. L. I m 20. — Pr. o m 9o. 

Debout, la tête nue, en culottes courtes et habit à la française, coiffé 
d'une perruque à marteau, il tient sa main droite passée dans l'ouver- 
ture de son gilet, et montre de la gauche le plan du théâtre de Bor- 
deaux posé sur un fût de colonne. A ses pieds, des branches de laurier. 

Pour le vestibule du grand théâtre de Bordeaux. 



PEYROL (F.-A.-Hippolyte), né à Paris, élève de M. J. 
Bonheur. — Rue Crussol, 14. 

N° 4072. Vercingctorix devant César. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2™o5. — L. o m 65. — Pr. i m oo. 

Il se tient debout, la tête nue, les bras croisés, la jambe gauche en 
avant, son casque et son épée à ses pieds. Longs cheveux, longues 
moustaches. Il est vêtu d'un surcot de cuir à clous saillants et porte 
encore le fourreau de l'épée suspendu à son baudrier. 



DELATTRE (M lle Thérèse), née à Paris, élève de M me Ber- 
taux et de M. de Vasselot. — Rue Guichard, 10. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS O" 

N° 3541. Sophocle. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 1^60. — L. o m 85. — Pr. o m 90. 

Il est assis dans un large siège à dossier, et tient le bras droit levé. 



PAUCHARD (Constant-Démétrius), né à Château-Chi- 
non (Nièvre), élève de M. Valée. — Rue de Belleville, 255. 

N° 4344. 1. Le Génie des Arts, d'après M. Mer clé. 2. Portraits 
de M. et de M me C. . . 

Camées sur onyx. 



LANCELOT (M lle Marcelle-Renée), né à Paris, élève de 
son père et de M. Ponscarme. — A Malakoff, avenue Sainte- 
Sophie. 

N° 3827. Portrait de M. Français. 

Buste. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 70. — L. o m 55. — Pr. o m 38. 

Le peintre est représenté la tête nue, jusqu'aux épaules. Front large 
et découvert, cheveux longs sur Ja nuque, barbe entière et fournie. 



STEUER (Bernard-Adrien), né à Paris, élève de Jouflroy 
et de MM. Lequesne et A. Millet. — Rue de Verneuil, 20. 

N° 4209. Bacchante menaçant un faune. 

Groupe. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 4o. — L. o'"9o. — Pr. o m 9o. 



88 SCULPTURE 

Elle est nue et se penche vers un faune enfant qu'elle tient par 
l'oreille en le menaçant d'une paire de ciseaux. A terre, des débris de 
poterie. 



RAMBAUD (Pierre), né à Allevard (Isère), élève de Jouf- 
froy et de MM. Irvoy et Chapu. — Rue de Vaugirard, 108. 

N° 41 10. — L'Aurore. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 45. — L. im 20 . — Pr. o m 35. 

Elle est nue, les cheveux flottants, assise sur un rocher, les jambes 
inclinées à droite, et soulève, de ses deux bras dressés au-dessus de sa 
tête, un grand voile qui lui traîne derrière le dos. 



LEROUX (Gaston), né à Paris, élève de Jouffroy et de 
MM. Hiolle et Falguière. — Impasse du Maine, 18 bis. 

N° 3883. Buste. 

Terre cuite. Fig. grandeur naturelle. 

Jeune homme, aux longs cheveux, en costume Louis XIII, justau- 
corps brodé et large collerette. Il porte au cou une chaîne d'orfèvrerie 
à laquelle est suspendue une médaille. Sur le socle un écusson. 



FERVILLE-SUAN (Charles-Georges), né au Mans 
(Sarthe), élève de M. Jouffroy. — Avenue Parmentier, 47. 

N° 3631. La Captive. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. \M()o. — L. o m 6o. — Pr. o m 6o. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 89 

Jeune femme debout, la tête penchée à gauche, les cheveux pen- 
dants, le bras droit lié derrière le dos par une corde. De la main 
droite elle retient sur sa cuisse une draperie qui lui enveloppe la jambe 
gauche. 



AUBERT (Pierre), né à Lyon, élève de MM. Dumont et de 
Bonnassieux. — A Lyon, rue de la Charité, 58, et à Paris, 
avenue du Maine, 5 5. 

N° 3300. L'Ensevelissement. 

Bas-relief. Marbre. 

N° 3301. La Folie de Marguerite. 

Statue. Bronze. 



DESCAT (M me Henriette),'^ à Carnières (Nord), élève 
de M. Frère. — Rue Saint- Vincent-de-Paul, 18. 

N° 3554. L'Innocence. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. i m 35. — L. o m 56. — Pr. o m 8o. 

Jeune fille, tête nue et poitrine nue, les jambes drapées, assise dans 
une chaise antique. Elle tient de la main gauche, sur son genou, une 
coupe dont elle approche un serpent enroulé autour de son bras droit. 



MILLET DE MARCILLY (Edouard), né à Paris, élève de 
son père et de M. Carolus-Duran. — Rue Washington, 13. 

N° 3979. Portrait de Madame E. B. 



Buste. Marbre. Grandeur naturelle. 
H. o™85. — L. o™6o. — Pr. o™35. 



00 SCULPTURE 

Jeune femme, en robe décolletée, la tête un peu tournée à gauche. 
Elle porte un cercle d'orfèvrerie dans ses cheveux relevés. Les épaules 
sont enveloppées d'un manteau attaché sur la poitrine par une broche. 



TERRIER (Jules-Laurent), né à Paris, élève de M. Fré- 
miet. Rue de Bufïon,73. 

N° 4225 . Éléphant de l'Inde. 

Statuette. Bronze. 
H. o m 45. — L. om 2 2. — Pr. on»55. 



FERRIÈRES (Louis-François-Georges, comte de), né à 
Paris, élève de M. Le Bourg. — Avenue Marceau, 33. 

N° 3630. Un mort peu respecté. 

Groupe. Plâtre. Animaux de grandeur naturelle. 
H. o m 9o. — L. i m 2o. — Pr. o m 35. 

Deux chiens de chasse se disputant un perdreau. 



JOHMANN (Eugène-Félix), né à Nancy. —A Nancy, rue 
de la Pépinière, 17. 

N° 3798. La Siesta. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
L. o m 9o. — L. o m 6o. — Pr. o m 6o. 

Un enfant, en chemise, bras nus et jambes nues, endormi dans un 
fauteuil. Sur ses genoux, une assiette de soupe inachevée, avec une 
cuiller dedans. Au pied du fauteuil, un polichinelle. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS i) L 

ALDEBERT (Emile), né à Millau (Aveyron), élève de 
Loubon. — A Marseille, rue de l'Obélisque, 1 1 , et à Paris, chez 
M. Autin, rue Mazet, 7. 

N° 3271. Bateleur. 

• Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 

H. im85. — L. o m 75. — Pr. 0^80. 

Il est debout, nu, ceint d'un caleçon, et regarde dans sa main droite 
la monnaie qu'il vient de recevoir. Il tient de l'autre un tambour de 
basque. 



PROUH A (Pierre-Bernard), né au Born (Haute-Garonne), 
élève de MM. Dumont, Ramé et Toussaint. — Rue Fontaine- 
Saint-Georges, 42. 

N° 4092. — Le Passage de Vénus. 

Bas-relief. Plâtre. 
H. 3 m 2o. — L. 2 m 5o. — Pr. o m 3o. 

Nue, la tête de face, le corps de profil, la déesse traverse, en volant, 
de droite à gauche, un large disque rayonnant. De la main droite elle 
tient une étoile sur son front, de la main gauche elle tire en arrière sa 
longue chevelure. En bas, des nuages. 



MADRASSI (Luca), né à Tricesimo (Italie), élève de M. Ca- 
velier. — Boulevard du Mont-Parnasse, 49. 

N° 3916. Tilania, reine des fées. 

(Shakespeare, le Songe d'une Nuit d'été.) 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
Nue, couronnée de feuillage, elle se tient près d'une touffe de fou- 



9 2 



SCULPTURE 



gères dans laquelle s'ébat une troupe de petits nains tout nus. Elle en 
tient un assis sur son pouce et le touche du bout de sa baguette. 



H ALLER (Gustave), né à Paris, élève de M. Mathieu 
Meusnier. — A Asnières, square de la Mairie, 2. 

N° 3744. Le Vice renversé. 

Statue. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 85. — L. i^io. — Pr. o m 75. 

Une femme nue, accroupie, tenant dans la main droite une cassette 
d'où s'échappent des joyaux et des monnaies, et dans la main gauche 
un collier, dressant sa tête effrayée. Sur le rocher : Le Vice, sous la forme 
d'une femme, tombe renversé par la Conscience, qu'il essayait de séduire. 
(Fragment d'un monument.) 








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'.^ 



Gravé par E. Abot. d'après E.L.Barrias, 



LES PREMIÈRES FUNERAILLES 




ARTISTES HORS CONCOURS 



BARRI AS (Ernest-Louis), né à Paris, élève de L. Cogniet 
et de MM. Cavelier et Jouffroy. — Prix de Rome 1865, mé- 
daille 1870, i re cl. 1872, & 1878, méd. d'honneur 1878, mé- 
daille 1" cl. 1878 (E. U.), O. $ 1881. — Rue Fortuny, 40 
(avenue de Villiers). 

N° 3316. Les Premières Funérailles. 

Groupe. Marbre. Figures nues de grandeur naturelle. 
H. 2 m 5o. — L. iniio, — Pr. 1 m 1 o . 



Adam s'avance, portant devant lui le cadavre d'Abel,dont il soutient 
les épaules sur son bras gauche et serre les deux jambes pendantes dans 
son bras droit. Près de lui, à sa gauche, se tient Eve, penchée sur le 
corps de son fils, dont elle soulève la tête de la main gauche en po- 
sant les lèvres sur ses cheveux. Derrière eux une touffe de plantes. 

Signé, sur la plinthe, à droite : E. Bardas. 

Appartient à la Ville de Paris. 



94 SCULPTURE 

BARRAU (Théophile), né à Carcassonne, élève de JoufTroy 
et de M. Falguière. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 28. 

N° 3313. Poésie française. 

Groupe. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2 m oo. — L. i m oo. — Pr. i^oo. 

Le modèle en plâtre de ce groupe, ayant obtenu une première mé- 
daille au Salon de 1880, est décrit dans le Livre d'or de la même année, 
page 74. 



FRÈMIET (Emmanuel), né à Paris', élève de Rude. — 
Méd. 3 e cl. 1849, 2e cl. 1851, 3 e cl. 1855 (E. U.), * 1860, mé- 
daille 2 e cl. 1867 (E. U.), O. * 1878. 

N° 3652. Porte-falot à choral (XV e siècle). 

Statue équestre. Plâtre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 3 m 6o. — L. 2 m oo. — Pr. o m 65. 

Le cavalier, jeune homme aux longs cheveux, coiffé d'une toque, 
vêtu d'un justaucorps, avec un mantelet pendant sur les épaules, 
chaussé de bottes molles, se tient droit sur sa selle, tenant de la main 
droite levée le bois d'un long falot dont le bout pose sur le sol. Le 
cheval, reposant sur les quatre pieds, tient la tête baissée. Il porte une 
couronne de fleurs sur l'oreille droite et un collier à grelots. 

Pour le péristyle de la Salle des fêtes à l'Hôtel de ville. 



GUILLAUME (Claude-Jean-Baptiste-Eugène), membre 
de l'Institut. — Boulevard Saint-Germain, 238. (Voir le Livre 
d'or de 1879.) 

N° 3731. Castalie. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2«»oo. — L. i»ii5. — Pr. 0^75. 





J»1F^ 







Gravé par Em.SaJn llaume. 



CASTALIE 
1 Lrbre ) 



ARTISTES HORS CONCOURS 9) 

Nue jusqu'à la ceinture, la tête dressée, des lauriers dans les che- 
veux, les jambes enveloppées d'une draperie, la nymphe est assise sur 
la cime d'un rocher. Elle s'accoude à gauche sur une urne penchée 
d'où tombe une nappe d'eau à laquelle vient boire un petit génie ailé, 
et tient, de la main droite, une grande lyre posée sur ses genoux. A 
droite, au bas de la chute, deux petits pèlerins se tiennent assis l'un 
près de l'autre, recueillant l'eau dans un vase, un autre, sur le devant, 
est allongé à terre, ayant près de lui son manteau et son bourdon; un 
quatrième, avec un livre, se tient caché sous le rocher. 

Appartient a l'État. 



MARQUESTE (Laurent-Honoré), né à Toulouse, élève de 
Jouffroy et de M. Falguière. — Prix de Rome, 1871, méd. de 
3 e cl. 1874, i re cl. 1876, 2 e cl. 1878 (E. U.). 

N° 3934. Cu pi don. 

Statue. Marbre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. i m 2o. — L. o m 7o. — Pr. 011)70. 

L'adolescent, le genou gauche en terre, appuyé sur le pied droit, la 
tête baissée, vient de décocher une flèche. De son bras gauche, tendu 
en bas, il tient encore son arc, et les doigts de sa main droite, restée en 
l'air, sont plies. Il porte des ailes aux épaules. 

Appartient a l'État. 



SUCHETET (Auguste), né à Vendcuvre-sur-Barse (Aube), 
élève de MM. Cavclicr et Paul Dubois. — Prix du Salon, 1880, 
méd. 2 e cl. 1881. — Boulevard du Mont-Parnasse, 81. 



96 SCULPTURE 

N° 4215. Biblis changée en source. 

Statue. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. o m 65. — L. i™<j2. — Pr. o m 7o. 

Le modèle en plâtre de cette statue, ayant obtenu le prix du Salon et 
une médaille de 2 e classe au Salon de 1 880, a été décrit et gravé dans le 
Livre d'or de cette année, page 2. 





APPENDICE 



ASSOCIATION DES ARTISTES FRANÇAIS 



STATUTS 



Par-devant M e Jules-Emile Delapalme et son collègue, notaires à Paris, 
soussignés, 

Ont comparu : 

1. MM. Baii.i.y fAntoine-Nicolas), architecte, membre de l'Institut, com- 
mandeur de l'ordre de la Légion d'honneur. — 2. Guillaume (Claude-Jcan- 
Baptiste-Eugène), statuaire, membre de l'Institut, professeur d'esthétique au 
Collège de France, inspecteur général de l'enseignement du dessin, commandeur 
de l'ordre de la Légion d'honneur. — 3. Boucuereau (William-Adolphe), pein- 
tre, membre de l'Institut, officier de la Légion d'honneur. — 4. Garnier (Jean- 
Louis- Charles), architecte, membre de l'Institut, officier delà Légion d'honneur. 
— 5. Thomas (Gabriel-Jules), statuaire, membre de l'Institut, chevalier de la 
Légion d'honneur. — 6. De Vuillf.froy-Cassini (Dominique-Félix), peintre, 
chevalier de la Légion d'honneur. — 7. Yon (Edmond-Charles), peintre et gra- 

i3 



ijH APPENDICE 

veur. — 8. Bonnat (Léon-Joseph-Florentin), peintre, membre de l'Institut, 
commandeur de la Légion d'honneur. ■ — 9. Laurens (Jean-Paul), peintre d'his- 
toire, officier de la Légion d'honneur. — 10. Lefebvre (Jules-Joseph), peintre, 
officier de la Légion d'honneur. — 11. Harpignies (Henri-Joseph), peintre, 
chevalier de la Légion d'honneur. — 12. Breton (Jules-Adolphe-Aimé-Louis), 
peintre, officier de la Légion d'honneur. — i3. Français (François-Louisï, pein- 
tre paysagiste, officier de la Légion d'honneur. — 14. Boulanger (Rodolphe - 
Clarence, dit Gustave), artiste peintre, membre de l'Institut, chevalier de la 
Légion d'honneur. — i5. Henner (Jean-Jacques), peintre, officier de la Légion 
d'honneur. — 16. Humbert (Jacques-Charles-Ferdinand), peintre d'histoire, 
chevalier de la Légion d'honneur. — 17. De Neuville (Alphonse-Marie), peintre, 
officier de la Légion d'honneur. — 18. Robert-Fleury (Tony), peintre, cheva- 
lier de la Légion d'honneur. — 19. Détaille (Jean-Baptiste-Edouard), peintre 
d'histoire, officier de la Légion d'honneur. — 20. Busson (Charles-Louis-Guil- 
laume), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 21. Cabanf.i. (Alexandre), 
peintre, membre tle l'Institut, officier de la Légion d'honneur. — 22. Lalanne 
(François-Maxime), artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 
23. Pille (Charles-Henri), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 24. Butin 
(Ulysse-Louis-Auguste), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 25. Duez 
(Ange-Ernest), artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 26. Pelouse 
(Léon-Germain), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 27. Lavieille 
(Eugène-Antoine-Samuel), peintre paysagiste, chevalier de la Légion d'honneur. 

— 28. Guillaumet (Auguste-Achille), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. 

— 29. Luminais (Evariste-Vital), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 
3o. Cot (Pierre-Auguste), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — - 
3i. Puvis de Chavannes (Pierre-Cécile), artiste peintre, officier de la Légion 
d'honneur. — 32. Hanoteau (Charles-Auguste-Octave-Hector-Constance\ 
peintre, chevalier de la Légion d'honneur, officier d'académie. — 33. Le Roux 
(Hector), peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 34. Cazin (Jean-Charles), 
peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 35. Rapin (Alexandre-Pierre- 
Etienne), peintre. — 36. Bin (Jean-Baptiste-Émile-Philippe), peintre d'histoire, 
chevalier de la Légion d'honneur. — 37. Carolus-Duran (Emile-Auguste), 
peintre, officier de la Légion d'honneur. — 38. Gervex (Henri), peintre d'his- 
toire, chevalier de la Légion d'honneur. — 39. Roll (Alfred-Philippe, peintre. 

— 40. Barrias (Félix-Joseph), peintre d'histoire, chevalier de la Légion d'hon- 
neur. — 41. Lévy (Emile), artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 
42. Guillemet (Jean-Baptiste-Antoine), peintre, chevalier de la Légion d'hon- 
neur. — 43. Feyen-Perrin (François-Nicolas-Augustin), peintre, chevalier de la 
Légion d'honneur. — 44. Protais (Paul-Alexandre), artiste peintre, officier de 
la Légion d'honneur. — 45. Hébert (Ernest-Antoine-Auguste), peintre, membre 
de l'Institut, commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur. — 46. Baudry 
(Paul-Jacques-Aimé), peintre d'histoire, membre de l'Institut, commandeur de 
l'ordre de la Légion d'honneur. — 47. Maignan (Albert-Pierre-René), peintre. 

— 48. Sautai (Paul-Emile), peintre. — 49. Bernier (Camille), peintre, chevalier 
de la Légion d'honneur. — 5o. Paris (Camille), peintre. — 5i. Dupré (Jules), 
artiste peintre, officier de la Légion d'honneur. — 52. Constant (Benjamin), 
artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 53. Van Marcke de Lummen 
(Emile), artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 54. Bastien-Le- 



APPENDICE 99 

page (Jules), artiste peintre, chevalier de la Légion d'honneur. — 55. Pointelin 
(Auguste-Emmanuel), peintre — 56. Dubois (Paul), statuaire, officier de la 
Légion d'honneur, membre de l'Institut, directeur de l'Ecole nationale des Beaux- 
Arts. — 57. Mercié (Marius-Jean-Antonin), statuaire, officier de la Légion 
d'honneur. — 58. Moreau (Mathurin), sculpteur, chevalier de la Légion d'hon- 
neur, officier d'académie, maire du dix-neuvième arrondissement de Paris. — 
59. Chapu (Henri-Michel-Antoine), statuaire, membre de l'Institut, officier de 
la Légion d'honneur. — 60. Barrias (Louis-Ernest), statuaire, officier de la 
Légion d'honneur. — 61. Falguière (Jean-Joseph), statuaire, officier delà 
Légion d'honneur. — 62. Schœnewerk (Pierre-Alexandre), statuaire, chevalier 
de la Légion d'honneur. — 63. Cavelier (Pierre-Jules), statuaire, membre de 
l'Institut, officier de la Légion d'honneur. — 64. Captier (Etienne-François), 
statuaire et peintre. — 65. Hiolle (Ernest-Eugène), statuaire, chevalier de la 
Légion d'honneur, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts. — 66. Delaplanche 
(Eugène), statuaire, chevalier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre de 
Léopold. — 67. Dubois (Alphée), graveur en médailles. — 68. Marcellin (Jean- 
Esprit), statuaire, chevalier de la Légion d'honneur. — 69. David (Adolphe), 
statuaire et graveur. — 70. Leroux (Etienne-Frédéric), statuaire, chevalier de la 
Légion d'honneur. — 71. Gautherin (Jean), statuaire, chevalier de la Légion 
d'honneur. — 72. Allar (André-Joseph), statuaire, chevalier de la Légion d'hon- 
neur. — 73. Fremiet (Emmanuel), statuaire, officier de la Légion d'honneur. — 
74. Vaudremer (Joseph-Auguste-Emile), architecte, membre de l'Institut, officier 
de la Légion d'honneur. — 75. Ballu (Théodore), architecte, commandeur de 
la Légion d'honneur, membre de l'Institut. — 76. Questel (Charles-Auguste), 
architecte, membre de l'Institut, officier de la Légion d'honneur. — 77. Brune 
(Emmanuel), architecte, chevalier de la Légion d'honneur. — 78. Ginain (Paul- 
René-Léon), architecte, membre de l'Institut, chevalier de la Légion d'honneur. 

— 79. Coquart (Ernest-Georges), architecte, chevalier de la Légion d'honneur. 

— 80. Bœswilwald (Emile), architecte, inspecteur général des monuments his- 
toriques, commandeur de la Légion d'honneur. — 81. André (Louis-Jules), 
architecte, officier de la Légion d'honneur, professeur à l'Ecole des Beaux-Arts, 
inspecteur général des bâtiments civils. — 82. Chauvei. (Théophile-Narcisse), 
graveur et lithographe, chevalier de la Légion d'honneur. — 83. Didier (Adrien), 
graveur, chevalier de la Légion d'honneur. — 84. Laguillermie (Frédéric-Au- 
guste), peintre et graveur, chevalier de la Légion d'honneur. — 85. Bracque- 
mond Félix), peintre et graveur, chevalier de la Légion d'honneur. — 86. Gail- 
lard Claude-Ferdinand), peintre et graveur, chevalier de la Légion d'honneur. 

— 87. Rousseau (Léon), graveur su'r bois. — 88. Fi.ameng (Léopold-Joseph), 
peintre et graveur, chevalier de la Légion d'honneur, membre de la Commission 
supérieure des Beaux-Arts. — 89. Waltner (Charles-Albert), graveur, chevalier 
de la Légion d'honneur. — 90. Pisan (Héliodore-Joseph 1 , graveur. 

M. Jiailly, président; MM. Guillaume et Bougucreau, vice-présidents; 
MM. Gamicr, Thomas, de Vuillefroy et Yon, secrétaires, et tous les autres sus- 
nommés, membres du Comité nommé le 3 novembre 1881, parles artistes 
français; 

Lesquels ont établi, de la manière suivante, les statuts de l'Association des Ar- 
tistes français : 



',00 APPENDICE 



DENOMINATION ET OBJET DE L ASSOCIATION. ' 

Article premier. — Il est fondé, à partir d'aujourd'hui, entre les artistes fran- 
çais, une association qui a pour objet : 

i° De représenter et défendre les intérêts généraux des artistes français par 
tous les moyens, et notamment par l'organisation des Expositions annuelles des 
beaux-arts; 

2° De prêter aide et assistance à ses membres dans toutes les occasions où cela 
pourrait leur être utile. 

Elle prend le titre de : Association des Artistes français. 

Art. 2. — Cette Association est purement civile. — Elle est administrée par 
le Comité qui sera ci-après créé. 

La durée en est illimitée. 

Art. 3. — Son siège est établi à Paris, au palais de l'Industrie; il est trans- 
férable partout ailleurs, mais à Paris seulement, par simple décision du Comité. 

COMPOSITION DE L'ASSOCIATION. 

Art. 4. — L'Association existe entre les signataires du présent acte et tous 
ceux qui, remplissant les conditions d'admissibilité ci-après prévues, signeront, 
suivant les formules arrêtées par le Comité, leur adhésion aux présents statuts. 

Elle est ouverte à tous les artistes français qui ont été admis par un jury au 
moins une fois à l'Exposition annuelle des artistes vivants dite : le Salon, ou aux 
Expositions universelles françaises (classe des beaux-arts), ainsi qu'à tous ceux 
qui y auront été admis au moins une fois dans l'avenir. 

Art. 5. — Les Associés sont répartis, suivant leur spécialité, en quatre sections 
qui comprennent : 

La première : la peinture; 

La deuxième : la sculpture, la gravure en médailles et la gravure sur pierres 
fines; 

La troisième : l'architecture; 

Et la quatrième : la gravure et la lithographie. 

Art. 6. — Le titre de Sociétaire ne confère pas le droit d'être admis aux 
Expositions annuelles des beaux-arts sans être soumis à l'examen du Jury. 

Art. 7. — Le titre de membre d'honneur peut être conféré par le Comité 
aux personnes qui auront rendu d'importants services à l'art ou à l'Association. 

Ce titre ne confère pas le droit de prendre part aux assemblées générales. 

RESSOURCES DE L'ASSOCIATION. 

Art. 8. — Les ressources de l'Association consistent en : 
i° Une cotisation annuelle de douze francs, exigible en une seule fois, de chaque 
Associé, à l'époque qui est déterminée par le Comité; 
2 Les bénéfices des Expositions des beaux-arts; 
3° Les dons et lc ô s qui seront offerts à l'Association, 
4 Et ses revenus. 



APPENDICE IOI 

L'Associé n'encourt de responsabilité que jusqu'à concurrence des cotisations 
par lui dues. 

Et il peut s'exonérer de la cotisation annuelle moyennant un versement de 
deux cents francs une fois payés. 

Art. 9. — Les ressources de l'Association sont affectées : 

i° A l'organisation et au fonctionnement des Expositions annuelles. A cet 
effet, un fonds spécial de deux cent mille francs sera tout d'abord constitué sur 
les premières ressources de l'Association, et si ce fonds vient à être entamé, la 
somme distraite sera rétablie aussitôt que possible; 

2 Aux acquisitions et dépenses pour objets mobiliers ou immobiliers votées 
soit par le Comité, soit par l'Assemblée générale des Associés; 

3° Aux secours, dons, encouragements et récompenses accordés, au nom de 
l'Association, par le Comité; 

4 Enfin, à la création et à l'accroissement d'un fonds de réserve qui sera 
toujours disponible pour les besoins de l'Association. 

Le tout suivant les règles et dans les proportions fixées chaque année lors de 
l'établissement du budget, en répartissant les dépenses à faire dans l'intérêt de 
chaque section, proportionnellement au nombre de ses adhérents. 

Le Comité détermine le mode d'emploi du fonds de réserve, sans qu'aucun des 
Sociétaires puisse réclamer une part des bénéfices de l'Association, dont le but 
n'est pas la recherche de gains particuliers, mais la défense d'intérêts collectifs et 
le développement des œuvres d'aide et de protection mutuelles. 

ADMINISTRATION. 

Art. 10. — Il est pourvu à l'administration de l'Association au moyen d'un 
Comité composé de quatre-vingt-dix membres pris parmi les Associés et dont le 
mandat est gratuit. 

Les membres du Comité n'encourent aucune responsabilité à raison de leurs 
fonctions. 

Art. 11. — Le premier Comité se compose des 90 membres susnommés, élus 
le 3 novembre 1881 par les artistes français. 

Il restera en fonction pendant trois ans, à partir du jour de son élection. 

Le Comité est intégralement renouvelé tous les trois ans; les membres sortants 
sontrééligibles. 

Chaque membre du Comité est élu par les Associés de sa section et non par 
l'ensemble des Associés, et chaque section des artistes associés sera représentée 
dans la proportion suivante, savoir : 

La section de peinture, par cinquante membres, ci 5o 

Celle de sculpture, par vingt membres, ci 20 

Celle d'architecture, par dix membres, ci 10 

Et celle de gravure, par dix membres, ci 10 

Total égal : quatre-vingt-dix membres 90 

Les membres du Comité représentant une de ces sections pourront se réunir 
pour discuter les affaires qui lui sont propres et régler l'emploi des fonds qui 
proviendront de la répartition qui sera faite conformément à l'article 9 ci-dessus. 

Les décisions qui en résulteront seront portées à la connaissance du Comité, 



102 APPENDICE 

qui ne pourra s'y opposer qu'autant qu'elles lui sembleraient empiéter sur les 
droits d'une autre section ou porter atteinte aux intérêts généraux de l'Association. 

Art. 12. — En cas de vacance par décès, démission ou autre empêchement, 
le Comité pourvoit aux remplacements en prenant à la suite les artistes qui ont 
obtenu le plus de voix lors de l'élection précédente. 

Art. i3. — Chaque année, le Comité nomme, parmi ses membres, un Prési- 
dent, deux Vice-Présidents, quatre Secrétaires, dont un par section, et un 
Trésorier, qui sont rééligibles. 

En cas d'absence des Président et Vice-Présidents, il nomme, parmi ses mem- 
bres, celui qui doit remplir les fonctions de Président. 

Art. 14. — Le Comité se réunit au siège social une fois tous les trois mois. 
Il peut être réuni extraordinairement, sur la demande du sous-comité qui sera ci- 
après créé. 

La présence de vingt-cinq membres au moins est nécessaire pour la validité des 
délibérations, qui sont prises à la majorité des voix, sauf dans le cas ci-après, 
prévu en l'article 16. 

En cas de partage, la voix du Président est prépondérante. 

Nul ne peut voter par procuration dans le sein du Comité. 

Art. i5. — Le procès-verbal de chaque séance est transcrit sur un registre 
spécial, signé du Président et du Secrétaire. 

Les extraits ou copies à produire sont signés par le Président ou l'un des Vice- 
Présidents. 

Art. 16. — Le Comité est investi des pouvoirs les plus étendus pour la ges- 
tion et l'administration de toutes les affaires sociales, 

La nomenclature suivante n'est qu'indicative et non limitative de ses droits et 
pouvoirs : 

Il représente l'Association dans toutes les circonstances, et agit en son nom. 

Il exerce, tant en demandant qu'en défendant, toutes actions judiciaires et 
administratives. 

Il fait tout règlement pour le régime intérieur ou extérieur de l'Association, 
et pourvoit à tous les besoins de l'administration de l'Association. 

Il propose à l'Assemblée générale toute modification aux Statuts. 

Il a la complète organisation des Expositions. 

Il statue sur la répartition des locaux des Expositions entre les différents arts, 
suivant le sectionnement ci-dessus indiqué. Cette répartition devra, pour être 
définitive, être approuvée par les deux tiers des membres du Comité. 

Il arrête le budget annuel des recettes et dépenses de l'Association. 

Il donne et prend à bail les locaux nécessaires à l'Association. 

Il achète et vend tous immeubles, il contracte toutes obligations et confère 
toutes hypothèques, il achète et vend toutes valeurs mobilières et consent à cet 
e lie t tous transferts ; il paye et reçoit toutes sommes, il donne toutes quittances et 
consent tous désistements. 

Il conclut tous marchés. 

Il nomme ou révoque tous employés, agents ou mandataires, détermine leurs 
attributions, et fixe leurs traitements. 

Il admet les nouveaux adhérents et les membres d'honneur, et propose à l'As- 
semblée générale les radiations s'il y a lieu. 

Il statue sur les demandes d'aide et assistance. 



APPENDICE IO3 

Il décide s'il y a lieu, pour l'Association, de prendre en mains les intérêtsprivés 
se rattachant à une question artistique et concernant un Sociétaire. 

Il traite, transige et compromet sur tous les intérêts de l'Association. 

Il accepte les dons et legs faits à l'Association. 

Il arrête les comptes qui doivent être soumis à l'Assemblée générale. 

Il convoque l'Assemblée générale des Sociétaires au moins une fois chaque 
année et, en outre, chaque fois qu'il le juge nécessaire. 

Il convoque également les sections des Sociétaires pour les élections nécessitées 
par le renouvellement triennal du Comité. 

En cas de non-payement par un Sociétaire de la cotisation annuelle, le Comité 
décide si le recouvrement doit en être exigé, ou s'il y a lieu de provoquer la radia- 
tion de ce Sociétaire. 

Art. 17. — Le Comité constitue chaque année un Sous-Comité composé de 
vingt-six de ses membres. 

Ce Sous-Comité est chargé d'expédier les affaires courantes, sous la condition 
expresse de rendre compte de sa gestion, tous les trois mois, au Comité. 

Le Président, les Vice-Présidents du Comité, ainsi que les Secrétaires et le 
Trésorier, font partie de droit de ce Sous-Comité avec leurs mêmes qualités. 

Les dix-huit membres sont nommés au scrutin par chacun des groupes du 
Comité représentant une section. Ils se composent de : 

Dix membres pour la section de peinture; 

Quatre membres pour la section de sculpture; 

Deux membres pour la section d'architecture, 

Et deux membres pour la section de gravure. 

La présence de neuf membres du Sous-Comité est nécessaire pour la validité 
des délibérations. 

Le procès-verbal des délibérations prises par le Sous-Comité est transcrit sur 
un registre spécial. 

Les extraits à en produire sont signés par le Président ou l'un des Vice-Prési- 
dents. 

Art. 18. — L'Association est valablement représentée en justice par les membres 
du Comité, en la personne du Président ou d'un membre délégué par le Sous- 
Comité. 

Tous traités, engagements et actes quelconques, autorisés par le Comité ou le 
Sous-Comité, sont valables s'ils sont revêtus de la signature du Président ou d'un 
seul membre délégué. 

ASSEMBLÉES GENERALES. 

Art. 19. — Une Assemblée générale a lieu au moins une fois par an. 

Elle est composée de tous les Sociétaires convoqués par lettre. Une insertion 
faite au moins quinze jours à l'avance, dans quatre journaux, indiquera également 
le lieu, le jour et l'heure de la convocation. 

Pour que ses délibérations soient valables, l'Assemblée générale doit réunir le 
vingtième des membres de l'Association. Si cette condition n'est pas remplie sur 
une première convocation, l'Assemblée générale convoquée une seconde fois, à 
quinze jours d'intervalle au moins, délibère valablement, quel que soit le nombre 
des membres qui la composent. 



104 



APPENDICE 



Les délibérations sont prises à la majorité des voix des membres présents. 

Art. 20. — En cas de modifications à apporter aux Statuts, l'Assemblée géné- 
rale devra être composée du quart au moins des Sociétaires, et la délibération 
sera valable quel que soit le nombre des membres présents, mais elle devra tou- 
jours être prise à la majorité des deux tiers. 

Art. 21. — Les Assemblées générales sont présidées par le Président du Comité 
ou l'un des Vice-Présidents. Il est assisté par les Secrétaires qui rédigent le pro- 
cès-verbal et font l'office de scrutateurs. 

Nul ne peut se faire représenter aux Assemblées générales par un mandataire, 
ce mandataire fût-il Sociétaire lui-même. 

Art. 22. — L'ordre du jour est arrêté par le Comité. 

Il n'y est porté que les propositions émanant de lui ou celles qui lui ont été 
communiquées huit jours au moins avant la réunion par un groupe représentant 
au moins cent associés. 

Il ne peut être mis en délibération que les objets portés à l'ordre du jour. 

Art. 23. — L'Assemblée générale entend le rapport du Comité sur l'état des 
travaux de l'Association et sur la situation financière. 

Elle discute, s'il y a lieu, et approuve les comptes. 

Elle statue sur les radiations des Sociétaires, mais seulement sur la proposition 
du Comité. 

Elle délibère et statue souverainement sur tous les intérêts de l'Association et 
confère au Comité les pouvoirs supplémentaires qui seraient reconnus utiles. 

Art. 24. — Les délibérations de l'Assemblée générale sont constatées sur un 
registre spécial par des procès-verbaux signés des membres du bureau. La feuille 
de présence certifiée par les membres du bureau est annexée au procès-verbal. 

Les copies ou extraits à produire des délibérations de l'Assemblée sont signés 
par le Président du Comité et un Secrétaire. 



DISSOLUTION. 

Art. 25. — L'Assemblée générale, à la majorité des trois quarts des membres 
présents, pourra prononcer la dissolution de l'Association et nommer un ou 
plusieurs liquidateurs avec les pouvoirs les plus étendus. 

Les membres qui auraient cessé de faire partie de l'Association au jour de la 
dissolution, ainsi que les héritiers des membres décédés avant le prononcé légal 
de cette dissolution, n'auraient dans ce cas ni droit à exercer ni réclamation à 
produire dans l'actif. 

Cet actif sera remis à une œuvre analogue à celle qui fait l'objet des présents 
Statuts, sinon à une œuvre de bienfaisance. 



DISPOSITION TRANSITOIRE. 

Art. 26. — Le Comité devra poursuivre, auprès du Ministre de l'Intérieur, 
l'approbation de l'Association comme établissement reconnu d'utilité publique. 

Il est autorisé à consentir toutes modifications des présents Statuts qui seraient 
demandées par le Gouvernement. 



APPENDICE IO) 



Dont acte , 

Fait et passé à Paris, au palais de l'Industrie et en l'étude de M e Julcs-Émile 
Delapalme, l'un des notaires soussignés; 

L'an 1882, les 16, 17, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 28 juin, i e '', 4 et 10 juillet; 

En présence de i° M e Chaix d'Est- Ange, avocat près la Cour d'appel de 
Paris; 2 M e Engrand, avoué près le Tribunal civil de la Seine, et 3° M. Eugène 
Lecomte, agent de change près la Bourse de Paris ; 

Composant avec M e Jules-Emile Delapalme, notaire, le Conseil judiciaire de 
l'Association des Artistes français; 

Et, après lecture faite, les comparants ont signé avec MM. Chaix d'Est-Ange> 
Engrand, Lecomte et les notaires. 



•4 



I06 APPENDICE 



ASSOCIATION DES ARTISTES FRANÇAIS 



EXPOSITION PUBLIQUE 



DES 



OUVRAGES DES ARTISTES VIVANTS 

pour l'année i 883 



REGLEMENT 



DISPOSITIONS GENERALES 

CHAPITRE 1er. _ Du Dépôt des ouvrages. 

Article premier. — L'Exposition annuelle des ouvrages des artistes vivants 
aura lieu au palais des Champs-Elysées, du mardi i er mai au mercredi 20 juin 1 883. 

Elle sera ouverte aux productions des artistes français et étrangers. 

Les ouvrages devront être déposés au palais des Champs-Elysées conformément 
au règlement particulier de chaque section. Aucun sursis ne sera accordé pour 
quelque motif que ce soit ; en conséquence, l'administration du Salon considérera 
toute nouvelle demande de sursis comme nulle et non avenue. 

Art. 2. — Sont admises au Salon les œuvres des six genres ci-après désignés : 

i° Peinture ; 

2 Dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences, porcelaines, car- 
tons de vitraux et vitraux, à l'exception toutefois des cartons de vitraux et vitraux 
qui ne représenteraient que des sujets d'ornementation; 

3° Sculpture ; 

4 Gravure en médailles et gravure sur pierres fines; 

5° Architecture ; 

6° Gravure et lithographie. 

Art. 3. — Ne pourront être présentés : 

Les copies, sauf celles qui reproduiraient un ouvrage par un procédé différent; 

Les ouvrages qui ont figuré aux Expositions précédentes de Paris; 



APPENDICE IO7 

Les tableaux et autres objets sans cadre ; 

Les ouvrages d'un artiste décédé, à moins que le décès ne soit postérieur à 
l'ouverture du dernier Salon ; 

Les ouvrages anonymes; 

Les sculptures en terre non cuite et les réductions d'ouvrages de sculpture 
déjà exposés. 

Art. 4. — Les ouvrages envoyés à l'Exposition devront être expédiés francs 
de port à M. le Président du Conseil d'administration du Salon, au palais des 
Champs-Elysées. 

Chaque ouvrage pourra être muni d'un cartel portant le nom de l'auteur et 
l'indication du sujet. 

Art. 5. — Chaque artiste, en déposant ou faisant déposer ses oeuvres, devra 
en même temps donner une notice signée de lui, contenant ses nom et prénoms, 
sa nationalité, le lieu et la date de sa naissance, le nom de ses maîtres, la mention 
des récompenses obtenues par lui aux expositions de Paris, sa qualité de prix de 
Rome ou de prix du Salon, son adresse, le sujet et les dimensions de ses ouvrages. 

Ceux qui ne pourraient accompagner leurs œuvres devront les faire déposer 
par une personne munie de leur autorisation écrite. 

Art. 6. — Les ouvrages des six genres désignés ci-dessus devront être inscrits 
sur une notice séparée. 

Art. 7. — Un appendice du catalogue sera consacré aux édifices publics ou 
privés construits par les architectes, ainsi qu'aux ouvrages de peinture et de 
sculpture exécutés pour la décoration de ces monuments, et qui, par la place 
fixe qu'ils occupent, ne sont pas susceptibles de figurer au Salon. 

Art. 8. — Dès que les ouvrages auront été enregistrés, nul ne sera admis à 
les retoucher. 

Art. 9. — Aucun ouvrage ne pourra être reproduit sans une autorisation 
écrite de l'auteur. 

Art. 10. — L'administration du Salon mettra tous ses soins pour assurer la 
bonne conservation des objets d'art qui lui seront confiés par les artistes, mais 
elle décline d'avance toute responsabilité pécuniaire dans le cas où ils se trouve- 
raient endommagés ou perdus pour quelque cause que ce soit. Elle fait les mêmes 
réserves en ce qui concerne les erreurs ou les omissions qui pourraient être com- 
mises au catalogue. 

Nul objet ne pourra être retiré avant la clôture de l'exposition, à moins de 
circonstances exceptionnelles dont le Conseil d'administration sera seul juge. 

Les ouvrages admis au Salon devront être retirés avant le 10 juillet. Ils ne 
seront rendus que sur la présentation du récépissé. Après le délai précité, les 
ouvrages cesseront d'être sous la surveillance de l'administration du Salon. 

CHAPITRE II. — De l'Admission. 

Art. 11. — L'admission des ouvrages présentés par les artistes sera prononcée 
j:ar un jury élu à la majorité relative. II n'y a pas d'incompatibilité entre les fonc- 
tions de juré et celles de membre du comité des 90, ou celles de membre du 
Conseil d'administration de l'Association. 

Le jury scia divisé en quatre sections : 



108 APPENDICE 

La première comprendra la peinture, les dessins, pastels, aquarelles, miniatures, 
porcelaines, faïences, émaux, cartons de vitraux et vitraux. 

La deuxième comprendra la sculpture, la gravure en médailles et la gravure 
sur pierres fines; 

La troisième, l'architecture; 

La quatrième, la gravure et la lithographie. 

Art. 12. — Sont électeurs, dans la section où ils envoient leurs œuvres, tous 
les artistes français ayant déjà été admis au moins une fois au Salon dans ladite 
section ou aux Expositions universelles de Paris. 

Les artistes électeurs seront admis à voter après avoir apposé leur signature 
sur un registre spécial. Chacun d'eux déposera dans l'urne de la section où il a 
droit de vote un bulletin plié, portant les noms des jurés choisis par lui. 

Les électeurs qui ne pourraient venir voter en personne, au jour indiqué pour 
le vote de chaque section, pourront envoyer leur bulletin à M. le Président du 
Conseil d'administration, au palais des Champs-Elysées, sous un pli cacheté signé 
de leurs nom et prénoms, et portant la date de leur dernier Salon. Ces votes seront 
consignés sur le registre des électeurs. 

Art. i3. — Le dépouillement de chaque scrutin sera fait avec toutes les 
garanties nécessaires pour en assurer la sincérité, aussitôt après la clôture des 
urnes et en présence de M. le Président du Conseil d'administration ou de ses 
délégués et des artistes qui voudront assister à cette opération. 

S'il y a lieu de pourvoir au remplacement d'un ou de plusieurs jurés élus, il y 
sera pourvu en prenant à la suite dans l'ordre du scrutin. 

Art. 14. — Pour l'admission de toute œuvre soumise au jury, la majorité des 
membres présents est indispensable. 

En cas de partage, l'admission sera prononcée. 

Le placement des ouvrages sera fait conformément aux indications données 
par le jury. 

Jusqu'à l'ouverture de l'Exposition, les portes du Salon seront rigoureusement 
fermées à toutes les personnes qui n'y seraient pas appelées par suite de leurs 
fonctions ou d'une convocation spéciale. Cette disposition ne s'applique ni au 
Ministre des Beaux-Arts, ni au Directeur général des Beaux-Arts, ni au Commis- 
saire général des Expositions des Beaux-Arts. 

CHAPITRE III. — Des Récompenses. 

Art. iS. —Toutes les récompenses seront votées conformément au règlement 
particulier de chacune des sections. 

Une médaille d'honneur pourra être décernée dans chaque section. 

Les autres médailles seront de trois classes. 

Nul artiste ne pourra obtenir une médaille d'un ordre inférieur ou égal aux 
médailles qu'il a déjà obtenues. La médaille d'honneur seule est exceptée de cette 
disposition. 

Les médailles et rappels de médailles antérieurs à 1864 ont la valeur des 
médailles actuellement décernées. La médaille unique établie par le règlement 
de 1864 a la valeur d'une troisième médaille si elle n'a été obtenue qu'une fois, 
d'une deuxième si elle a été obtenue deux fois, d'une première si elle a été 
obtenue trois fois. 



APPENDICE IO9 

Des mentions honorables pourront être décernées par le jury à la suite des 
médailles. 

Art. 16. — Les œuvres récompensées seront, lors du remaniement du Salon, 
désignées au public par des cartels. 

Art. 17. — Les récompenses seront distribuées par le Comité et les quatre 
sections du jury, en séance solennelle, dans l'ordre même où elles auront été 
votées. 

CHAPITRE IV. — Des Entrées. 

Art. 18. — L'Exposition sera ouverte tous les jours de la semaine, de huit 
heures du matin à six heures du soir, sauf le lundi, jour où les portes n'ouvriront 
qu'à midi. 

Le droit d'entrée est fixé à deux francs avant midi et à un franc dans la jour- 
née. Par exception, le jour de l'ouverture et le vendredi de chaque semaine, le 
droit d'entrée est fixé à cinq francs toute la journée. Le dimanche, les portes 
ouvriront à huit heures; le prix d'entrée sera de un franc; à partir de dix 
heures, l'entrée sera gratuite. 

Art. 19. — Des cartes d'entrée rigoureusement personnelles seront mises à la 
disposition des artistes exposants. Ces cartes seront distribuées aux ayants droit 
dans les bureaux du secrétariat de l'administration du Salon, au palais des Champs- 
Elysées. Les artistes, pour s'en servir, devront y apposer leur signature. 

Art. 20. — Il sera fait un service de cartes d'entrée à la presse. 

Art. ai. — Il y aura des cartes d'abonnement pour la durée de l'Exposition. 



I 10 APPENDICE 

DISPOSITIONS PARTICULIÈRES 

A CHAQJJE SECTION 



PEINTURE, DESSINS, AQUARELLES, PASTELS, ETC. 

Article premier. — Les ouvrages de peinture, dessins, aquarelles, pastels, 
miniatures, porcelaines, faïences, émaux, cartons de vitraux et vitraux devront 
être déposés au palais de l'Industrie, du lundi 5 mars au jeudi i5 mars inclu- 
sivement, de onze heures à six heures. 

Les artistes ne pourront envoyer que deux ouvrages pour la section de peinture 
à l'huile, et deux ouvrages pour celle des dessins, aquarelles, pastels, etc. 

Sera considéré comme ne faisant qu'une seule œuvre tout assemblage d'ou- 
vrages appartenant à cette seconde section (dessins, aquarelles, etc.), placés dans 
un cadre dont chaque côté, mesuré extérieurement, n'excédera pas i m 2o. 

Art. 2. — Le maximum pour la dimension des bordures sera de o m 3o en 
largeur et de o m 2o en épaisseur. 

Les ouvrages ayant des cadres de forme ronde ou ovale, ou à pans coupés, 
devront être ajustés sur des planches dorées et de forme rectangulaire. 

Art. 3. — Le vote pour le jury de la section de peinture, dessins, etc., aura 
lieu au palais des Champs-Elysées le samedi ly mars, de neuf heures du matin à 
quatre heures du soir. 

Ce jury sera composé de quarante membres, sans distinction de genres. 

Tout artiste nommé membre du jury devra, par une lettre adressée au prési- 
dent, faire connaître immédiatement s'il accepte ou refuse les fonctions de juré. 

Tout juré qui, sans s'être fait excuser, n'aura pas assisté à trois séances consé- 
cutives, sera considéré comme démissionnaire. 

Art. 4. — Les opérations du jury ne seront valables que lorsque la moitié plus 
un des membres du jury sera présente devant l'œuvre jugée. 

Pour l'admission de toute œuvre soumise au jury, la majorité absolue des 
membres présents est indispensable. En cas de partage, l'admission sera prononcée. 

Tout artiste hors concours ou médaillé sera admis sans examen. 

Le jury ne pourra recevoir plus de 2,5oo tableaux et plus de 800 dessins, vu 
l'impossibilité absolue d'en placer convenablement un plus grand nombre. 

Lors de la réception des œuvres, on prendra, chaque jour, en suivant la liste 
des jurés élus, trois membres du jury, qui seront chargés de présider à tour de 
rôle. 

Art. 5. — Le jury, en recevant chaque œuvre, lui donnera un numéro de 
placement. Il y aura trois numéros. Ces numéros , consignés au procès-ver- 
bal, où chaque artiste pourra vérifier celui qu'il aura obtenu, seront collés sur 
les cadres jusqu'à la fin du placement. 

Cet article s'applique également aux exempts de l'examen du jury. 

Art. 6. — Le jury de la section de peinture, dessins, etc., disposera de 
quarante médailles qu'il répartira à son gré dans les trois classes, suivant les 
besoins du Salon. 



APPENDICE I I I 

Le chiffre de quarante médailles ne pourra pas être dépassé. 

L'artiste qui aura déjà obtenu une première ou une seconde médaille, qu'elle 
ait été précédée ou non d'une troisième, sera hors concours et ne pourra plus 
obtenir d'autre distinction que la médaille d'honneur. 

Toutes les médailles, à l'exception de la médaille d'honneur, seront votées 
par le jury, devant les œuvres mêmes. Le vote aura lieu à la majorité absolue et 
secra secret. 

Le nombre des tours de scrutin n'est pas limité. 

Art. y. — La médaille d'honneur sera votée par tous les exposants français et 
le jury de la section. Elle ne donnera lieu qu'à un seul tour de scrutin et ne sera 
décernée qu'à un artiste qui aura réuni un nombre de voix égal au tiers plus un 
des votants. Le vote aura lieu au palais de l'Industrie, le 20 mai, de neuf heures 
du matin à quatres heures du soir. Les artistes qui auront retiré eux-mêmes 
leurs cartes d'exposant en en donnant un récépissé sur un registre spécial, 
pourront envoyer, sous pli cacheté, leur vote signé de leurs noms. 



GRAVURE EN MEDAILLES ET GRAVURE SUR PIERRES FINES. 

Article premier. — Les ouvrages de sculpture, gravure en médailles et gra- 
vure sur pierres fines, devront être déposés au palais de l'Industrie, du mer- 
credi 21 mars au mardi 10 avril inclusivement, de dix heures à cinq heures. 

Passé ce délai, aucun ouvrage ne sera accepté. 

Art. 2. — Les artistes pourront envoyer deux ouvrages pour la sculpture, 
deux pour la gravure en médailles ou sur pierres fines. Tout assemblage d'ou- 
vrages dans un même cadre sera considéré comme une seule œuvre. 

Toutes les œuvres, sans exception, seront soumises au jury. 

Art. 3. — Le jury sera composé de 3o membres nommés au scrutin de liste; 
il comprendra 24 statuaires, 2 sculpteurs d'animaux, 3 graveurs en médailles, 
1 graveur sur pierres fines. Le nombre des jurés suppléants sera de 5, dont 
1 graveur sur pierres fines. 

A la suite de deux absences non motivées d'un juré titulaire, celui-ci sera 
considéré comme démissionnaire et sera remplacé par un juré supplémentaire. 

Art. 4. — Le vote pour la formation du jury aura lieu au palais de l'Industrie 
le mercredi 1 1 avril, de dix heures à quatre heures. Il sera immédiatement procédé 
au dépouillement du scrutin. 

Art. 5. — Le jury disposera de vingt médailles, qu'il répartira en trois classes, 
suivant l'appréciation faite par lui de la valeur des ouvrages exposés. 

Deux de ces vingt médailles devront être attribuées à la gravure en médailles 
et sur pierres fines. 

Art. 6. — Une médaille d'honneur pourra être décernée. Elle sera votée par 
tous les artistes sculpteurs et graveurs hors concours, exposants ou non expo- 
sants, et le jury de la section, y compris les jurés suppléants, réunis en assemblée 
sous la présidence du président du jury. 

Elle ne donnera lieu qu'à trois tours de scrutin, et sera décernée à la majorité 
absolue des suffrages exprimés. 

Les artistes ne seront pas admis à voter par correspondance. 



I 12 APPENDICE 



ARCHITECTURE. 



Article premier. — Les ouvrages d'architecture devront être déposés au palais 
de l'Industrie, du 2 au 5 avril inclusivement, de dix à cinq heures. 

Art. 2. — Les architectes pourront envoyer deux ouvrages. Chaque ouvrage 
pourra se composer de plusieurs châssis ; toutefois, dans le but de répartir l'em- 
placement disponible d'une façon équitable, le jury aura la faculté d'écarter les 
dessins qu'il ne jugerait pas indispensables à l'intelligence de l'œuvre présentée. 

Art. 3. — La copie d'un dessin ou d'un relevé ne pourra être acceptée. Des 
photographies ou des monographies pourront être exposées, mais seulement à 
titre de renseignements complémentaires, dont le jury appréciera l'opportunité. 

Art. 4. — Les architectes pourront exposer des modèles en relief. 

Un modèle en relief présenté par un architecte comptera pour l'un des ouvrages 
qu'il a le droit de présenter, à moins que ce modèle ne soit le complément d'un 
de ces ouvrages. 

Art. 5. — Le vote pour le jury d'architecture aura lieu au palais de l'Industrie, 
le vendredi 6 avril, de dix heures du matin à quatre heures du soir. 

Le jury se composera de 14 membres, dont 2 supplémentaires. 

Art. 6. — Le jury d'architecture pourra disposer de douze médailles, ainsi 
réparties : 

1 médaille d'honneur ; 

2 médailles de première classe ; 

4 médailles de deuxième classe ; 

5 médailles de troisième classe. 

La médaille d'honneur ne donnera lieu qu'à un tour de scrutin. Elle sera dé- 
cernée à l'artiste qui aura obtenu le plus grand nombre de voix, pourvu que ce 
nombre de voix représente au moins les deux tiers plus un de l'effectif du jury. 

Les autres médailles pourront donner lieu à deux tours de scrutin , le premier 
à la majorité absolue, le second à la majorité relative. 

Les médailles de première classe ne pourront être décernées qu'à des compo- 
sitions ou des projets de restauration d'une importance capitale. 

GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

Article premier. — Les ouvrages de gravure et de lithographie devront être 
déposés au palais de l'Industrie, du 2 au 5 avril inclusivement, de dix heures à 
cinq heures. 

Toutefois, les graveurs pourront, jusqu'au 27 avril inclusivement, substituer 
une nouvelle épreuve à celle qui aura été déposée en temps utile. 

Art. 2. — La section de gravure et lithographie sera divisée en quatre sous- 
sections : la gravure au burin, la gravure à l'eau-forte , la gravure sur bois et la 
lithographie. — Chaque artiste pourra envoyer deux ouvrages dans chacune de 
ces quatre sous-sections. 

Sera considéré comme ne formant qu'une seule œuvre tout assemblage de 
gravures ou lithographies placées dans un cadre dont chaque côté, mesuré exté- 
rieurement, n'excédera pas i»'2o. 



APPENDICE II} 

Art. 3. — Le maximum des marges des gravures ou lithographies sera de 

O m 20. 

Art. 4. — Le vote pour le jury de la section de gravure et lithographie aura 
lieu au palais de l'Industrie, le vendredi 6 avril, de dix heures du matin à quatre 
heures du soir. 

Art. 5. — Le jury de gravure et lithographie sera composé de douze mem- 
bres, mais le vote aura lieu par sous-sections, de façon que chaque exposant 
aura le droit de voter pour trois noms dans chacune des sous-sections où il 
sera tout à la fois électeur et exposant. 

Les artistes hors concours ou exempts, non exposants, sont électeurs dans 
leurs sous-sections. 

Les voix données à un juré dans une sous-section ne pourront être ajoutées 
à celles qu'il aura obtenues dans une autre. 

Le juré nommé dans deux sous-sections devra opter pour l'une des deux. 

Une fois nommés, les douze jurés opéreront ensemble. 

Art. 6. — Les artistes médaillés dans la section sont exempts de l'examen 
du jury d'admission. 

Art. 7. — Le nombre de médailles à décerner dans la section de gravure 
et lithographie est fixé de la manière suivante : 

2 premières médailles ; 

3 secondes médailles ; 
8 troisièmes médailles. 

Avant les opérations concernant le vote des médailles, la première médaille, 
ainsi que les secondes, pourront, sur l'avis du jury, être divisées en médailles 
d'un ordre inférieur. 

Réciproquement, les médailles d'un ordre inférieur pourront être réunies 
pour former des premières ou des deuxièmes médailles. 

Les médailles de chaque classe ne pourront donner lieu à plus de deux 
tours de scrutin à la majorité absolue. 

Cependant une médaille ne sera annulée qu'après la présentation de trois noms. 

En cas de partage, la voix du Président n'est pas prépondérante. 

Art. 8. — Nul artiste ne pourra obtenir une médaille d'un ordre inférieur 
ou égal aux médailles déjà obtenues. 

Celui qui aura obtenu, soit une seconde médaille, soit deux troisièmes mé- 
dailles, sera considéré comme hors concours, mais le jury pourra toujours dé- 
cerner une première médaille à l'artiste qui n'en a pas encore obtenu une. 

Art. 9. — La médaille d'honneur sera votée par tous les artistes exposants 
français et le jury de la section. Elle ne donnera lieu qu'à un seul tour de scrutin 
et sera décernée à l'artiste qui aura obtenu la majorité absolue du nombre total 
des votants. Le vote par correspondance est interdit. 

Le Président, 
BAILLY, 

Membre de l'Institut. 
L'un des Secrétaires , 

G.-J. THOMAS, 

Membre de l'Institut. 

15 



1 14 APPEN DICE 

JURY 
D'ADMISSION ET DE RÉCOMPENSES 



SECTION DE PEINTURE. 

40 jurés à élire. 

Le samedi 17 mars 1 883, sous la présidence de M. Bouguereau, assisté de 
MM. Bonnat, J. Lefebvre, Busson, Tony Robert-Fleury, Humbert, Guillemet, 
H. Leroux, Maignan, de Vuillefroy et Yon, et de MM. les sous-commissaires et 
des artistes qui ont bien voulu prêter leur concours, il a été procédé à l'élection 
des membres du jury de peinture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

MM. Bouguereau, 990 voix; — Harpignies, 980; — Henner, 966; — 
J.-P. Laurens, 958; — Humbert, <)"So; — Busson, 924; — Jules Lefebvre, 
924; — Tony Robert-Fleury, 907; — Pille, 891; — Benjamin -Constant, 
876; — Guillemet, 861 ; — Puvis de Chavannes, 847; — Lalanne, 834; — 

DE Vuil.LEFROY, 826; FRANÇAIS, 820; LuMINAlS, 8 1 9 ; BUTIN, 772; 

Cot, 770; — Bonnat, 756; — Duez, 732; — Hector Le Roux, 730; — 
Rapin, 720; — Lavieille, 71 5 ; — Hanoteau, 710; — Protais, 690 ; — Guil- 
laumet, 690; — Baudry, 684; — Lansyer , 669; — Barrias, 656; — Bou- 
langer, 643; — Feyen-Perrin , 634; — Vollon, 634; — Détaille, 621; — 
Bernier, 6o3 ; — Roll, 593 ; — Ribot, 585 ; — Cabanel, 56o ; — Maignan, 
56o ; — de Neuville, 547 ; — Van Marcke, 547. 

MM. Butin, Bonnat, Baudry, Ribot, de Neuville et Van Marcke, ayant 
donné leur démission, ont été remplacés par : 

MM. Bonvin, 483 voix; — Carolus-Duran, 474; — Gervex, 438; — 
J. Breton, 423; — Bin, 417 ; — Renouf, 416. 

M. Jules Breton, ayant donné sa démission, a été remplacé par M. Gérome, 
412 voix. 

M. Gérome, ayant donné sa démission, a été remplacé par M. Yon, 401 voix. 

SECTION DE SCULPTURE, GRAVURE EN MÉDAILLES 
ET PIERRES FINES. 

3o jurés à élire. 

Le mercredi 1 1 avril, sous la présidence de M. Guillaume, assisté de MM. Tho- 
mas, Cavelier, Etienne Leroux, Mathurin Moreau, Allar, Frémiet, Schœnewerk 
et Gautherin, de MM. les sous-commissaires et des artistes qui ont bien voulu 



APPENDICE 115 

prêter leur concours, il a été procédé à l'élection des membres du jury de 
sculpture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

Statuaires : MM. Paul Dubois, 266 voix; — Chapu, 243; — Schcenewerk, 
233; — Mathurin Moreau, 23 i; — Falguière, 2 3 1 ; — Mercié, 225; — 
Guillaume, 2 1 3 ; — Barrias , 211; — Millet, 1 8 3 ; — Thomas, 1 83 ; — 
Captier, 182; — Hioli.e, 176; — Gautheiun, 1 56 ; — Idrac, 1 56 ; — Gau- 
thier, 1 43 ; — Allasseur, 141; — Marcellin, 1 38 ; — Etienne Leroux, 1 38 ; 

— Allar, 1 3 3 ; — Aube, i33; — Saint-Marceaux, i33; — Cavelier, i 32 ; 

— Doublemaxd, 120; — Blanchard, 120. — Sculpteurs d'animaux : Cain, 278; 

— Frémiet, 239. — Graveurs en médailles : Alphée Dubois, 170; — Chaplain, 
145 ; — Levillain, 119. — Graveurs sur pierres fines : Galbrunner, 171. 

Jures supplémentaires : MM. Thabard , ii5 voix; — Delaplanche , ii5; — 
Aizelin, 110; — Tony Noël, 107; — David, graveur sur pierres fines, 1 3 5 . 

M. Saint-Marceaux, ayant donné sa démission, a été remplacé par M. Tha- 
bard; — M. Degeorge, io5 voix, est nommé juré supplémentaire. 

SECTION D'ARCHITECTURE. 

1 4 jurés à élire. 

Le vendredi 6 avril, sous la présidence de M. Bailly, assisté de MM. Brune, 
Questel et Ballu, et de MM. les sous-commissaires, il a été procédé à l'élection 
des membres du jury d'architecture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

MM. Vaudremer, 61 voix; — Bailly, 59; — Brune, 59; — Questel, 58; 

— Raulin, 56 ; — Ballu, 5 i ; — Bœswilwald, 5o ; — Ch. Garnier, 42 ; — 
André, 40 ; — Hénard, 34 ; — Mayeux, 32 ; — Daumet, 29. 

Jurés supplémentaires : MM. Diet, 27 voix; — Corroyer, 27. 
M. Mayeux, ayant donné sa démission, est remplacé par M. Diet; — 
M. Julien, 27 voix, est nommé juré supplémentaire. 

SECTION DE GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

1 2 jurés à élire. 

Le vendredi 6 avril, sous la présidence de M. Bailly, assisté de MM. Didier 
et Bracquemond, et de MM. les sous-commissaires, il a été procédé à l'élection 
des membres du jury de gravure. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

Gravure au burin : MM. Didier, 28 voix; — Blanchard, 28; Gaillard, 26. 

Eau-forte : MM. Bracquemond, 52 voix; — Waltner, 52; — Chauvel, 34. 

Gravure sur bois : MM. Huyot, 45 voix; — Pannemaker, 40; — Thiriat, 40. 

Lilhogiaphic : MM. Vernier, 17 voix; — Cicéri, 16 ; — Sirouy, 10. 



I I 6 APPENDICE 



COMPOSITION DES BUREAUX 



SECTION DE PEINTURE, DESSINS, ETC. 

Président : M. Bouguereau , membre de l'Institut. — Vice- Présidents : 
MM. Cabanel, membre de l'Institut, Busson. — Secrétaires : MM. Humbert, 
T. Robert- Fleury, Guillemet, de Vuillefroy. 



SECTION DE SCULPTURE ET GRAVURE EN MÉDAILLES. 

Président : M. Guillaume, membre de l'Institut. — Vice-Président : M. Mathurin 
Moreau. — Secrétaires : MM. A. Millet, Etienne Leroux. 



SECTION D'ARCHITECTURE ET GRAVURE. 

Président d'honneur : M. Bailly, membre de l'Institut. — Président : M. Questel, 
membre de l'Institut. — Vice-Présidents : MM. Ballu, membre de l'Institut, 
Ch. Garnier, membre de l'Institut. — Secrétaires : MM. Brune et Raulin. 



SECTION DE GRAVURE. 

Président : M. Bracquemond. — Vice-Président : M. Vernier. — Secrétaire 
M. Thiriat. 



APPENDICE IIJ 



DISTRIBUTION DES RECOMPENSES 



Le 21 juin, a eu lieu, au palais de l'Industrie, la distribution solen- 
nelle des récompenses du Salon. La cérémonie était présidée par 
M. Jules Ferry, président du conseil, ministre de l'Instruction publique 
et des Beaux-Arts, qui avait à ses côtés : M. Durand, sous-secrétaire 
d'État au ministère de l'Instruction publique; M. Kaempfen, directeur 
des Beaux-Arts; M. Poulin, directeur des Bâtiments civils; M. Bailly, 
président de la Société des artistes français; MM. Guillaume et 
Bouguereau, vice-présidents; M. Etienne Arago, conservateur du 
Musée du Luxembourg. 

Avaient également pris place sur l'estrade : M. Antonin Proust, 
député, président de l'Union centrale des Arts décoratifs; M. Morel, 
chef du cabinet du président du conseil; M. Lafenestre, commissaire 
général des Expositions; des membres de l'Institut, de la Société des 
artistes, des divers jurys du Salon, et un grand nombre de notabilités 
artistiques. 

M. Bailly a ouvert la séance par l'allocution suivante : 

Monsieur le président du conseil, 

Lorsque vous avez bien voulu présider la distribution des récompenses du Salon 
de 1882, à cette même place, vous nous disiez : « C'est avec une grande satis- 
faction que je m'associe au fait considérable que cette solennité consacre. Ce 
fait, c'est la constitution de l'Association des artistes fiançais. » 

En effet, Monsieur le président du conseil, Mesdames et Messieurs, la Société 
des artistes français est constituée et bien constituée; elle repose sur des assises 
durables, et c'est grâce au bienveillant patronage que le Gouvernement n'a cessé 
de lui accorder, nous ne saurions le dire trop haut, que notre association vient 
de recevoir par décret de M. le président de la République, du 1 1 mai dernier, 
sur l'avis du conseil d'État, la reconnaissance comme établissement d'utilité 
publique. Cette sanction, de la part du chef de l'État, donne à notre société des 
droits qu'elle ne pouvait avoir et en fait une personne civile capable d'acquérir 
et de recevoir. 

C'est donc avec une véritable satisfaction que nous avons vu approuver les 
statuts de notre société par le conseil d'État. La section de l'intérieur n'a eu à y 



I l8 APPENDICE 

apporter que des modifications de bien peu d'importance. Le seul changement 
ayant une certaine valeur a été celui du titre que nous pensions devoir donner à 
notre compagnie, qui était : « Association des artistes français. » 

Le conseil d'Etat, par l'organe de son rapporteur, nous a fait remarquer que 
déjà une association, que vous connaissez tous, due à l'initiative du baron Taylor 
et présidée en ce moment avec tant de dévouement, d'autorité et de savoir par 
mon honorable confrère et ami, M. Du Sommerard, portait le nom « d'Asso- 
tion des Artistes », et qu'il serait préférable que nous prissions la dénomination 
de « Société des artistes français », au lieu « d'Association des artistes fran- 
çais ». 

D'accord avec le conseil d'Etat, nous avons adopté cette manière de voir, et 
les deux réunions dont il s'agit, appelées sans aucun esprit de concurrence à 
s'entr'aider pour soulager les infortunes de la grande famille des artistes, auront 
chacune leur qualification distincte, notre devancière conservant avec raison son 
titre de : « Association des artistes peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et 
dessinateurs »; la nôtre : « Société des artistes français. » 

Le conseil d'Etat a donc approuvé presque sans restrictions le texte proposé 
par nous à la section compétente; ce résultat fait grand honneur à la commission 
déléguée par le comité pour en faire l'étude, ainsi qu'aux éminents jurisconsultes 
qui ont accepté de faire partie de notre conseil judiciaire et qui, dans tant d'oc- 
casions déjà, nous ont donné des preuves évidentes de leur haute compétence, de 
leur affection et de leur dévouement. 

L'importance de la reconnaissance de notre société comme établissement d'uti- 
lité publique n'échappera à personne. Nous remplissons des fonctions publiques, 
nous organisons et administrons le Salon annuel dont l'État avait seul autrefois la 
charge. Nous ne nous séparons pas de l'État, et nous comptons, comme par le 
passé, sur son bienveillant appui, sur sa haute protection, sur sa libéralité. 

Il nous reste maintenant, en dehors de l'organisation matérielle et artistique 
des expositions annuelles des beaux-arts, une noble mission, c'est celle qui est 
stipulée dans nos statuts, et que je me plais à rappeler parce qu'elle est absolu- 
ment philanthropique, désintéressée et confraternelle. 

Vous n'ignorez pas, Monsieur le président du conseil, ni vous, Mesdames et 
Messieurs, que le but que nous poursuivons est de prêter aide et assistance aux 
membres faisant partie de notre société, dans toutes les occasions où cela pour- 
rait leur être utile. Pour parvenir à remplir cette tâche, toute de dévouement» 
nous avons institué des commissions chargées d'étudier les diverses questions 
pouvant aider le comité dans l'œuvre qu'il doit accomplir. La première de ces 
commissions, dite de l'emploi ou du mouvement des fonds, est chargée de se 
rendre un compte exact des revenus annuels de la société, d'étudier les moyens 
de faire fructifier ces revenus, et enfin de les répartir avec prudence et sagesse 
entre les différentes œuvres d'aide et de protection^qui pourront être créées pour 
répondre à l'esprit des statuts. 

Nous ne pouvons aujourd'hui entrer dans le détail des projets qui sont à 
l'étude, mais nous pouvons affirmer que le plus ardent désir du comité est d'as- 
surer une retraite digne et honorable à ceux de nos associés que la vieillesse ou 
l'infirmité mettrait hors d'état de suffire aux nécessités de la vie. 

Une autre délégation du comité aura à défendre les intérêts de la propriété 
artistique ainsi que les intérêts généraux des sociétaires, se rapportant à ce droit 



APPENDICE II9 

primordial que tout créateur possède sur son œuvre. Je ne m'étendrai pas davan- 
tage sur les obligations que le comité s'est imposées, afin de donner satisfaction 
aux conditions statutaires, et terminerai cet exposé en résumant les mérites du 
Salon de 1 883 . 

En visitant l'exposition de cette année avec tout l'intérêt que vous portez aux 
choses de l'art, vous avez pu constater, Monsieur le président du conseil, que 
nos peintres sont restés à la hauteur qu'ils ont atteinte dans les expositions pré- 
cédentes; que, soutenus par les fortes études qu'ils font dans les écoles du Gou- 
vernement, par leur amour et leur recherche de la vérité, ils ne laissent pas péri- 
cliter la réputation que s'est acquise à tant de titres l'école française, l'une des 
gloires de notre cher pays. 

Si nous en croyons le sentiment des artistes, d'accord avec la presse et l'opi- 
nion publique, l'exposition de sculpture a été des plus remarquables : elle semble 
devoir laisser d'elle un honorable souvenir , grâce au grand nombre de beaux 
ouvrages qu'elle nous a offerts et dont quelques-uns sont d'une haute valeur. La 
gravure en médailles ainsi que la gravure sur pierres fines se sont montrées cette 
année avec beaucoup de distinction. 

La section d'architecture renferme des travaux d'un ordre supérieur, tant pour 
les ouvrages de restitution d'édifices de l'antiquité que dans les restaurations des 
monuments historiques. 

Les projets d'édifices publics et ceux d'architecture privée dénotent, de la part 
de leurs auteurs, de sérieux efforts d'études, d'imagination et de science, et la 
plupart sont rendus avec un véritable talent. 

Les œuvres de cette section, dessins ou projets, font certainement honneur 
aux architectes qui les ont exposées. 

L'exposition de gravure et lithographie nous offre à son tour la preuve que les 
artistes de cette section, composée de branches diverses, font de constants efforts 
pour maintenir leur juste réputation; leurs œuvres affirment que nous sommes 
certainement en progrès, aussi bien pour cet art intéressant que pour les autres, 
et qu'enfin notre art contemporain marche toujours sérieusement en avant. 

En terminant, nous ne saurions trop rappeler que c'est à vous, Monsieur le 
président du conseil, qu'appartient l'initiative de la fondation de notre société 
dans l'esprit du Message du iy janvier 1881; que c'est vous encore, parlant au 
nom du Gouvernement, ici même, l'an dernier, qui avez applaudi avec tant d'au- 
torité au résultat de nos efforts. Permettez-moi donc de vous témoigner haute- 
ment, une fois de plus, notre respectueuse gratitude pour les encouragements de 
toutes sortes que vous n'avez cessé de nous donner. 

Je vous laisse, Monsieur le président du conseil, le plaisir de remettre aux ar- 
tistes récompensés les médailles et diplômes accordés par les différents jurys. Ils 
seront heureux de les recevoir de votre main, et ces récompenses n'en auront 
que plus de prix pour eux. 

Après l'allocution de M. Bailly, M. le ministre prend la parole en 
ces termes : 

Monsieur le président, 

Je ne puis être que très reconnaissant à la Société des artistes du prix qu'elle 
veut bien attacher à ma présence et à mon concours. Cependant je ne crois pas, 



120 APPENDICE 

je n'ai pas la prétention de croire, qu'en venant ici, comme je le fais depuis plu- 
sieurs années, distribuer les récompenses décernées par vos jurys, j'aie le privi- 
lège de les rendre plus précieuses. Leur valeur tient essentiellement à la liberté, 
à la spontanéité, à l'universalité des suffrages qui les décernent; ce sont des 
rivaux, des égaux, des pairs qui récompensent leurs pairs, leurs égaux et leurs 
rivaux; la marque officielle n'y ajoute rien. Je viens ici pour constater une fois 
de plus que nous sommes unis par des liens qui, je l'espère, n'ont plus besoin 
d'être resserrés. 

Vous l'avez rappelé avec raison, Monsieur le président, entre la Société des ar- 
tistes et moi, il existe une affection déjà ancienne et éprouvée : je ne l'ai pas mise au 
monde, non , certes ! — elle est bien l'œuvre de votre initiative à tous, Mesdames 
et Messieurs; — elle est l'œuvre des efforts d'un comité, d'un conseil d'adminis- 
tration dont on ne louera jamais assez la persévérance, l'intelligence et le dévoue- 
ment. Pour nous, nous n'avons fait qu'une chose, nous avons coupé le câble! 
Nous avons forcé l'équipage inexpérimenté à se lancer sur des flots inconnus; 
nous vous avons forcés à être libres... (Sourires), et vous avez appris bien vite à 
manier ce merveilleux instrument de la liberté! (Applaudissements.) 

Aujourd'hui, vous voilà constitués, et constitués d'une manière définitive; 
vous n'êtes plus une société d'essai, une société provisoire, vous êtes une insti- 
tution reconnue, vous avez vos parchemins officiels, vous prenez place à côté 
des associations privilégiées, de celles qui, à raison des services considérables 
qu'elles rendent à la chose publique, ont reçu de l'État le droit exceptionnel de 
s'enrichir par des donations, par des legs, et d'être ce que l'on appelle une per- 
sonne morale. Vous allez pouvoir recevoir par donation, par testament, et, je 
vous le prédis, vous recevrez beaucoup, car le goût des choses de l'art, la haute 
estime où l'on tient dans ce pays la noble carrière d'artiste, tout cela vous assure 
le milieu le plus favorable à votre développement. 

On donne déjà beaucoup à nos musées de l'État; on donnera beucoup aussi à 
votre société. 

Oui, Mesdames et Messieurs, je vous le redis, vous serez riches un jour, et 
l'État ne vous enviera ni votre richesse, ni votre liberté, car l'État qui, autrefois, 
était tout dans les choses de l'art, s'étudie maintenant à y tenir le moins de place 
possible, et ne veut retenir de ses anciennes attributions que celles qui lui appar- 
tiennent naturellement, c'est-à-dire ce qui se rattache à l'éducation, à l'enseigne- 
ment artistique. 

Parmi ces attributions de l'État je range le droit d'ouvrir un genre d'exposi- 
tions conçues à un autre point de vue que le Salon annuel, et dont nous espérons 
donner, l'automne prochain, un premier, mais excellent modèle. Je veux parler 
de l'exposition nationale, triennale ou quaternale, comme on voudra l'appeler. 
J'en veux parler ici même, Messieurs, parce que, d'abord, elle n'a pas été com- 
prise. Elle a excité parmi vous quelques craintes et quelques défiances, qui sont 
venues jusqu'à moi. Je crois qu'elles se sont déjà singulièrement dissipées, et 
que les préventions sont tombées. Vous redoutiez, je crois, dans l'exposition 
triennale, une concurrence pour le Salon, mais, en vérité, vous n'avez qu'à ou- 
vrir les yeux pour vous rassurer. 

On ne s'est pas aperçu de cette concurrence, ce me semble, ni par la rareté 
des œuvres exposées, ni par la solitude de vos salles. Jamais les envois n'ont été 
plus nombreux, ni l'affluence du public plus empressée et plus fidèle! 



APPENDICE 121 

C'est plutôt l'exposition de l'État, Messieurs les artistes, qui devrait craindre 
votre concurrence, car nous vous avons laissé la meilleure part; nous vous avons 
cédé le pas; nous vous avons abandonné les beaux mois de mai et de juin; nous 
n'avons gardé pour nous que le brumeux automne. J'ai tenu, Messieurs, à vous 
faire ce sacrifice, pour bien marquer qu'il n'entrait pas dans la pensée du Gou- 
vernement, ni directement ni indirectement, de vous retirer d'une main ce qu'il 
vous donnait de l'autre. Nous avons fait preuve de confiance en nous-mêmes et 
de force en vous donnant la plus favorable époque de l'année; mais nous avons 
aussi fait preuve d'abnégation, et nous vous demandons d'en tenir quelque compte. 
(Très bien! très bien ! — Applaudissements.) 

Messieurs, pourquoi cette exposition? C'est qu'en vérité il y a un besoin et 
comme un vœu public que le Salon annuel ne saurait satisfaire. Le Salon, c'est 
l'art fiançais sous un de ses aspects les plus intéressants : je veux dire sa con- 
stante et étonnante fécondité. Il n'y a pas de pays au monde, il n'y a pas de 
période artistique, on peut le dire, dans l'histoire, qui égale cette production 
merveilleuse. 

Quelle vie! quelle abondance! quelle curiosité de recherche! quelle inten- 
sité de mouvement! quel individualisme débordant et triomphant! que d'efforts ! 
quelle hardiesse ! quel succès! 

Et, parmi tant de talents si divers, comme on est heureux de constater que le 
niveau va toujours s'élevant, que la moyenne de l'art, loin de s'abaisser par la 
multitude des produits, tend plutôt à monter, et que, dans cette école française, 
l'exécution, le métier, comme on dit, — et, en vérité, ici, le métier, c'est au 
moins la moitié de l'art, — se propage, se perfectionne, s'affine de jour en jour! 
C'est là un beau et imposant spectacle, le spectacle de la vie, ou, comme disent 
les naturalistes, de la lutte pour la vie! 

Oui, l'on pourrait critiquer un certain nombre d'œuvres faciles, trop faciles 
quelquefois, peut-être un peu frivoles; mais en revanche que d'efforts sérieux, 
que de nobles obstinés, que d'hommes restant dans leurs sillons alors même 
qu'ils sont improductifs! Que de dévouements, que de sacrifices personnels! Tel 
beau tableau de marine que vous avez admiré a coûté à son auteur deux ans de 
travail, de solitude et d'abnégation. Tel jeune sculpteur a mis dans son œuvre 
son avoir tout entier, et plus que son avoir! (Vifs applaudissements.) 

Messieurs, voilà l'œuvre quotidienne de nos artistes; mais cela ne donne pas 
une idée complète et synthétique de l'art français. Cela fait admirer notre puis- 
sance de production, mais peut faire croire en même temps à une dispersion 
absolue d'efforts, à une sorte d'anarchie picturale, à un désordre de tendances, 
de caprices, d'aspirations confuses. On pourrait s'imaginer que l'école française de 
peinture se développe dans tous ces sens, mais sans plan, sans règle, sans perspec- 
tive; et c'est le cas de dire qu'ici les arbres empêcheraient parfois de voir la forêt. 

Eh bien, nous voudrions maintenant présenter l'école française au public, au 
monde, sous son jour véritable; nous voudrions faire considérer au public cette 
grande forêt de l'art par les hauts sommets. Pour y réussir, que faisons-nous? 
Nous avons pris un moyen très simple : nous avons reculé les distances et décidé 
qu'on choisirait, non plus dans l'œuvre de l'année, mais dans l'œuvre des cinq 
années précédentes; et puis nous avons réduit et limité résolument, héroïque- 
ment, le nombre des œuvres admises. Nous sommes assurés, de la sorte, de 
grouper dans notre exposition l'élite de l'art français. 

16 



122 APPENDICE 

11 nous fallait aussi, Messieurs, résoudre un grand problème : il nous fallait 
constituer un jury assez nombreux pour se mettre au-dessus de toute apparence, 
de tout soupçon de coterie, assez autorisé pour imposer à tous ses sentences. 

Nous l'avons composé d'abord avec l'Institut, qui n'est plus le vieil Institut 
fermé aux nouveautés, mais qui, vous le savez, a ouvert ses portes toutes grandes 
aux plus glorieux représentants de l'art moderne. (Applaudissements.) 

Et puis, nous y avons adjoint ceux d'entre vous, Messieurs, qui ont été honorés 
du plus grand nombre de vos suffrages, et nous leur avons donné la mission de 
choisir ces 800 tableaux. Grave et redoutable mission, lourde responsabilité! Ils 
ont eu le courage de l'accepter; je les en remercie, et le public bientôt les en 
remerciera. Oui, Messieurs, si nous réussissons dans cette oeuvre, nous pourrons 
dire aux jeunes générations de ce temps qu'elles sont des générations bienheu- 
reuses, car il leur aura été donné de voir, à côté du Salon annuel, des exposi- 
tions limitées et rares, qu'on va visiter comme ces temples de l'art où l'on est 
tenté de parler bas, en quelque sorte, tant les chefs-d'œuvre y sont exquis! Je 
puis faire allusion à celle qui s'est ouverte non loin d'ici, à ces"cent chefs- 
d'œuvre qui font revivre devant vous toute la belle époque de l'école française 
moderne, et où brillent d'un si pur éclat ces grands noms de Rousseau, de Millet, 
de Corot, les véritables maîtres de la vérité et de la poésie, parce qu'ils n'ont 
jamais séparé ni la poésie de la vérité, ni la vérité de la poésie. (Vifs applaudis- 
sements.) 

Dans notre exposition triennale, nous vous présenterons ceux qui continuent si 
honorablement, si glorieusement la tradition de ces illustres maîtres. Nous allons 
montrer fièrement à tous, compatriotes ou étrangers, comme une autre face 
de l'art national, et nous aurons ainsi donné satisfaction à la double tendance 
de l'esprit français, qui, en toutes choses, Messieurs, vous le savez, ne sépare 
jamais la liberté de l'unité. (Applaudissements prolongés.) 

En remettant la médaille d'honneur à M. Dalou, le ministre s'est 
exprimé en ces termes : 

Monsieur Dalou, vous avez grandement honoré l'art français. Vous avez pris, 
du premier coup, rang parmi les maîtres; votre ciseau, qui fait penser en même 
temps à Puget et à Rubens, tant il a à la fois la puissance et la couleur, a laissé 
sur le marbre des traces ineffaçables. Vous êtes un maître dès aujourd^ui con- 
sacré et, de plus, vous avez montré, au service d'une noble idée, des qualités 
d'exécution incomparables. 

Je suis heureux de vous remettre la médaille que le suffrage de vos rivaux, de 
vos égaux, vous a si justement décernée. (Salves d'applaudissements.) 

M. le ministre a ensuite proclamé les noms des lauréats du prix du 
Salon et des bourses de voyage, ainsi que les noms des artistes récom- 
pensés par le jury. 



LISTE DES LAURÉATS 



PRIX DU SALON 

M. ROCHEGROSSE (Georges), peintre. 



BOURSES DE VOYAGE 

Section de sculpture. 

MM. MICHEL (Gustave), — DESCA (Edmond), 
CARLÈS (Antonin), — PALLEZ (Lucien), — LOMBARD (Henri 

Section de peinture. 
MM. BÉROUD (Louis), - MENGIN (Gustave). 

Section d'architecture. 
MM. COURTOIS-SUFFIT, — LARCHE, - RUY. 



124 



APPENDICE 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 

POUR LE SALON DE I 88 3 



LISTE DES RÉCOMPENSES 



DECERNEES PAR LE JURY 



Médaille d'honneur décernée par le jury et les artistes hors concours 
de la section de sculpture. 

M. Dalou (Jules). 



SECTION DE PEINTURE. 



Médaille de i re classe. 
M. Martin (Henri-Guillaume). 

Médailles de 2 e classe. 

MM. Giron (Charles). 

Gélibert (Jules-Bertrand). 

Marais (Adolphe). 

Sauzay (Adrien-Jacques). 
M me Demont-Breton (Virginie- EIo- 

die). 
MM. Béroud (Louis). 

Tattegrain (Francis). 

Nozal (Alexandre). 

Penne (Charles-Olivier de). 

RocHEGROsse (Georges). 

Boudin (Eugène). 

Béraud (Jean). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Geoffroy (Jean). 

Lalaing (Comte Jacques de). 
Outin (Pierre). 
Princeteau (René-Pierre). 
Laynaud (Ernest). 
Mercié (Antonin). 
Robert (Paul). 



MM. Berteaux (Hippolyte). 
Berg (Richard). 
Burnand (Eugène). 
Baillet (Ernest). 
Roy (Marius). 
Montenard (Frédéric). 
Le Sénéchal de Kerdreoret (Gas- 
ton-Edouard). 
Maincent (Gustave). 
Dannat (William). 
Zacharie (Philippe-Ernest). 
Demarest (Albert-Guillaume). 
Jacomin (Marie-Ferdinand). 
Jean (Aman-Edmond). 
Jenoudet (Paul-Louis-Séraphin). 
Péarce (Charles-Sprague). 
Whistler (James-Mac-Neil). 
Larson (Cari). 
Lœwe-Marchand (Frédéric) 
Frère (Charles). 
Tavernier (Paul). 

Mentions honorables. 

MM. Salzédo (P.). 
Sain (Paul). 

Lacroix (Tristan-Louis-Justin). 
Uhde (Frédéric-Charles). 



APPENDICE 



2 5 



MM. Fourié (Albert). 

Bretégnier (Georges). 

Lignier (James-Camille). 

Vanaise (Gustave). 

Gagliardini (Julien-Gustave). 

Rivoire (François). 

Guignard (Qaston). 

Barau (Emile). 

Echtler (Adolphe). 

Galerne (Prosper). 

Allongé (Auguste). 
M me Luminais (Hélène). 
MM. Clermont (Auguste-Henri-Louis) 

Allègre (Raymond). 

Abraham (Tancrède). 

Clary (Eugène). 

Morlon (Antoine-Paul-Emile). 

Le Poittevin (Louis). 

Lemaire (Louis). 

Le Camus (Louis). 

Sevestre (Jules-Marie). 

Villebesseyx (Gustave). 

Pezant (Aymar). 

Merlot (Emile-Justin). 



M. Flandrin (Paul-Hippolyte). 
M lle Bashkirseff (Marie). 
MM. Coosemans (Joseph-Théodore). 
Dinet (Alphonse-Etienne). 
Dieterle (Pierre-Georges). 
Desboutin (Marcellin-Gilbert). 
Renouard (Paul). 
Hellquist (Cari-Gustave). 
Biessy (Gabriel). 
Liphart (Ernest de). 
Lopisgisch (Georges-Antonio). 
Porcher (Charles-Albert). 
Pinchart (Emile). 
Rousselin (Joseph-Auguste). 
Schmitt (Léon-Félix-Paul). 
Thévenot (François). 
M me Lavieille (Marie-Ferville-Suan). 
MM. Laurent (Ernest-Joseph). 
Laroche (Amand). 
Souza-Pinto (José-Julio de). 
M»e Blau (Fina). 

M. Degrave (J. -Alexandre- Patrouil- 
lard). 
Mme Dieterle (Marie). 



SECTION DE SCULPTURE. 



Médailles de i re classe. 

MM. Turcan (Jean). 

Carlier (Emile-Joseph). 
Cordonnier (Alphonse-Amédée) 
Boisseau (E.-A.). 
François (Henri-Louis). 

Médailles de 2 e classe. 

MM. Etcheto (François). 
Vauréal (Henri de). 
Desca (Edmond). 
Fagel (Léon). 
Frère (Jean-Jules). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Baffier (Jean-Eugène). 
Germain (Jean-Baptiste). 
Peynot (Emile-Edmond). 
Lormier (Edouard). 



MM. Béguine (Michel). 

Marioton (Claudius). 
Hainglaise (Jean-Fleury). 
Hasselberg (Pierre). 
Briden (Désiré). 
Tasset (Ernest-Paulin^ 

Mentions honorables. 

MM. Laporte (Emile). 

Saint- Vidal (Francis de). 
Ogé (Pierre-Marie-François). 
Truffot (Emile-Louis). 
Carriès (Joseph). 
Pech (Gabriel-Édouard-Baptiste) . 
Mombur (Jcan-Ossaye). 
Houssin (Edouard-Charles). 
Bélard (Gustave). 
Hercule (Benoît-Lucien). 
Charpentier (Alexandre- Louis - 
Marie). 



I2Ô 



APPENDICE 



MM. Picault (Emile). 

Mouly (Jean-Francisque). 

Tourgueneff (Pierre-Nicolas). 

Charpentier (Félix-Maurice). 

Gilbert (Alfred). 

Pilet (Léon). 

Goelzer (Albert). 

Guibé (Paul). 

Lapayre (Eugène). 
M me Signoret (L.). 

M. Gravillon (Arthur de). 
M me Besnard (Charlotte-Gabrielle). 
MM. Chéret (Joseph). 

Ruffier (Noël). 

Dubois (Henri). — Gr. en M. 

Darbefeuille (Paul). 

Lambert (Émile-Placide). 

Bogino (Emile-Louis). 

Kossowski Henri). 

Masson (Jean-Augustin-Alfred). 

Astruc (Zacharie). 

Klein (Max). 



MM. Fouques (Henri-Amédée). 
Jouandot (Amédée). 
Peyrol (F.-A.-Hippolyte). 
M"e Delattre (Thérèse). 
M. Pauchard (Constant-Démétrius) 
G. P. F. 
M lle Lancelot (Marcelle-Renée). 
MM. Steuer (Bernard-Adrien). 
Rambaud (Pierre). 
Leroux (Gaston). 
Ferville-Suan (Charles-Georges). 
Aubert (Pierre). 
Mme Descat (Henriette). 
MM. Millet de Marcilly (Edouard). 
Terrier (Jules-Laurent). 
Ferrière (Louis-François-Geor- 
ges). 
Johmann (Eugène-Félix). 
Aldebert (Emile). 
Prouha (Pierre-Bernard). 
Madrassi (Luca). 
H aller (Gustave). 



SECTION D'ARCH TECTURE 

Médaille de i re classe. 



M. Laloux (Victor-Alexandre-Fré- 
déric). 

Médailles de 2 e classe. 

MM. Auburtin (Emile). 
Aubry (Gaston). 
Blavette (Victor). 
Lefol (Joseph-Casimir). 
Mayeux (Pierre-Henri). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Aurenque (Aimé-Jean-Baptiste). 
Monnier (Jules-Eugène). 
Ruy (Alphonse). 
Masqueray (Louis-Emmanuel). 



MM. Moyneau (Alban-Jean). 

Marcel (Alexandre -Louis -Au- 
guste). 

Mentions honorables. 

MM. Bir (Alphonse). 
Chabat (Pierre). 
Chancel (Abel). 
Cléret (Ernest). 
Courtois-Suffit (Octave-Louis- 

Albert). 
Galeron (Albert). 
Hardion (Jean). 
Juvet (Henri-Édouard-Lucien). 
D'Orbigny (Henri). 
Redon (Gaston). 
Rogniat (Etienne). 



SECTION DE GRAVURE ET DE LITHOGRAPHIE. 



Médailles de i f e classe. 

MM. Lamotte (Alphonse). 

Champollion (Eugène-André). 



Médaille de 2 e classe. 
M. Damman (Benjamin-Aug. -Louis). 



APPENDICE 



I2 7 



Médailles de 3 e classe. 

M. Boisson (Léon). 
M" e Contour (Lucy-Madeleine) 
MM. Lauwers (François). 
Kœpping (Charles). 
Mordant (Daniel). 
Mathey-Dorel (Armand). 
M lle Valmont (Léonie). 
MM. Baude (Charles). 
Hoskin (Robert). 
Dharlingue (Gustave). 
Lunois (Alexandre). 



Mentions honorables. 

MM. Muzelle (Raphaël). 

Garen (Georges-Félix). 

Hecht (Guillaume). 

Forberg (Ernest). 

Ruet (Louis). 

Billy (Charles-Bernard de) 

Beauverie (Charles-Joseph) 

Rivoalen (Emile). 

Mathé (Basile). — (E.-F.) 

Brûlé (Pascal). 

Beltrand (Tony). 

Barbant (Charles). 

Martin (Alfred-Louis). 
Mme Prunaire (Fanny). 
M. Guillon (Pierre-Ernest). 




TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Préface i 

Médaille d'honneur i 

Prix nu Salon .... 3 

PEINTURE . 5 

Médaille de première classe 5 

Médailles de deuxième classe 6 

Médailles de troisième classe 12 

Mentions honorables 2 5 

Artistes hors concours 46 

SCULPTURE, GRAVURES EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES ... 63 

Médailles de première classe 63 

Médailles de deuxième classe 66 

Médailles de troisième classe 6q 

Mentions honorables .... -a 

Artistes hors concours q3 

APPENDICE „< 



Statuts de l'Association des artistes français 07 

Règlement de l'Exposition publique des ouvrages des artistes vi- 
vants pour l'année i883 I0 6 

Jury d'admission et de récompenses II4 

Distribution des récompenses. . . . , . II7 

Liste des lauréats I2 3 

Liste des récompenses I2 . 



'7 



IMPRIMÉ A PARIS 
PAR LES PRESSES DE JOUAUST ET SIGAUX 

AVEC 

ORNEMENTS DE CL. POPELIN 

TIRAGE DES PLANCHES PAR A. SALMON 

M DCCC LXXX1II 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 2$ 

Un chemin de village bordé des deux côtés par des clôtures de haies 
vives. Au fond, une chapelle en briques surmontée d'un grand toit 
d'ardoises. Sur le chemin, au dernier plan, s'avancent, de face, des 
groupes de paysans et de paysannes, dans une grande lumière fraîche 
qui vient de la gauche. Le ciel pâle est semé de légers nuages blancs. 

Signé à droite, en bas : Franz Courtcns. 



BOUTIGNY (Emile), né à Paris, élève de MM. Cabanel et 
Gariot. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 106. 

N° 341. Boule-de-Suif. 

« Le lendemain, un clair soleil d'hiver rendait la neige éblouissante; la dili- 
gence, attelée enfin, attendait devant la porte... 

« On n'attendait plus que Boule-de-Suif, elle parut. Elle semblait un peu 
troublée, honteuse. Le comte prit avec dignité le bras de sa femme et l'éloigna 
de ce contact impur... » 

(Les Soirées de Mc'dan, par Guy de Maupassant. ) 
H. 1 ni 4 6 . — L. 2 m o4. 

Une place de village couverte de neige. A droite, le perron d'une 
auberge près duquel, au premier plan, stationnent un factionnaire 
prussien et un uhlan à cheval. La fille, enveloppée d'un manteau gris 
à doublure rose, un panier au bras gauche, descend, de profil, les marches 
du perron. En bas, sur la gauche, une diligence attelée et quelques 
voyageurs. Un monsieur et une dame, vus de dos, s'éloignent en re- 
gardant de côté Boule-de-Suif. La place, au fond, est remplie de sol- 
dats allemands. 

Signé à gauche, en bas : E. Boutigny. 1884. 




ARTISTES HORS CONCOURS 



BASTIEN-LEPAGE (Jules). — Rue Legendre, 12. (Voir 
le Livre d'or depuis 1879.) 



N° 124. La Forge. 



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49. 



L. o™5 



Intérieur sombre. A gauche, un vieux forgeron, en vêtements de 
paysan, casquette sur la tête, pipe à la bouche, travaille un fer rouge 
sur une enclume, devant le fourneau allumé. Sur la droite, une autre 
enclume, non loin d'une fenêtre à petits carreaux d'où tombe le jour. 

Signé à droite, en bas : J. Bastien-Lepage. Damvillers, 1882. 



BÉRAUD (Jean), né à Saint-Pétersbourg, de parents fran- 
çais, élève de M. Bonnat. — Rue Washington, 13. (Voiries 
Livres d'or de 1882 et 1083.) 

N° 181. A la salle Graffard. 



Au milieu, de face, une estrade tendue de rouge. Devant, autour 
d'une table, quatre journalistes, le chapeau sur la tète, prennent des 



ARTISTES HORS CONCOURS 2J 

notes. Un cinquième, vu de dos, regarde. Sur l'estrade, le bureau de 
la réunion publique, composé de cinq membres. A gauche, le dernier, 
mettant la main sur sa bouche, se penche pour parler à un ouvrier en 
casquette de soie. Son voisin, la main sous le menton, regarde en haut 
les galeries. Le président, au milieu, tient un papier à la main. A 
droite, l'un de ses acolytes se tient immobile, le cou enveloppé d'un 
cache-nez rayé. Le dernier, debout, à l'extrémité de la tribune, le bras 
en l'air, est en train de pérorer. Quelques auditeurs debout, au pied 
de l'estrade, une vieille dame, renversée dans sa chaise, parmi quelques 
personnages de mauvaise mine, l'applaudissent avec frénésie. La salle 
est remplie de nuages de fumée, au travers desquels on voit gesticuler 
les spectateurs entassés dans la galerie supérieure qui fait le tour de 
la salle. 

Signé à gauche, en bas : Jean Bcraud. 1884. 



BOUGUEREAU (William-Adolphe), membre de l'In- 
stitut. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 75. (Voir le Livre 
d'or depuis 1879.) 

N° 322. La Jeunesse de Bacchus. 

H. 3 m 35. — L. 6 m o5. — Fig. grandeur naturelle. 

Au centre, sur le premier plan, une bacchante, nue, vue de face, 
en train de danser ; elle essaye de retenir de la main droite une autre 
bacchante qui est tombée à terre en laissant échapper son thyrse. Un peu à 
droite, derrière elle, un jeune homme nu, de face, porte à califourchon, 
sur ses épaules, le petit Bacchus qui agite un tambourin. Plus loin, une 
femme drapée, vue de profil, danse entre deux enfants dont l'un lui 
tient la main et l'autre joue du triangle ; un homme nu, vu de dos, lève 
les deux bras en agitant des cymbales. Au fond, gambadent, en s'éloi- 
gnant, deux centaures, l'un sonnant de la double flûte, l'autre claquant 
des doigts. A gauche du groupe central, une bacchante en tunique 
rose danse avec un jeune homme. A l'arrière-plan, arrive du fond, 
par un chemin montant sous des arbres, Silène, vacillant sur son âne, 
que soutient de chaque côté un faune. Sur le premier plan, un jeune 



28 PEINTURE 

homme, nu, cueille en dansant des raisins à de hautes branches, et 
une jeune femme, les jambes drapées, tient un tambourin rempli de 
grappes mûres. Au fond, des arbres entre lesquels on aperçoit une 
ligne de montagnes bleues. 

Signé à gauche, en bas : W. Bougucrcau. 1884. 



BRETON (Jules-Adolphe), né à Courrières (Pas-de-Ca- 
lais), élève de Félix Devigne et de Drolling. — H. C. — 
A fourrières (Pas-de-Calais). (Voir les Livres d'or de 1879, 
1882 et 1883.) 

N° 355. Les Communiantes. 

« Parmi les frais lilas, les renaissants feuillages, 
Par ce printemps qui chante et rit dans les villages, 
Par ce dimanche clair, fillettes au front pur 
Qui marchez vers la messe entre les jeunes branches, 
Avez-vous pris au ciel, communiantes blanches, 
Vos robes de lumière où frissonne l'azur? 

Je le croirais, à voir votre frêle cortège 

S'épanouir au jour, dans sa candeur de neige, 

Sous la brume du voile aux flots éblouissants; 

A la douce pudeur de vos bouches de vierges, 

Au mignon bouquet d'or qui fleurit vos grands cierges, 

Au paradis qui luit dans vos yeux innocents. 

Vos plis de tulle au vent vous font des ailes d'anges, 

Moins blancs sont les pigeons sur les hauts toits des granges, 

Moins blanche est l'aubépine aux rameaux embaumés; 

Et vous allez ainsi vers l'antique chapelle 

Où, ceint de verts tilleuls, le clocher vous appelle 

Et dresse au blanc soleil ses angles allumés. » 

H. i m 25. — L. i m 95. 

Une rue de village, entre des chaumières et des jardins en fleurs, 
montant vers une église dont le clocher s'élève au-dessus des arbres. 
A droite, sur le premier plan, un vieux paysan, en sabots, vêtements 
bruns, bonnet bleu, est assis devant une porte d'enclos. Il tend la main 
à une jeune communiante, vêtue de blanc, qui se tient devant lui, et 
qu'embrasse de l'autre côté une vieille paysanne, debout, appuyée 




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ARTISTES HORS CONCOURS 29 

sur un bâton. Au milieu, de profil, sur le chemin, est arrêtée une 
paysanne plus jeune, en capuce violet, tenant un petit garçon par 
la main. Au fond, s'achemine, sur deux rangs, vers l'église, une 
procession de jeunes filles en blanc, suivie par deux jeune sgarçons, 
tous tenant des cierges. Ciel gris et fin de printemps. 

Signé à gauche, en bas : Jules Breton. 1884. 

Appartient à M. Avery. 

N° 356. Sur la route, en hiver; — Artois. 

« La neige, — le pays en est tout recouvert, — 
Déroule, mer sans fin, sa nappe froide et vierge, 
Et, du fond des remous, à l'horizon désert, 
Par des vibrations d'azur tendre et d'or vert, 
Dans Péblouissement, la pleine lune émerge. 

A l'occident s'endort le radieux soleil 

Dans l'espace allumant les derniers feux qu'il darde 

A travers les vapeurs de son divin sommeil. 

Et la lune tressaille à son baiser vermeil 

Et, la face rougie et ronde, le regarde. 

Et la neige scintille, et sa blancheur de lis 
Se teinte sous le flux enflammé qui l'arrose. 
L'ombre de ses replis a des pâleurs d'iris; 
Et, comme si neigeaient tous les avrils fleuris, 
Sourit la plaine immense, inelfablement rose. » 

Une plaine couverte de neige. Au fond, dans la brume, monte un 
soleil pâle. Sur le premier plan s'avance, de face, une paysanne, un 
panier au bras. Elle tourne la tête à gauche vers un jeune cantonnier 
qui se penche, de profil, la tête enveloppée dans un sac, et enfonce 
une pelle dans la neige. Au fond, à gauche, un village dans la 
brume. 

Signe à droite, en bas : Jules Breton. Courrières, 1884. 

Appartient à M. Avery. 



30 PEINTURE 

BRISSOT DE WARVILLE (Félix-Saturnin), nô à Sens 
(Yonne), élève de L. Cogniet. — A Versailles, rue Neuve, 17. 
(Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 371. La Rentrée. 

H. o m 45. — L. o m 49. 

Une cour de ferme. A droite six moutons en train de rentrer dans 
une bergerie dont un jeune paysan en blouse et en casquette, placé 
au second plan, presque de face, leur tient la porte ouverte. Au fond, 
à gauche, une brouette remplie de fumier devant une porte ouverte. 



CABANEL (Alexandre), membre de l'Institut. — Rue de 
Vigny, 14. (Voir le Livre d'or depuis 1879.) 

N°4i$. Portrait de M me E. H. 

H. i m 04. — L. o m y8. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Jeune femme, en toilette de bal, assise, de face, sur un divan 
rouge, le coude gauche appuyé sur un coussin de soie blanc, la main 
droite posée sur le bras gauche. Cheveux blonds bouclés sur le front, 
nez aquilin, yeux gris. Elle porte une robe de mousseline blanche et 
transparente à dessous rose, une ceinture à nœud de couleur rose 
tendre, et deux roses attachées à son corsage décolleté. 

Signé à droite, en haut : Alex. Cabancl. 1884. 



N° 416. Portrait de M me A. O. . . 

H. i m 29. — L. o m 87. — Fig. grandeur naturelle, à mi-jambes. 

Jeune femme assise, de face, la tête nue, dans un fauteuil en 
bois sculpté à fond rouge. Elle s'accoude à gauche en arrière sur le 
bras du fauteuil et tient, dans la main droite, un éventail sur ses 
genoux. Figure souriante, yeux bruns, nez retroussé. Elle porte une 
robe à fond blanc orné de grandes fleurs sur une jupe bleu de ciel. 
A droite, une tenture bleue. 

Signé à gauche, en haut : Alex. Cabancl. 1 883. 




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ARTISTES HORS CONCOURS } I 

CAROLUS-DURAN (Emile-Auguste), né à Lille (Nord). 
— Passage Stanislas, 1 1. (Voir le Livre d'or depuis 1879.) 

N° 447. Portrait de.So:i Excellence M. Z... 

H. i m 36. — L. o m 96. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Il est assis, nu-tête, la main droite sur le bras de son fauteuil, la 
main gauche sur ses genoux. Cheveux courts et grisonnants, mous- 
taches grises, teint basané, yeux noirs. Il est vêtu de noir et se drape 
dans un manteau de couleur verdâtre, bordé de fourrures, qui lui 
retombe sur les genoux. Fond de tenture verte. 

Signé à gauche, en haut : Carolus-Duran. Paris, 1884. 



CHAPLIN (Charles), né aux Andelys (Eure), élève de Drol- 
Iing. — Rue de Lisbonne, 25. (Voirie Livre d'or de 1882.) 

N° 492. Portrait de M llt L... 

H. i m iy. — L. o m 73. — Fig. grandeur naturelle, à mi-corps. 

Jeune femme, de face, aux cheveux noirs bouclés, tenant dans la 
main droite un éventail bleu dont elle écarte les feuilles de la main 
gauche. Elle porte unerobe blanche décolletée et, par-dessus, un man- 
teau flottant de satin rose, retenu sur l'épaule gauche par un ruban 
en forme de baudrier et un bouquet de roses. Fond vague, blanc 
et brun. 

Signé à gauche, en bas : Ch. Chaplin. 1884. 



N° 49 1 . Porlrait de M mt M... 

H. 1 ni 1 7 . — L. o m 73. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Jeune femme, vue de trois quarts, la tête de face, en costume de bal. 
Elle porte sur le haut de sa chevelure blonde une houppette de 
plumes blanches. La robe blanche, décolletée, est garnie au corsage 



32 PEINTURE 

de plumes d'autruche blanches. Un petit ruban blanc lui serre le 
cou. Ses bras nus tombants retiennent un manteau bleu, bordé de four- 
rure noire, à revers blancs. Fond de draperies blanchâtres. 

Signé à gauche, en bas : Ch. Chaplin. 1884. 



CHARTRAN (Théobald), né à Besançon, élève de M. Ca- 
banel. — Rue Prony,63. (Voir les Livres d'or de 1881 et 1883.) 

N° 505. Portrait de M lk Reichenberg, sociétaire de la Comédie- 
Française. 

H. o m 43. — L. o m 33. — Petite figure en pied. 

Elle est assise, de profil, dans un fauteuil à fond bleu, la tête tour- 
née de trois quarts, en robe rose décolletée, devant une tenture rouge 
qui se relève sur la gauche et laisse voir, au fond, quelques meubles 
près d'une croisée. 

Signé à droite, en haut : Chartran. 1884. 



COLLIN (Raphaël), né à Paris, élève de M. Cabanel. 
Médaille 2 e classe 1873. — Rue de Vaugirard, 152 (impasse 
Ronsin, 6). 

N° 573. Été. 

H. 3 m i8. — L. 4 m 2o. — Fig. grandeur naturelle. 

Une prairie en fleurs devant une rivière. Au milieu, sur le premier 
plan, une jeune femme, qu'on voit de dos, est assise, toute nue, les 
jambes enveloppées d'une draperie blanche, et se tourne, à gauche, vers 
une autre baigneuse accoudée sur le gazon. Un peu en arrière sur la 
droite, une troisième baigneuse se tient debout, de face, le bras gauche 
relevé au-dessus de sa tête, et de la main droite retient sa jupe d'étoffe 
bleu tendre couverte de broderies rouges. Derrière elle, une autre est 



ARTISTES HORS CONCOURS } } 

agenouillée devant un buisson et cueille des fleurs. Sur la gauche, dans 
l'éloignement, au bord de la rivière, on aperçoit encore quelques autres 
baigneuses, l'une en train de remettre sa chemise, deux autres assises 
sur le gazon. Une autre marche dans l'eau. Fond de feuillages verts 
sous un ciel léger et bleu. 

Signé à droite, en bas : R. Collin. 1884. 



CONSTANT (Benjamin), né à Paris, élève de M. Cabanel. 
— Avenue de Clichy , impasse Hélène, 15. (Voir le Livre 
d'or de 1881.) 

N° 588. Les Cher if as. 

H. a m 4Ô. — L. 4 ni io. — Fig. grandeur naturelle. 

Intérieur de harem. Tout le fond est occupé par un large divan en 
velours rouge broché d'or sur lequel reposent trois femmes nues. La 
première, à gauche, dans la pénombre, est assise, le dos appuyé contre 
la muraille, une étoffe verte jetée sur les jambes, le pied droit pendant. 
La seconde, assise sur le bord du divan, de profil, redresse son torse 
nu. Elle porte un diadème, des pendeloques, des bracelets, des an- 
neaux de jambe en argent ornés de turquoises. La troisième allonge, 
de face, tout son corps sur le divan. A l'extrémité droite est assis, les 
genoux croisés, un eunuque nègre, en riche costume, qui tient son bras 
droit étendu sur des coussins et soulève de la main gauche la tenture 
d'une porte par où pénètre la lumière. Devant lui, au premier plan, un 
grand brûle-parfums en cuivre. 

Signé à gauche, en bas : Benj. Constant. 



CORMON (Fernand), né à Paris, élève de MM. Cabanel, 
Fromentin et Portaels. — Rue Rochechouart, 38. (Voir le 
Livre d'or de 1880. ) 



34 PEINTURE 

N° 599. Retour d'une chasse à Fours. (Age de la pierre 
polie.) 

Tableau de forme cintrée : H. 6 m o5. — L. 8 m 9 5 . — Fig. grandeur naturelle. 

Au centre, au deuxième plan, assis sur une grande pierre, devant une 
hutte en branches, est assis, de face, un vieillard à longue barbe blanche, 
tenant dans ses mains un couteau. Devant lui est étendu à terre un 
ours énorme que lui montre un homme vêtu d'une peau de bète, armé 
d'une hache de pierre, qui s'avance à gauche, au pied d'un grand 
arbre, en tête d'un groupe de quatre autres chasseurs armés d'arcs et 
de flèches, dont l'un boit dans un vase que vient de lui offrir une 
jeune femme. A droite, près du vieillard, quatre enfants nus qui 
regardent dans diverses attitudes, et une jeune femme nue, debout, de 
face, appuyée à un pilier de la hutte, près d'une vieille femme tenant 
une quenouille. Au premier plan , assise, de profil, une jeune femme, 
les jambes couvertes d'une fourrure, donne le sein à un enfant. A 
terre, une grande pierre à moudre et quelques vases de terre. Au 
fond, à droite, derrière la hutte, un escarpement rocheux; à gauche, en 
contre-bas, la campagne ouverte. 

Signé à gauche, en bas : F. Cormon. 

Appartenant au Musée de Saint-Germain. 



N° 600. Portrait de M. Marcel Deprey. 

H. i m io. — L. o m 8o. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Il est assis, de trois quarts, dans un fauteuil à fond d'étoffe feuille- 
morte, la tête tournée à droite ; il tient un cigare dans sa main gauche 
tombant sur ses genoux. Front dégarni, yeux noirs, collier de barbe 
châtain clair. Il est vêtu de noir. A gauche, un rideau de la même cou- 
leur que le fauteuil. 

Signé à gauche, en bas : F. Cormon. 1884. 




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ARTISTES HORS CONCOURS J$ 

DAGNAN-BOUVERET (Pascal-Adolphe-Jean), né à 
Paris, élève de M. Gérôme. — Avenue de Villiers, 147. (Voir 
les Livres d'or de 1880 et 1882.) 

N° 636. Portrait de G. Courtois. 
H. i m 23. — L. o m 83. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Il est représenté de trois quarts, la tête nue, les mains dans ses 
poches, marchant vers la gauche. Cheveux ras, barbe et moustaches 
blondes, yeux noirs, teint coloré. Il porte une chemise de flanelle rouge 
flottante, un gilet grenat, une jaquette grise. Fond d'atelier de peintre 
garni de toiles sur les murs. A gauche, sur le premier plan, un tabouret 
en tapisserie sur lequel est posée une palette. 

Signé à droite, en bas : A mon bien cher ami Gustave Courtois, P.-A.-J. 
Dagnan. Paris, janvier 1884. 



DANTAN (Edouard), né à Paris, élève de Pils. — A Saint- 
Cloud (Seine-et-Oise), parc de Montretout, 1. (Voir les Livres 
d'or de 1880 et 1881.) 

N° 653. Un Atelier de moulage. 

H. i'ïioo. — L. 1 ni 3 2 . 

Au premier plan, en travers, une table couverte de moules, de cu- 
vettes, d'ustensiles de mouleur. Sur la gauche, au second plan, de 
profil , un ouvrier assis devant une table en train de retoucher un 
chien en plâtre. A droite, de face, un autre ouvrier travaille à une 
statue drapée qui est étendue sur une table. Au fond, sur une planche, 
un grand vase teinté en jaune et un bas-relief antique représentant un 
jeune homme qui lit. 

Signé à gauche, en bas, dans la table : F. Danton. 1884. 
Acqi'is par l'Etat. 



36 PEINTURE 

DELAUNAY (Jules-Élie), membre de l'Institut, rue Notre- 
Dame-de-Lorette, 58. (Voir les Livres d'or de 1879 et 1881.) 

N° 710. Portrait de M. Régnier. 

H. o m 92. — L. o m 75. — Fig. grandeur naturelle, à mi-jambes. 

Il est assis le visage de face, le corps un peu tourné vers la droite, 
les jambes croisées, dans un fauteuil à fond jaune. Il laisse tomber sa 
main gauche sur son genou, et, dans la main droite appuyée au bras 
du fauteuil, tient un livre entr'ouvert. Cheveux gris et courts, favoris 
gris. Il porte un pantalon gris, un gilet et une redingote noirs. Au 
fond, un lambris de bois peint en gris. A droite, une tenture jaune. 

Signé à gauche, en haut : Dclaunay. 1884. 



N° 7 1 1 . Portrait de M lk M. C. . . 

H. 2 m o8. — L. 1 m 2 5. — Fig. grandeur naturelle, en pied. 

Jeune femme blonde, en costume gris d'amazone, portant un cha- 
peau gris d'homme à haute forme, en train de descendre, de face, l'es- 
calier d'un château. Elle appuie sa main gauche sur la rampe de fer, et 
de la droite, qui tient une cravache, relève sa longue jupe. En bas, à 
gauche, un carlin, les pattes de devant sur la première marche, se dresse 
vers elle en jappant. A gauche, des touffes de feuilles et de fleurs. Dans 
l'éloignement à droite, l'angle d'une construction en briques. 

Signé à gauche, en bas : Elle Delaunay. 1884. 



DEMONT (Adrien-Louis), né à Douai (Nord), élève de 
M. E. Breton. — A Montgeron (Seine-et-Oise). — Rue de la 
Villa. (Voiries Livres d'or de 1879 et de 1882.) 

N° 730. La Nuit. 

H. 1 m 3 5 . — L. 2 ni 3o. 



ARTISTES HORS CONCOURS }/ 

Une campagne montueuse, nue, désolée. A gauche, une cuve de 
pierre carrée dans laquelle coule une fontaine. Au fond, le croissant 
jaunâtre de la lune se lève dans un ciel nuageux. 

Signé à droite, en bas : Adrien Dcmont. 1884. 
Acquis par l'Etat. 



DUBOIS (Paul), membre de l'Institut. — A l'École des 
Beaux-Arts, rue Bonaparte, 14. (Voir les Livres d'or depuis 
1879.) 

N°8i8. Portrait de M' m J... 

H. o m 4o. — L. o m 25. 

Jeune dame brune, en buste, de profil, tournée à gauche. Elle porte 
une perle à l'oreille et une robe décolletée de couleur rouge et bordée 
de fourrure. Fond verdàtre. 

Signé à droite, en haut : P. Dubois. 



N° 819. Portrad de M. C. R. û... 

H. o m 5o. — L. o™35. 

Jeune garçon, en buste, vu de face. Longs cheveux blonds tombant 
sur les oreilles. Il porte un vêtement noir ouvert sur la poitrine et une 
chemisette flottante. Fond neutre. 

Signé à droite, en haut : P. Dubois. 



DUEZ (Ernest-Ange), né à Paris, élève de Pils. — Boule- 
vard Berthier, 39. (Voiries Livres d'or de [879 et 1880.) 

N" 829. Saint François d'Assise; miracle dos roses. 



3 8 P E I N T URE 

«... Ses compagnons, inquiets, se mirent à sa recherche et le trouvèrent 
dépouillé de sa tunique et se roulant dans la neige et dans un buisson d'é- 
pines et de ronces. Ils le plaignaient et voulurent le revêtir et panser ses bles- 
sures. « Laissez, leur dit-il, ce sont des roses. » Et ils virent, en effet, des 
roses qui tombaient de sa poitrine et s'effeuillaient sous ses pas. » 

( Vie de saint François d'Assise. ) 
H. 2 m 9o. — L. 3 m o5. — Fig. grandeur naturelle. 

Dans un champ couvert de neige, le saint, nu jusqu'à mi-corps, 
debout, de face, tient des deux mains croisées sur sa poitrine une touffe 
de roses. Un religieux, le capuchon sur la tête, à gauche, s'approche 
de lui et lui met la main sur l'épaule. A droite, un autre moine, plus 
âgé, s'incline en baisant le pan de son froc. Un troisième, vu de face, 
s'agenouille derrière et prie. A l'arrière- plan , à gauche, entre les 
arbres dénudés, on voit encore accourir deux moines. 

Signé adroite : E. Duez. 1884. 

Acquis par l'État. 



DUPRÉ (Julien), né à Paris, élève de Pils, de Lehmann et 
de M. Laugée. — Boulevard Flandrin, 10. — (Voir les Livres 
d'or de 1880 et 188 1.) 

N° 85 3 . La Prairie normande. 

H. 2 m io. — L. 3 m i8. — Fig. grandeur naturelle. 

Une jeune paysanne, vue de face, s'efforce de retenir par son licou 
une vache rousse, qui veut manger des tètes de choux. Une autre 
vache, noire, se tient sur la gauche. Une troisième, vue de profil, est 
en train de paître, sur la gauche, derrière un tronc d'arbre. Fond de 
coteaux boisés et verts sous un ciel blanchâtre. 

Signé à droite : Julien Dupré. 1884. 



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ARTISTES HORS CONCOURS J<) 

FANTIN-LATOUR (Henri), né à Grenoble, élève de son 
père et de M. Lecoq de Boisbaudran. — Rue des Beaux-Arts, 
8. (Voir le Livre d'or de 1879.) 

N° 910. L'Élude. 

H. i m oo. — L. 1 ni 3 2 . — Fig. grandeur naturelle. 

Jeune femme brune, en cheveux, vue de profil. Elle est assise sur 
une chaise, une palette dans une main, un pinceau dans l'autre, et se 
penche pour regarder une toile posée sur un chevalet à droite. Près 
du chevalet, sur une petite table, quelques œillets jaunes dans un 
porte-bouquet en verre. 

Signé à droite, en bas : Fantin. 1 88 3 . 



FERRIER (Marie-Augustin-Gabriel), né à Nîmes (Gard), 
élève de Pils et de M. Hébert. Prix de Rome 1872. Méd. 
2 e classe 1876, i rc classe 1878. — Rue de Laval, 26. 

N° 920. Poiirai/ de M. Bélolaud. 

H. i m io. — L. o ni i2.— Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Tète nue, le front dégarni, les cheveux grisonnants, la barbe noire 
taillée en favoris ; il est assis, de face, dans un fauteuil de bureau, 
les mains croisées. Il porte un vêtement noir. Fond gris. 

Signé à gauche, en haut : Gabriel Fcrricr. 



N°92i. Portrait de M. le général Pitlié, dans son cabinet, au 
palais de l'Elysée. 

H. o m -j2. — L. o m 5 2. — Petite figure en pied. 

Il est représenté de trois quarts, la tête de face, en grande tenue 
militaire, avec la croix de commandeur. Il s'appuie à droite sur le 
bord d'une table de bureau et tient dans la main un papier. 

Signé à droite, en bas : Gabriel Fcrrier. 



40 PEINTURE 

FLAMENG (François), né à Paris, élève de son porc et 
de MM. Cabanel, J.-P. Laurens et Hédouin. — Rue Ampère, 
43. (Voir les Livres d'or de 1879 et I ^ 1 •) 

N° 937. Massacre de Machecoul; 10 mars 1793- [Guerre de la 
Vendée.) 

H. 5 m oo. — L. 6 m 4o. — Fig. grandeur naturelle. 

A gauche, sur le premier plan, un homme, à demi dépouillé de ses 
vêtements, lié par les bras au tronc d'un gros arbre dénudé. A ses 
pieds, un cadavre étendu à terre : plus loin, un monceau d'autres 
cadavres, parmi lesquels celui d'une jeune femme dont la poitrine est 
découverte. Au milieu, une jeune dame, en riche costume, coiffée d'un 
grand chapeau à plumes, s'appuyant sur une longue canne, s'approche 
de cette victime, qu'elle regarde curieusement. Près d'elle se tient un 
officier de chouans entre deux autres jeunes femmes. Sur la droite, un 
jeune soldat retient un chien par sa laisse. Derrière le groupe principal, 
à l'arrière-plan, une troupe de chouans armés devant quelques chau- 
mières. Sur la gauche s'élèvent les murailles et la tour d'angle d'un 
vieux château. Ciel gris et triste. 

Signé à droite, en bas : François Flamcng. 

Acquis par l'Etat. 



GÉROME (Jean-Léon), membre de l'Institut, né à Vesoul, 
élève de Paul Delaroche. — M éd. 3 e cl. 1847; 2 e cl. 1848 et 
1855 (E. U.) %■ 1855; membre de l'Institut, 1865; méd. d'hon- 
neur, 1867 (E. U.); O. & 1867, méd. d'honneur 1874; C. % 
1878. Rappel de méd. d'honneur, 1878 (E. U.). — Boulevard de 
Clichy, 65. 

N° 1038. Vente d'esclaves à Rome. 

H. o"i92. — L. o m 73. 

Sur une estrade en planches, au fond d'un hémicycle voûté en briques, 
devant un comptoir derrière lequel se tiennent deux scribes, un gros 



ARTISTES HORS CONCOURS 41 

homme, en pallium jaune à bordure rouge, est en train de faire la 
criée. Il montre de la main une jeune femme, nue, qui se tient debout 
de face, à droite, se cachant les yeux. Près d'elle, est assis un adoles- 
cent, nu, qui tient ses genoux dans ses mains; un autre, derrière, de- 
bout, s'appuie au comptoir à côté d'une femme drapée qui porte un 
enfant en maillot. Sur le premier plan, en bas, on voit, de dos, à 
mi-corps, un groupe d'enchérisseurs dont quelques-uns lèvent les 
mains. 

Signé à gauche, en bas : J.-L. Gérôme. 

Appartient à S. A. I. le grand-duc Serge. 



N° 10] 1 . La Nuit au désert. 

H. o m 8o. — L. o'n^. 

Un désert de sable, montueux et gris, à la lueur des étoiles. Au 
fond, une silhouette de montagnes dentelées. Sur le premier plan, à 
gauche, devant un trou, est allongée une tigresse, vue de profil, qui 
regarde ses deux petits jouant à quelques pas d'elle. 

Signé à gauche, en bas : ./.-/.. Gérôme. 



GERVEX (Henry), né à Paris, élève de MM. Cabanel , 
Brisset et Fromentin. — Rue de Rome, 62. (Voir le Livre 
d'or de 1883.) 

N" 1033. Portrait Je M. Alfred Stevens. 

II i ,n /j'i. — I.. i m o8. — Fig. grandeur naturelle, jusqu'aux genoux. 

Il est représenté de face, assis, un chapeau noir de haute forme 
sur la tête, vêtu d'une redingote noire, un pardessus jeté sur l'épaule 

o 



PEINTURE 



droite. Longues moustaches noires, cheveux courts et grisonnants. 
Dans la main gauche, gantée de jaune et posée sur le genou gauche, il 
tient un gant, et dans la main droite, nue, une canne et une cigarette 
allumée. Fond gris verdàtre. 



Signé a gauche, en liant : H. Gervex. 



HARPIGNIES (Henri-Joseph), né à Valenciennes (Nord), 
élève de J. Achard. — Rue de l'Abbaye, 14. (Voir les Livres 
d'or de 1882 et 1883.) 

N° 1175. Le Loing. Vue prise dans les bois de Ici Tremellerie 
{Yonne). 

H. i m oo. — L. o m 82. 

Sur le premier plan, à droite et à gauche, de grands arbres aux 
fûts élancés, aux feuillages brûlés et raréfiés par l'automne, jetant de 
longues ombres dans l'herbe de droite à gauche. Dans le milieu, 
une éclaircie laissant voir un cours d'eau et au fond une plaine 
terminée par des coteaux bas d'un ton bleuâtre. Le ciel, azuré dans la 
hauteur, est teinté de jaune sur l'horizon. 

Signé à gauche, en bas : Harpignies. 1884. 



N° 1 176. Lever de lune; étang de Grand-Rue (Yonne). 
H. o m yo. — L. i m o4. 

Une berge au bord d'une eau calme. A gauche, quelques rochers 
bas et quelques arbres. A droite, au premier plan, deux petits arbres 
au pied desquels est amarrée une barque. Au fond, la lune se lève a 
l'horizon au-dessus d'une ligne de coteaux bleuâtres. Ciel clair d'un 
gris azuré. 

Signé à gauche, en bas : H. Harpignies. 

Acquis par l'État. 



ARTISTES HORS CONCOURS 4} 

HÉBERT (Ernest), membre de l'Institut. — Boulevard 
Rochechouart, 55. (Voir les Livres d'or depuis 1879.) 

N° 1184. Musc. 

H. o m 47. — L. o m 38. — Tète de grandeur naturelle. 

Tète de jeune femme brune, vue de face. Couronnée d'une branche 
de lauriers d'or, elle porte aux oreilles de grandes boucles d'or et au 
cou plusieurs rangs de perles d'or. Un léger voile bleu flotte sur ses 
épaules en laissant sa poitrine découverte. Fond de bois vert très 
lumineux. 

Signé à gauche, au-dessus de l'épaule : 11. 



N° 1 185. Portrait de M"' L. de U... 

H. o m 4y. — L. o m 40. — Fig. de grandeur naturelle, en buste. 

Jeune femme blonde, aux yeux bleus et clairs, vue de trois quarts, 
un peu tournée à gauche, sous une lumière frisante qui éclaire le som- 
met de sa chevelure. Elle porte un vêtement brun ouvert sur le cou. 
Fond de feuillage vert. 



HEILBUTH (Ferdinand), né à Hambourg, naturalisé 
Français, O. >% 1881 . — Rue Ampère, 35. (Voir le Livre d'or 
de 1881.) 

N° ii88. Promenade. 

n. i'^oy. — l. 2 m o-j. 

Sur un étang calme s'avance, de gauche h droite, une petite barqiu\ 
peinte en vert, conduite par un paysan coiffe d'un chapeau de paille. 
A l'arrière, sont assises cinq petites filles, tenant des joujoux et des 
fleurs, accompagnées par une religieuse. Dans le fond, on aperçoit, 



44 PEINTURE 

à gauche, sur la rive boisée, quelques promeneurs; à droite, un bâti- 
ment blanc,, avec un auvent vert, au pied duquel est arrêtée une bar- 
que; au milieu, les maisons d'un village répandues sur une pente verte. 

Signé à gauche, en bas : Heilbulh. 



HENNER (Jean-Jacques), né à Bernwillcr (Alsace). — 
Place Pigalle, 11. (Voir les Livres d'or depuis 1879:) 

N° 1 195. Le Christ au tombeau. 

H. o' 1 ^. — L. 1 ni 8 2 . — Fig. grandeur naturelle. 

Nu, avec une petite ceinture d'étoffe blanche, il est allongé, en 
profil, sur le dos, la tête à gauche, sur un linge blanc. Cheveux et 
barbe roux. Fond neutre. 

Signé à gauche, en bas : J.-J. Henner. 

Acquis par l'Etat. 



N° 1 196. Nymphe qui pleure. 

H. o m 83. — L. 0^67. 

Jeune femme nue, à genoux, vue de profil, tournée à droite. Elle 
pleure, au milieu d'un bois, la tète dans ses mains, ses cheveux roux 
tombant sur ses épaules. A gauche, un coin de ciel bleu au-dessus des 
arbres bruns. 

Signé à droite, en bas : J.-J. Henner. 



LAURENS (Jean- Paul), né à Fourquevaux , élève de 
L. Cogniet et de M. Bida. — Rue Notre-Dame-des-Champs, 
73. (Voir les Livres d'or de 1879, 1880, 1882.) 

N° 1422. Vengeance d'Urbain VI. 

H. o ni 8o. — L. ii«oo. 




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ARTISTES HORS CONCOURS 45 

Intérieur d'un cachot circulaire à voûte de pierres. A gauche, quatre 
cardinaux étranglés, en robes rouges, sont étendus à terre, les uns 
près des autres, les yeux encore ouverts. Sur un banc, derrière, est resté 
un chapeau rouge. A droite, debout, de profil, se tient, regardant les 
cadavres, les deux mains sur la poitrine, le pape en chasuble violette 
brodée d'or, coiffé d'une calotte rouge à bordure fourrée de blanc. Du 
sommet de la vcùte pend une corde avec une poulie. Au fond du 
cachot une porte ouverte. 

Signé à droite, en bas : Jean-Paul Laurens. 



LEFEBVRE (Jules), né à Tournan (Scine-ct-Marne), élève 
de L. Cogniet. Rue de La Bruyère, 5. (Voir les Livres d'or 
depuis 1079.) 

N° 1471. L'Aurore. 

H. 2 m o8. — L. i :il io. — Fis;, grandeur naturelle. 

Elle est représentée sous la figure d'une jeune femme nue, qui s'en- 
vole, presque de face, au-dessus d'une nappe d'eau couverte de 
nénuphars, et laisse flotter en arrière sa chevelure blonde en soule- 
vant, des deux bras, au-dessus de sa tète, un léger voile de couleur 
bleuâtre. Elle porte sous les seins une étroite ceinture jaune. A gauche 
des nuées grises teintées de rose. 

Signé à gauche, en bas : Jules Lefebvrc. 

Appartient à M. S. -P. Avcry. 



N" 1472. Portrait de M™ "*. 

II. 1 m 1 2. — L. o m 82. — Fig. jusqu'aux genoux de grandeur naturelle. 

Jeune femme blonde, assise, un peu tournée a droite, en robe 
de mousseline décolletée, a manches courtes, serrée à la taille par une 



4O PEINTURE 

ceinture de même couleur. Sa tète est nue, et elle lient ses mains nues 
croisées sur ses genoux. Elle porte une rose blanche sur le sein gauche. 
Fond de ciel bleu mêlé de nuages. 



LHERM1TTE ( Léon- Augustin ) , né à Mont-Saint-Père 
(Aisne), élève de M. Lecoq de Boisbaudran. — Rue Vauquelin, 
19. (Voir les Livres d'or de 1880, 1882, 1883.) 

N° 1538. Les Fend anges, 

H. 2 m 5o. — L. 2 m o8. — Fis;, grandeur naturelle. 

Au milieu d'une vigne, une jeune paysanne, debout, vue de face, 
la tête nue et les bras nus, la main gauche sur la hanche, tenant dans la 
main droite un panier plein de raisins, regarde à ses pieds un petit gar- 
çon, assis à terre, qu'on voit de dos, en train de manger des raisins. A 
gauche, un vendangeur, en bras de chemise, se penche de profil pour 
couper une grappe avec une serpette. Une vieille paysanne, sa serpette, 
à la main, à côté de lui, fait le même mouvement. Derrière elle se dresse 
le tronc d'un grand arbre. 

Signé à gauche, en bas : Lhermitle. 1884. 



LUMINAIS (Évariste-Vital), né à Nantes, élève de L. Co- 
gniet et Troyon. — Rue de Laval, 26 (avenue Frochot). (Voir 
le Livre d'or de 1880.) 

N° 1588. Fuite de Gradlon. 

Le roi Gradlon, surpris dans sa ville d'Is par les eaux de l'Océan, n'eut que 
le temps de se sauver à cheval avec sa fille Dahut et saint Guénolé. Ce der- 
nier dit au roi : « Débarrasse-toi du démon que tu portes en croupe, car c'est 
lui qui, par ses désordres, a attiré la colère du Ciel. » Le roi, reconnaissant 
dans cette voix celle de Dieu, eut le courage d'abandonner sa fille et put 
aborder à l'endroit appelé aujourd'hui Douarnenez. 

H. 2 m oo. — L. 3 m o8. — Fig. un peu moins grandes que nature. 
A droite, monté sur un cheval blanc qui se cabre, le vieux roi, en 



ARTISTES HORS CONCOURS 47 

tunique blanche, s'avance de face, poursuivi par la mer qui déferle avec 
fureur. De la main droite il repousse dans l'eau sa fille montée en 
croupe derrière lui, tandis qu'à son côté galope, de face, sur un cheval 
brun, le moine serrant de la main gauche un coffret sur sa poi- 
trine et se penchant vers lui en montrant le ciel de la main droite. 
Au fond, à gauche, les derniers toits de la ville d'Is au-dessus de l'eau. 
Ciel noir d'orage. 

Signé à gauche, en bas : V. Laminais. 

Acquis par l'État. 



MÉLINGUE (Lucien), né à Paris, élève de L. Cogniet 
et de Gérôme. — Rue des Pyrénées, 336. (Voir le Livre d'or 

de 1079.) 

N" 1683. Desgenettes s' inoculant la peste. 

« Ce fut pour rassurer les imaginations et le courage ébranlé de l'armée 
qu'au milieu de l'hôpital je trempai une lancette dans le pus d'un bubon, 
appartenant à un convalescent de la maladie au premier degré, et que je me 
fis une légère piqûre dans l'aine et au voisinage de l'aisselle... » 

(Desgenettes, Histoire médicale de l'armée d'Orient.) 
H. i m 47- — L. i'i'gi . 

Au milieu, debout, de face, Desgenettes, en culottes blanches, la 
chemise ouverte, se pique, avec une lancette, sous l'aisselle gauche. A 
droite, se tiennent trois infirmiers dont l'un l'aide a abaisser sa chemise. 
Derrière, un Arabe tenant un coffre ouvert. A gauche, étendu sur de 
la paille, un pestiféré, coiffé d'un bonnet rouge, dresse la tête vers 
Desgenettes et le regarde, tandis qu'un infirmier lui bande la poi- 
trine avec un linge. Entre eux, à l'arrière-plan, se tient un nègre en 
tunique bleue et bonnet blanc. Plusieurs autres pestiférés sont rangés 
à la suite sur des grabats. Au fond, on aperçoit deux Arabes en train 
d'enlever un mort. 

Signé 1 gauche, en bas : Lucien Mélingue. 1884. 



4u PEINTURE 

MERSON (Luc-Olivier), né à Paris, élève de J. Pils et de 
G. Chassevent. — Boulevard Saint-Michel, 115. (Voir les 
Livres d'or de 1879 et de 1881 .) 

N° 1698. Angelo pittore. 

H. o m j1. — L. o m 4 3. 

Intérieur d'église italienne. A gauche, ouvrant sur une chapelle, une 
arcade à moitié peinte, devant laquelle se dresse un échafaudage. Sur 
la plate-forme de l'échafaudage, un moine assis s'est endormi, sa palette 
à la main, tandis qu'un ange, monté sur son escabeau, est en 
train de peindre sur la muraille une tête de Vierge. Un second ange, 
volant, tient un pot de couleurs. En bas, sur les dalles, au pied de 
l'échafaudage, un jeune garçon, assis sur une pierre, broie des 
couleurs. 

Signé à droite, en bas : Luc-Olivier Merson. MDCCCLXXXIII. 



N° 1699. Le Jugement de Paris. 

H. o iii 82. — L. o^5o. 

De face, sur un tertre, accoudé au socle d'une statue archaïque de 
Pan en bronze, l'Amour adolescent, tenant dans la main gauche deux 
colombes, montre, dans sa main droite levée, en souriant, une orange. 
A ses pieds, sur le sol, sont jetés pêle-mêle l'égide aux tètes de cou- 
leuvres agitées et menaçantes, des manteaux, des sceptres, des couronnes, 
des cuirasses, des sandales, etc. En bas, à gauche, un paon se retourne 
vers lui, à droite, un hibou s'envole. Au fond, une ligne légère de 
montagnes sous un ciel clair. 

Signé à gauche, en haut : Luc-Olivier Merson. 



PELOUSE (Léon-Germain), né à Pierrelaye (Seine-ct- 
Oise). — Rue Poncelet, 26. (Voir le Livre d'or de 1879.) 




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LE JUGEMENT DE PARIS 



ARTISTES HORS CONCOURS 49 

N° 1874. Grand-Camp. M arec basse. 
H. 1 m o 3 . — L. 1 ni 4 9 . 

Une longue plage de sable, toute blanche sous un ciel noir, sur 
laquelle marchent, à gauche, d'un pas pressé, plusieurs pêcheurs, des 
filets sur l'épaule, vers une ville dont les constructions s'aperçoivent 
dans l'éloignement. A droite, au premier plan, quelques flaques d'eau. 
Au fond, la ligne sombre de la mer. 

Signé à gauche, en bas : G. Pelouse. 1884. 



PUVIS DE CHAVANNES (Pierre), né à Lyon, élève de 
Couture et de H. Scheffer. — Place Pigalle, 1 1. (Voir les Livres 
d'or depuis 1879.) 

N° 1994. Le Bois sacré, cher aux Arts et aux Muses. 

Sur le premier plan, à gauche, au pied d'un grand laurier, une Muse, 
les jambes drapées, est assise de profil, tournée à droite vers un lac 
que dorent des reflets de soleil. Au-dessus du lac volent deux figures 
drapées dont l'une porte une lyre. Un peu plus sur la droite, deux autres 
Muses, l'une de profil, drapée de blanc, l'autre qu'on voit de dos, 
nue jusqu'à la ceinture, s'entretiennent ensemble. Dans le milieu, sur un 
arrière-plan, près d'un portique ionique, sont groupées cinq autres 
Muses, dont l'une, assise, au milieu, reçoit des fleurs que lui apporte un 
enfant. Des deux qui se tiennent à gauche, l'une est assise sur un banc, 
l'autre, debout, tient sa main sous son menton. Les deux qu'on voit à 
droite sont debout, l'une levant la main au ciel, l'autre tenant une ta- 
blette. Un peu plus à droite, au premier plan, la neuvième Muse est 
assise dans l'herbe, la main gauche appuyée sur un papyrus. Près d'elle, 
dans l'angle, sont deux adolescents nus : l'un, un genou à terre, tresse 
une couronne; l'autre, debout, est en train de cueillir une branche de 
laurier. Fond de montagnes azurées sous une ligne de ciel couleur d'or. 

Signé à gauche, en bas : Puvis dr Chavannes, 1884. 



50 PEINTURE 

ROBERT-FLEURY (Tony), hé à Paris. Méd. 1866, 1867 
et 1870; méd. d'hon. 1870, #s 1873 ; méd. i rc cl. 1878 (E. U.). 
— Rue de Douai, 69. 

N° 2062. Portrait de M. Robert-Fleury. 

H. 1 nl 4 3 . — L. 1 ni 9 1 . — Fig. grandeur naturelle, à mi-jambes. 

Il est assis, vu de trois quarts, tourné à droite, dans un fauteuil de 
chêne sculpté, les jambes croisées. De la main gauche il tient sur ses 
genoux un chien carlin ; sa main droite repose sur le bras du fauteuil. 
Il est coiffé d'une petite calotte couleur violet foncé et porte sa barbe 
blanche taillée en collier. Gilet et pantalon noirs, pardessus marron 
foncé. Derrière lui on aperçoit une esquisse du tableau de la Mort de 
Michel-Ange. Au fond, à droite, un casque pendu à la muraille. A 
gauche, sur le premier plan, un meuble bas sur lequel est posée une 
palette. 

Signé dans le meuble : T. Robert-Fleury. 



ROUSSEAU (Philippe), né à Paris. — Avenue Frochot, 15 
(rue de Laval). (Voir les Livres d'or de 1879, 1880 et 1883.) 

N° 2102. Les Chrysanthèmes. 

H. 1 "i 3 8 . — L. 0^92. 

Un gros bouquet de chrysanthèmes dans un vase de faïence blanche 
à large panse, posé sur une plaque de marbre. Au fond une glace 
Louis XVI à cadre sculpté, sur le coin de laquelle, à droite, tombe 
une draperie violette. Près du vase, à gauche, un verre à pied dans 
lequel trempent quelques roses; à droite, une bague à chaton d'éme- 
raude et un gant jaune. 

Signé à droite, en bas : Ph. Rousseau. 1884. 



'SAUTAI (Paul-Émile), né à Amiens, élève de MM. J. Le- 




CHRYSANTHEMES 



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ARTISTES HORS CONCOURS 5 l 

febvre et Robert Fleury. Méd. 1870, 2 e cl. 1875, 3 e cl - l8 7 8 
(E. U.). — Rue Notre-Dame-des-Champs. 74. 



N° 2156. Prière, 



H. 1HI07. — - L. 1 m 49- 



Intérieur d'église blanche et nue. Adroite, devant l'ouverture d'une 
grande voûte, sont agenouillées sur un petit banc deux religieuses en 
manteaux noirs et scapulaires blancs. A gauche, au deuxième plan, un 
banc de bois et un porte-cierge en bois. Dans l'angle du mur est sus- 
pendue une gravure en couleurs encadrée de noir. 

Signé à gauche, en bas : P. Sautai. 



SAUZAY (Adrien-Jacques), né à Paris, élève de M. Pasini. 
Méd. 3 e cl. 1881, 2 e cl. 1883. — Rue d'Orsel, 19. (Voir les 
Livres d'or de 1881 et de 1883.) 

N° 2160. Fin d' automne. 

H. i m 2i. — L. 2 m o5. 

Un étang marécageux couvert de joncs et de roseaux. Sur la rive, au 
milieu, à l'arrière-plan, on aperçoit quatre maisons basses, couvertes 
en tuiles, derrière une rangée d'arbres, et sur la gauche, au fond, une 
autre flaque d'eau entourée d'arbres. Feuillages jaunis, ciel gris et 
nuageux. 

Signé à gauche, en bas : A. Sauzay. 

Acquis par l'État. 



SEGÉ (Alexandre), né à Paris. Méd. 1869, méd. 2 e cl. 
1873, * 1874, méd. 3 e cl. 1878 (E. U.). — Rue de Navarin, 21. 

N" 2199. En pays chartrain. 

H. i»'33. — L. i m ob. 

Une large route dans une plaine sur laquelle s'avance un grand 



n PEINTURE 

troupeau de inoutons conduit par un berger. Au deuxième plan, à 
gauche de la route, trois arbres et un petit groupe de chaumières; à 
droite, une rangée de maisons basses et de murs. Au fond, les flèches 
de la cathédrale de Chartres. Grand ciel blanc et lumineux traversé 
d'un long nuage. 

Acquis par l'État. 



WAUTERS (Emile), né à Bruxelles. Méd. 2 e cl. 1875, rapp. 
1876, méd. d'honneur 1878 (E. U.), & 1878. — A Bruxelles, 
rue Froissart, 1 1 1 . 

N° 2434. Portrait d'enfant à cheval. 

H. 2 m 8o. — L. i m o-j . — Fig. grandeur naturelle. 

Le cheval, qu'on voit de profil, tourné à gauche, sur une plage de 
sable, est de couleur isabelle. Le jeune garçon qui le monte est vêtu 
d'un costume de velours bleu. La tête nue, il tient les rênes de la main 
droite, et se retourne pour regarder en face, en posant sur la croupe 
sa main gauche dans laquelle il tient une coiffure noire. A ses pieds, 
sur le sable, un petit bouledogue noir, serrant une canne entre ses 
dents, dresse vers lui la tête. Au fond, on aperçoit quelques construc- 
tions sur la dune. Ciel gris chargé de nuages. 

Signé à gauche, en bas : Emile Wauters. 1880. 





SCULPTURE 



GRAVURE EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES 



MÉDAILLES DE PREMIERE CLASSE 



LEVILLAIN (Ferdinand), né à Paris, élève de Jouffroy. 
Méd. 2 e cl. 1882. — Rue du Chemin- Vert, 15. (Voir le Livre 
d'or de 1882.) 

N° 3706. Les Eléments, les Mois et les Saisons. 

Coupe. Plâtre. 
H. i^oo. — L. i'"oj. 



Au centre, Apollon sur son char. Alentour, quatre sujets symbo- 
lisant les quatre éléments : Vénus [Aqua), Vulcain {Ignis), Pomone 



54 SCULPTURE 

(Terra), Eurus, Zéphyr, Auster (Aer). Sur le marli les douze signes 
des Mois et douze scènes champêtres rappelant les diverses saisons. 

Signé près de la figure de Vulcain : F. Lcvillain fecit anno 1884. 



STEINER (Clément-Léopold), né à Paris, élève de Jouf- 
froy. — Impasse du Maine, 1 1. 
N° 3916. Berger et Sylvain. 

Groupe. Plâtre. Figures nues de grandeur naturelle. 
H. 2 m 5o. — L. i™o5. — Pr. 0^95. 

Le berger, debout, les jambes écartées, tient en l'air, par la cein- 
ture, de son bras gauche tendu, un Sylvain enfant, qu'il tire, en riant, 
de la main droite, par une tige de liane enroulée à son petit pied de 
bouc. Il porte suspendues à sa ceinture de cuir une peau de bête et 
une gourde. Entre ses jambes, à terre, une branche de ronces. 

Acquis par l'État. 



ROLARD (François-Laurent), né à Paris, élève de Jouf- 
froy et de M. Crauk. Mention honorable 1881, méd. 3 e cl. 
1882. — RueMayet, 16. (Voir les Livres d'or de 1881 et de 1882.) 

N° 3867. Sauve. 

Groupe. Plâtre. Figures nues de grandeur naturelle. 
H. i m o8. — L. i m o5. — Pr. i m 2o. 

Un homme nu, aux cheveux mouillés et pendants, sort de l'eau, 
posant en avant le pied gauche sur le sol. Il porte dans ses bras un 
adolescent qui s'affaisse, presque assis, sur sa jambe gauche, et lui tient 
par derrière les deux mains suspendues au cou. A sa gauche, une 
touffe de joncs. 



MÉDAILLES DE DEUXIEME CLASSE 



PEYNOT (Emile-Edmond) , né à Villeneuve-sur-Yonne, 
élève de Jouffroy et de M. Hiolle. Méd. 3 e cl. 1883. — Villa 
Médicis, à Rome. (Voir le Livre d'or de 1883.) 

N° 3815. Pro patria. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. o m 6o. — L. 1^70. — Pr. o m 65. 

Jeune homme étendu à terre, sur le côté gauche, les jambes serrées, 
les yeux fermés, la tête pendante. Il tient dans la main gauche un 
tronçon de sabre brisé. Une bandelette entoure sa tête. 

Acquis par l'État. 



PERRAULT (Edmond), né à Paris, élève de M. Maillet. 
Mention honorable 1882. (Voirie Livre d'or de 1881.) 

N° 3807. Abel. 

Statue. Marbre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. o m 55. — L. 1 m65. — Pr. o m 6o. 

L'adolescent est étendu à terre sur une peau de bête. Il est tombé 
du côté droit, les deux bras en avant, la jambe gauche repliée sous 
la droite. Son bras gauche pend en dehors, sur la plinthe. 

Acquis par l'État. 



$6 SCULPTURE 

MARIOTON (Eugène), né à Paris, élève de MM. A. Du- 
mont, J. Thomas et Bonnassieux. Mention honorable 1882, 
méd. 3 e cl. 1883. — Rue Michel-Bizot, 199. (Voir les Livres 
d'or de 1882 et de 1883.) 

N° 3729. Chactas. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. im5o. — L. o m 8o. — Pr. o m 8o. 

Il est assis sur un rocher, la jambe droite en avant, la jambe gauche 
repliée en arrière. Il se penche à droite, la tête baissée, en entourant de 
ses deux bras une croix de bois plantée dans le sol. 



LABATUT (Jacques-Théodore-Dominique), né à Tou- 
louse, élève MM. de Jouffroy, Falguière et Mercié. Méd. 3 e cl. 
1881. — A l'Académie de France, à Rome, et, à Paris, boule- 
vard Saint-Michel, 115. (Voir le Livre d'or de 1881.) 

N° 3648. La Pomme de discorde. 

Bas-relief. Plâtre. Figures nues de grandeur naturelle. 
H. 3 m oo. — L. 21140. — Pr. o™65. 

Paris est assis, à gauche, sur un rocher ; son chien appuie son museau 
à sa jambe gauche. Derrière lui une chèvre couchée. Il tourne et 
redresse la tête à droite , vers Mercure descendant du ciel , qui lui 
remet une pomme de la main gauche et, dans sa droite levée, tient le 
caducée. En haut, sur la bande du Zodiaque, Vénus, l'Amour, Minerve, 
Jupiter et Junon. En bas, à droite, un tronc d'arbre. 

Acquis par l'État. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 57 

CORBEL (Jacques-Ange), né à Paris, élève de MM. Ca- 
velier et Thomas. Méd. 3 e cl. 1877. — Rue de Vaugirard, 59, et 
à Malakoff, rue de la Chapelle, 17. 

N°3395- La Colombe et la Fourmi. 

La fourmi le pique au talon, 
Le vilain retourne la tête. 



(La Fontaine, Fables, II, xn.) 

Statue. Marbre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 2 m 2o. — L. o m 9o. — Pr. 1 >" 2 5 . 

Un jeune homme debout, posé sur le pied droit, les deux bras tendus, 
tenant son arc dans la main gauche. Il retourne la tête, pour regar- 
der, par derrière, son pied'gauche, dont la pointe pose sur une élé- 
vation de terrain et qu'une fourmi vient de piquerau talon. 

Acquis par l'État. 



N° 3396. Un Charmeur de serpents. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 2™ 10. — L. o m 85. — Pr. i™. 

Il se tient debout, le pied droit en avant, la main gauche sur la 
hanche, et se penche en arrière en tendant son bras droit, autour duquel 
s'enroule un gros serpent, la tête dressée, dont la queue lui traîne par 
derrière jusqu'à la hanche gauche. Il a les cheveux nattés et tient dans 
la main droite une petite baguette. 



58 SCULPTURE 

PÉPIN (Edouard-Félicien-Alexis), né à Paris, élève de 
M. Cavelier. — Rue Denfert-Rochereau, 89. 

N° 3806. Sabine. 

Statue. Plâtre. Figure décorative, de grandeur naturelle. 
H. 2^35. — L. imio. — Pr. o m 75. 

En jupe brodée, les seins nus, les bras nus, les jambes nues, la taille 
serrée dans une ceinture d'orfèvrerie que retiennent sur ses épaules des 
chaînettes, le bras droit appuyé sur un bassin, tenant de la main gauche 
une rose sur ses genoux, elle est assise sur un coussin, au sommet d'un 
socle triangulaire. Ce socle, sur chaque face, porte une statuette dans 
une niche : i° Un bourreau soulevant la tête du Précurseur dans la 
main gauche et tenant son épée dans la main droite. Au-dessous, l'in- 
scription : MORS. 2 Une jeune femme dansant en agitant une 
écharpe. Au-dessous : SALTUS. 3° Saint Jean-Baptiste, la main 
droite levée, tenant une croix dans la main gauche. Au-dessous : 
VERBUM. Les pilastres sont ornés de rinceaux dans le style de la 
Renaissance italienne. 

Acquis par l'Etat. 



MÉDAILLES DE TROISIÈME CLASSE 



MOMBUR (Jean-Ossaye), né à Ennezat (Puy-de-Dôme), 
élève de MM. Dumont et Bonnassieux. Mention honorable 
1882. — Avenue de Ségur, 39 (villa Ségur). (Voir le Livre 
d'or de 1882.) 

N° 3757. Un Sauveteur. 

Sortant des flots amers, l'homme robuste et fort, 
Le vigoureux plongeur, aussi beau qu'un athlète, 
Porte l'enfant, longtemps roulé par la tempête, 
Qui, pâle, entre ses bras s'affaisse à demi mort. 
Affrontant le trépas, muet, sans terreurs vaines, 
L'homme vient de lutter avec le gouffre noir. 
Ses muscles sont tendus, le sang gonfle ses veines. 
Il est calme pourtant, ayant fait son devoir. 
D'un pied ferme et nerveux atteignant le rivage, 
Le héros inconnu, le modeste vainqueur, 
Songeant : « II est sauvé! je sens battre son cœur », 
Penche son front bruni sur ce tendre visage. 

(Gabriel Marc.) 
Groupe. Plâtre. Figures nues de grandeur naturelle. 
H. 2 m 1 5. — L. o m 9o. — Pr. o m 9o. 

Un homme sortant de l'eau, le pied gauche en avant posé sur urte 
pierre. Il porte un jeune garçon, qu'il soutient, du bras gauche sous 
l'aisselle, du bras droit sous les genoux plies, en regardant sa tète 
penchée sur son épaule gauche. En face, à gauche, un pieu brisé 
avec un anneau auquel pend une corde nouée. 



ÔO SCULPTURE 

CHARPENTIER (Félix-Maurice), né à Bollène(Vaucluse), 
élève de MM. Cavelier et Doublemard. Mention honorable 
1882. — Rue Chateaubriand, 1 1 . (Voir le Livre d'or de 1882.) 

N° 3367. Jeune Faune. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 111140. — L. o m o.o. — Pr. omyS. 

Il est assis sur un socle, la jambe droite en avant, le pied gauche 
posé sur une tète féminine de statue brisée, qu'il regarde en penchant 
la tête. Il tient de la main droite, derrière son dos, une houlette 
autour de laquelle s'enroule sa queue de bouc. 



QUINTON (Eugène), né à Rennes, élève de M. Cavelier. 
— Rue Béranger, 7. 

N ° 3838. L'Étoile du berger . 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. i m 65. — L. i™8o. — Pr. o m 8o. 

Jeune homme, assis sur un rocher, la jambe droite pliée sous la 
gauche allongée. Il s'appuie sur le rocher de la main droite et, les 
yeux fermés, laisse tomber sa tète en arrière. Il est coiffé d'un chapeau 
qui porte une étoile à son sommet. Entre ses jambes, une longue hou- 
lette; sous ses pieds, une corne et une syrinx. A gauche, son chien, 
assis, dresse vers lui sa tête. 

Acquis par l'État. 



HANNAUX (Emmanuel), né à Metz, élève de MM. Du- 
mont et Bonnassieux. — Boulevard Beaumarchais, 18. 

N° 3593. Bûcheron. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 

H. 2 m 2o. — L. i m 45. — Pr. i m 5o. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 6l 

Homme âgé, en marche, la jambe droite en avant. Il plie sous le 
poids d'un énorme fagot de bois posé sur ses épaules, qu'il soutient 
de la main droite au moyen d'un grand bâton, tandis que, de la 
gauche relevée, il tire la corde qui le lie. 



LEFÈVRE (Camille), né à Issy-sur-Seine, élève de M. Ca- 
velier. Mention honorable 1881. — Rue de Rennes, 76. (Voir 
le Livre d'or de 1881 .) 

N° 3679. Le G ne. 

Groupe. Plâtre. Figure un peu plus grande que nature. 
H. 2»iio. — L. o m 77. — Pr. im]6. 

Jeune paysanne, pieds nus et bras nus, en jupe courte et chemise 
flottante, coiffée d'une capeline, en train de traverser un gué sur deux 
grosses pierres. Le pied droit en avant, elle relève sa jupe du même 
côté, et porte sous son bras gauche un petit enfant en chemise qui, de 
la main droite, s'emplit la bouche de raisin et tient une grosse grappe 
dans sa main gauche. 



GU1LLON (Auguste-Louis), né à Paris, élève de MM. Au- 
guste Dumont et A. Millet. — Avenue de Saint-Ouen, 1 1. 

N° 3854. Dernier Ennemi. 

Groupe. Plâtre. Animal de grandeur naturelle. 
H. i™oo. — L. i '" 7 5 . — Pr. 0^95. 

Un loup marchant sur un champ de bataille, parmi des monceaux de 
débris. La patte droite en l'air, il flaire, dans les herbes, la tète d'un 
cadavre coiffé d'un képi, sous une roue de canon brisé. Entre ses pattes, 
un fusil chassepot et un casque prussien. 



62 SCULPTURE 

PUECH (Denys), né à Gavernac (Aveyron), élève de Jouf- 
froy et de MM. Falguière et Chapu. — Rue du Faubourg-Saint- 
Honoré, 233. 

N° 3831. Jeune homme au poisson. 

Groupe. Marbre. Petite figure nue. 
H. imi5 — L. o™5!>. — Pr. 0^60. 

Debout, le pied droit dans l'eau, l'autre posé sur le rivage, il enfonce 
son bras gauche dans l'ouïe d'un énorme poisson qui se redresse et se 
tortille en se renversant sur lui. Il lui arrache en même temps l'autre 
ouïe de la main droite. Derrière lui, une touffe d'herbes aquatiques. 



BARBAROUX (Pierre-François), né à Marseille, élève 
de M. Cavelier. — Rue de Vaugirard, 145. 

N°3265. Gra\iel\a l'Aimée. 

Statue. Plâtre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 2 m 45. — L. O^yo. — Pr. omy5. 

Posée sur la jambe gauche, le pied droit sur une flûte de Pan, les 
cheveux pendants, elle agite de la main gauche, au-dessus de sa tête, 
un tambourin qu'elle frappe du revers de la droite. Une légère dra- 
perie, retenue à sa taille par une bandelette, descend derrière elle, en 
flottant, jusqu'à son talon gauche. 



BASSET (Urbain), né à Grenoble, élève de M. Cavelier. 
Mention honorable 1880. — Boulevard Saint-Jacques, 51. (Voir 
le Livre d'or de 1880.) 

N° 3271. Les Premières Fleurs. 

Statue. Marbre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 1^90. — L. o m 70. — Pr. o m 6o. 



ARTISTES RÉCOMPENSÉS 63 

Jeune fille debout, portant la coiffure égyptienne, avec un urceus 
pour aigrette. De la main droite levée au-dessus de sa tête, elle pose 
à gauche une fleur de lotus dans sa chevelure, qu'elle retient de la main 
gauche. En bas, derrière elle, à gauche, une statuette de la déesse 
Pacht. Sur la plinthe, un scarabée. Sur le socle, une branche d'églan- 
tier. 

Signé derrière le pied droit : Urbain Basset. 1884. 
Acquis par l'État. 



VERNON (Frédéric-Charles-Victor), né à Paris, élève 
de MM. Cavelier, Millet et Tasset. — Rue de Grenelle, 53. 

N° 4019. Quatre médailles dans un cadre. 

i° Modèle de médaille pour une exposition. Au milieu, une figure 
de Ville, assise sur un piédestal, la main gauche appuyée sur un écu, 
tend, de la droite, une couronne à un jeune homme, en tunique courte, 
qui s'avance, à gauche, ayant dans une main un marteau et dans l'autre 
un caducée. A droite est assis un Génie adolescent qui tient une 
trompette. En haut est écrit : Exposition régionale. En bas : F. Ver- 
non, sculps. 1881 ; 

2 Portrait de M. le docteur Charcot. Tête d'homme mûr, de profil, 
tournée à droite, le menton rasé, avec de longs cheveux; 

3° Modèle de médaille pour l'industrie. Une femme drapée, le 
corps tourné à gauche, la tête de face, assise, et s'appuyant des deux 
mains sur un grand marteau. Au fond, des machines, des instru- 
ments, des cheminées d'usines. En haut est écrit : Per industriam opes; 

4 Portrait de M. E. Champion. Tête de jeune garçon, de profil, 
tournée à gauche. Cheveux courts, col rabattu. A l'entour est écrit : 
Jean- Joseph-Emile Champion. 



6 4 



SCULPTURE 



HENNEGUY (Louis-Honoré), né à Audeville (Oise), élève 
de M. Yerry. — Rue de l'Echiquier, 4. 

N° 4001. Neptune et Minerve se disputant l'honneur de nommer 
la ville d'Athènes. 

Médaillon. Nacre. 
H. 0^35. — L. 0^33. 

A gauche, Neptune, ayant à ses pieds le cheval; à droite, Minerve, 
regardant pousser l'olivier. 





ARTISTES HORS CONCOURS 



AUBE (Jean-Paul), né à Longwy (Meurthe-et-Moselle), 
élève de Duret et d'A.-L. Dantan. Méd. 2 e cl. 1874, rappel 
1876, méd. 3 e cl. 1878 (E. U.). — Rue des Fourneaux, 74 
(impasse Frémin). 

N° 3256. Bailly. 

Statue. Bronze. Fig. grandeur naturelle. 
H. 2^25. — L. o^So. — Pr. o<^6o. 

Il est debout, la jambe gauche un peu en avant, la tête dressée vers 
sa droite, la main droite levée pour prêter serment. Il tient un papier 
dans la main gauche. Cheveux frisés, cravate flottante, veste longue à 
manchettes débordantes, culottes courtes, souliers à boucles. 



Destinée à la Chambre des députés. 



66 SCULPTURE 

BECQUET (Just), né à Besançon, élève de Rude. Méd. 
1869 et 1870, méd. i re cl. 1877, méd. 2 e cl. 1878 (E. U.), 
* 1878. — Rue de Vaugirard, 127 (impasse du Mont -Ton- 
nerre, 12). 

N° 3278. Saint Sebastien. 

Statue. Marbre. Fig. nue de grandeur naturelle. 

H. 3 m oo. — L. i m oo. — Pr. o m 90. 

Le saint, lié à un grand arbre par le poignet gauche, la taille et le 
pied gauche, s'affaisse, la tête et le bras droit pendants en arrière, 
dans la fourche formée par une branche inférieure. Sa jambe droite 
tombe dans le vide, son genou gauche est replié. A sa ceinture est 
retenue par la corde l'extrémité d'une longue draperie qui, passant 
entre son flanc droit et la branche, retombe à grands plis jusqu'au pied 
du tronc. En bas, à gauche, un casque à haut cimier. 

Acquis par l'Etat pour le Musée national du Luxembourg. 



CHAPU (Henri-Michel-Antoine) , membre de l'Institut, 
né au Mée (Seine-et-Marne), élève de Pradier, Duret et L. Co- 
gniet. — Rue du Montparnasse, 19. (Voir les Livres d'or de 1879 
et de 1882.) 

3360. Pluton. 

Statue. Marbre. Figure nue plus grande que nature. 
H. i m 35. — L. o m 6o. — Pr. i m ao. 

Le genou droit en terre, la main gauche appuyée sur son genou 
gauche plié, il vient de poser près de lui, de l'autre main, son trident 
dans l'herbe et regarde en face. Une draperie suspendue à son épaule 
par une lanière étroite lui flotte sur le dos. Sous ses pieds, des roseaux 
et des plantes aquatiques. 

Figure décorative destinée au parc de Chantilly. 



ARTISTES HORS CONCOURS 67 

N° 3361. Proserpine. 

Statue. Plâtre. Figure plus grande que nature. 
H. i m 35. — L. o m 6o. — Pr. in> 20 . 

Le genou droit presque en terre, elle s'appuie sur le pied gauche et 
se baisse pour cueillir dans le gazon une fleur de la main droite. Sa 
chevelure, nouée à la grecque, est pendante sur ses épaules. Elle est 
vêtue d'une tunique légère qui découvre son sein droit et par-dessus 
laquelle flotte un manteau dont elle retient un pan de la main gauche. 

Figure décorative destinée au parc de Chantilly. 



DELAPLANCHE (Eugène), né à Paris, élève de Duret. 
Prix de Rome 1864; méd. 1866, 1868, 1870; * 1876; méd. 
d'honneur 1878, méd. i IC cl. 1878 (E. U.). — Rue d'Assas, 68. 
(Voir le Livre d'or de 1 88 1 .) 

N° 3447. L'Aurore. 

Statue. Marbre. Figure nue un peu plus grande que nature. 
H. a m 25. — L. o m yo. — Pr. o m 63. 

Elle se tient debout, posée sur le pied droit, le pied gauche en 
arrière sur un rocher. Les yeux encore fermés, de ses deux bras 
dressés elle soulève et écarte de sa tête une longue draperie qui lui 
enveloppe encore les mains et retombe à grands plis par derrière le 
long de ses reins. 

Acquis par l'État pour le Musée national du Luxembourg. 



GUILBERT (Ernest-Charles-Démostiiène), né à Paris, 
élève de MM. A. Dumont et Chapu. Méd. 3 e cl. 1873, méd. 
2 e cl. 1875, $ 18)79. — Rue de Vaugirard, ^9. 

N° 3578. Eve. 

Statue. Marbre. Figure nue de grandeur naturelle. 
H. 2 m3o. — L. l«20. — Pr. om,95. 



68 SCULPTURE 

Elle est debout, adossée à l'arbre, la jambe gauche en arrière, un peu 
relevée. Elle porte sa main gauche à sa nuqus, tandis que de la droite 
elle arrache la pomme d'une branche chargée de fruits qui s'avance 
au-dessus d'elle. Le serpent, enroulé autour du tronc, montre sa tête 
à droite. 

Signé : E. Guilbert. 1884. 

Acquis par l'État. 



GUILLAUME (Claude-Jean-Baptiste-Eugène), membre 
de l'Institut, né à Montbard (Côte-d'Or), élève de Pradier. — 
Boulevard Saint-Germain, 238. (Voiries Livres d'or depuis 1879.) 

N° 3580. Monument élevé à Duban, à ï Ecole des Beaux-Arts. 

Buste en bronze sur une console en marbre. Figure de grandeur naturelle. 
H. 2 m 95. — L. o m 75. — Pr. o m 84. 

Devant la console se tient un petit génie nu, posé sur le pied droit, 
qui porte, de ses bras tendus, au-dessus de sa tête redressée, un cartouche 
sur lequel est écrit : Félix Duban. Le buste de. Duban, posé sur un cha- 
piteau, le représente en costume d'académicien, le manteau sur l'épaule 
gauche, avec la croix de commandeur suspendue au cou. 



INJ ALBERT (Jean- An ton in), né à Béziers (Hérault), élève 
de M. Dumont. Prix de Rome 1874, méd. 2 e cl. 1877, méd. 
i re cl. 1878 (E. U.). — Rue du Val-de-Grâce, 18. 

N° 3626. Titan, 

Statue. Bronze. Figure nue de grandeur colossale. 
H. 3 m 6o. — L. i m io. — Pr. i m io. 

Posé sur le pied gauche, la jambe droite en arrière, sur une saillie de 



ARTISTES HORS CONCOURS 69 

rocher, il se courbe, la tète penchée, sous le poids d'un énorme globe 
qu'il porte sur ses épaules et qu'il soutient de ses deux bras dressés. Une 
peau de bête, placée sous le globe, traîne le long de son dos. Autour du 
globe sont tracés les signes du zodiaque. 

Acquis par l'État. 



LONGEPIED (Léon), né à Paris, élève de MM. Cavelier, 
Mathurin Moreau et Couture. — Méd. 3 e cl. 1880, méd. i re cl. 
1882; prix du Salon, 1882.) — Rue Denfert-Rochereau, jj. 
(Voir les Livres d'or de 1880 et de 1882.) 

N° 371 1. Fiociniere. 

Statue, bronze, à cire perdue, fondue par Amodio, de Naples. 
Figure nue de grandeur naturelle. 

H. i™o5. — L. 1^45. — p r . o m 67. 

Jeune homme allongé sur la poitrine à l'extrémité d'un rocher. La 
jambe droite étendue en arrière, la jambe gauche pliée contre le rocher, 
ii se penche au-dessus de la mer en serrant dans sa main droite le man- 
che d'un harpon à cinq dents. A côté de lui, un petit vase plein d'eau. 

Signé sur le rocher : L. Longcpied. Naples, 1884. 
Acquis par l'État. 



MILLET (Aimé), né à Paris, élève de Viollet-le-Duc et de 
David d'Angers. Méd. i rc cl. [857, * [859, méd. i rc cl. 1867 
(E. U.), officier * 1870, rapp. méd. i rc cl. 1878 (E. U.). — 
Boulevard des Batignolles, 21. 

N° 3751. Tombeau de S. A. R. le prince de Saxe-Cobourg- 
Gotha, duc de Saxe, général-major autrichien [époux de la prin- 



-<-) 



SCULPTURE 



cesse Clémentine d'Orléans), mort à Ebenthal (Autriche), le 26 juil- 
let 1881. 

Monument. Marbre. Fig. grandeur naturelle. 
H. 11140. — L. 2 m oo. — Pr. 2 m 6o. 

Deux lits funéraires, placés côte à côte, dont l'un, à gauche, est vide 
et couvert d'une draperie fleurdelisée. Sur celui de droite, le duc, 
la tète nue, en costume militaire, est étendu, enveloppé dans un grand 
manteau. Il serre, dans la main droite, son épée sur sa poitrine et tient 
sa main gauche allongée sur le fourreau. Au chevet, entre les deux lits, 
est agenouillé un enfant nu qui soutient, d'un côté, l'écusson de Saxe- 
Cobourg-Gotha, au-dessus de l'effigie du duc, de l'autre, celui de la 
maison d'Orléans, au-dessus du lit vide. 





APPENDICE 



DÉCRET 



Du 1 1 mai i 883 
QUI RECONNAIT COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ rUBLIQUE 

LA SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 



Le Président de la Republique française, 

Sur le rapport du Président du Conseil, Ministre de l'instruction publique et 
des beaux-arts ; 

Vu la demande formée par l'Association des artistes français, à l'effet d'être 
reconnue comme établissement d'utilité publique ; 

Vu les statuts de la Société; 

Vu les documents relatifs à la situation financière de la Société; 

Vu les autres pièces produites à l'appui de la demande ; 

Vu les renseignements recueillis par l'administration sur la Société; 

Vu l'avis du Préfet de police, en date du 2 octobre 1882 ; 

Vu l'avis du Préfet de la Seine, en date du 26 octobre 1882 ; 

Le Conseil d'État entendu, 
Décrète : 

Article prem;er. — La Société des artistes français, dont le siège est à Paris, 
est reconnue d'utilité publique. 

Art. 2. — Sont approuvés les statuts de la Société tels qu'ils sont annexés au 
présent décret. 

Art. 3. — Le Président du Conseil, Ministre de l'instruction publique et des 
beaux-arts, est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au Bul- 
letin des lois. 

Fait à Taris, le 1 1 niai 1 88 3 . 

Jules GREVY. 

Par le Président de la République : 
Le Président du Conseil, Ministre de l'instruction publique et des beaux-arts, 

Jules FERRY. 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 



STATUTS 



DÉNOMINATION ET OBJET DE LA SOCIETE. 

Article premier. — Il est fondé, entre les artistes fiançais, une Société qui a 
pour objet : 

i° De représenter et défendre les intérêts généraux des artistes français, no- 
tamment par l'organisation des Expositions annuelles des beaux-arts; 

2° De prêter aide et assistance à ses membres dans toutes les occasions où cela 
pourrait leur être utile. 

Elle prend le titre de : Société des Artistes français. 

Son siège social est fixé à Paris. 



COMPOSITION DE LA SOCIETE. 

Art. 2. — La Société existe entre les signataires du présent acte et tous ceux 
qui, remplissant la condition d'admissibilité ci-après prévue, signeront, suivant 
les formules arrêtées par le Comité, leur adhésion aux présents statuts. 

Elle est ouverte à tous les artistes français qui ont été admis par un jury au 
moins une fois à l'Exposition annuelle des artistes vivants dite : le Salon, ou aux 
Expositions universelles françaises (classe des beaux-arts), ainsi qu'à tous ceux 
qui y auront été admis au moins une fois dans l'avenir. 

Art. 3. — Les Associés sont répartis, suivant leur spécialité, en quatre sections 
qui comprennent : 

La première : la peinture; 

La deuxième : la sculpture, la gravure en médailles et la gravure sur pierres 
fines; 

La troisième : l'architecture, 

Et la quatrième : la gravure et la lithographie. 

Un associé peut être membre de plusieurs sections s'il remplit dans chacune 
d'elles les conditions exigées par l'article 2 pour faire partie de la Société. 

Art. 4. — Le titre de Sociétaire ne confère pas le droit d'être admis aux 
Expositions annuelles des beaux-arts sans être soumis à l'examen du Jury. 



APPENDICE 73 

Art. 5. — Le titre de membre d'honneur peut être conféré par le Comité 
aux personnes qui auront rendu d'importants services à l'art ou à la Société. 
Ce titre ne confère pas le droit de prendre part aux assemblées générales. 



RESSOURCES DE LA SOCIETE. 

Art. 6. — Les ressources de la Société consistent en : 

i° Une cotisation annuelle dont le chiffre est fixé par le Comité; 
2° Les bénéfices des Expositions des beaux-arts; 
3° Les dons et legs qui seront offerts à la Société, 
4° Et ses revenus. 

Tout associé peut s'exonérer de la cotisation annuelle moyennant le versement 
d'un capital déterminé par le Comité. 

Art. 7. — Les ressources de la Société sont affectées : 

i° A l'organisation et au fonctionnement des Expositions annuelles. A cet 
effet, un fonds spécial de deux cent mille francs sera tout d'abord constitué sur 
les premières ressources de la Société et placé dans une caisse publique, et, si ce 
fonds vient à être entamé, la somme distraite sera rétablie aussitôt que possible; 

2 Aux acquisitions et dépenses pour objets mobiliers ou immobiliers votées 
soit par le Comité, soit par l'Assemblée générale des Associés; 

3° Aux secours, dons, encouragements et récompenses accordés, au nom de 
la Société, par le Comité; 

4 Enfin, à la création et à l'accroissement d'un fonds de réserve qui sera 
placé dans une caisse publique. 

Le tout suivant les règles et dans les proportions fixées chaque année lors de 
l'établissement du budget, en répartissant les dépenses à faire dans l'intérêt de 
chaque section, proportionnellement au nombre de ses adhérents. 

Le Comité détermine le mode d'emploi du fonds de réserve, sans qu'aucun des 
Sociétaires puisse réclamer une part des bénéfices de la Société, dont le but n'est 
pas la recherche de gains particuliers, mais la défense d'intérêts collectifs et le dé- 
veloppement des œuvres d'aide et de protection mutuelles. 



ADMINISTRATION. 

Art. 8. — L'administration de la Société est confiée à un Comité composé 
de quatre-vingt-dix membres pris parmi les associés et dont le mandat est gratuit. 

Art. 9. — Le premier Comité se compose des quatre-vingt-dix membres élus 
le trois novembre mil huit cent quatre-vingt-un par les artistes français. 

11 restera en fonctions pendant trois ans à partir du jour de son élection. 

Le Comité est intégralement renouvelé tous les trois ans; les membres sortants 
sont rcéligibles. 

Chaque membre du Comité est élu par les Associés de sa section, et non pa r 
l'ensemble des Associés, et chaque section des artistes associés sera représentée 
dans la proportion suivante, savoir : 

10 



74 APPENDICE 

La section de peinture, par cinquante membres, ci 5o 

Celle de sculpture, par vingt membres, ci 20 

Celle d'architecture, par dix membres, ci 10 

Et celle de gravure, par dix membres, ci 10 

Total égal : quatre-vingt-dix membres 90 

Les membres du Comité représentant une de ces sections pourront se réunir 
pour discuter les affaires qui lui sont propres et régler l'emploi des fonds qui 
proviendront de la répartition qui sera faite conformément à l'article 7 ci-dessus. 

Les décisions qui en résulteront seront portées à la connaissance du Comité 
qui ne pourra s'v opposer qu'autant qu'elles lui sembleraient empiéter sur les 
droits d'une autre section ou porter atteinte aux intérêts généraux de la Société. 

Art. 10. — En cas de vacance par décès, démission ou autre empêchement, 
le Comité pourvoit aux remplacements en prenant à la suite les artistes qui ont 
obtenu le plus de voix lors de l'élection précédente. 

Art. 11. — Chaque année, le Comité nomme parmi ses membres un Prési- 
dent, deux Vice-Présidents, quatre Secrétaires, dont un par section, et un Tré- 
sorier, qui sont rééligibles. 

En cas d'absence des Président et Vice-Présidents, il nomme parmi ses mem- 
bres celui qui doit remplir les fonctions de Président. 

Art. 12.' — Le Comité se réunit au siège social une fois tous les trois mois. Il 
peut être réuni extraordinairement sur la demande du Sous-Comité qui sera ci- 
après créé. 

La présence de vingt-cinq membres au moins est nécessaire pour la validité 
des délibérations qui sont prises à la majorité des voix, sauf dans le cas ci-après 
prévu en l'article 14. 

En cas de partage, la voix du Président est prépondérante. 

Nul ne peut voter par procuration dans le sein du Comité. 

Art. i3. — Le procès-verbal de chaque séance est transcrit sur un registre 
spécial, signé du Président et du Secrétaire. 

Les extraits ou copies à produire sont signés par le Président ou l'un des Vice- 
Présidents. 

Art. 14. — Le Comité est investi des pouvoirs les plus étendus pour la ges- 
tion et l'administration de toutes les affaires sociales. 

La nomenclature suivante n'est qu'indicative et non limitative de ses droits et 
pouvoirs : 

Il représente la Société dans toutes les circonstances et agit en son nom. 

Il exerce, tant en demandant qu'en défendant, toutes actions judiciaires et 
administratives. 

Il fait tout Règlement pour le régime intérieur ou extérieur de la Société, et 
pourvoit à tous les besoins de l'administration de la Société. 

Il propose à l'Assemblée générale toute modification aux Statuts. 

Il a la complète organisation des Expositions. 

Il statue sur la répartition des locaux des Expositions entre les différents arts 
suivant le sectionnement ci-dessus indiqué. Cette répartition devra, pour être 
définitive, être approuvée parles deux tiers des membres du Comité. 

Il arrête le budget annuel des recettes et dépenses de la Société. 

Il donne et prend à bail les locaux nécessaires à la Société. 



APPENDICE 75 

Il achète et vend tous immeubles; il contracte toutes obligations et confère 
toutes hypothèques; il achète et vend toutes valeurs mobilières et consent à cet 
effet tous transferts; il paye et reçoit toutes sommes; il donne toutes quittances 
et consent tous désistements. 

Il conclut tous marchés. 

Il nomme ou révoque tous employés, agents ou mandataires, détermine leurs 
attributions et fixe leurs traitements. 

Il admet les nouveaux adhérents et les membres d'honneur, et propose à l'As- 
semblée générale les radiations s'il y a lieu. 

Il statue sur les demandes d'aide et assistance. 

Il décide s'il y a lieu pour la Société de prendre en main les intérêts privés se 
rattachant à une question artistique et concernant un Sociétaire. 

Il traite, transige et compromet sur tous les intérêts de la Société. 

Il accepte les dons et legs faits à la Société. 

Il arrête les comptes qui doivent être soumis à l'Assemblée générale. 

Il convoque l'Assemblée générale des Sociétaires au moins une fois chaque 
année et, en outre, chaque fois qu'il le juge nécessaire. 

Il convoque également les sections des Sociétaires pour les élections nécessitées 
par le renouvellement triennal du Comité. 

En cas de non-paiement par un Sociétaire de la cotisation annuelle, le Comité 
décide si le recouvrement doit en être exigé, ou s'il y a lieu de provoquer la ra- 
diation de ce Sociétaire. 

Art. i5. — Les délibérations du Comité relatives à des emprunts, à des ac- 
quisitions d'immeubles, à l'acceptation de dons et legs, sont soumises à l'appro- 
bation du Gouvernement. 

Art. 16. — Le Comité constitue chaque année un Sous-Comité composé de 
vingt-six de ses membres. 

Ce Sous-Comité est chargé d'expédier les affaires courantes, sous la condition 
expresse de rendre compte de sa gestion, tous les trois mois, au Comité. 

Le Président, les Vice-Présidents du Comité, ainsi que les Secrétaires et le Tré- 
sorier, font partie de droit de ce Sous-Comité avec leurs mêmes qualités. 

Les dix-huit autres membres sont nommés au scrutin par chacun des groupes 
du Comité représentant une section. Ils se composent de : 

Dix membres pour la section de peinture; 

Quatre membres pour la section de sculpture; 

Deux membres pour la section d'architecture, 

Et deux membres pour la section de gravure. 

La présence de neuf membres du Sous-Comité est nécessaire pour la validité 
des délibérations. 

Le procès-verbal des délibérations prises par le Sous-Comité est transcrit sur 
un registre spécial. 

Les extraits à en produire sont signés par le Président ou l'un des Vice-Pré- 
sidents. 

Art. 17. — La Société est valablement représentée en justice par son Trésorier 
ou un membre délégué par le Sous-Comité. 

Tous traités, engagements et actes quelconques autorisés par le Comité ou 
le Sous-Comité sont valables s'ils sont revêtus de la signature du Président ou 
d'un seul membre délégué. 



y6 APPENDICE 



ASSEMBLEES GENERALES. 

Art. 18. — Une Assemblée générale a lieu au moins une fois par an. 

Elle est composée de tous les sociétaires, convoqués par lettre. Une insertion, 
faite au moins quinze jours à l'avance dans quatre journaux, indiquera également 
le lieu, le jour et l'heure de la convocation. 

Pour que ses délibérations soient valables, l'Assemblée générale doit réunir le 
vingtième des membres de la Société. Si cette condition n'est pas remplie sur 
une première convocation, l'Assemblée générale convoquée une seconde fois, à 
quinze jours d'intervalle au moins, délibère valablement, quel que soit le nombre 
des membres qui la composent. 

Les délibérations sont prises à la majorité des voix des membres présents. 

Art. 19. — En cas de modifications à apporter aux Statuts, l'Assemblée géné- 
rale devra être composée du quart au moins des Sociétaires, et la délibération 
devra être prise à la majoiité des deux tiers des membres présents. 

Si l'Assemblée ne réunit pas un nombre suffisant de sociétaires, une nouvelle 
Assemblée générale sera convoquée, et sa délibération sera valable quel que soit 
le nombre des membres présents, mais elle devra toujours être prise à la majo- 
rité des deux tiers. 

Les modifications aux Statuts devront être soumises à l'approbation du Gou- 
vernement. 

Art. 20. — Les Assemblées générales sont présidées par le Président du Comité 
Ou l'un des Vice-Présidents. Il est assisté par les Secrétaires qui rédigent le pro- 
cès-verbal et font l'office de scrutateurs. 

Nul ne peut se faire représenter aux Assemblées générales par un mandataire, 
ce mandataire fût-il Sociétaire lui-même. 

Art. 21. — L'ordre du jour est arrêté par le Comité. 

Il n'y est porté que les propositions émanant de lui ou celles qui lui ont été 
Communiquées huit jours au moins avant la réunion par un groupe représentant 
au moins cent associés. 

Il ne peut être mis en délibération que les objets portés à l'ordre du jour. 

Art. 22. — L'Assemblée générale entend le rapport du Comité sur l'état des 
travaux de la Société et sur la situation financière. 

Elle discute, s'il y a lieu, et approuve les comptes. 

Elle statue sur les radiations des Sociétaires, mais seulement sur la proposition 
du Comité. 

Elle délibère et statue souverainement sur tous les intérêts de la Société et 
confère au Comité les pouvoirs supplémentaires qui seraient reconnus utiles. 

Art. 2 3. — Les délibérations de l'Assemblée générale sont constatées sur un 
registre spécial par des procès-verbaux signés des membres du bureau. La feuille 
de présence certifiée par les membres du bureau est annexée au procès-verbal. 

Les copies ou extraits à produire des délibérations de l'Assemblée sont signés 
par le Président du Comité et un Secrétaire. 



APPENDICE 77 



DISSOLUTION. 

Art. 24. — L'Assemblée générale, à la majorité des trois quarts des membres 
présents, représentant au moins le tiers des Sociétaires, pourra prononcer la dis- 
solution de la Société et nommer un ou plusieurs liquidateurs avec les pouvoirs 
les plus étendus. 

Les membres qui auraient cessé de faire partie de la Société au jour de la 
dissolution, ainsi que les héritiers des membres décédés avant le prononcé légal 
de cette dissolution, n'auraient dans ce cas ni droit à exercer ni réclamation à 
produire dans l'actif. 

Cet actif sera remis à une œuvre analogue à celle qui fait l'objet des présents 
Statuts, désignée par le Ministre des Beaux-Arts. 

Vu à la Section de l'Intérieur, le 14 mars 1 88 3 : 

Le Rapporteur : 

H. DE VILLENEUVE. 

Ces Statuts ont été délibérés et adoptés par le Conseil d'Etat dans sa séance 
du 19 avril 1 883 . 

Le Maître des Requêtes, 
Secrétaire gênerai du Conseil d'Elu', 

A. DE FOUQUIER. 



j8 APPENDICE 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 

RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D'UTILITÉ PUBLIQUE 

Par décret en date du 1 1 mai 1 883 . 



EXPOSITION PUBLIQUE 



DES 



OUVRAGES DES ARTISTES VIVANTS 

POUR L'ANNÉE 1884 



REGLEMENT 



DISPOSITIONS GENERALES 

CHAPITRE 1er. _ Du Dépôt des ouvrages. 

Article premier. — L'Exposition annuelle des ouvrages des artistes vivants 
aura lieu au palais des Champs-Elysées, du jeudi i er mai au vendredi 20 juin 1884. 

Elle sera ouverte aux productions des artistes français et étrangers. 

Les ouvrages devront être déposés au palais des Champs-Elysées, conformément 
au règlement particulier de chaque section. Aucun sursis ne sera accordé pour 
quelque motif que ce soit. En conséquence, l'Administration du Salon considérera 
toute demande de sursis comme nulle et non avenue. 

Art. 2. — Sont admises au Salon les œuvres des six genres ci-après désignés : 

i° Peinture ; 

2 Dessins, aquarelles, pastels, miniatures, émaux, faïences, porcelaines, car- 
tons de vitraux et vitraux, à l'exception toutefois des cartons de vitraux et vitraux 
qui ne représenteraient que des sujets d'ornementation; 

3° Sculpture ; 

4 Gravure en médailles et gravure sur pierres fines; 

5° Architecture ; 

6° Gravure et lithographie. 



APPENDICE 79 

Art. 3. — Ne pourront être présentés : 

Les copies, sauf celles qui reproduiraient un ouvrage par un procédé différent; 

Les ouvrages qui ont figuré aux Expositions précédentes de Paris; 

Les tableaux et autres objets sans cadre ; 

Les ouvrages d'un artiste décédé, à moins que le décès ne soit postérieur à 
l'ouverture du dernier Salon; 

Les ouvrages anonymes; 

Les sculptures en terre non cuite et les réductions d'ouvrages' de sculpture 
déjà exposés. 

Art. 4. — Les ouvrages envoyés à l'Exposition devront être expédiés francs 
de port à M. le Président du Conseil d'administration du Salon, au palais des 
Champs-Elysées. 

Chaque ouvrage pourra être muni d'un cartel portant le nom de l'auteur et 
l'indication du sujet. 

Art. 5. — Chaque artiste, en déposant ou faisant déposer ses œuvres, devra 
en même temps donner une notice signée de lui, contenant ses nom et prénoms, 
sa nationalité, le lieu et la date de sa naissance, le nom de ses maîtres, la mention 
des récompenses obtenues par lui aux expositions de Paris, sa qualité de prix de 
Rome ou de prix du Salon, son adresse, le sujet et les dimensions de ses ouvrages. 

Ceux qui ne pourraient accompagner leurs œuvres devront les faire déposer 
par une personne munie de leur autorisation écrite. 

Art. 6. — Les ouvrages de chacun des six genres désignés ci-dessus devront 
être inscrits sur une notice séparée. 

Art. 7. — Un appendice du catalogue sera consacré aux édifices publics ou 
privés construits par les architectes, ainsi qu'aux ouvrages de peinture ou de 
sculpture exécutés pour la décoration de ces monuments, et qui, par la place 
fixe qu'ils occupent, ne sont pas susceptibles de figurer au Salon. 

Art. 8. — Dès que les ouvrages auront été enregistrés, nul ne sera admis à 
les retoucher. 

Art. 9. — Aucun ouvrage ne pourra être reproduit sans une autorisation 
écrite de l'auteur. 

Art. 10. — L'Administration du Salon mettra tous ses soins à assurer la 
bonne conservation des objets d'art qui lui seront confiés par les artistes, mais 
elle décline d'avance toute responsabilité pécuniaire dans le cas où ils se trouve- 
raient endommagés ou perdus pour quelque cause que ce soit. Elle fait les mêmes 
réserves en ce qui concerne les erreurs ou les omissions qui pourraient être com- 
mises au catalogue. 

Nul objet ne pourra être retiré avant la clôture de l'exposition, à moins de 
circonstances exceptionnelles dont le Conseil d'administration sera seul juge. 

L'ouvrage détérioré volontairement, pour une cause quelconque, par l'artiste 
exposant lui-même sera maintenu à la place qu'il occupait, et l'artiste qui l'aura 
détérioré pourra être privé temporairement du droit d'exposer au Salon, sur une 
décision du Conseil d'administration. 

Les ouvrages admis au Salon devront être retirés avant le 10 juillet. Ils ne 
seront rendus que sur la présentation du récépissé. Après le délai précité, les 
ouvrages cesseront d'être sous la surveillance de l'Administration du Salon. 



8o APPENDICE 



CHAPITRE II. — De l'Admission. 

Art. ii. — L'admission des ouvrages présentés par les artistes sera prononcée 
par un jury élu à la majorité relative. Il n'y a pas d'incompatibilité entre les fonc- 
tions de juré et celles de membre du comité de la Société des Artistes français. 

Le jury sera divisé en quatre sections : 

La première comprendra la peinture, les dessins, pastels, aquarelles, miniatures, 
porcelaines, faïences, émaux, cartons de vitraux et vitraux ; 

La deuxième comprendra la sculpture, la gravure en médailles et la gravure 
sur pierres fines; 

La troisième, l'architecture; 

La quatrième, la gravure et la lithographie. 

Art. 12. — Sont électeurs, dans la section où ils envoient leurs œuvres, tous 
les artistes français ayant déjà été admis au moins une fois au Salon dans ladite 
section ou aux Expositions universelles de Paris. 

Les artistes électeurs seront admis à voter après avoir apposé leur signature 
sur un registre spécial. Chacun d'eux déposera dans l'urne de la section où il a 
droit de vote un bulletin plié, portant les noms des jurés choisis par lui. 

Les électeurs qui ne pourraient venir voter en personne, au jour indiqué pour 
le vote de chaque section, pourront envoyer leur bulletin à M. le Président du 
Conseil d'administration, au palais des Champs-Elysées, sous un pli cacheté signé 
de leurs nom et prénoms, et portant la date de leur dernier Salon. Ces votes seront 
consignés sur le registre des électeurs. 

Art. i3. — Le dépouillement de chaque scrutin sera fait avec toutes les 
garanties nécessaires pour en assurer la sincérité, aussitôt après la clôture des 
urnes et en présence de M. le Président du Conseil d'administration ou de ses 
délégués et des artistes qui voudront assister à cette opération. 

S'il y a lieu de pourvoir au remplacement d'un ou de plusieurs jurés élus, il y 
sera pourvu en prenant à la suite dans l'ordre du scrutin. 

Art. 14. — Pour l'admission de toute oeuvre soumise au jury, la majorité des 
membres présents est indispensable. 

En cas de partage, l'admission sera prononcée. 

Le placement des ouvrages sera fait conformément aux indications données 
par le jury. 

Jusqu'à l'ouverture de l'Exposition, les portes du Salon seront rigoureusement 
fermées à toutes les personnes qui n'y seraient pas appelées par suite de leurs 
fonctions ou d'une convocation spéciale. Cette disposition ne s'applique ni au 
Ministre des Beaux-Arts, ni au Directeur général des Beaux-Arts, ni au Commis- 
saire général des Expositions des Beaux-Arts. 

CHAPITRE III. — Des Récompenses. 

Art. i5. — Toutes les récompenses seront votées conformément au règlement 
particulier de chacune des sections. 

Une médaille d'honneur pourra être décernée dans chaque section. 
Les autres médailles seront de trois classes. 



APPENDICE 8l 

Des mentions honorables pourront être décernées par le jury à la suite des 
troisièmes médailles. 

Nul artiste ne pourra obtenir une récompense d'un ordre inférieur ou égal 
aux récompenses qu'il a déjà obtenues. La médaille d'honneur seule est exceptée 
de cette disposition. 

Les médailles et rappels de médailles antérieurs à 1864 ont la valeur des 
médailles actuellement décernées. La médaille unique établie par le règlement 
de 1864 a la valeur d'une troisième médaille si elle n'a été obtenue qu'une fois, 
d'une deuxième si elle a été obtenue deux fois, d'une première si elle a été 
obtenue trois fois. 

Art. 16. — Les œuvres récompensées seront, lors du remaniement du Salon, 
désignées au public par des cartels. 

Art. 17. — Les récompenses seront distribuées par le Comité et les quatre 
sections du jury, en séance solennelle, dans l'ordre même où elles auront été 
votées. 

CHAPITRE IV. — Des Entrées. 

Art. 18. — L'Exposition sera ouverte tous les jours de la semaine de huit 
heures du matin à six heures du soir, sauf le lundi, jour où les portes n'ouvri- 
ront qu^ midi. 

Les jours fériés, les portes seront ouvertes à huit heures du matin. 

Le droit d'entrée est fixé à deux francs avant midi et à un franc dans la jour- 
née. Par exception, le jour de l'ouverture et le vendredi de chaque semaine, le 
droit d'entrée est fixé à cinq francs toute la journée. Le dimanche, les portes 
ouvriront à huit heures; le prix d'entrée sera de un franc; à partir de dix heures, 
l'entrée sera gratuite; les portes d'entrée seront fermées à cinq heures. Dans le 
cas où l'affluence des visiteurs serait trop grande, l'Administration se réserve la 
faculté de fermer momentanément les portes. 

Art. 19. — Des cartes d'entrée rigoureusement personnelles seront mises à la 
disposition des artistes exposants. Ces cartes seront distribuées aux ayants droit 
dans les bureaux du secrétariat de l'Administration du Salon, au palais des Champs- 
Elysées. Les artistes, pour s'en servir, devront y apposer leur signature. 

Art. 20. — Il sera fait un service de cartes d'entrée à la presse. 

Art. ai. — Il y aura des cartes d'abonnement pour la durée de l'Exposition. 



82 APPENDICE 



DISPOSITIONS PARTICULIÈRES 

A CHAQUE SECTION 



PEINTURE, DESSINS, AQUARELLES, PASTELS, ETC. 

Article premier. — Les ouvrages de peinture, dessins, aquarelles, pastels, 
miniatures, porcelaines, faïences, émaux, cartons de vitraux et vitraux, devront 
être déposés au Palais de l'Industrie, du mercredi 5 mars au samedi l5 mars 
inclusivement, de onze heures à six heures. 

Les artistes ne pourront envoyer que deux ouvrages pour la section de pein- 
ture à l'huile, et deux ouvrages pour celle des dessins, aquarelles, pastels, etc. 

Sera considéré comme ne faisant qu'une seule œuvre tout assemblage d'ouvrages 
appartenant à celte seconde section (dessins, aquarelles, etc.), placés dans un 
cadre dont chaque côté, mesuré extérieurement, n'excédera pas i m 2o. 

Art. 2. — Le maximum pour la dimension des bordures sera de o m 3o en lar- 
geur et de o m 2 en épaisseur. 

Les ouvrages seront encadrés, à l'exclusion de toutes autres, dans des bor- 
dures dorées, noires ou en bois naturel foncé. 

Les ouvrages ayant des cadres de forme ronde ou ovale, ou à pans coupés, 
devront être ajustés sur des planches dorées et de forme rectangulaire. 

Art. 3. — Le vote pour le jury de la section de peinture, dessins, etc., 
aura lieu au palais des Champs-Elysées le lundi 17 mars, de neuf heures du 
matin à quatre heures du soir. 

Ce jury se composera de 40 membres, sans distinction de genre. 

Tout artiste nommé membre du jury devra, par une lettre adressée au prési- 
dent, faire connaître s'il accepte ou refuse les fonctions de juré. 

Tout juré qui, sans s'être fait excuser, n'aura pas assisté à trois séances con- 
sécutives, sera considéré comme démissionnaire. 

Art. 4. — Les opérations du jury ne seront valables que lorsque la moitié 
plus un des membres du jury sera présente devant l'œuvre jugée. 

Tout artiste hors concours ou médaillé sera admis sans examen. 

Le jury ne pourra recevoir plus de 2,5oo tableaux et plus de 800 dessins, vu 
l'impossibilité absolue d'en placer convenablement un plus grand nombre. 

Lors de la réception des œuvres, chaque jour, on prendra, en suivant la liste 
des jurés élus, trois membres du jury qui seront chargés de présider à tour de 
rôle. 

Art. 5. — Le jury, en recevant chaque œuvre, lui donnera un numéro de 
placement. Il y aura trois numéros. Ces numéros seront collés sur les cadres 
jusqu'à la fin du placement et seront consignés au procès-verbal, où chaque artiste 
pourra vérifier celui qu'il a obtenu. 



APPENDICE 83 

Cet article s'applique également aux œuvres exemptes de l'examen du jury. 

Art. 6. — Le jury de la section de peinture, dessins, etc., disposera de qua- 
rante médailles qu'il répartira, à son gré, dans les trois classes, suivant les besoins 
du Salon. 

Le chiffre de quarante médailles ne pourra pas être dépassé. 

L'artiste qui aura déjà obtenu une première ou une seconde médaille, qu'elle 
ait été précédée ou non d'une troisième, sera hors concours et ne pourra plus 
obtenir d'autre distinction que la médaille d'honneur. 

Toutes les médailles, à l'exception de cette dernière médaille, seront votées 
par le jury devant les œuvres exposées. Le vote aura lieu séparément pour les 
médailles de chaque classe; il sera secret, et les médailles seront décernées aux 
artistes qui auront obtenu le plus grand nombre de voix, pourvu toutefois que 
ce nombre représente la majorité absolue des jurés votants. 

Art. 7. — Une médaille d'honneur pourra être décernée. 

Elle sera votée par tous les artistes hors concours, exposants ou non exposants, 
et le jury de la section réuni en assemblée sous la présidence du président du jury. 

Elle ne donnera lieu qu'à trois tours de scrutin au plus et sera décernée à la 
majorité absolue des suffrages exprimés. 

Les bulletins blancs compteront comme suffrages exprimés. 

Le vote par correspondance n'est pas admis. 

SCULPTURE, 
GRAVURE EN MÉDAILLES ET GRAVURE SUR PIERRES FINES. 

Article premier. — Les ouvrages de sculpture, gravure en médailles et gra- 
vure sur pierres fines, devront être déposés au Palais de l'Industrie, du ven- 
dredi 21 mars au jeudi 10 avril inclusivement, de dix heures à cinq heures. 

Passé ce délai, aucun ouvrage ne sera accepté. 

Art. 2. — Les artistes pourront envoyer deux ouvrages pour la sculpture, 
deux pour la gravure en médailles ou sur pierres fines. Tout assemblage d'ou- 
vrages dans un même cadre sera considéré comme une seule œuvre. 

Tout artiste hors concours ou médaillé sera admis sans examen. 

Art. 3. — Le jury sera composé de 3o membres nommés au scrutin de liste; 
il comprendra 24 statuaires, 2 sculpteurs d'animaux, 3 graveurs en médailles, 
1 graveur sur pierres fines. Le nombre des jurés suppléants sera de cinq, dont 
un graveur sur pierres fines. 

A la suite de deux absences non motivées d'un juré titulaire, celui-ci sera 
considéré comme démissionnaire et sera remplacé. 

Les opérations du jury ne seront valables que lorsque la moitié plus un des 
membres du jury sera présente devant l'œuvre jugée. 

Le juré supplémentaire ne pourra fonctionner que lorsqu'il aura été convoqué 
pour remplacer un jure titulaire. 

Art. 4. — Le vote pour la formation du jury aura lieu au Palais de l'Industrie, 
le vendredi 1 1 avril, de dix heures à quatre heures. Il sera immédiatement procédé 
au dépouillement du scrutin. 

Art. 5. — Le jury disposera de vingt médailles, qu'il répartira en trois classes, 
suivant l'appréciation faite par lui de la valeur des ouvrages exposés. 



84 APPENDICE 

Deux de ces vingt médailles devront être attribuées à la gravure en médailles 
et sur pierres fines. 

Art. 6. — Une médaille d'honneur pourra être décernée à l'œuvre la plus re- 
marquable. Elle sera votée par tous les artistes français sculpteurs et graveurs en 
médailles et sur pierres fines hors concours, exposants ou non exposants, ayant 
obtenu soit la décoration, soit la médaille d'honneur, soit une première médaille, 
soit une seconde médaille, ou au moins deux médailles uniques instituées par le 
règlement de 1 863 , et le jury de la section, réunis en assemblée sous la prési- 
dence du président du jury. 

Elle ne donnera lieu qu'à trois tours de scrutin, et sera décernée à la majorité 
des suffrages exprimés. 

Le vote par correspondance n'est pas admis. 



ARCHITECTURE. 

Article premier. — Les ouvrages d'architecture devront être déposés au Palais 
de l'Industrie, du 2 au 5 avril inclusivement, de dix à cinq heures. 

Art. 2. — Les architectes pourront envoyer deux ouvrages. Chaque ouvrage 
pourra se composer de plusieurs châssis ; toutefois, dans le but de répartir l'em- 
placement disponible d'une façon équitable, le jury aura la faculté d'écarter les 
dessins qu'il ne jugerait pas indispensables à l'intelligence de l'œuvre présentée. 

Art. 3. — Les copies de dessins ne pourront être acceptées. Des photogra- 
phies ou des monographies pourront être exposées, mais seulement à titre de 
renseignements complémentaires, dont le jury appréciera l'opportunité. 

Ne pourront prendre part aux récompenses, sauf à celle de la médaille d'hon- 
neur, les œuvres qui auront figuré dans des concours publics ou dans ceux de 
l'Ecole des Beaux-Arts. 

Seront exceptés les projets primés suivis d'exécution et les projets diplômés. 

Art. 4. — Les architectes pourront exposer des modèles en relief. 

Un modèle en relief présenté par un architecte comptera pour l'un des ouvrages 
qu'il a le droit de présenter, à moins que ce modèle ne soit le complément d'un 
de ces ouvrages. 

Art. 5. — Le vote pour le jury d'architecture aura lieu au Palais de l'Industrie, 
le lundi 7 avril, de dix heures du matin à quatre heures du soir. 

Le jury se composera de 14 membres, dont deux supplémentaires. 

Art. 6. — Le jury d'architecture pourra disposer de douze médailles. 

La médaille d'honneur ne donnera lieu qu'à un tour de scrutin. Elle sera dé- 
cernée à l'artiste qui aura obtenu le plus grand nombre de voix, pourvu que ce 
nombre de voix représente au moins les deux tiers plus un de l'effectif du jury. 

Les autres médailles pourront donner lieu à deux tours de scrutin, le premier 
à la majorité absolue, le second à la majorité relative. 

Les médailles de première classe ne pourront être décernées qu'à des compo- 
sitions ou des projets de restauration d'une importance capitale. 



APPENDICE 85 



GRAVURE ET LITHOGRAPHIE. 

Article premier. — Les ouvrages de gravure et de lithographie devront être 
déposés au Palais de l'Industrie, du 2 au 5 avril inclusivement, de dix heures à 
cinq heures. 

Les exempts de l'examen du jury d'admission pourront, jusqu'au 27 avril inclu- 
sivement, substituer une nouvelle épreuve à celle qui aura été déposée en temps 
utile. 

Ne pourront être présentées les photogravures, les copies en fac-similé de gra- 
vures antérieurement exécutées dans un genre différent. 

Art. 2. — La section de gravure et lithographie sera divisée en quatre sous- 
sections : la gravure au burin, la gravure à l'eau-forte, la gravure sur bois et la 
lithographie. — Chaque artiste pourra envoyer deux ouvrages dans chacune de 
ces quatre sous-sections. 

Sera considéré comme ne formant qu'une seule œuvre tout assemblage de 
gravures ou lithographies placées dans un cadre dont chaque côté, mesuré exté- 
rieurement, n'excédera pas i m 20. 

Art. 3. — Le maximum des marges des gravures ou lithographies sera de 

O m 20. 

Art. 4. — Le vote pour le jury de la section de gravure et lithographie aura 
lieu au Palais de l'Industrie, le dimanche 6 avril, de dix heures du matin à quatre 
heures du soir. 

Art. 5. — Le jury de gravure et lithographie sera composé de douze mem- 
bres, nommés au scrutin de liste par les électeurs des quatre sous-sections; il com- 
prendra 3 graveurs au burin, 3 graveurs à l'eau-forte, 3 graveurs sur bois, 3 li- 
thographes. Sont seuls éligibles tous les artistes ayant obtenu une médaille dans 
leur sous-section. 

Les artistes hors concours ou exempts, non exposants, sont électeurs dans 
leurs sous-sections. 

Les voix données à un juré dans une sous-section ne pourront être ajoutées 
à celles qu'il aurait obtenues dans une autre. 

Le juré nommé dans deux sous-sections devra opter pour l'une des deux. 

Une fois nommés, les douze jurés opéreront ensemble. 

Art. 6. — Les artistes médaillés dans la section sont exempts de l'examen 
du jury d'admission. 

Art. 7. — Le nombre de médailles à décerner dans la section de gravure 
et lithographie est fixé à 1 3 médailles. 

Les médailles de chaque classe ne pourront donner lieu à plus de deux 
tours de scrutin à la majorité absolue. 

Cependant une médaille ne sera annulée qu'après la présentation de trois noms. 

En cas de partage, la voix du Président n'est pas prépondérante. 

Art. 8. — Nul artiste ne pourra obtenir une médaille d'un ordre inférieur 
ou égal aux médailles déjà obtenues. 

Celui qui aura obtenu, soit une seconde médaille, soit deux troisièmes mé- 
dailles, sera considéré comme hors concours, mais le jury pourra toujours dé- 
cerner une première médaille à l'artiste qui n'en a pas encore obtenu une. 



86 APPENDICE 

Art. 9. — La médaille d'honneur sera votée par tous les artistes exposants 
français, les médaillés exposants ou non et le jury de la section. Elle ne donnera 
lieu qu'à un seul tour de scrutin et sera décernée à l'artiste qui aura obtenu la 
majorité absolue du nombre total des votants. Le vote par correspondance est 
interdit. 

Le Président, 

A.-N. BAILLY, 

Membre de l'Institut. 
L'un des Secrétaires , 

De VUILLEFROY. 



APPENDICE 87 

JURY 
D'ADMISSION ET DE RÉCOMPENSES 



SECTION DE PEINTURE. 

40 jurés à élire. 

Le lundi 1 7 mars 1 884, sous la présidence de M. Bailly, membre de l'Institut, 
assisté de M. Cabanel, membre de l'Institut, et de MM. Busson, Tony Robert- 
Fleury, Humbert, H. Le Roux, Maignan, de Vuillefroy et Yon, et de MM. les 
sous-commissaires et des artistes qui ont bien voulu prêter leur concours, il a été 
procédé à l'élection des membres du jury de peinture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

MM. Henner, 1 3 1 3 voix ; — Harpignies, 1 25 1 ; — Bonnat, i 23o ; — Fran- 
çais, 1 206; — Voli.on, 1 199 ; — J.-P. Laurens, i 168; — Tony Robert-Fleury, 
1 1 5 4 ; — Puvis de Chavannes, 1129; — Jules Lefebvre, 1122; — Bouguereau, 
1 108; — Cabanel, 1069 ; — Pille, io5y ; — Busson, io55 ; — Duez, 1040 ; 

— Ribot, 1006; — Lalanne, ioo5; — Humbert, 1001 ; — Hector Le Roux, 
957; — De Vuillefroy, 948; — Bernier, 939; — Guillemet, 926; — Caro- 
i.us-Duran, 920; — Roi.l, 884 ; — Rapin, 870; — Barrias, 862 ; — Maignan, 
834 ; — Yon, 821; — Détaille, 812; — Lansyer, 797 ; — Feyen-Perrin, 787 ; 

— Hanoteau, 775; — Baudry, 757; — Benjamin Constant, 756; — Bou- 
langer, 748; — Gervex, 709; — De Neuville, 693; — Luminais, 609; — 
Guillaumet, 606; — J. Breton, 596; — Cormon, 568. 

MM. Ribot, Baudry, de Neuville et J. Breton, ayant donné leur démission, 
ont été remplacés par : 

MM. Renouf, 553 voix; — Bastien-Lepage, 552; — Van Marcke, 53 1 ; 

— Cazin, 525. 

M. Bastien-Lepage, ayant donné sa démission, a été remplacé par M. Saint- 
Pierre, 473 voix. 

SECTION DE SCULPTURE, GRAVURE EN MEDAILLES 
ET PIERRES FINES. 

3o jurés à élire. 

Le vendredi 11 avril 1884, sous la présidence de M. Bnilly, membre de l'In- 
stitut, assisté de MM. Guillaume, Thomas, Cavclier, membre de l'Institut, Dela- 
planche, Frémiet, Alphée Dubois, Etienne Leroux, Gauthcrin et Matliurin 
Morcau, de MM. les sous-commissaires et des artistes qui ont bien voulu prêter 
leur concours, il a été procédé à l'élection des membres du jury de sculpture. 



88 APPENDICE 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants: 

Statuaires: MM. Mathurin Moreau, 274 voix; — Paul Dubois, 257; — 
Chapu, 246 ; — Dalou, 245 ; — Barrias, 224 ; — Schcenewerk, 222 ; — Cap- 
tier, 2 1 4 ; — Mercié, 2 1 3 ; — Falguière, 207 ; — Guillaume, 201 ; — Thomas, 
198; — Aimé Millet, 176; — Etienne Leroux, 175; — Gautherin, 169; 

— Idrac, 168; — Doublemard, 1 63 ; — Saint-Marceaux, 160; — Marcellin, 
1 54 ; — Thabard, 1 5o ; — Cavelier, 1 48 ; — Hiolle, 147; — Gauthier, i 40 ; 

— Delaplanche, 1 3 5 ; — Allasseur, 120; — Sculpteurs d'animaux: Frémiet, 
220; — Cain, 217; — Graveurs en médailles: Alphée Dubois, 188; — Levil- 
lain, 164; — Degeorge, i23; — Graveur sur pierres fines: Galbrunner, 146. 

Jures supplémentaires. — MM. Blanchard, 116; — Boisseau, 114; — Tru- 
phème, 1 1 1 ; — Guilbert, io3 ; — Vaudet, graveur sur pierres fines. 

MM. Levillain et Thabard, ayant donné leur démission, ont été remplacés par 
MM. Blanchard et Boisseau. 

SECTION D'ARCHITECTURE. 

1 4 jurés à élire. 

Le lundi 7 avril 1884, sous la présidence de M. Bailly, membre de l'Institut, 
assisté de MM. Ballu, Questel, membres de l'Institut, et Brune, et de MM. les 
sous-commissaires, il a été procédé à l'élection des membres du jury d'architecture. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

MM. Vaudremer, 55 voix ; — Bailly, 52 ; — Questel, 5o ; — Brune, 5o ; 

— Garnier, 49 ; — Ballu, 42 ; — Raulin, 42 ; — Hénard, 41; — André, 4 1 ; 

— Corroyer, 35 ; — Mayeux, 33 ; — Abadie, 3 1 . 

Jurés supplémentaires : MM. Sédille, 3o voix; — Daumet, 29. 

SECTION DE GRAVURE ET DE LITHOGRAPHIE. 

1 2 jurés à élire. 

Le dimanche, 6 avril 1884, sous la présidence de M. Bailly, membre de l'In- 
stitut, assisté de MM. Didier et Bracquemond ,et de MM. les sous-commissaires, 
il a été procédé à l'élection des membres du jury de gravure. 

Le dépouillement du scrutin a donné les résultats suivants : 

Gravure au burin: — MM. Gaillard, 141 voix; — Didier, i35; — Fran- 
çois, 91 . 

Eau-forte. — MM. Bracquemond, i5i voix; — Waltner, 119; — Chau- 
vel, 82. 

Gravure sur bois. — MM. Pannemaker, ni voix; — Thiriat, 97; — Ro- 
bert, 93. 

Lithographie. — MM. Vernier, 160 voix; — CicÉri, io5; — Bellanger, 86. 



APPENDICE 89 



COMPOSITION DES BUREAUX 



SECTION DE PEINTURE, DESSINS, ETC. 

Président : M. Bouguereau , membre de l'Institut. — Vice-Présidents : 
MM. Bonnat et Cabanel , membres de l'Institut; Busson. — Secrétaires: 
MM. Humbert, T. Robert-Fleury, Guillemet, de Vuillefroy. 



SECTION DE SCULPTURE ET GRAVURE EN MÉDAILLES. 

Président : M. Mathurin Moreau. — Vice-Président : M. Thomas, membre 
de l'Institut. — Secrétaires : MM. Etienne Leroux, Blanchard. 



SECTION D'ARCHITECTURE ET GRAVURE. 

Président d'honneur: M. Bailly, membre de l'Institut. — Président: M. Questel, 
membre de l'Institut. — Vice-Présidents : MM. Ballu , membre de l'Institut; 
André. — Secrétaires : MM. Brune et Mayeux. 



SECTION DE GRAVURE. 

Président : M. Bracquemond. — Vice-Président : M. Vernier. — Secrétaire : 
M. Tuiriat. 



90 APPENDICE 



DISTRIBUTION DES RÉCOMPENSES 



Le 24 juin a eu lieu au Palais de l'Industrie la distribution solen- 
nelle des récompenses du Salon. La cérémonie était présidée par 
M. Armand Fallières, ministre de l'instruction publique et des beaux- 
arts, qui avait à ses côtés : M. Durand, sous-secrétaire d'État au mi- 
nistère de l'instruction publique; M. Kœmpfen, directeur des beaux- 
arts; M. Poulin, directeur des bâtiments civils; M. Bailly, président 
de la Société des artistes français; MM. Guillaume et Bouguereau, 
vice-présidents. 

Avaient également pris rang sur l'estrade : M. Camescasse, préfet 
de police; M. Antonin Proust, député, président de l'Union cen- 
trale des arts décoratifs; M. J. Lanes, secrétaire particulier du mi- 
nistre; M. G. Hecq, chef du secrétariat de l'Administration des beaux- 
arts; M. G. Ollendorff et Baumgart, chefs de bureau à la direction 
des beaux-arts; M. Lafenestre, commissaire général des expositions; 
des membres de l'Institut, de la Société des Artistes, des divers jurys 
du Salon et un grand nombre de notabilités artistiques. 

M. Bailly a ouvert la séance par l'allocution suivante : 



Monsieur le Ministre, 
Mesdames et Messieurs, 

La Société des Artistes français, investie à titre définitif des pouvoirs que lui 
a libéralement abandonnés l'État pour faire les expositions annuelles, vient, pour 
la quatrième fois, vous donner connaissance des résultats de ses efforts, ainsi 
que des décisions des divers jurys. 

Je n'essayerai pas, Mesdames et Messieurs, de vous rappeler, une fois encore, 
par quel concours de faits l'État s'est volontairement dessaisi, en notre faveur, 
de la gestion des Salons annuels, ne pensant pas que vous ayez pu oublier les 
éloquentes paroles, ainsi que les assurances si claires, si précises, que M. le Pré- 
sident du Conseil des Ministres, avec la haute autorité qui lui appartient, n'a 
cessé de nous donner et qu'il nous donnait ici même encore, l'an dernier, en 
parlant au nom du Gouvernement, dans une circonstance analogue à celle qui 
nous réunit aujourd'hui. 



APPENDICE 



9 l 



C'est donc grâce aux libéralités de l'État, ainsi qu'aux engagements pris en 
son nom par ses dignes représentants, que la Société des Artistes français a con- 
tinué à jouir de tous les avantages qui lui avaient été concédés précédemment, 
comme elle en jouira toujours, ainsi que cela vous a été affirmé avec tant de 
bienveillance à différentes reprises : assurances qui ont été confirmées, d'ailleurs, 
par les décisions favorables successivement prises, à ce sujet, par les dépar- 
tements ministériels desquels relève la Société des Artistes français. 

C'est pourquoi notre association, affranchie de toute crainte de voir son exis- 
tence affaiblie ou discutée, certaine maintenant de régir elle-même ses propres 
affaires, reconnue enfin régulièrement comme établissement d'utilité publique, 
s'est-elle empressée de prendre toutes les dispositions matérielles et financières 
pour assurer, sans aucune interruption, tous les ans, le fonctionnement des Sa- 
lons dans des conditions les meilleures et les plus favorables. 

Les Expositions annuelles du genre de celles qui nous occupent, vous ne 
l'ignorez pas, Monsieur le Ministre, ni vous non plus, Mesdames et Messieurs, 
datent déjà de longtemps. Le premier Salon remonte à 1667; l'idée de ces 
solennités est due à l'initiative de l'Académie royale fondée en 1648. Nos expo- 
sitions modernes, comme l'étaient d'ailleurs leurs devancières, deviennent, à des 
époques déterminées, un centre de réunion où les artistes dont le nom est déjà 
devenu justement célèbre assurent par des œuvres nouvelles la notoriété qui 
est le but de leurs travaux. 

Pour d'autres, le Salon est l'objectif incessant de leurs études, de leur activité 
et de leur ambition pour atteindre, eux aussi, les sommets de leur art. C'est donc 
par les résultats obtenus ensuite de ces luttes courtoises, dans ces arènes où le 
sentiment individuel occupe une si large part, que tout ce qui s'est produit de 
talent et de génie dans l'art français s'est manifesté. 

C'est donc pour continuer ces excellentes traditions que nous désirons affir- 
mer sans interruption, chaque année, par nos expositions, les efforts ainsi que 
les progrès accomplis dans les différentes sections composant l'ensemble des 
Salons. 

En parlant au nom du comité, l'an dernier, j'avais l'honneur de vous dire, 
Mesdames et Messieurs : « Il nous reste maintenant, en dehors de l'organi- 
sation matérielle et artistique des expositions annuelles des artistes vivants, une 
autre mission à remplir; c'est celle stipulée en tète de nos statuts, et que je 
me plais à rappeler parce qu'elle est absolument philanthropique, désintéressée 
et confraternelle, c'est-à-dire de prêter aide et assistance à ses membres dans 
toutes les occasions où cela pourrait leur être utile. » 

Cette mission a été accomplie; le comité a décidé que, sur les produits résul- 
tant des expositions et des cotisations, le cinquième des bénéfices, après prélè- 
vement des frais généraux et des réserves obligatoires, serait employé à donner 
l'assistance qu'ont prévue les statuts à ceux des membres de notre Société dont 
la situation mériterait d'être prise en considération par le comité. 

A cet effet, une somme relativement importante a été distribuée en secours 
cette année, sur la proposition du conseil d'administration. 

Nous vous rappelons également qu'une délégation du comité avait été char- 
gée d'étudier les moyens de défendre les intérêts de la propriété artistique. 

Afin de vous mettre au courant de la situation de cette élude, aujourd'hui 
terminée, nous ne pouvons mieux faire que d'emprunter à l'intéressant travail 



9 2 



APPENDICE 



de M. Tony Robert-Fleury, rapporteur de la commission nommée à ce sujet, le 
passage suivant : 

« Le comité, désireux de remplir le plus tôt possible le programme qu'il s'est 
imposé, a pensé qu'après avoir constitué la Société des Artistes français, il devait 
de suite chercher les moyens de protéger les intérêts de ses associés. 

« La propriété artistique est une des questions qui touchent le plus directement 
les intérêts de tous. Aussi, dans une de ses dernières séances, le comité a-t-il 
résolu de s'occuper de la défense et de la protection de la propriété artistique, 
et une commission fut nommée à l'effet de rechercher immédiatement les meil- 
leurs moyens pour arriver à ce but. 

« Le projet qui fait l'objet de ce travail a été élaboré dans l'espoir de remé- 
dier à des abus que tout le monde reconnaît, et avec le désir d'assurer aux 
artistes la juste rémunération de leurs travaux... » 

La constitution d'une agence destinée à protéger et à défendre la propriété 
artistique a donc été étudiée, et le conseil judiciaire de notre Société, toujours 
prêt à nous être utile et à nous apporter ses lumières, a approuvé les dispo- 
sitions générales proposées par la commission. Le comité, dans une de ses der- 
nières réunions, a adopté les conclusions du rapport de M. Tony Robert-Fleury; 
l'agence est dès aujourd'hui fondée. 

Il sera donc institué dans le plus bref délai une agence générale pour la pro- 
tection et la défense de la propriété artistique, sous le patronage et la direction 
de la Société des Artistes fiançais. 

Cette agence, établie, quant à présent, au siège de notre association, possède 
un personnel en condition de recevoir les demandes des artistes adhérents au 
règlement arrêté par le comité. 

Vous avez pu vous convaincre, Monsieur le Ministre, ainsi que vous éga- 
lement, Mesdames et Messieurs, que le Salon de cette année ne le cède en rien, 
au point de vue du mérite artistique, aux Salons précédents, et qu'il renferme 
dans chaque section des œuvres d'une valeur de premier ordre. 

Permettez-moi de solliciter de votre obligeance, Monsieur le Ministre, de 
vous charger de remettre vous-même aux artistes dont les ouvrages ont été dis- 
tingués les récompenses qui leur ont été attribuées par les divers jurys. 

Après l'allocution de M. Bailly, M. le ministre prend la parole en 
ces termes : 

Mesdames, Messieurs, 

La présidence de cette solennité, pourquoi le tairais-je? m'impose l'un des plus 
agréables devoirs de mes fonctions. Il m'est particulièrement doux de me rencon- 
trer dans cette fête avec les maîtres les plus admirés et les plus illustres de l'art 
contemporain, en face d'une jeunesse ardente au travail, qui creuse laborieusement 
son sillon dans le champ de la renommée, qu'anime l'amour du beau, que sou- 
tient la recherche infatigable de l'idéal, et qui est destinée à devenir un jour la 
glorieuse dépositaire de nos traditions nationales. 

A ce fortifiant contact, que d'appréhensions disparaissent, que de mâles espé- 
rances les remplacent ! 



APPENDICE 



93 



Certes il est prudent, lorsqu'on tourne ses regards vers l'avenir, de se garder 
des entraînements téméraires d'un enthousiasme irréfléchi. Mais il ne faut pas 
non plus que la crainte de la vanité nous fasse perdre le sentiment vrai de notre 
juste valeur. 

Aussi, lorsque les portes du Salon se ferment, lorsque vient l'heure de se pro- 
noncer sur l'importance de cette manifestation artistique, c'est à porter un juge- 
ment exempt de toute fausse modestie, aussi bien que de toute banale exagéra- 
tion, que nous devons consciencieusement nous attacher. 

Le Salon de 1884 a essuyé bien des critiques! Faut-il s'empresser de dire 
qu'elles sont toutes dénuées de fondement? Si on lui reproche de n'avoir pas 
produit cette œuvre inattendue, qui consacre la gloire d'un maître ou qui révèle, 
dans l'éclat d'un début qui s'impose, un talent ignoré jusqu'ici, on peut répon- 
dre que ces coups de la fortune, qui font date dans l'histoire de l'art, qu'hier nous 
a donnés, que demain nous réserve, ne sont que des exceptions qu'on acclame à 
leur heure, mais dont l'absence ne saurait avoir une influence décisive sur la sen- 
tence que nous avons à porter. 

Si l'on signale des œuvres qui ne s'inspirent que du désir impatient de se pro- 
duire, ou que leur insuffisance trahit, ou que leur vulgarité déconsidère, il faut 
reconnaître qu'en plus d'un cas l'on ne peut sérieusement désarmer la critique. 
Mais, à côté, que de morceaux charmants et délicats, que de dramatiques com- 
positions, que d'études achevées, que d'efforts variés, quel solide sentiment du 
vrai et de la mesure, de la forme et de la couleur, que de toiles ou de marbres à 
remarquer, sans compter les productions de quelques-uns de nos maîtres, et sur- 
tout quelle vie dans l'ensemble ! Décidément, vous avez parlé la langue de la 
justice, monsieur le Président, lorsque vous avez dit tout à l'heure, avec l'auto- 
rité qui s'attache à votre situation, que le Salon de cette année ne le cédait en 
rien, au point de vue du mérite artistique, aux Salons précédents, et que, dans 
chaque section, il renfermait des œuvres d'une valeur de premier ordre. 

Me laisserez-vous ajouter, Messieurs, que ce qui me paraît être le trait carac- 
téristique de ce Salon, comme il l'était déjà, si je ne me trompe, de ceux qui l'ont 
précédé, c'est la recherche de la vérité, de la sincérité. 

Devons-nous redouter cette tendance? N'y a-t-il pas lieu plutôt de s'en ré- 
jouir? Faut-il s'attarder à croire qu'au bout de cette voie l'art court le risque de 
ne rencontrer que le terre-à-terre décevant d'un naturalisme outré? Cette crainte, 
je vous le demande, qui pourrait sérieusement la concevoir? Dans les arts 
comme dans les lettres, le respect de la nature a-t-il donc pour effet de tuer l'idéal ? 
Quel plus grand poète qu'Homère, et pourtant quel poète plus naturel? Quels 
naturalistes par excellence que les primitifs peintres et sculpteurs, et cependant 
chez qui donc l'idéal a-t-il été plus élevé? 

C'est à l'artiste d'entretenir pieusement en lui le feu sacré, et, quand il croit 
avoir surpris le secret de la nature, qu'il anime son sujet d'un souffle ou d'une étin- 
celle, et son œuvre, sans cesser d'être vraie, prendra cette vie et cette grandeur 
qui lui assureront les suffrages des contemporains et quelquefois ceux de la postérité. 

Cet idéal, que nous entrevoyons tous, comme la terre promise de la pensée 
humaine, jeunes gens qui entrez dans la carrière, placez-le assez haut pour que, 
s'il ne vous est pas donné de l'atteindre, vous vous éleviez du moins, à sa pour- 
suite, dans des régions inconnues de la foule, et qui sont la patrie des vaillants et 
des forts. 



94 



APE'PENDICE 



Vos maîtres vous ont montré la route. Marchez résolument sur leurs traces. 
L'heure, d'ailleurs, n'est-elle pas favorable entre toutes? 

Jamais peut-être le public n'a poussé aussi loin qu'aujourd'hui la curiosité des 
choses de l'art. Il y avait six mois à peine que l'exposition de l'État était fermée 
quand le Salon s'est ouvert, et les visiteurs ont accouru plus nombreux que jamais. 

Le public n'avait été lassé ni par l'exposition de l'État, suivant elle-même le 
Salon de 1 883 à deux mois de distance, ni par tant d'expositions particulières 
qui avaient sollicité son attention. 

D'où vient cette curiosité toujours croissante? 

Répond-elle à une fantaisie ou à un besoin ? Est-elle le résultat d'une de ces 
conventions dont personne n'arrête les termes, mais auxquelles tout le monde 
se soumet, et qui condamnent jusqu'aux plus indifférents à des démonstrations 
auxquelles on ne peut se soustraire sans manquer à ce qu'on est convenu d'ap- 
peler, dans le monde, les règles de la bienséance et les commandements du sa- 
voir-vivre? Non, Messieurs, il ne s'agit pas de cette clientèle mondaine. Le pu- 
blic dont je signale l'empressement, c'est celui qui observe, qui réfléchit, qui 
compare, qui écoute, qui discute, qui admire ou qui condamne, et qui vient ici 
pour donner un libre cours aux plus nobles aspirations de notre être, le sentiment 
du goût et le culte du beau. 

Et ce n'est pas Paris seulement qui nous donne ce spectacle réconfortant: le 
mouvement a gagné la province. La vie scientifique y sera bientôt intense. La 
vie artistique s'y développe progressivement chaque jour. On n'y sépare pas vo- 
lontiers les différentes manifestations de l'activité humaine; à côté des écoles, on 
bâtit le musée, et je suis heureux de constater devant vous qu'il n'est presque 
plus de ville de France où la vue de quelque œuvre d'art savante ou délicate ne 
puisse éveiller l'âme d'un artiste. D'autres nations pourront rivaliser avec nous 
en montrant les musées de leurs capitales; mais nous avons le droit d'être fiers de 
posséder aujourd'hui en France des musées dans presque toutes nos villes et des 
expositions dans toutes nos légions. En 1879, à pareille fête, à cette même 
place, M. J. Ferry, alors ministre des beaux-arts, signalait à votre attention le 
réveil artistique de la province. 

Ce n'était pas non plus un mouvement factice que celui-là. Jugez-en plutôt 
par des chiffres: il y avait alors 190 musées; on en compte aujourd'hui 2 5o. 
C'est à peine si, à cette époque, on signalait de loin en loin quelque rare expo- 
sition de beaux-arts; il y en a eu 11 dans le cours de la seule année 1 883 . 

Ces efforts, il serait malséant d'en méconnaître la portée, impardonnable de 
ne pas en encourager le libre développement. Ils témoignent d'une des plus 
nobles préoccupations de l'opinion publique, de sa volonté autant que de son 
besoin de voir donner aux générations qui arrivent cette haute culture intellec- 
tuelle et artistique qui épure le goût, élève l'âme, adoucit les mœurs et contribue 
à maintenir la véritable supériorité des peuples. 

Le gouvernement a largement favorisé ce mouvement de sage et clairvoyante 
décentralisation. Il s'appliquera à ne rien négliger pour mettre à profit l'essor de 
toutes les initiatives, le concours généreux de toutes les bonnes volontés. 

Mais, si l'État protège, il ne crée pas, et c'est sur vous qu'il compte pour l'aider 
dans cette patriotique entreprise: il vous demande de prêcher d'exemple. C'est 
vers vous que se tournent ceux 'qui veulent entrer dans la noble carrière des 
arts: montrez-leur la route; continuez à faire du Salon comme un des foyers de 



APPENDICE 95 

l'enseignement supérieur de l'art. N'oubliez pas non plus ce que vous devez à 
cette Fiance qui vous aime, qui vous applaudit, et qui a été de tout temps si 
jalouse de vos succès. L'art a été pour beaucoup dans la gloire de notre cher pays : 
il a accru son renom parmi les nations ; il est une partie de sa grandeur. Vous 
avez entre vos mains l'avenir de ses destinées. Vous mettrez votre honneur à en- 
richir l'héritage que vos devanciers vous ont légué. 



LISTE DES LAURÉATS 



PRIX DU SALON 

M. LEROY (Paul), peintre. 



BOURSES DE VOYAGE 

Section de peinture. 

MM. BROUILLET, — DINET, — CLAUDE, 

SURAND. 

Section de sculpture. 
MM. DAMPT,— PÉPIN,— STEINER,— CORBEL. 

Section d' arch itecture . 
MM. GAGEY, — MAILLART. 



APPENDICE 



97 



SOCIÉTÉ DES ARTISTES FRANÇAIS 



POUR LE SAI.ON DE l 8 4 



LISTE DES RECOMPENSES 



DECERNEES PAR LE JURY 



Médaille d'honneur décernée par le jury et les artistes exposants 
de la section de gravure. 

M. Bracquemond (Félix). 



SECTION DE PEINTURE. 



Médailles de 2 classe. 

MM. Lalaing (comte Jacques de). 
Schommer (François). 
Auguin (Louis-Augustin). 
Thoren (Otlion von). 
Kreyder (Alexis). 
Bonnefoy (Henri). 
Delahaye (Ernest-Jean). 
Damoye (Pierre-Emmanuel). 
Kroyer (Peter-Séverin). 
Barillot (Léon). 
Escalier (Nicolas). 
Durst (Auguste). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Lucas (Marie-Félix-Hippolyte) 
Leenhardt (Max). 
Pinciiart (Émilc-Auguste). 
Faivre (Maxime). 
Gagliardini (Julien-Gustave). 
Friant (Emile). 
Guignard (Gaston). 
Delpy Camille-Hippolyte). 



MM. Latouche (Gaston). 

Lemaire (Louis). 

Cesbron (Achille). 

Maurin (Charles). 

Thompson (Harry). 

Brouillet (André). 

Dinet (Alphonse-Etienne). 

Rachou (Henry). 

Jeanniot (Georges-Pierre). 

Rosset-Granger (Edouard). 

Yarz (Edmond). 

Bordes (Ernest). 

Claude (Georges). 

Von Stetten (Cari). 

Umbricht (Honoré). 
Mme Diéterle (Marie). 
MM. Dupuis (Pierre).' 

Petitjean (Edmond). 

Truphème (Auguste). 

Royer (Lionel). 

Lazerges (Jean-Baptiste-Paul). 

Fourié (Albert). 

Courtens (Frantz). 

Boutigny (Emile). 

i3 



/; 



APPENDICE 



Mentions honorables. 

MM. Suhand (Gustave-P.-A.). 

Maris (Jacques). 

Lambert (Albert-Antoine). 

Wallet (Albert-Charles). 

Joubert (Léon). 

Lépine (Stanislas). 

Pinel (Gustave-Nicolas). 

Zier (Edouard). 

Vauthier (Pierre- Louis-Léger). 

Capy ( Marcel - Amable - Oscar - 
Louis). 

Gaudefroy (Alphonse). 

Axilette (Alexis). 

Langlois (Paul). 

Jans (Edouard de). 

Lahaye (Alexis-Marie). 
M lle Preindlsberger (Marianne). 
MM. Charlet (Frantz). 

Lanpheimer (Antoine). 

Richemont (Alfred- Paul- Marie 
de). 

Robaudi (Alcide-Théophile). 

Meslé (Joseph-Paul). 

Lagier (Emile). 
M lle Mertens (Fernande de). 
MM. Mayet (Léon). 

Pibrac (Raoul de). 

Van Strydonck (Guillaume). 



MM. Sébii.leau (Paul). 

Tauzin (Louis). 
M lle Rougier (Jeanne). 
MM. Grimelund (Johannes-Martin). 

Gandara (Antonio). 

Thurner (Gabriel). 

Calvès (Léon-Georges). 

Chaperon (Eugène). 

Grivolas (Antoine). 

Pozier (Jacinthe). 

Poujol (Pierre-Louis-Marius). 

Alaux (Guillaume). 

Bourgeois (Eugène-Victor). 

Carrière (Eugène). 

Décanis (Théophile-Henri). 

Kuehl (Gotthard). 

Gelhay (Edouard). 

Iwill (Marie-Joseph). 

Gallian (Octave). 

Luzeau - Brochard ( Fernand ■ 
Adolphe ). 

Bengy (Pierre de) 

Jance (Paul). 

Mélida (Enrique). 

Parsons (Alfred). 

Normann (Adelsteen). 

Pauli (Georges). 

Fouace (Guillaume-Romain). 

Quinsac (Paul). 
M" e Schwartz (Thérèse). 



SECTION DE SCULPTURE. 



Médailles de i re classe. 

MM. Levillain (Ferdinand). 

Stetner (Clément-Léopold). 
Rolard (François-Laurent). 

Médailles de 2 e classe. 

MM. Peynot (Emile-Edmond). 
Perrault (Edmond). 
Marioton (Eugène). 
Labatut (Jacques). 
Corbel (Jacques-Ange). 
Pépin (Edouard-Félicien). 



Médailles de 3 e classe. 

MM. Mombur (Jean-Ossaye). 

Charpentier (Félix-Maurice). 

Quinton (Engène). 

Hannaux (Emmanuel). 

Lefèvre (Camille). 

Guillon (Auguste-Louis). 

Puech (Denys). 

Barbaroux (Pierre-François). 

Basset (Urbain). 

Vernon (Frédéric-Charles-Vic - 

tor). G. M. 
Henneguy ( Louis - Honoré ). 

G. P. F. 



APPENDICE 



99 



Mentions honorables. 

MM. Godebski (Cyprien). 
Kinsburger (Sylvain). 
Loiseau (Georges). 
Brunet (Eugène). 
Perrin (Jacques). 
Fouques (Henri-Amédée). 
Gravillon (Arthur de). 
Sollier (L. P. Eugène). 
Souiès (Félix). 
Vernhes (Henri -Edouard). 
Rambaud (Pierre). 
Hercule (Benoist-Lucicn). 
Terrier (Jules-Laurent). 
Combarieu (Frédéric). 
Maugendré-Villers (Edouard). 



MM. Fumadei.les (Augustin). 
Laroque (Léon). 
Reer (Frédéric). 

Millet de Mareillt (Edouard). 
Lechevrel (Alphonse -Eugène). 

G. P. F. 
Lavée (Adolphe-Jules). G. M. 
Férou (Jean-William-Henri). 
Vidal (Henri). 
Ringel (D.) G. M. 
M m e Palmella (la duchesse Maria de). 
M. Steuer (Bernard-Adrien). 
M lle Fresnaye (Marie). 
MM. Farrail (Gabriel). 

Roufosse (Charles-Joseph). 
Robert (Eugène). 



SECTION D'ARCHITECTURE. 



Médailles de i re classe. 

MM. Ballu (Albert). 
André (Gaspard). 

Médailles de 2* classe. 

MM. Girette (Jean). 

Nénot (Henri-Paul). 

Chancel ( Adrien - Pierre- An - 
thelme). 

Girault (Charles). 

Gagey (Auguste), en collabora- 
tion avec 

GÉi.is-DiDOT (Pierre-Henri). 

Médailles de 3 e classe. 

MM. Yvon (Maurice). 

Espouy (Hector d'). 
Bernard (François-Constant). 



MM. Ruprich-Robert (G.-E.M.). 
Schoy (Auguste-Félix). 

Mentions honorables. 

MM. Saladin (Henri-Jules). 
Poussin (Henri). 
Cuvillier (Victor-Pierre). 
Morice (Gabriel-Marie-Louis). 
Lanternier (Louis). 
Teui.ère (Charles-Théodore). 
Nodet (Antoine-Eugène-Henri) 
Wulliam (Claude-Louis), en col 

laboration avec M. 
Farge (Laurent). 
Sibien (Armand). 
Montai.to (Charles). 
Maii.i.art (Norbert-Auguste). 
Loiseau (Raphaël-Louis). 
Routier (Jules). 
Rouillard (Marie-Marcel). 



SECTION DE GRAVURE ET DE LITHOGRAPHIE. 



Médailles de i rc classe. 

MM. Jacquet (Achille). 

Lecouteux (Aristide-Lionel) 



Médailles de 2 e classe. 

MM. Haussoullier (William). 
Vion (Henri). 
Froment (Eugène). 



IOO 



APPENDICE 



Médailles de 3 e classe. 

MM. Mare (Tiburce de). 
Duvivier (Albert). 
Toussaint (Cliarles-Henri). 
Bellenger (Albert). 
Jeaugeon (Charles-Auguste). 
Vergnes (Camille-Victor). 
Letoula (Jules). 

Mentions honorables. 

MM. Descaves (Alphonse-Louis). 
Carre (Jules). 
Meersman (François de). 
Kratké (Charles-Louis). 
Habert-Dys (Jules). 



MM. Baudouin (Eugène). 

Salmon (Emile-Frédéric . 

Gravier (Alexandre). 

Gautier (Lucien-Marcelin). 

Delduc (Edouard). 

Penet (Lucien-François"). 

Dété (Eugène). 

Delangle (Théodore). 

Tilly (Auguste). 

Mathieu (Auguste). 

Morizet (Paul-Louis). 
Mmes Vanier (Gabrielle de). 

Duvivier (Claire). 
MM. Boutry (Julien-Louis-Camille) 

Bahuet (Alfred-Louis). 

Dubois (Eugène). 




UiU: /,-..., 



TABLE DES OEUVRES GRAVEES 

PAR NOMS D'ARTISTES 



Nota. — P. S. veut dire prix du Salon; 1 m., première médaille; 2 m., deuxième médaille ; 
3 m., troisième médaille; h. c, hors concours. 
Le nom placé à la fin est celui du graveur. 

Breton (Jules-Adolphe), h. c. — Les Communiantes. — Lalauze. . . 28 
Brissot de Warville (Félix-Saturnin), h. c. — La Raillée. — De Los 

Rios 3o 

Collin (Raphaël), h. c. — Eté. — G. Mercier 32 

Constant (Benjamin), h. c. — Les Chérifas. — Géry-Bichard. ... 33 
Cormon (Fernand), h. c. — Retour d'une chasse à l'ours (âge de la pierre 

polie). — Aug. Massé 34 

Delaplanche (Eugène), h. c. — L'Aurore, sculpture. — De Billy. . . 67 

Fantin-Latour (Henri), h. c. — L'Etude. — Rajon 39 

Laurens (Jean-Paul), h. c. — Vengeance d'Urbain VI. — Le Rat. . 44 

Leroy (Paul-Alexandre-Alfred), p. S. — Mardochée. — Vion. ... 1 

Lucas (Marie-Félix-Hippolyte), 3 m. — La Délaissée; souvenir deVenise. 

— Toussaint 10 

Merson (Luc-Olivier), h. c. — Le Jugement de Paris. — Champollion. 48 

Rousseau (Philippe), h. c. — Les Chrysanthèmes. — Gustave Greux. . 5o 

Sautai (Paul-Emile), h. c. — Prière. — Manesse 5i 

Schommer (François), 2 m. — Edith retrouvant le corps du roi Harold 

après la bataille d'Hastings. — M me Louveau-Rouveyre 4 

Segé (Alexandre;, h. c. — En pays chartrain. — Daumont 5 1 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages 

Préface i 

Prix du Salon i 

PEINTURE 3 

Médailles de deuxième classe 3 

Médailles de troisième classe 10 

Altistes hors concours 26 

SCULPTURE, GRAVURE EN MÉDAILLES ET SUR PIERRES FINES. ... 53 

Médailles de première classe 53 

Médailles de deuxième classe 5 5 

Médailles de troisième classe 59 

Artistes hors concours 65 



APPENDICE. 



7 



Décret du 11 mai 1 883 qui reconnaît comme établissement d'uti- 
lité publique la Société des Artistes français 71 

Statuts de la Société des Artistes français 72 

Règlement de l'Exposition publique des ouvrages des artistes vi- 
vants pour l'année 1884 78 

Jury d'admission et de récompenses 87 

Distribution des récompenses 90 

Liste des lauréats 96 

Liste des récompenses .... 97 

Table des œuvres gravées 101 



IMPRIMÉ A PARIS 
PAR LES PRESSES DE JOUAUST ET SIGAUX 

AVEC 

ORNEMENTS DE CL. POPELIN 

TIRAGE DES PLANCHES PAR A. SALMON 

M DCCC LXXXIV 



La Bibliothèque 

Université d'Ottawa 

Echéance 



The Library 

University of Ottawa 

Date due 



et 



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